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31 décembre 2008

Les voeux rêvés de Sarkozy pour 2009

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Les voeux rêvés de Sarkozy pour 2009

                               

      


   

Voici le discours de vœux que je voudrais entendre ce mercredi soir de la bouche de notre Président.

"Françaises, Français, mes chers compatriotes.

Notre pays affronte une très forte tempête. Je ne suis pas capable de vous dire si elle sera de l’ordre de celle de 1991-92, de 1975, ou de 1931-32, pour prendre celles ou nous avons subi de véritables "creux" et qui ont plus particulièrement affecté la flotte "France".

La mer n’était pas très calme auparavant. Nous subissions déjà les lames de fond de la mondialisation. Les délocalisations se succédaient et, faute d’investissement suffisants, nous ne nous défendions pas bien dans la régate permanente qu’est l’économie.

Nous avions pris du retard. Nous vivions sur de trop rares lauriers, comme les exportations agricoles, l’aéronautique, le luxe, le tourisme et quelques autres secteurs, ce qui n’était pas suffisant face à de nombreux autres bateaux. Ne serait-ce que face à nos voisins allemands, qui, depuis cinq ans, se sont rationnés tout en maintenant leur compétence dans les secteurs dont ont besoin les pays en forte croissance.

Mais la tempête d’aujourd’hui, venue d’outre-Atlantique, va aggraver singulièrement notre situation. Déjà, le chômage, qui, grâce à un ralentissement de la croissance de notre population active, baissait depuis trois ans, remonte fortement. Soixante mille d’entre nous ont été mis au chômage le mois dernier.

"J'étais sans doute naïf"

Je suis votre amiral parce que vous m’avez élu en 2007. Moi-même ne pouvais prévoir à l’époque la violence de la tempête. J’ai cru sincèrement qu’en rendant de l’argent aux plus aisés, ils l’apporteraient aux entreprises et que celles-ci investiraient.

J’ai pensé à l’époque, que la charge que j’ajoutais ainsi au budget, serait ensuite couverte par les impôts supplémentaires que génèrerait la croissance ainsi retrouvée. J’étais sans doute naïf. Ce mécanisme vertueux ne s’est pas produit.

Peut-être est-ce faute de temps? Peut-être était-il erroné? En tout cas, mon devoir aujourd’hui, gouvernant par très gros temps, est de ne pas hésiter à changer de cap, chercher la meilleure allure, la mer la moins grosse.

Mon message principal, ce soir, est le suivant: puisque la navigation va être rude, les équipages doivent être soudés. Pour qu’ils le soient, pour que nous sentions vraiment tous que nous sommes dans les mêmes bateaux et qu’on sache bien que "ceux" des passerelles ne se goinfrent pas pendant que les soutiers se serrent la ceinture, j’ai conscience qu’il faut d’abord, en priorité, réduire les inégalités. J’ai donc pris les décisions suivantes.

Baisse des salaires du Président et des ministres

Je baisse dés maintenant le budget de l’Elysée, mon propre salaire et ceux des ministres de 20%. Je baisse aussi les salaires de tous les fonctionnaires gagnant plus de 4 000€ par mois, de 10%, et leur demande, comme à tous les autres de travailler 37 heures durant les deux prochaines années.

Je demande à tous les chefs d’entreprise de plafonner, cette année, leurs revenus, tout compris, à 500 000€ par an, et, en deçà de ce niveau, de réduire les salaires de tous leurs collaborateurs gagnant plus de 4 000€ par mois, de manière dégressive.

Les sommes ainsi économisées devront être consacrées à des investissements en France dès cette année. En contrepartie, l’impôt sur les sociétés sera abaissé au plus bas niveau européen, soit 12% sur les bénéfices réinvestis dans l’année.

Je reviens ensuite sur les baisses d’impôts que mon prédécesseur et moi avons initiées, disons, en gros, une dizaines de milliards d’euro en rythme annuel, car je ne compte évidemment pas les détaxations des heures supplémentaires qui n’ont plus guère de sens aujourd’hui.

Tous les minima sociaux seront augmentés

En contrepartie, et pour un tiers environ de cette somme, j’augmente tous les minima sociaux. Je décide le blocage immédiat et pour deux ans de tous les loyers et un moratoire sur tous les prêts relais consentis pour l’acquisition d’un autre immeuble. Les banques, recapitalisées et garanties, peuvent supporter cette charge.

Je partage les deux autres tiers en deux parts. J’affecte une première part à des aides supplémentaires aux véritables installations d’entreprises et créations d’emplois dans les quartiers difficiles, en chargeant les ministères concernés d’en faire apparaître les résultats sous trois mois.

J’affecte les deux autres tiers, en plus des mesures annoncées en novembre et décembre, au sauvetage-reconversion des PME viables, à l’innovation, la recherche & développement et la création d’entreprises dans les pôles technologiques, avec priorité aux énergies vertes, car notre flotte doit s’être enrichie de nouveaux bateaux au sortir de cette tempête. Sinon, nous repasserons ensuite de la tempête au "pot au noir".

Afin de soulager le budget de l’assurance maladie, et d’équilibrer l’effort fait par les mutuelles donc les malades, je demande à tous les médecins de s’interdire tout dépassements d’honoraires, eux aussi pendant deux ans, sous peine d’être exclu du conventionnement. Je demande aussi au personnel hospitalier de suspendre les 35 heures pendant la même période.

Je m’adresse, pour terminer, aux chefs d’entreprise, commandants de nos navires. Utilisez tous les leviers que j’ai cités au début pour investir dans l’avenir et redonner aux équipages cet ingrédient essentiel d’une bonne navigation par gros temps: la confiance.

Toutes ces mesures réduisent l’éventail des revenus et soudent les équipages. Nous sommes tout à fait capables de passer ensemble ce mauvais cap, parce que nous nous sentirons plus solidaires et plus proches les uns des autres.

Bonne année à tous! Courage! La mer se calmera!"

Nicolas Sarkozy (PCC: Jean Matouk)

S’il faut convaincre notre Président de l’importance de tenir ce langage de justice sociale, voici une phrase de Victor Hugo:

"Quand on montre le luxe au peuple , dans les jours de disette et de détresse, il ne se dit pas que ce luxe le fait vivre, qu’il lui est utile. Il se dit qu’il souffre et que voila des gens qui jouissent. Quand la foule regarde les riches avec ces yeux-là, ce ne sont pas des pensées qu’il y a dans les cerveaux; ce sont des évènements."

Je ne souhaite pas que surviennent ces "évènements", mais y parer serait plus que  judicieux aujourd’hui.

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Les vœux sur mesure de Sarkozy

Les vœux sur mesure de Sarkozy

Le Président veut dynamiser le rendez-vous traditionnel avec les Français. Pas de concept de «politique de civilisation», comme l'an dernier, mais un discours plus terre à terre.

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LAURE ÉQUY

Ici en octobre 2008.

Ici en octobre 2008. (AFP)

    Un générique tout paillettes et symboles pour enrober les très institutionnels vœux du chef de l’Etat, diffusés mercredi à 20 heures. Démarrage en travelling sur une tour Eiffel scintillant en bleu pour marquer la fin de la présidence française de l’UE. «On va être dans les étoiles», s’enflamme-t-on à l’Elysée. On enchaîne sur le drapeau tricolore, l’allocution dans la bibliothèque du Château, et on termine sur le sapin illuminé de la cour d’honneur.

    Quelques grammes de fête avant d’entamer une année maigre en réjouissances. Frank Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, a beau promettre un «message positif, lucide, précis», les yeux dans les yeux de quelque 12 millions de téléspectateurs, la prestation présidentielle, sur fond de prévisions catastrophiques pour 2009, risque de tourner au numéro de funambule avec sourire de façade.

    Bibliothèque. Sur la forme, la cellule communication de l’Elysée a concocté une nouvelle nouvelle formule, réalisée par Yves Barbara, aux manettes notamment de certains Thalassa. Et ce alors que le cru 2007, annoncé comme un profond lifting de l’exercice rituel, n’a pas franchement été à la hauteur. Le choix du direct, contrairement à ses prédécesseurs qui prenaient la précaution d’un léger différé, n’a pas créé l’effet escompté, Sarkozy étant obligé de cavaler après son prompteur. Du coup, retour à l’allocution enregistrée une heure à l’avance, «dans les conditions du direct». L’incrustation d’un sous-titrage pour sourds et malentendants «exige un délai, invoque l’Elysée, le Président improvise souvent». Celui-ci n’interviendra pas assis mais debout. Non pas de son bureau mais de la bibliothèque, pièce des portraits officiels, mitoyenne du bureau de son épouse. Un «lieu plus intime», adapté au format 16/9e.

    Après le grandiloquent concept de «politique de civilisation», l’an dernier, Sarkozy devrait revenir à un discours plus terre à terre et évoquer les réformes au menu de 2009 : celles de l’hôpital, de la formation professionnelle, des collectivités territoriales, du lycée, la loi pénitentiaire, la mise en œuvre du RSA, etc. Pour le volet international, il pourrait s’exprimer sur la situation au Proche-Orient. Impossible de faire l’impasse sur la crise économique, alors que l’Insee prédit un basculement dans la récession et une hausse du chômage : volontariste en diable, le Président devrait marteler que le pays «doit sortir plus fort de la situation difficile» qu’il traverse.

    Marathon. Après avoir reçu jeudi des personnes «ayant travaillé la nuit de la Saint-Sylvestre» (personnels soignants, policiers, pompiers), Sarkozy doit poursuivre son marathon des vœux, déjà resserrés en 2008. Le 6, au Liban-Sud, devant les soldats français, le 7 aux parlementaires et conseillers de Paris à l’Elysée, et le 16, au corps diplomatique. Les journalistes fermeront le bal, le 23, Sarkozy comptant leur dévoiler la conclusion des états généraux de la presse. Dernière nouveauté : six déplacements sont prévus pour des vœux thématiques (éducation, sport, culture, sécurité, économie, santé). Histoire, après six mois de présidence de l’UE, de remettre les pieds sur le terrain et le nez dans les dossiers de ses ministres.

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    SABOTAGES SNCF "Michèle Alliot-Marie cherche à faire un exemple à travers Julien"

    SABOTAGES SNCF

    "Michèle Alliot-Marie cherche à faire un exemple à travers Julien"

    Gérard Coupat estime, dans une interview à nouvelobs.com, que le maintien en détention provisoire de son fils, Julien Coupat, soupçonné d'avoir participé aux sabotages des lignes de TGV, procède d'une volonté politique visant à tuer dans l'oeuf toute révolte de la jeunesse contre le "totalitarisme mou qui tente de s’installer en France".

    Vendredi, la cour d'appel de Paris a infirmé la demande d’un juge des libertés et de la détention de libération de Julien Coupat, en décidant son maintien en détention, dans le cadre de l’enquête sur les sabotages de plusieurs lignes de TGV commis en novembre. Avez-vous pu voir votre fils après l'audience ?

    - Ma femme avait pris un parloir au cas où Julien ne serait pas libéré. Elle l'a vu pendant une demi-heure. Il était effondré après ce qu'il venait de vivre. Effondré d'avoir subi cinq fouilles à nu entre la prison de la Santé et le Palais de justice, en moins de deux heures. Quand il a voulu aller uriner avant l'audience, les policiers ont de nouveau procédé à des vérifications, il a dû enlever ses lacets, et y est allé sous leur étroite surveillance. Ce n'est qu’une fois mis dans cet état d'humiliation que l’audience a commencé. Il y a de quoi se demander si la détention préventive n'a pas pour but unique de casser les personnes. Ensuite, il s'est retrouvé face à trois magistrats en vacation qui ne connaissaient pas bien l'affaire, sachant que le dossier de Julien compte 5 tomes et qu'ils avaient 17 ou 18 affaires à traiter en moins de 8 heures. D'emblée, les magistrats se sont montrés agressifs, l'accusant de mal se tenir et le traitant d'"Essec égaré". Julien les a sentis hostiles. Il sentait que ces magistrats n'avaient pas envie de contrecarrer la volonté du parquet et du ministère de l’Intérieur.

    Comment expliquez-vous son maintien en détention ?


    - A partir du moment où le parquet, qui est le représentant du pouvoir politique, a utilisé une procédure exceptionnelle – le référé rétention infirmant ce que le juge des libertés, indépendant du pouvoir politique, avait décidé, à savoir la remise en liberté immédiate –, on se doutait que personne, surtout pendant les vacances où les décisions sont prises par des juges vacataires, n'allait aller à l’encontre de l'avis du parquet. Résultat, comme l'avocat de Julien va probablement déposer une nouvelle demande de remise en liberté mi-janvier, il faudra encore 15 jours pour qu'elle soit étudiée, cela signifie que Julien en reprend pour un mois minimum, alors que rien ne justifie sa détention. Depuis le début de cette affaire, on se trouve face à une justice manipulée directement par le ministère de l’Intérieur ou indirectement par le parquet; ce qui revient au même.

    Pouvez-vous le voir souvent ? Parvenez-vous à échanger tous les deux ?


    - On a le droit à une visite de 40 minutes environ trois fois par semaine, sachant qu’on est sous stricte surveillance pendant les entretiens, vu que Julien est considéré comme "un terroriste dangereux". Les conditions de détention sont difficiles. Le père d'Yldune (la compagne de Julien, également gardée en détention, ndlr), raconte qu'elle est réveillée toutes les deux heures, soi-disant pour qu'elle ne se suicide pas. Quand je vois Julien au parloir, je passe mon temps à lui dire qu'il faut qu'il tienne bon, qu'il prenne de la distance. Même s'il a des gros coups de barre, comme vendredi, il reste solide face aux pratiques policières visant à l’humilier.

    Vous êtes persuadé de son innocence. Pourquoi ?


    - Je suis convaincu que Julien n'a rien à voir avec le terrorisme. Il est en désaccord, comme beaucoup de gens, avec une politique qui instaure une surveillance et une répression accrues des individus au nom du "tout sécuritaire", qui est le nouveau credo de notre ministre de l’Intérieur. Les jeunes de Tarnac considèrent que le capitalisme financier et l'hyper consumérisme actuels détruisent la planète et la solidarité entre les hommes et entre les peuples. Mais surtout, ce qu'on leur reproche, c'est d'être des jeunes plutôt instruits, appartenant à la classe moyenne, et ayant décidé de vivre réellement selon leurs idées. Non seulement ils contestent notre mode de vie et notre organisation sociale, mais en plus ils osent mettre les leurs en application : c’est cela qui fait peur à la police. A Tarnac, sur le plateau des Millevaches, ils essaient avec des amis de mettre en pratique une nouvelle façon de vivre fondée sur une vision collective de la société et sur une certaine frugalité. C'est une expérimentation sociale. Et c'est pour cela que leur collectif a choisi le plateau des Millevaches, un milieu âpre, pauvre, froid et symbole de résistance, pour ainsi développer ces liens sociaux tellement enrichissants.

    Que pensez-vous des pièces à charge du dossier ?


    - Dès le premier jour, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a clamé qu'elle avait beaucoup de preuves à charge. Et puis, en quelques jours, ces preuves sont devenues un faisceau de présomptions, c’est à dire pas grand chose. Aujourd'hui, son dossier ne tient tellement pas la route qu'elle est obligée d’extirper des bibliothèques un livre aux auteurs anonymes. C’est vraiment n’importe quoi. Entre temps, heureusement, trois jeunes de Tarnac ont été libérés… Il ne reste que Julien et Yldune.
    La police a donné aux journalistes un certain nombre d'éléments à charge pour laisser penser qu'elle avait attrapé un gros poisson. Ces éléments étaient censés prouver qu'il s'agissait de terroristes. Selon cette version, Julien serait un "grand terroriste" parce qu'il n'utilise pas de téléphone portable, parce qu'il est soi-disant caché à Tarnac, parce qu'il a passé clandestinement la frontière entre le Canada et les Etats-Unis… C’est grotesque. Mais ce que le ministère de l'Intérieur ne comprend pas, c'est que tous ces indices ridicules ne sont que des éléments du mode de vie que les jeunes de Tarnac ont choisi. Julien, pour ne prendre que la dernière accusation, ne se déplace qu'en stop, afin de prendre le temps de rencontrer et de comprendre les gens. Quant à se "cacher" à Tarnac, c’est tout le contraire : le collectif est très intégré au village, c'est grâce aux enfants du collectif que l'école se perpétue, ils tiennent l'épicerie, le bar-restaurant, le ciné-club... Je suis allé à Tarnac, et ce que j’ai vu, c'est beaucoup de travail et beaucoup de discussions. La notion de chef n'existe pas, le collectif refusant toute structure hiérarchique. Julien ne peut donc pas être "chef de bande", comme le dit Mme Alliot-Marie.
    On est totalement dans la logique du marketing de la peur et de la manipulation policière. L'idée géniale mise en avant par le procureur général, c'est qu'il faut prendre le terrorisme à la base. Il a fait le parallèle avec la Bande à Baader, mettant en avant le fait que cette fois, les "terroristes" avaient été pris avant qu’ils ne soient véritablement des terroristes ! Mais, hélas pour lui, dans le collectif de Julien, il n’ont pas trouvé l’ombre d’une arme. Et pendant les six mois de filature et en dépit des dizaines de policiers à leurs trousses, ceux-ci n’ont rien trouvé de très répréhensible. Quel gâchis d’argent et d’énergie, dépensés pour rien, ou uniquement pour le cirque médiatico-policier mis en scène par le ministère de l’Intérieur !

    L’enquête de police dit tout de même que Julien et Yldune ont été vus près de l'une des lignes de TGV qui a été sabotée, le 7 novembre…

    - Comme ils étaient suivis depuis six mois, les policiers savaient déjà tout sur eux. Nous étions tous surveillés, les enfants et les parents. Pourquoi alors, s'ils disent savoir que Julien était avec Yldune près de cette voie ferrée, ne sont-ils pas intervenus aussitôt ? Ils disent qu'ils ont perdu leur trace dans le noir pendant 20 minutes avant de les retrouver. Or, il est impossible de saboter une caténaire, à deux, pendant un laps de temps aussi court. Les professionnels sont formels. Et comment se fait-il qu’en retrouvant leur filature, les policiers n’aient pas fouillé leur voiture pour trouver des pièces à conviction ? Bizarre…
    De plus, ce que la police nomme des actes terroristes sont en réalité des actes vandalisme. La seule chose sur laquelle ils fondent la procédure terroriste est le lien qu'ils établissent entre les sabotages sur les lignes TGV et le livre "L'Insurrection qui vient", dont ils affirment sans aucune preuve que Julien est l'auteur principal. Dans ce livre, il est notamment écrit que la révolte peut passer par le blocage des voies de communication. Or, couper les voies de communication, n'est-ce pas ce que font régulièrement les cheminots en grève, les pêcheurs ou les camionneurs ? Cela fait un demi-siècle que les mouvements de contestation emploient cette technique. Et soudain, le ministère de l’Intérieur décide que ces actes seront dorénavant des actes terroristes. On marche sur la tête…
    Depuis le début, une autre histoire est connue des policiers mais n’a pas été prise en compte. Dès le 9 novembre, soit deux jours avant l’attaque policière sur Tarnac, les sabotages ont été revendiqués par des écologistes allemands militant contre le transport des déchets nucléaires. Ils écrivaient dans leur communiqué qu'ils avaient mis des fers à béton sur les lignes des TGV allemandes et françaises pour marquer un grand coup. Or, de ce que je sais, pas un policier n'est allé enquêter de ce côté là.

    Mais pourquoi alors, selon vous, cet acharnement sur Julien ?


    - Déjà parce que la ministre de l'Intérieur ne veut pas perdre la face en libérant une personne qu'elle s’est empressées d’accuser à la légère de terroriste. En outre, les idées des jeunes de Tarnac dérangent notre ministre, qui sait qu'il y a un ras-le-bol chez les jeunes de la classe moyenne qui pourrait s'embraser, comme en Grèce. Je pense que Michèle Alliot-Marie cherche à faire un exemple à travers Julien et à tester la capacité des Français à réagir à cette nouvelle agression liberticide. Ce qu'elle fait ainsi savoir c'est : regardez, si vous osez contester, voilà ce qu’il vous arrivera. En prenant pour boucs émissaires des jeunes ayant un casier judiciaire vierge, plutôt instruits, de la classe moyenne, elle réussit bien son coup en distillant la peur à grande échelle et en prenant le rôle de la grande déesse protectrice de tous les malheureux… Espérons que les Français ne se feront pas prendre à cette mise en scène.

    Vous êtes ultra présent dans les médias. Dans quel but ?


    - A l'inverse de la ministre de l'Intérieur, dont les équipes n'ont pas respecté le secret de l'instruction en accusant d'emblée le collectif, nous, les parents des inculpés, nous avions décidé d'attendre la fin des 96 heures de garde à vue avant de parler à la presse. Nous voulions respecter la loi républicaine. Mais après toutes ces déclarations qui faisaient de nos enfants des coupables – car d'emblée le ministère de l’Intérieur a considéré qu'ils étaient coupables –, imaginez le travail qu'on a dû faire pour réparer cette image mensongère, qui, de plus, ne respecte pas la présomption d'innocence ! Imaginez comme c'est difficile de faire en sorte que les gens changent de point de vue quand, dès les premiers jours, Mme Alliot-Marie s’est efforcée de convaincre les Français qu'elle les a sauvés d'actes terroristes, dans un contexte de peur généralisée ! Par notre travail, les journalistes, en allant à Tarnac, se sont rendus compte ensuite par eux-mêmes qu'ils avaient été manipulés, voire bernés.

    Vous mêlez, au combat du père qui veut sauver son fils, celui du citoyen qui s'insurge contre les pratiques politiques actuelles… Pourquoi ce deuxième engagement ?


    - Mon premier objectif, c'est, en tant que père, qu'Yldune et Julien sortent de prison le plus vite possible. Car le but de la prison préventive, je le répète, dans ce cas, c'est de les casser. Plus courte sera cette période de détention, mieux ce sera pour nos enfants, qui risquent d'en sortir détruits. Nous sommes plutôt pessimistes, car nous voyons bien que Michèle Alliot-Marie et sa police politique mettront le paquet pour s’opposer à leur libération. Il faut savoir que lorsque les magistrats vont ordonner une enquête, c'est cette même police qui va s'en charger. On va donc se retrouver immanquablement confronté au ministère de l’Intérieur, et cela peut durer des années. Je pense qu'ils vont tout faire pour que cela prenne du temps. La justice est instrumentalisée par les policiers, c’en est le parfait exemple. Mais je me battrai tant que Julien ne sera pas blanchi de cette infamie et que les pratiques policières et du ministère de l’Intérieur ne seront pas remises en question.
    Mon deuxième but, c'est de montrer à tous ce que je viens de découvrir : que ces lois, qui sont des lois d'exception faites pour al-Qaida et consorts, sont utilisées pour des personnes qui ne font que contester une politique, un mode de société. J'ai découvert la scandaleuse complicité entre la justice et le ministère de l'Intérieur, une complicité plus proche d'une république bananière que d'une démocratie en bonne et due forme. Ce que je veux dire c'est, d'une part, qu'il doit y avoir respect de la constitution française, donc présomption d'innocence et non présomption de culpabilité, et, d'autre part, qu'il doit y avoir respect des droits de l'Homme, donc que la prison doit demeurer un fait extrêmement exceptionnel.
    Moi qui n'avais pas de forte démarche politique dans ma vie, qui votait tantôt à droite, tantôt à gauche, en fonction des personnalités politiques, qui avais été myope, un peu lâche, je sais désormais ce que je vais faire du reste de ma vie. Je vais m'engager contre ces lois liberticides : ce sont nous, les hommes et les femmes de 40 à 60 ans, qui avons laissé les gens au pouvoir mettre en place ces lois scélérates ; c’est à nous, avec l’aide des jeunes, de les faire sauter car elles sont contraires à l’esprit de la démocratie française.
    Et puis, je vais mettre toute mon énergie pour que Tarnac continue à vivre, car c’est pour moi un symbole merveilleux de résistance au totalitarisme mou qui tente de s’installer en France. Merci au peuple de Tarnac de nous avoir réveillés.

    Interview de Gérard Coupat par Sarah Halifa-Legrand
    (Mardi 30 décembre 2008)


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    "Zéro refus d'hébergement" pour les SDF, nouveau mot d'ordre du gouvernement

          

     

           

    "Zéro refus d'hébergement" pour les SDF, nouveau mot d'ordre du gouvernement

           

    Face à ce constat, le premier ministre François Fillon a donné pour consigne aux services concernés de ne refuser aucune demande d'hébergement de la part d'un sans-abri. "Le premier ministre a donné un mot d'ordre très simple qui est 'zéro refus d'hébergement', c'est-à-dire que toute demande d'hébergement qui est faite par une personne en difficulté soit satisfaite", a dit M. Hirsch à l'issue d'une réunion à Matignon sur la mobilisation des pouvoirs publics pour la nuit de la Saint-Sylvestre. "Cela se traduit par un renforcement des équipes mobiles de 'maraudes' et par une augmentation de 10 714 places par rapport aux 99 600 déjà ouvertes et par l'ouverture de lieux d'accueil vingt-quatre heures sur vingt-quatre", a précisé ensuite Matignon.

    "MOYENS CONSIDÉRABLES"

    Un point sera effectué mercredi matin sur les capacités des centres d'hébergement. Des associations font état tous les jours de refus d'hébergement, même si au fil des jours ils sont de moins en moins nombreux, a expliqué M. Hirsch. Des propos en contradiction avec ceux de la ministre du logement, Christine Boutin, qui met en avant, depuis le début de la vague de froid, la réticence de certains sans-abri à se rendre dans les lieux d'accueil. "Tous les gens qui sont décédés ont été pris en charge par des maraudes, se sont vu proposer un logement mais l'ont refusé", avait-elle fait valoir.

    La ministre, qui était absente à la réunion de Matignon, a par ailleurs été interpellée, mardi, par le collectif Les Morts de la rue, qui lui a demandé d'avoir le "courage" de  mettre en place un "plan ambitieux" pour les sans-logis. Quelques heures plus tard, Mme Boutin a rappelé les "moyens considérables" engagés par l'Etat : "1,12 milliard d'euros pour le budget 2009 contre 690 millions en 2001". "Dans le plan de relance de l'économie française, un programme de construction de 30 000 logements sociaux supplémentaires a été annoncé en plus des 120 000 budgétisés pour 2009 et des 30 000 logements qui peuvent être acquis en vente en l'état futur d'achèvement par les bailleurs sociaux", insiste Mme Boutin, alors que les associations accusent le gouvernement de ne traiter le dossier que dans l'urgence, une fois l'hiver venu.




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    30 décembre 2008

    Nouveaux éléments sur la mort d'un journaliste qui enquêtait sur les comptes de Chirac

    Jean-Pascal Couraud, journaliste d'investigation et opposant à Gaston Flosse, alors président de Polynésie, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997. | D.R.

    D.R.

    Jean-Pascal Couraud, journaliste d'investigation et opposant à Gaston Flosse, alors président de Polynésie, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997.


    Nouveaux éléments sur la mort d'un journaliste qui enquêtait sur les comptes de Chirac

           

    Cette lettre, dont l'existence a été révélée par les avocats de la famille Couraud, a été découverte dans une commode lors d'une perquisition au domicile de M. Flosse en septembre. Selon ces avocats, elle fait plusieurs pages et ne serait pas datée, mais ils l'attribuent à Vetea Cadousteau, membre du Groupement d'intervention de la Polynésie (GIP), unité créée par M. Flosse puis dissoute en 2006, et que les avocats accusent d'avoir participé à l'enlèvement et au meurtre de  Jean-Pascal Couraud.

    Le document revient en détail sur les conditions de l'enlèvement du journaliste, qui aurait été torturé puis lâché en pleine mer, lesté de plusieurs poids de pêche. Les autorités n'ont pas encore authentifié la lettre et demandent une deuxième expertise graphologique pour que son auteur soit clairement établi. L'auteur de ce texte explique, selon les avocats, "qu'il craignait pour sa vie car il aurait reçu des menaces". Or, Vetea Cadousteau a été retrouvé mort en janvier 2004 à Tahiti dans des conditions qualifiées de "très troublantes" par le comité de soutien de Jean-Pascal Couraud. En octobre 2004, un autre ancien du GIP avait évoqué dans des termes similaires la mort du journaliste, notamment devant l'indépendantiste Oscar Temaru, tout nouveau président du territoire, avant de se rétracter puis d'être condamné à trois mois de prison ferme pour dénonciation calomnieuse.

    DOCUMENTS DE LA DGSE DÉCLASSIFIÉS

    Après plus de dix ans d'enquête, aucun élément incontestable ne vient soutenir l'hypothèse criminelle, et encore moins un lien politique. En 2007, un des avocats de M. Couraud avait fait référence à une "note circulant à Papeete en 1998-1999, faisant état de transferts de fonds par Wan [Robert Wan, richissime homme d'affaires proche de Gaston Flosse] à Jacques Chirac", sans pour autant la produire.  Jacques Chirac nie l'existence de tout compte bancaire au Japon et a refusé de commenter l'affaire.

    Se basant sur l'absence de preuves concrètes dans l'enquête, Gaston Flosse a réagi, dans un communiqué diffusé mardi, rappelant qu'"on ne peut parler d'enlèvement et de meurtre puisque rien, depuis dix ans, ne vient étayer cette thèse". Le sénateur accuse "certaines autorités de l'Etat [de] manipuler sciemment des informations judiciaires". "Il est ignoble de vouloir m'imputer cette affaire puisque je n'ai jamais été inquiété pour cela par la justice", ajoute-t-il, expliquant que la lettre, "qui ne comporte que de prétendues révélations", lui a été envoyée anonymement.

    L'affaire se trouve aussi relancée par l'annonce, par le ministère de la défense, de la levée du secret défense sur des documents sur la disparition de M. Couraud et les comptes présumés de M. Chirac. Suivant un avis favorable de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), Hervé Morin a autorisé la déclassification totale ou partielle de treize documents saisis en juin au siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) par le juge de Tahiti Jean-François Redonnet, chargé de l'affaire. La CCSDN avait par ailleurs donné un avis défavorable à la déclassification de treize autres documents dans cette affaire, un jugement que M. Morin a également suivi. Ces différents documents font le point sur les vérifications de la DGSE concernant cet hypothétique compte en banque détenu par l'ancien président, au début des années 1990, à la Tokyo Sowa Bank.

    Le Monde.fr avec AFP, Reuters


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    29 décembre 2008

    Hôpitaux Faute de place aux urgences, un homme meurt d'un malaise cardiaque

    Hôpitaux

    Faute de place aux urgences, un homme meurt d'un malaise cardiaque

    Par LEXPRESS.fr, publié le 29/12/2008 08:51 - mis à jour le 29/12/2008 09:01

           

    Un quinquagénaire est décédé samedi soir après un malaise cardiaque. Après lui avoir porté secours, le SAMU a attendu 6 heures pour lui trouver une place dans l'un des 27 hôpitaux de la région parisienne, tous saturés. Le patient a succombé à son arrivée.

         

    Un homme victime samedi soir d'un malaise cardiaque, à Massy (Essonne), n'a pu être accueilli pendant six heures, faute de place, dans un service de réanimation hospitalier et est décédé alors qu'il allait enfin y être admis, a-t-on appris dimanche de sources concordantes.

    Une équipe du Samu s'est rendue au domicile de cet homme de 56 ans vers minuit, et après lui avoir prodigué les premiers soins, a cherché pour lui en vain auprès de 27 hôpitaux d'Ile-de-France une place dans un service de réanimation qui pourrait lui faire une coronarographie, a déclaré à l'AFP le Dr Nathalie Roignant, praticien hospitalier au Samu de l'Essonne.

    "Par défaut, l'équipe l'a amené en stand-by aux urgences de l'hôpital de Longjumeau", qui dispose de matériel de réanimation mais n'était pas en mesure de lui faire une coronarographie. Ce n'est que vers 6 heures qu'une place s'est libérée pour cette intervention à l'hôpital Lariboisière, à Paris, mais le patient est décédé au moment où il arrivait à cet établissement.

    Une porte-parole de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a confirmé à l'AFP ces faits, initialement révélés par le syndicat d'urgentistes Amuf.

    Pour le secrétaire général de l'Amuf, Bruno Fagganielli, de nombreux lits de réanimation ont été fermés pendant la période des fêtes, faute de personnel, "puisque les hôpitaux n'ont plus les moyens de prendre des remplaçants" des médecins et soignants en congé.

    Dans un communiqué diffusé dimanche soir, l'Amuf a assuré "qu'à 20 heures, tous les services d'urgence sont saturés et qu'il n'y a plus de place de réanimation en Ile de France".

    Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'AP-HP a indiqué que dimanche à 16 heures, comme la veille à la même heure, cinq places de réanimation étaient disponibles en Ile-de-France, selon les données, rassemblées toutes les 24 heures, du Centre régional de veille et d'action sur les urgences.

    Pour l'Amuf, présidée par le Dr Patrice Pelloux, "la sécurité des patients n'est plus assurée dans les hôpitaux en Ile-de-France pendant cette période de fêtes".

    Dans son communiqué, elle "demande aux plus hautes autorités de l'Etat de prendre immédiatement des mesures énergiques avant qu'une catastrophe sanitaire ne se produise", notamment "le déclenchement des plans blancs en Ile-de-France et le rappel des personnels".

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    Edito du Monde - Dialogue social en péril

          

          Edito du Monde   

           

    Dialogue social en péril

           

    Faute d'accord, l'Etat devrait prendre la main et décider seul, ce qui n'est arrivé qu'une fois, en 1982. Un coup mortel serait porté ainsi au paritarisme. Dans un climat de crise sociale rampante, cette incertitude sur l'avenir de l'Unedic s'ajoute à celle qui pèse sur une autre négociation importante, concernant la formation professionnelle, dont la conclusion a été renvoyée à janvier.

    "Je crois à la réforme par le dialogue social", avait proclamé le président de la République, le 18 septembre 2007, en s'engageant à appliquer la loi faisant obligation au gouvernement de recourir à une concertation préalable avec les syndicats, voire à une négociation, pour toute réforme portant "sur les relations individuelles et collectives du travail, l'emploi et la formation professionnelle". Pour la réforme des régimes spéciaux de retraite, la modernisation du marché du travail ou les nouvelles règles de représentativité syndicale, Nicolas Sarkozy a tenu parole.

    Depuis six mois, en revanche, le chef de l'Etat s'est écarté de ses promesses. En juin, il a ajouté à la loi sur la représentativité syndicale un codicille sur le démantèlement des 35 heures qui a sérieusement compromis la relation de confiance qu'il avait établie avec la CFDT et la CGT. A l'automne, le recours à une initiative parlementaire pour étendre le travail du dimanche l'a dispensé de concertation avec les syndicats.

    Si, demain, M. Sarkozy devait décider des nouvelles règles d'indemnisation du chômage et agir de même sur la formation, son interventionnisme risquerait de ruiner le dialogue social. Alors que les menaces de crise sociale s'accumulent pour 2009, ce serait une erreur.

    Article paru dans l'édition du 28.12.08.



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    "Si l'on tarde trop, la filière automobile risque de disparaître"

    L'usine Citroën de Chartres-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), le 31 mars 2008.

    AFP/ANDRÉ DURAND

    L'usine Citroën de Chartres-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), le 31 mars 2008.

    "Si l'on tarde trop, la filière automobile risque de disparaître"

           

    Mais Jean Lamy, président du Comité de liaison des fournisseurs de l'automobile (Clifa) depuis novembre 2007, estime qu'il y a urgence à agir.

    Dans une lettre à Nicolas Sarkozy, vous avez tiré la sonnette d'alarme sur les problèmes rencontrés par les entreprises de la filière automobile. Selon vous, demain, il sera trop tard. Vous souhaitiez des réponses opérationnelles et pragmatiques avant Noël, mais manifestement vous n'avez pas été totalement entendu par les pouvoirs publics ?

    Les pouvoirs publics sont conscients de l'urgence dans laquelle se trouvent nos entreprises. Lors de la réunion avec M. Chatel, le 19 décembre, nous avons tous abordé le problème de l'immédiat. Il faut des propositions rapidement et ne pas attendre fin janvier, sinon ce sera l'hécatombe.

    Déjà, de nombreuses entreprises - surtout celles qui ne travaillent que dans le secteur de l'automobile - commencent à avoir de sérieux problèmes de trésorerie. Leur endettement sur fonds propres est très élevé. Lors de cette réunion, j'ai insisté sur l'urgence d'obtenir des mesures exceptionnelles à très court terme. Elles nous permettront de recevoir une petite bouffée d'oxygène et de nous organiser.

    Quelles peuvent être ces mesures exceptionnelles ?

    Obtenir, par exemple, des prêts à des taux raisonnables, un rééchelonnement des dettes, ou encore la mise en place d'un moratoire sur les paiements des charges sociales et des impôts.

    M. Chatel a envoyé une lettre à tous les préfets pour leur demander de traiter en urgence et au cas par cas les demandes d'aides provenant des fournisseurs sinistrés et potentiellement défaillants. L'objectif est d'examiner avec eux et avec tous les acteurs (Urssaf, banques...) les mesures à prendre de toute urgence pour pallier les problèmes de trésorerie de ces entreprises.

    Bercy s'occupera des sociétés de plus de 400 personnes. En dessous, ce sont les préfets et les Comités départementaux d'examen des problèmes de financement des entreprises qui s'en chargeront.

    Globalement, êtes-vous quand même confiant ?

    Je dirais qu'il y a eu une petite avancée. Mais je ne me berce pas d'illusions. La crise a été d'une telle violence qu'elle va faire beaucoup de dégâts. Il y aura des défaillances en cascade. Et le risque, si l'on tarde trop à trouver des solutions, c'est que la filière automobile disparaisse.

    Avez-vous chiffré le nombre de sociétés très mal en point ?

    Il y en a plusieurs dizaines connues de Bercy. Des sociétés de taille significative, comme Wagon Automotive France (ce sous-traitant, placé en redressement judiciaire, emploie plus de 2 000 personnes) ou des sociétés de taille plus petite.

    Aucune entreprise n'est épargnée par cette crise, aucun secteur non plus. Dans la fonderie, par exemple, il y a déjà plusieurs dizaines de sociétés défaillantes ou qui vont l'être, dans la plasturgie aussi, ainsi que dans l'électronique. Les fournisseurs de l'automobile représentent plus de 70 % de la valorisation d'un véhicule. Tous les secteurs sont donc touchés.

    Propos recueillis par Nathalie Brafman

                

    CHIFFRES

                          

                       

    Les plans de réduction des effectifs en France chez les équipementiers et les sous-traitants.

    VALEO.

    1 600 postes supprimés (5 000 dans le monde).

    FAURECIA.

    1 215 emplois sur 2009-2010, 700 dès 2009.

    MOLEX.

    La société américaine veut fermer son site de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) où travaillent 300 personnes.

    TYCO ELECTRONICS.

    620 postes supprimés d'ici la fin 2009.

    KLARIUS.

    En liquidation judiciaire (200 emplois menacés).

    KEY PLASTICS FRANCE.

    En cessation de paiement (300 emplois).

    TRELLEBORG.

    461 emplois (dont 150 postes d'intérimaires), sur un total de 1 400 salariés.


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    28 décembre 2008

    La société française est de moins en moins libre

    La société française est de moins en moins libre

    NOUVELOBS.COM | 27.12.2008 | 10:35

    Réagissez à l'article 142 réactions

    45% des Français estiment que la fraternité est toujours d'actualité contre 52% en 2004, 60% contre 68% pour la liberté, et 32% contre 40% pour l'égalité.

          

    Marianne, symbole républicain (Sipa)

    Marianne, symbole républicain (Sipa) 

    La devise de la République française "s'applique-t-elle bien à la société française aujourd'hui ?" La proportion de Français répondant affirmativement à cette question est en repli, selon un sondage CSA publié samedi 27 décembre dans La Croix.
    Ils sont en effet seulement 45% à estimer que c'est le cas concernant la fraternité, contre 52% en 2004.
    Six sur dix (60%) pensent que la liberté s'applique bien à la société actuelle, contre 68% en 2004 et 75% en 2003, selon des précédents sondages sur le même thème. Et pour ce qui est de l'égalité, ils sont 32% à estimer qu'elle fait toujours honneur à la devise française, contre 40% il y a quatre ans.

    Les associations et l'école fers de lance


    Les associations (39%) et l'école (36%) sont les deux institutions les plus aptes à "encourager la fraternité", selon les personnes interrogées, auxquelles étaient proposée une liste d' organismes où elles pouvaient choisir un ou plusieurs organismes.
    Enfin, près des deux tiers des sondés (64%) se déclarent "prêts à donner de l'argent à une ou des associations d'aide aux plus démunis", 62% à s'engager dans une telle association, et 52% "à donner plus souvent à des personnes mendiant dans la rue".

    - Sondage réalisé par téléphone les 17 et 18 décembre 2008, auprès d'un échantillon représentatif de la population de 1.002 personnes.


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    26 décembre 2008

    AP-HP Le PS dénonce "la mise en péril de l'hôpital public"

     

    AP-HP

         

    Le PS dénonce "la mise en péril de l'hôpital public"

    NOUVELOBS.COM | 30.11.1999 | 00:00

    Exprimant son soutien à la famille de l'enfant décédé dans un hôpital parisien, le PS s'est inquiété du sort de l'infirmière dont la garde-à-vue a été prolongée.

    La façade de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul (Sipa)

    La façade de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul (Sipa) 

    Le Parti socialiste s'est étonné, vendredi 26 décembre, de la garde à vue prolongée de l'infirmière mise en cause dans la mort du petit Ilyès, 3 ans, mercredi soir à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris. Il a jugé "urgent que le gouvernement prenne la mesure de la situation de nos hôpitaux".

    "Un double drame"

    Mireille Le Corre, secrétaire nationale du PS chargée de la santé et de la Sécurité sociale, se dit dans un communiqué "profondément peinée par le drame qui s'abat sur la famille" d'Ilyès, à qui elle apporte "toute (la) solidarité et (le) soutien" de son parti.
    Evoquant "un double drame, pour la famille d'abord mais aussi pour l'infirmière", le PS "s'étonne de la prolongation de sa garde à vue alors même qu'elle a reconnu les faits" et demande que les enquêtes "se déroulent dans les meilleures conditions et les plus brefs délais afin d'établir ce qui s'est réellement passé".

    Mise en péril de l'hôpital public


    "Le PS attend que ces enquêtes expliquent comment un tel drame a pu se produire", poursuit Mireille Le Corre.
    Le PS rappelle également avoir interpellé le gouvernement "très récemment sur la situation des urgences et de l'hôpital afin que ne s'ajoute pas une crise sanitaire à la crise économique et sociale", évoquant la "saturation des services à la veille des fêtes et les conditions dans lesquelles le personnel soignant était contraint de travailler".
    "Par sa politique de restriction des moyens, le gouvernement prend le risque de mettre en péril l'hôpital public", conclut-il.


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