31 décembre 2008
Les voeux rêvés de Sarkozy pour 2009
Les voeux rêvés de Sarkozy pour 2009
Par Jean Matouk | Economiste | 31/12/2008 | 15H05
Voici le discours de vœux que je voudrais entendre ce mercredi soir de la bouche de notre Président.
"Françaises, Français, mes chers compatriotes.
Notre pays affronte une très forte tempête. Je ne suis pas capable de vous dire si elle sera de l’ordre de celle de 1991-92, de 1975, ou de 1931-32, pour prendre celles ou nous avons subi de véritables "creux" et qui ont plus particulièrement affecté la flotte "France".
La mer n’était pas très calme auparavant. Nous subissions déjà les lames de fond de la mondialisation. Les délocalisations se succédaient et, faute d’investissement suffisants, nous ne nous défendions pas bien dans la régate permanente qu’est l’économie.
Nous avions pris du retard. Nous vivions sur de trop rares lauriers, comme les exportations agricoles, l’aéronautique, le luxe, le tourisme et quelques autres secteurs, ce qui n’était pas suffisant face à de nombreux autres bateaux. Ne serait-ce que face à nos voisins allemands, qui, depuis cinq ans, se sont rationnés tout en maintenant leur compétence dans les secteurs dont ont besoin les pays en forte croissance.
Mais la tempête d’aujourd’hui, venue d’outre-Atlantique, va aggraver singulièrement notre situation. Déjà, le chômage, qui, grâce à un ralentissement de la croissance de notre population active, baissait depuis trois ans, remonte fortement. Soixante mille d’entre nous ont été mis au chômage le mois dernier.
"J'étais sans doute naïf"
Je suis votre amiral parce que vous m’avez élu en 2007. Moi-même ne pouvais prévoir à l’époque la violence de la tempête. J’ai cru sincèrement qu’en rendant de l’argent aux plus aisés, ils l’apporteraient aux entreprises et que celles-ci investiraient.
J’ai pensé à l’époque, que la charge que j’ajoutais ainsi au budget, serait ensuite couverte par les impôts supplémentaires que génèrerait la croissance ainsi retrouvée. J’étais sans doute naïf. Ce mécanisme vertueux ne s’est pas produit.
Peut-être est-ce faute de temps? Peut-être était-il erroné? En tout cas, mon devoir aujourd’hui, gouvernant par très gros temps, est de ne pas hésiter à changer de cap, chercher la meilleure allure, la mer la moins grosse.
Mon message principal, ce soir, est le suivant: puisque la navigation va être rude, les équipages doivent être soudés. Pour qu’ils le soient, pour que nous sentions vraiment tous que nous sommes dans les mêmes bateaux et qu’on sache bien que "ceux" des passerelles ne se goinfrent pas pendant que les soutiers se serrent la ceinture, j’ai conscience qu’il faut d’abord, en priorité, réduire les inégalités. J’ai donc pris les décisions suivantes.
Baisse des salaires du Président et des ministres
Je baisse dés maintenant le budget de l’Elysée, mon propre salaire et ceux des ministres de 20%. Je baisse aussi les salaires de tous les fonctionnaires gagnant plus de 4 000€ par mois, de 10%, et leur demande, comme à tous les autres de travailler 37 heures durant les deux prochaines années.
Je demande à tous les chefs d’entreprise de plafonner, cette année, leurs revenus, tout compris, à 500 000€ par an, et, en deçà de ce niveau, de réduire les salaires de tous leurs collaborateurs gagnant plus de 4 000€ par mois, de manière dégressive.
Les sommes ainsi économisées devront être consacrées à des investissements en France dès cette année. En contrepartie, l’impôt sur les sociétés sera abaissé au plus bas niveau européen, soit 12% sur les bénéfices réinvestis dans l’année.
Je reviens ensuite sur les baisses d’impôts que mon prédécesseur et moi avons initiées, disons, en gros, une dizaines de milliards d’euro en rythme annuel, car je ne compte évidemment pas les détaxations des heures supplémentaires qui n’ont plus guère de sens aujourd’hui.
Tous les minima sociaux seront augmentés
En contrepartie, et pour un tiers environ de cette somme, j’augmente tous les minima sociaux. Je décide le blocage immédiat et pour deux ans de tous les loyers et un moratoire sur tous les prêts relais consentis pour l’acquisition d’un autre immeuble. Les banques, recapitalisées et garanties, peuvent supporter cette charge.
Je partage les deux autres tiers en deux parts. J’affecte une première part à des aides supplémentaires aux véritables installations d’entreprises et créations d’emplois dans les quartiers difficiles, en chargeant les ministères concernés d’en faire apparaître les résultats sous trois mois.
J’affecte les deux autres tiers, en plus des mesures annoncées en novembre et décembre, au sauvetage-reconversion des PME viables, à l’innovation, la recherche & développement et la création d’entreprises dans les pôles technologiques, avec priorité aux énergies vertes, car notre flotte doit s’être enrichie de nouveaux bateaux au sortir de cette tempête. Sinon, nous repasserons ensuite de la tempête au "pot au noir".
Afin de soulager le budget de l’assurance maladie, et d’équilibrer l’effort fait par les mutuelles donc les malades, je demande à tous les médecins de s’interdire tout dépassements d’honoraires, eux aussi pendant deux ans, sous peine d’être exclu du conventionnement. Je demande aussi au personnel hospitalier de suspendre les 35 heures pendant la même période.
Je m’adresse, pour terminer, aux chefs d’entreprise, commandants de nos navires. Utilisez tous les leviers que j’ai cités au début pour investir dans l’avenir et redonner aux équipages cet ingrédient essentiel d’une bonne navigation par gros temps: la confiance.
Toutes ces mesures réduisent l’éventail des revenus et soudent les équipages. Nous sommes tout à fait capables de passer ensemble ce mauvais cap, parce que nous nous sentirons plus solidaires et plus proches les uns des autres.
Bonne année à tous! Courage! La mer se calmera!"
Nicolas Sarkozy (PCC: Jean Matouk)
S’il faut convaincre notre Président de l’importance de tenir ce langage de justice sociale, voici une phrase de Victor Hugo:
"Quand on montre le luxe au peuple , dans les jours de disette et de détresse, il ne se dit pas que ce luxe le fait vivre, qu’il lui est utile. Il se dit qu’il souffre et que voila des gens qui jouissent. Quand la foule regarde les riches avec ces yeux-là, ce ne sont pas des pensées qu’il y a dans les cerveaux; ce sont des évènements."
Je ne souhaite pas que surviennent ces "évènements", mais y parer serait plus que judicieux aujourd’hui.
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Les vœux sur mesure de Sarkozy
Les vœux sur mesure de Sarkozy
Le Président veut dynamiser le rendez-vous traditionnel avec les Français. Pas de concept de «politique de civilisation», comme l'an dernier, mais un discours plus terre à terre.
LAURE ÉQUY
Ici en octobre 2008. (AFP)
Un générique tout paillettes et symboles pour enrober les très institutionnels vœux du chef de l’Etat, diffusés mercredi à 20 heures. Démarrage en travelling sur une tour Eiffel scintillant en bleu pour marquer la fin de la présidence française de l’UE. «On va être dans les étoiles», s’enflamme-t-on à l’Elysée. On enchaîne sur le drapeau tricolore, l’allocution dans la bibliothèque du Château, et on termine sur le sapin illuminé de la cour d’honneur.
Quelques grammes de fête avant d’entamer une année maigre en réjouissances. Frank Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, a beau promettre un «message positif, lucide, précis», les yeux dans les yeux de quelque 12 millions de téléspectateurs, la prestation présidentielle, sur fond de prévisions catastrophiques pour 2009, risque de tourner au numéro de funambule avec sourire de façade.
Bibliothèque. Sur la forme, la cellule communication de l’Elysée a concocté une nouvelle nouvelle formule, réalisée par Yves Barbara, aux manettes notamment de certains Thalassa. Et ce alors que le cru 2007, annoncé comme un profond lifting de l’exercice rituel, n’a pas franchement été à la hauteur. Le choix du direct, contrairement à ses prédécesseurs qui prenaient la précaution d’un léger différé, n’a pas créé l’effet escompté, Sarkozy étant obligé de cavaler après son prompteur. Du coup, retour à l’allocution enregistrée une heure à l’avance, «dans les conditions du direct». L’incrustation d’un sous-titrage pour sourds et malentendants «exige un délai, invoque l’Elysée, le Président improvise souvent». Celui-ci n’interviendra pas assis mais debout. Non pas de son bureau mais de la bibliothèque, pièce des portraits officiels, mitoyenne du bureau de son épouse. Un «lieu plus intime», adapté au format 16/9e.
Après le grandiloquent concept de «politique de civilisation», l’an dernier, Sarkozy devrait revenir à un discours plus terre à terre et évoquer les réformes au menu de 2009 : celles de l’hôpital, de la formation professionnelle, des collectivités territoriales, du lycée, la loi pénitentiaire, la mise en œuvre du RSA, etc. Pour le volet international, il pourrait s’exprimer sur la situation au Proche-Orient. Impossible de faire l’impasse sur la crise économique, alors que l’Insee prédit un basculement dans la récession et une hausse du chômage : volontariste en diable, le Président devrait marteler que le pays «doit sortir plus fort de la situation difficile» qu’il traverse.
Marathon. Après avoir reçu jeudi des personnes «ayant travaillé la nuit de la Saint-Sylvestre» (personnels soignants, policiers, pompiers), Sarkozy doit poursuivre son marathon des vœux, déjà resserrés en 2008. Le 6, au Liban-Sud, devant les soldats français, le 7 aux parlementaires et conseillers de Paris à l’Elysée, et le 16, au corps diplomatique. Les journalistes fermeront le bal, le 23, Sarkozy comptant leur dévoiler la conclusion des états généraux de la presse. Dernière nouveauté : six déplacements sont prévus pour des vœux thématiques (éducation, sport, culture, sécurité, économie, santé). Histoire, après six mois de présidence de l’UE, de remettre les pieds sur le terrain et le nez dans les dossiers de ses ministres.
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Perte record pour le CAC 40 en 2008
Perte record pour le CAC 40 en 2008
Par Reuters, publié le 31/12/2008 16:12 - mis à jour le 31/12/2008 16:19
L'indice vedette de la Bourse de Paris a dégringolé de près de 45% cette année. C'est la plus forte perte de l'histoire du CAC, né en 1988. Dexia et Renault ont lâché plus de 80%.
L'indice CAC 40 de la Bourse de Paris a clos la pire année de son histoire : -42,68%. Un recul presque aussi fort que l'indice Eurostoxx des 50 principales valeurs de la zone euro (-44,28%).
L'indice CAC 40 a terminé 2008 sur un recul historique de 42,68%, sinistré par une crise économique et financière qui n'a épargné aucune classe d'actifs. (Reuters/Charles Platiau)
Le CAC 40 a fini la journée de mercredi sans grand changement (+0,03% à 3.217,97 points) dans un volume particulièrement étroit de 803 millions d'euros sur un total de 1,0 milliard d'euros échangés à Paris.
La perte annuelle est la plus forte jamais enregistrée par l'indice depuis sa création en juin 1988. La précédente baisse annuelle record remonte à 2002 (-33,8%).
Francfort, qui a fermé ses portes mardi, a accusé une perte annuelle record de 40,4% de même que Londres (-31,5%).
L'ensemble des marchés, toutes classes d'actifs confondues, ont connu une année rude, la crise financière déclenchée en 2007 par une crise de l'endettement et du crédit, aux Etats-Unis notamment, ayant contaminé le reste de l'économie en 2008.
Des professionnels veulent croire que l'action massive des banques centrales et les plans de relance budgétaire des gouvernements permettront de sortir de la récession dans la deuxième moitié de 2009, ce qui est loin d'être sûr.
"On veut oublier vite 2008. Mais ce n'est pas sûr que 2009 amène une embellie, au début en tous cas", dit un trader sur dérivés actions d'une banque américaine.
2008 aura été "l'année la plus difficile de l'histoire récente que la plupart des investisseurs et des acteurs préfèreront oublier", estiment les analystes crédit de Société générale.
"2008 a vu la faillite de plusieurs grandes banques et la fin du modèle du courtier indépendant", ajoutent-ils dans une note en soulignant que "le sort des trois grands constructeurs automobiles américains reste incertain". "L'économie américaine connaît sa plus longue période de récession depuis la fin de la guerre et l'économie mondiale commence à se paralyser".
Les primes de risques sur les marchés boursiers et du crédit ont atteint des niveaux historiques sur fond de craintes d'une multiplication des défauts de paiement.
HERMÈS SE DÉTACHE
Toutefois, des sociétés de gestion ou des brokers veulent voir une "lueur d'espoir" dans les plans de relance et l'action des banques centrales. Ils préconisent un retour prudent sur les actifs risqués (crédit et actions) dès les premiers signes de fin de récession.
Les valeurs bancaires, sinistrées par la crise du crédit, ont été les principaux moteurs de la baisse tout au long de l'année et, en fin d'année alors que la récession se confirmait, les valeurs automobiles ont rejoint le club de l'armée des victimes.
Dexia a accusé la plus forte perte annuelle du CAC (-81,41% à 3,2 euros), Renault (-80,88% à 18,55) et PSA Peugeot Citroën (-76,57% à 12,15) les deuxième et troisième plus fortes baisses.
Les valeurs défensives ont résisté. GDF Suez (-11,69% à 35,325) a enregistré la meilleure performance du CAC, suivi par France Télécom (-18,93% à 19,96 euros) et Essilor (-23,09% à 33,57 euros).
L'indice élargi SBF 120 a chuté de 43,09% en 2008. Seule l'action Hermès a fini en hausse au sein de cet indice.
Ce titre a fait l'objet de spéculations sur son éventuelle entrée dans le CAC 40. Si Hermès répond au critère de capitalisation, son capital flottant (27%) est très insuffisant, ce qui est admis par les dirigeants du groupe de luxe contrôlé à 73% par les héritiers d'Emile Hermès.
"Personne ne veut une répétition du cas Volkswagen", dit un analyste d'un broker parisien.
L'action Volkswagen a flambé de 60% en 2008 et a soutenu artificiellement l'indice Dax de Francfort en raison de son très faible flottant. Le titre a fait un bond de plus de 60% en 2008 alors que le Dax a chuté de plus de 40%.
VW a été soutenu par la prise de contrôle de Porsche, qui a ramassé des titres sur le marché, et s'est assuré fin octobre l'équivalent de 74% du capital.
La course à la sécurité en 2008 a été telle que les investisseurs se sont arraché les titres de dette des grands Etats, ce qui a écrasé les rendements. Le rendement de l'emprunt d'Etat allemand de référence à 10 ans de la zone euro a ainsi fini l'année sous 3%, à 2,95% contre 4,60% début juillet.
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29 décembre 2008
"Si l'on tarde trop, la filière automobile risque de disparaître"

AFP/ANDRÉ DURAND
L'usine Citroën de Chartres-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), le 31 mars 2008.
"Si l'on tarde trop, la filière automobile risque de disparaître"
LE MONDE | 27.12.08 | 12h58 • Mis à jour le 28.12.08 | 18h32
Le comité stratégique pour l'avenir de
l'automobile réunissant tous les acteurs de la profession -
constructeurs, équipementiers, sous-traitants, élus, organisations
syndicales... - a été mis en place vendredi 19 décembre par Luc Chatel,
le secrétaire d'Etat à l'industrie. Ce comité, dont l'objectif est
notamment de préserver l'emploi, fera des propositions pour la fin du
mois de janvier 2009.
Mais Jean Lamy, président du Comité de liaison des fournisseurs de l'automobile (Clifa) depuis novembre 2007, estime qu'il y a urgence à agir.
Dans une lettre à Nicolas Sarkozy, vous avez tiré la sonnette d'alarme sur les problèmes rencontrés par les entreprises de la filière automobile. Selon vous, demain, il sera trop tard. Vous souhaitiez des réponses opérationnelles et pragmatiques avant Noël, mais manifestement vous n'avez pas été totalement entendu par les pouvoirs publics ?
Les pouvoirs publics sont conscients de l'urgence dans laquelle se trouvent nos entreprises. Lors de la réunion avec M. Chatel, le 19 décembre, nous avons tous abordé le problème de l'immédiat. Il faut des propositions rapidement et ne pas attendre fin janvier, sinon ce sera l'hécatombe.
Déjà, de nombreuses entreprises - surtout celles qui ne travaillent que dans le secteur de l'automobile - commencent à avoir de sérieux problèmes de trésorerie. Leur endettement sur fonds propres est très élevé. Lors de cette réunion, j'ai insisté sur l'urgence d'obtenir des mesures exceptionnelles à très court terme. Elles nous permettront de recevoir une petite bouffée d'oxygène et de nous organiser.
Quelles peuvent être ces mesures exceptionnelles ?
Obtenir, par exemple, des prêts à des taux raisonnables, un rééchelonnement des dettes, ou encore la mise en place d'un moratoire sur les paiements des charges sociales et des impôts.
M. Chatel a envoyé une lettre à tous les préfets pour leur demander de traiter en urgence et au cas par cas les demandes d'aides provenant des fournisseurs sinistrés et potentiellement défaillants. L'objectif est d'examiner avec eux et avec tous les acteurs (Urssaf, banques...) les mesures à prendre de toute urgence pour pallier les problèmes de trésorerie de ces entreprises.
Bercy s'occupera des sociétés de plus de 400 personnes. En dessous, ce sont les préfets et les Comités départementaux d'examen des problèmes de financement des entreprises qui s'en chargeront.
Globalement, êtes-vous quand même confiant ?
Je dirais qu'il y a eu une petite avancée. Mais je ne me berce pas d'illusions. La crise a été d'une telle violence qu'elle va faire beaucoup de dégâts. Il y aura des défaillances en cascade. Et le risque, si l'on tarde trop à trouver des solutions, c'est que la filière automobile disparaisse.
Avez-vous chiffré le nombre de sociétés très mal en point ?
Il y en a plusieurs dizaines connues de Bercy. Des sociétés de taille significative, comme Wagon Automotive France (ce sous-traitant, placé en redressement judiciaire, emploie plus de 2 000 personnes) ou des sociétés de taille plus petite.
Aucune entreprise n'est épargnée par cette crise, aucun secteur non plus. Dans la fonderie, par exemple, il y a déjà plusieurs dizaines de sociétés défaillantes ou qui vont l'être, dans la plasturgie aussi, ainsi que dans l'électronique. Les fournisseurs de l'automobile représentent plus de 70 % de la valorisation d'un véhicule. Tous les secteurs sont donc touchés.
Les plans de réduction des effectifs en France chez les équipementiers et les sous-traitants.
VALEO.
1 600 postes supprimés (5 000 dans le monde).FAURECIA.
1 215 emplois sur 2009-2010, 700 dès 2009.MOLEX.
La société américaine veut fermer son site de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) où travaillent 300 personnes.TYCO ELECTRONICS.
620 postes supprimés d'ici la fin 2009.KLARIUS.
En liquidation judiciaire (200 emplois menacés).KEY PLASTICS FRANCE.
En cessation de paiement (300 emplois).TRELLEBORG.
461 emplois (dont 150 postes d'intérimaires), sur un total de 1 400 salariés.Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
22 décembre 2008
Le système Sarkozy à l'épreuve de la crise
Le système Sarkozy à l'épreuve de la crise
LE MONDE | 22.12.08 | 15h11 • Mis à jour le 22.12.08 | 15h11
Nicolas Sarkozy est-il paré pour affronter
l'annus horribilis qui se profile en 2009 ? Renforcé par sa présidence
de l'Union européenne, le président de la République va plutôt bien. Et
malgré la brutale dégradation de la conjoncture économique, sa cote de
popularité reste stable, à 44 % de Français satisfaits, selon le
baromètre IFOP du Journal du Dimanche du 21 décembre (échantillon de 1 879 personnes interrogées du 11 au 19 décembre).
Pourtant, le chef de l'Etat est inquiet. La récession programmée pour le premier semestre 2009 et la montée inéluctable du chômage dessinent une rentrée difficile. Tous les indicateurs sont au rouge. Raymond Soubie, le conseiller social du président, l'a mis en garde contre une crise sociale majeure. Et contre une révolte de la jeunesse tentée d'exprimer son profond malaise face à une crise économique qui est aussi une "crise morale, sulfureuse, et de tricheurs", selon l'aveu même de l'un des principaux dirigeants de l'UMP.
Nicolas Sarkozy en a conscience : il a suffi que ses homologues européens, notamment l'espagnol José Luis Zapatero et l'italien Silvio Berlusconi, lui fassent part de leur inquiétude sur l'état d'esprit de leur jeunesse dans leur pays respectif, pour qu'à son retour du sommet de Bruxelles, le chef de l'Etat autorise Xavier Darcos à retirer la réforme du lycée.
Cette crise économique et sociale appelle-t-elle pour autant une réponse politique, et passe-t-elle notamment par un remaniement gouvernemental ? Nicolas Sarkozy s'y refuse pour le moment. "Le président pense qu'il ne doit pas apporter de réponse politique à la crise économique", a retenu l'un de ses récents interlocuteurs.
Le remaniement rampant, inauguré par l'arrivée de Patrick Devedjian au ministère de la relance et Bruno Le Maire aux affaires européennes, devrait donc se poursuivre à la rentrée. Brice Hortefeux devrait remplacer Xavier Bertrand, qui va diriger l'UMP, aux affaires sociales. Et l'ex-socialiste Eric Besson reprendre le portefeuille de l'immigration. "Ajustement, ajustement, ajustement", décline l'Elysée dans toutes les réunions interministérielles.
A droite pourtant, et au sein même du gouvernement, on juge l'équipe gouvernementale bien peu armée pour affronter la tempête qui se dessine. Le premier ministre d'abord. Avec 52 % d'opinions favorables dans le dernier baromètre IFOP, François Fillon bénéficie d'une cote de popularité exceptionnelle pour un premier ministre en fonction depuis dix-huit mois. "Fillon a choisi de durer, et donc de ne pas s'exposer", analyse l'un de ses prédécesseurs. Au risque de l'effacement.
La nomination le 5 décembre de Patrick Devedjian comme "super-ministre" de la relance, avec la tutelle sur les 26 milliards d'euros de dépenses du plan, et l'autorité sur de nombreuses directions générales de plusieurs ministères, n'a suscité aucune réserve de la part de François Fillon. Mais cet escamotage du premier ministre a un inconvénient : il laisse le président de la République en première ligne. "Nicolas Sarkozy aura peut-être besoin un jour d'un pilote, d'un premier ministre à la manoeuvre qui peut servir aussi de fusible", note un dirigeant de l'UMP.
Le gouvernement n'est pas non plus très vaillant. Xavier Darcos, l'un des chouchous, encore premier-ministrable il y a quelques mois, est touché par le malaise lycéen et la grogne des enseignants. Le pôle social est fragilisé par le prochain départ de Xavier Bertrand qui avait su mener de front plusieurs grandes réformes au cours de la première année du quinquennat. Rachida Dati à la Justice fait l'objet d'une contestation tous azimuts. Christine Lagarde, désormais "cornaquée" sur la scène intérieure par Eric Woerth au budget et Patrick Devedjian à la relance "réussit en anglais mais pas en français", souligne perfide un dirigeant de l'UMP. Michèle Alliot-Marie à l'intérieur n'a jamais eu la confiance du chef de l'Etat. Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la ville, déplore son impuissance à vaincre les réticences de l'administration pour mener à bien sa politique en faveur des banlieues.
L'équipe en place paraît fragilisée et fatiguée. Nicolas Sarkozy observe les uns et les autres. Il sera temps début janvier de voir si, après avoir accéléré la mise en oeuvre du plan de relance et du plan de la promotion de la diversité - il doit aussi réorganiser son équipe en profondeur.
20 décembre 2008
La droite ne souffre pas de la récession
La droite ne souffre pas de la récession
La droite parie sur une récession courte et légère. A l’UMP, comme au gouvernement, on veut croire que tout sera terminé fin 2009. Il suffit d’y croire.
(Photo Adam Tinworth-Flickr-cc)
La
crise économique sera courte et limitée, foi d’UMP ! C’est le message,
un rien auto persuasif, qui court dans le parti majoritaire et au
gouvernement. Il fallait se pincer pour y croire, mercredi dernier :
l’UMP en convention sur l’économie a multiplié les messages, façon
méthode Coué, pour se faire croire que l’effondrement de l’économie
nationale serait un épisode passager. Les participants ont écouté sans
moufter le message d’Alain Minc, invité d’honneur du député Frédéric
Lefebvre. Le banquier « d’affaires » en est sûr : « la crise sera limitée, comme en1993 » et d’ajouter, un rien dédaigneux : « une récession à -1%, c’est pas cher payé ». Ils ont aussi écouté François David, Patron de la Coface (société d’assurance-crédit) marteler : «
c’est une crise récurrente, comme on en voit tous les dix ans depuis
1970 (…) n’écoutez pas ceux qui vendent la peur comme Jacques Attali,
l’OCDE, et DSK !» La crise serait donc courte : « 18 mois à 2 ans ». On voit que François David ne fait pas partie de ceux qui souffrent le plus du recul de l’emploi.
De
l’UMP au gouvernement, le message est quasiment le même : « pas
d’affolement ». En présentant le « plan de relance de l’économie »,
adopté ce matin en conseil des ministres, le trio en charge, c’est à
dire Christine Lagarde, Patrick Devedjian et Eric Woerth, s’employait à
minimiser. L’Insee a beau prévoir un recul de 0,8% du PIB au quatrième
trimestre 2008 suivi de deux autres trimestres toujours en retrait et
des destructions d’emplois par centaines de milliers dans le secteur
privé (plus de 360.000 postes perdus en un an dans le secteur marchand
non agricole), cela ne devrait changer ni la prévision de croissance du
gouvernement (entre +0,2 et +0,5% pour 2009) ni même son objectif de
déficit public. «Aujourd’hui on n’est pas techniquement en récession», s’obstine Christine Lagarde.
Tout va très bien Madame la marquise
Patrick Devedjian clame haut et fort qu’il a « compté chaque euro »
du plan qu’il est sensé mettre en œuvre, paraît-il 26 milliards,
pendant que son collègue du Budget Eric Woerth se dit incapable de
calculer quel trou cela représente dans les finances publiques ! « On aura bien le temps de réviser les prévisions », s’amuse même la ministre de l’Economie. Le trio zen chargé de l’économie semble parti pour atteindre les sommets du comique !
Las,
ce « tout va très bien Madame la marquise » pourrait tourner vinaigre.
En 2008, l’Elysée et Bercy jugeaient l’Insee trop pessimiste. Nicolas
Sarkozy prétendait ignorer ses prévisions, au motif qu’elles seraient
révisées, ce qui est bien le moins pour des prévisions. Et donc le
gouvernement n’a pas vraiment anticipé la crise de l’économie réelle
dont l’Insee avait signalé les prémisses dès la fin du second semestre
de cette année. La preuve : le projet de budget 2009 présenté fin
septembre ne prévoyait toujours pas de mesures anti-crise. Ce retard à
l’allumage produit des effets néfastes, puisque les mesures du plan de
relance n’auront d’effets importants qu’à partir du 3ème trimestre
2009. En attendant, les licenciements s’accumulent, en particulier chez
les sous-traitants de l’automobile. Mais patience, puisqu’on nous dit
que c’est passager…
Vendredi 19 Décembre 2008 - 16:59
Hervé Nathan
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19 décembre 2008
Le litre de gazole à moins d'1 euro, une première en deux ans
Le litre de gazole à moins d'1 euro, une première en deux ans
LEMONDE.FR avec AFP | 15.12.08 | 19h59 • Mis à jour le 15.12.08 | 20h09
Pour la première fois en presque deux ans,
le prix du gazole est tombé sous la barre de 1 euro le litre la semaine
dernière en France, a annoncé lundi 15 décembre l'Union française des
industries pétrolières (UFIP). Depuis mars 2005, le gazole, qui
représente 75 % des ventes de carburant en France, n'a évolué qu'une
seule semaine sous la barre de 1 euro le litre, en janvier 2007. Il
avait atteint un record à la hausse le 30 mai dernier, à 1,4541 euro.
Le prix du litre de super sans plomb 95 a pour sa part reculé de 2,41 % la semaine dernière, pour s'établir à 1,0835 euro. Son dernier record date de fin juin, à 1,4971 euro.
Le fioul domestique ne coûte plus que 0,5719 euro, soit un recul de 5,75 % en une semaine. Il avait atteint un sommet, début juillet, à 1,0143 euro.
Les prix de l'UFIP correspondent à des moyennes hebdomadaires, basées sur les chiffres récoltés par la direction générale de l'énergie et du climat pour le ministère de l'écologie.
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17 décembre 2008
Caisse d'Epargne : "2008 sera une mauvaise année"
Caisse d'Epargne : "2008 sera une mauvaise année"
NOUVELOBS.COM | 17.12.2008 | 19:18
Le groupe Caisse d'Epargne, qui est resté bénéficiaire de justesse au premier semestre 2008, devrait finir l'année dans le rouge.

(Reuters)
L'année 2008 sera "une mauvaise année" en termes de résultat pour le groupe Caisse d'Epargne et sa Caisse nationale pourrait "être dans le rouge", annonce la direction du groupe bancaire mutualiste dans un entretien publié mardi 16 décembre dans Le Parisien."2008 sera une mauvaise année. Les résultats ne sont pas au niveau attendu", expliquent Bernard Comolet, président du directoire de la banque, et Alain Lemaire, directeur général de la Caisse nationale des Caisses d'épargne, l'organe central du groupe dans cette interview.
"La Caisse nationale pourrait être dans le rouge: elle doit gérer la perte sur les marchés" de 751 millions d'euros en octobre, ajoutent-ils.
"L'inconnue" Natixis
Mais les autres entités du groupe, notamment le réseau des Caisses d'Epargne et les filiales immobilières, devraient afficher des résultats positifs.
Reste toutefois "l'inconnue" Natixis, filiale commune avec le groupe Banque Populaire, qui a accusé une perte de 1,2 milliard d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, soulignent Bernard Comolet et Alain Lemaire.
Le groupe Caisse d'Epargne est resté bénéficiaire de justesse au premier semestre 2008 (+21 millions d'euros).
Interrogés sur l'ouverture de la distribution du livret A à toutes les banques à partir du 1er janvier, ils réitèrent leur volonté de "rester l'acteur principal du marché", dont ils détiennent environ 55%, selon eux.
1.000 agences supprimées
Du fait de la banalisation du livret A, le groupe avait calculé, dans une précédente estimation, que 1.000 agences et 4.500 postes seraient supprimés d'ici 2012. "Nous pensons que ces chiffres seront moins élevés", commentent les deux dirigeants, sans plus de précision.
Le groupe est composé de 17 "caisses d'épargne", chapeautées par un organe central, la Caisse nationale des Caisses d'Epargne, qui lui-même détient un grand nombre de filiales, dans l'immobilier ou les services.
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16 décembre 2008
Les quatre chantiers du médiateur du crédit, René Ricol
Les quatre chantiers du médiateur du crédit, René Ricol
16.12.08 | 14h06
Par Véronique Tison et Tamora Vidaillet
PARIS (Reuters) - Le médiateur du crédit René Ricol se félicite de l'attitude plus conciliante des banques envers les entreprises mais se fixe trois autres chantiers pour aider ces dernières, y compris dans la durée.
Depuis sa nomination par le président Nicolas Sarkozy en octobre, au plus fort de la crise financière, le président du cabinet d'expertise financière Ricol, Lasteyrie & Associés n'a pas ménagé ses efforts pour convaincre les banques d'ouvrir le robinet du crédit, parfois au prix d'âpres négociations.
En échange de son plan d'aide au secteur, le gouvernement avait exigé des banques qu'elles maintiennent ou augmentent leurs encours de prêts. D'après René Ricol, il a été entendu.
"Il y avait un ensemble de banquiers qui annonçaient le retrait des concours, le 12 novembre dernier ils se sont engagés avec moi à maintenir l'enveloppe globale des concours sans demander d'augmentation des garanties personnelles", rappelle-t-il lors d'une interview accordée à Reuters.
"C'était notre premier chantier, c'était le plus important pour arrêter l'hémorragie," ajoute-t-il en notant que "les banques ont été convaincues, car c'était dans leur intérêt."
En six semaines de travail, les services de René Ricol ont reçu quelque 2.000 dossiers, dont 500 sont aujourd'hui clôturés avec un taux de succès de 62%.
"Ce week-end nous avons sauvé une entreprise de 1.500 salariés, il y en a eu cinq ou six comme cela," se félicite le médiateur sans citer de nom.
BOÎTE À OUTILS
Au-delà, ce travail bénévole "à temps plein" lui a donné d'autres idées pour enrichir, comme il dit, la boîte à outils.
Si les banquiers sont plus conciliants, les assureurs crédit lui posent désormais problème. Les entreprises qui obtiennent un allongement de leurs délais de paiement sont ainsi stigmatisées comme de mauvais payeurs par ces institutions, au risque de perdre leurs clients.
"Cela peut avoir des effets incroyablement brutaux, il faut mener une vraie réflexion là-dessus. C'est un sujet sur lequel on travaille de manière transparente et assez vigoureuse avec les assureurs crédit," explique-t-il.
René Ricol veut aussi des actions de plus long terme.
Environ 90% des dossiers qui lui ont été soumis concernent des demandes de prêts d'il y a six mois ou un an, bien antérieures à la paralysie des marchés interbancaires en septembre. Et ils sont parfois refusés, à bon escient.
C'est que, explique le médiateur, les entreprises sont souvent mal capitalisées ou mal conseillées.
"J'ai besoin que les réseaux socioprofessionnels jouent leur rôle d'assistance aux entreprises, c'est mon troisième chantier," indique René Ricol qui estime cette mission accomplie après avoir rencontré à Bercy lundi les principales organisations professionnelles.
"J'ai beaucoup de dossiers complexes, je peux trouver un deal avec le banquier mais il faut que l'entreprise prenne un certain nombre d'engagements et le rôle des réseaux socioprofessionnels est de servir en quelque sorte de témoin pour s'assurer que les engagements sont respectés," dit-il.
"Ils ont réagi très positivement et ça aussi ça va marcher", ajoute-t-il.
"ÉVITER LA CATASTROPHE"
Le quatrième effort, de longue haleine, concerne la sous-capitalisation chronique des PME françaises, un dossier que René Ricol connaît bien pour avoir présidé l'Agence pour la Création d'entreprises ou France Investissement, organisation de promotion du capital risque et du capital développement.
"J'ai à créer les éléments de recapitalisation quand c'est nécessaire," explique-t-il. "Les banquiers font un effort, mais il faut aussi qu'il y ait du capital qui revienne dans les entreprises. C'est pour elles le moyen d'éviter de se retrouver submergées sous les frais financiers".
"C'est le fruit de ma réflexion sur le terrain : au-delà du sauvetage on crée des bases de solutions durables."
René Ricol se fixe pour objectif de boucler tous ces chantiers pour fin janvier car, dit-il, en période de crise il est essentiel d'agir vite pour "montrer qu'il y a un pilote dans l'avion."
"Personne ne pense que 2009 sera facile, la question c'est d'éviter la catastrophe et on fait tout pour cela," admet-il.
René Ricol ignore quand il sera déchargé de sa tâche - "je n'ai pas de limite à mon mandat" - mais il s'attend à ce que sa mission de médiation fasse des petits.
Son équipe comprend pour le moment un peu plus de 20 collaborateurs, sept médiateurs délégués et 105 médiateurs départementaux qui sont les directeurs départementaux de la Banque de France.
"Je serais étonné que cette fonction disparaisse purement et simplement après moi. Les médiateurs départementaux notamment, je pense que cela s'inscrira dans la durée car c'est une nécessité," estime-t-il.
Edité par Gilles Trequesser
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29 novembre 2008
Un autre monde? Chiche!
Un autre monde? Chiche!
Par Hervé Nathan. Oui, le travail solidaire, la finance responsable, le commerce respectueux, c'est possible. Oui, un autre monde, qui ne serait plus régi par les principes ultra-libéraux, est possible. Et Marianne le prouve, dans son prochain numéro.
(photo azrainman-flickr-cc)
La
« pensée unique », celle qui dit : « il ne peut en être autrement »
sévit toujours, hélas. Dorénavant, elle a même une héritière : «
l’esprit du G20 » qu’on peut résumer par : « le marché aura toujours
raison ». De fait, que nous ont proposé les chefs d’Etats et de
gouvernements réunis il y a deux semaines à Washington ? De « préserver le libre marché », ou encore de « sauver le commerce et l’investissement libres ».
Selon les hommes les plus puissants de la Planète Terre, la crise qui
menace de se transformer chaque jour un peu plus ne serait que le fruit
des « excès » qui « ont perturbé les marchés ». Il
suffirait donc, si on les écoute, de corriger les détails forcément
marginaux, pour retrouver les chemins de la croissance. Et tout
reviendrait comme avant ?
Changer le monde, c'est possible
Cette
fable ne tiendra pas. La crise financière est devenue économique,
sociale et morale. Elle appelle donc des solutions globales, bien
au-delà des rafistolages que tentent des gouvernants qui, depuis 30
ans, n’ont eu, eux ou leurs prédécesseurs, de cesse de concéder aux
marchés et à la marchandisation une place de plus en plus large. C’est
ce mouvement qu’il s’agit, pour Marianne, d’interrompre. Rompre avec la
« société de marché », selon le mot de Lionel Jospin,
nécessite qu’on ait l’ambition de dominer les marchés, de leur imposer
les lois de la démocratie et de l’intérêt commun, de retrouver le
chemin d’une véritable égalité entre les hommes, d’un commerce entre
les pays et les continents qui ne mette pas en concurrence les
conditions de vie des hommes et des femmes. Cela passe aussi par la
remise en question fondamentale de l’injonction de consommer toujours
davantage. Cet « autre monde » dont l’avènement apparaît de jour en
jour plus indispensable n’est pas du tout une utopie. Il existe même,
de façon parcellaire, sous nos yeux, enfoui sous la montagne des
préjugés ultra-libéraux. Oui, le travail solidaire, la finance
responsable, le commerce respectueux, tout cela existe déjà. Il suffit
de le mettre en valeur. De le développer. C’est ce que Marianne a
décidé de proposer cette semaine avec son dossier : « Un autre monde ? Chiche ! »
Téléchargez le prochain numéro de Marianne dès 16 h cet après-midi en cliquant ici.
Vendredi 28 Novembre 2008 - 10:32
Hervé Nathan
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