12 décembre 2008
PARTI SOCIALISTE Dray critique les jeunes "agitateurs" de la nouvelle direction du PS
PARTI SOCIALISTE
Dray critique les jeunes "agitateurs" de la nouvelle direction du PS
NOUVELOBS.COM | 12.12.2008 | 07:23
Les jeunes socialistes de la nouvelle direction feraient bien de devenir des "responsables politiques sérieux" plutôt que des "agitateurs", a lancé ce proche de Ségolène Royal.

Julien Dray (Sipa)
Dans un contexte de vives tensions entre les camps Royal et Aubry, le député de l'Essonne Julien Dray, proche de Ségolène Royal, a de nouveau attaqué, jeudi 11 décembre, la nouvelle direction du PS en s'en prenant à ses "jeunes dirigeants". Une génération, qui, a-t-il fait remarquer, ferait bien de devenir des "responsables politiques sérieux" plutôt que des "agitateurs"."Toutes les conditions sont en train de se réunir pour des confrontations sociales très violentes" et le rôle de l'opposition "c'est de montrer aux gens qu'il y a une autre politique qui est possible", pas "de prendre nos baskets et d'être de toutes les manifs", a-t-il déclaré sur i-Télé. Une manière aussi pour Julien Dray, âgé de 53 ans, de "marquer (sa) différence" avec la nouvelle direction du PS.
Frénésie médiatique
Le rôle du PS n'est pas seulement "d'accompagner les manifestants" mais de "montrer qu'on est une force de proposition, qu'on donne des solutions" et qu'"on n'est pas simplement dans la critique systématique de Nicolas Sarkozy", a ajouté le député, sans citer de noms.
"Je rappelle aux jeunes dirigeants du Parti socialiste qu'ils ne sont pas des agitateurs, qu'ils sont d'abord et avant tout des responsables politiques sérieux qui peuvent être amenés un jour ou l'autre à diriger le pays", a ajouté Julien Dray.
"Depuis quelques jours, je vois une espèce de frénésie médiatique qui s'installe, de communiqués de presse, de faire feu de tous bois, je ne pense pas que ce soit cela le PS", a insisté le député de l'Essonne.
Selon lui, "Martine Aubry a intérêt à faire une alchimie entre les jeunes générations et celles qui ont de l'expérience".
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26 novembre 2008
Parti socialiste : Aubry enfin élue, Royal entre dans l'opposition
Parti socialiste : Aubry enfin élue, Royal entre dans l'opposition
Par Rue89 | 25/11/2008 | 20H55
Créditée mardi d'une avance de 102 voix, la maire de Lille veut "rassembler". Sa rivale est déterminée à peser au sein du PS.

20h55. La bataille entre les deux femmes s'est incarnée sitôt le conseil national terminé. A coups de conférence de presse. Martine Aubry, accompagnée de Harlem Desir (bras droit de Delanoë) et de Marylise Lebranchu (ancienne Garde des Sceaux de Lionel Jospin), a appelé au "rassemblement".
Mais les journalistes étaient bien plus nombreux à attendre la déclaration de sa rivale. Souriante et déterminée, elle n'a pas explicitement reconnu sa défaite, glissant même à double reprise: "Nous avons réussi à rassembler la moitié, et peut-être même un plus, du Parti socialiste..."
Elle s'est posée en opposante résolue à la nouvelle première secrétaire, décidée à continuer à travailler "avec les réseaux qui sont les [siens]" (comprendre, les comités Désirs d'avenir):
"Nous ferons en sorte d'être une force de transformation à l'intérieur du PS. Nous allons continuer à nous investir dans le PS dont nous représentons la moitié des forces militantes.
Chaque fois que la nouvelle direction du Parti socialiste prendra des décisions qui iront dans le sens de ce que nous avons défendu devant les militants, nous la soutiendrons. Chaque fois qu'elle n'ira pas dans ce sens, nous essaierons de la convaincre d'aller dans ce sens."
L'ex-candidate à la présidentielle n'a pas indiqué si elle allait finalement engager des recours en justice. Jean-Louis Bianco, un proche, annonçait que ses soutiens "maintiendront un recours en justice" si Martine Aubry n'accepte pas un nouveau vote là où "où il y a un problème".
Et ce, même si Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d'avenir, a lui évoqué "un parti fragile" et qu'"il convient de ne pas le fragiliser davantage", tandis que Patrick Menucci, autre proche, ne voyait pas "pourquoi on repousserait les mains tendues".
A l'extérieur de la Mutualité, une petite dizaine de ses partisans étaient réunis, portant une pancarte blanche avec l'inscription "Les militants demandent un nouveau vote". (Revivez en vidéo tout le film de la soirée)
20h27. Depuis samedi matin, les annonces de corrections plus ou moins officielles se sont succédées dans les fédérations du PS. Au final, la commission de récolement a accordé 38 voix supplémentaires à Martine Aubry, et retiré 22 voix du score de Ségolène Royal.
19h40. Reprendre la main, et vite. C'est sans doute la volonté de Martine Aubry, après trois jours cauchemardesques pour le Parti socaliste. Au conseil national, elle s'adresse aux militants et tente de voir le bon côté des choses:
"Je crois que nous avons su débattre et discuter (...) et faire de ce parti un immense parti démocratique. On peut moquer nos débats et discussions Dès la semaine prochaine, le Parti socialiste est de retour." (Ecouter le son, attention, tendre l'oreille, la liaison était mauvaise)
Avant de rajouter: J'ai envie de dire à la droite: riez encore quelques jours, mais dès la semaine prochaine le PS est de retour dans l'opposition, et uni. Je veux le dire: nous sommes tous socialistes!"
19h35.
C'est fait. Ce fut rapide. Le rapport de la commission de récolement a
été adopté par le conseil national du PS lors d'un vote à main levée,
avec le badge rouge de conseiller national (159 voix pour, 76 contre et
2 absentions).
Catherine Tasca représente de la direction en tire les "conséquences": "C'est donc Martine Aubry qui est élue première secrétaire du Parti socialiste." Standing ovation des trois quarts des conseillers nationaux présents dans la salle.
19h30. A la tribune du conseil national, ça revendique une dernière fois avant le vote. Florilège des grandes déclarations et autres petites phrases, dans l'ordre d'apparition:
- Daniel Vaillant (président de la commission de récolement): "On a suspendu la commission lundi à 17h, mais le travail n'a jamais cessé, il fallait bien faire les investigations nécessaires. Je ne veux pas qu'il soit dit qu'on ait interrompu de manière désinvolte le travail de la commission."
- David Assouline (royaliste): "On est arrivé à cette imperfection démocratique de 102 voix. La seule décision est d'aller plus loin dans la démocratie et de donner une nouvelle fois la parole aux militants."
- Christophe Borgel (aubryste): "Après les décisions, il y a le rassemblement nécessaire."
- Vincent Peillon (royaliste): "Cette décision n'est pas arithmétique, n'est pas juridique, elle est politique. Et elle est précipitée."
- Jean Glavany (aubryste): "De quoi notre parti n'a pas besoin? C'est d'un nouveau vote. Si tout tient à la faiblesse de l'écart -102 voix-, voulez-vous que certains d'en nous vous racontent que pour moins que ça nous sommes devenus parlementaires?"
- Benoît Hamon (candidat défait au premier tour): "Je pense que notre parti n'a pas de problèmes de démocratie, il a des problèmes de comportement. S'il y en a un qui exploitera cette semaine de trop, c'est bien Nicolas Sarkozy, notamment en ne reculant pas la date des élections régionales. Parce qu'il nous considère aujourd'hui de plus en plus faible."
19h06. Ça ressemble à un début de rétropédalage. A la Mutualité, là où se tient en ce moment le conseil national du PS, Jean-Pierre Mignard et David Assouline, soutiens de Royal, viennent en éclaireurs dire qu'ils "aiment le parti" et qu'ils sont moins sûrs d'aller en justice. Les partisans de Royal semblent accepter une future désignation d'Aubry. Pas de manifestation non plus de militants royalistes à signaler.
18h30. Début du conseil national, habituellement surnommé le "parlement du parti". Il comprend 204 membres désignés proportionnellement aux résultats du vote du 6 novembre sur les motions (soit 60 sièges pour Royal, 51 pour Delanoë, 50 pour Aubry et 43 pour Hamon) et les 102 premiers secrétaires fédéraux élus jeudi et vendredi, en même temps que le scrutin pour le premier secrétaire du PS (on ignore pour le moment leur exacte répartition entre les différents courants socialistes).
18h44. Pour François Hollande, pas facile de faire le boulot d'opposant à Nicolas Sarkozy quand son propre parti est en capilotade. Lors de la manifestation sa réforme de l'audiovisuel public examinée ce mardi à l'Assemblée, le toujours premier secrétaire (pour quelques heures), a dû se résoudre à répondre aussi aux questions des journalistes sur le vote de vendredi. (Voir la vidéo)
Quelques heures plus tard, moment plus agréable pour le maire de Tulle, qui s'est exprimé devant le conseil national (le "parlement") du parti pour la dernière fois, rêvant d'un "seul parti qui veut vivre ensemble et qui veut respecter ensemble ses règles et ses militants".
"C'est la dernière fois et vraiment la dernière que je m'adresse comme premier secrétaire et je vous appelle à un sursaut, collectif et individuel, car le collectif c'est la somme des individus et chacun a à faire son sursaut de conscience."
18h23. Nogent-sur-Oise, Mont-de-Marsan, Lille, Ermont-Eaubonne... La liste des irrégularités relevées par le camp de Ségolène Royal et publiée dans une très détaillée protestation électorale est bien longue.
Le document, publié sur le blog du Monde.fr
consacré au PS et signé de David Assouline, Jean-David Ciot et
Jean-Pierre Mignard (les trois représentants de la présidente du
conseil régional de Poitou-Charentes à la commission de récolement),
est un inventaire des mauvaises pratiques reprochées aux soutiens
d'Aubry:
- erreurs dans le dépouillement
- absence de liste d'émargement
- absence de signature de la liste d'émargement
- disparition de bulletins annexés au procès-verbal
- manipulation ou destructions de procès-verbaux
- vote sans isoloir
- énonciations contradictoires
- délégués d'un candidat interdits d'entrée
- absence de contrôle du paiement des cotisations
- émargement par un tiers
18h17. Le PS a fini de "récoler" les résultats, mais parviendra-t-il à recoller les morceaux? La commission chargée de trancher les litiges nés du scrutin de vendredi propose de confirmer la victoire de Martine Aubry. Le conseil national du parti, réuni en ce moment à la Mutualité, doit encore confirmer ce verdict.
17h55. Selon des sources internes au PS, Martine Aubry serait désormais en tête de 102 voix (67 451 voix pour la maire de Lille, contre 67 349 voix pour la présidente de Poitou-Charentes).
17h08. C'est une autorité morale du PS qui propose une solution pour sortir de la crise: lors d'une réunion des sénateurs socialies, Robert Badinter a suggéré de réorganiser un vote dans les sections où des litiges opposent les deux camps, et de mettre en place une "commission de sages":
"J'ai rappelé au groupe que c'était une matière de contentieux électoral, qu'il fallait que les choses soient aussi claires que possible selon des principes d'une jurisprudence du conseil d'Etat et du conseil constitutionnel en matière de contentieux d'élection."
15h33. Plus que quelques heures pour finir le job. La commission de récolement, qui examine les réclamations sur le vote de vendredi, a repris ses travaux
à 14h30. Son président, Daniel Vaillant, a confié à la presse à son
arrivée qu'il pensait que le PS aurait bien un premier secrétaire ce
mardi soir. Prochain rendez-vous (sauf surprise) à 18 heures, avec le
début du conseil national.
14h45. Manif fantôme devant le siège du PS. Alertés par de bonnes sources sur un rassemblement de royalistes en colère rue de Solférino, nous dépêchons immédiatement sur place notre reporter de choc, Cécile Lenoir. Las, rue de Solférino, de manif il n'y a point. Par contre, une cinquantaine de journalistes font le pied de grue en attendant de voir voler les coups. En vain.
14h37. Après 48 heures de silence, Martine Aubry s'est remise à parler. Enfin, à écrire. Dans une brève note remise à l'AFP, la maire de lille tranche avec sa concurrente et déclare s'en remettre au verdict du parti:
"A quelques heures de la validation des résultats tels qu'ils auront été constatés par la commission de notre parti, je souhaite très solennellement dire que quel que soit ce résultat, je l'accepterai.
Dans tous les cas, je travaillerai au rassemblement de tous les socialistes, quelle que soit leur sensibilité."
Ses porte-flingues sont, eux, bien plus bavards et moins langue de bois. Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé une "politique de la terre brûlée" des partisans de Ségolène Royal: "Ils ne peuvent appeler les militants à se jeter les uns contre les autres dans la rue."
Quant à Claude Bartolone, il a accusé le royaliste Vincent Peillon de "faire de l'intox" en affirmant qu'il y aurait suspicion sur plusieurs centaines ou milliers de voix: cela "relève du bobard médiatique"!

13h27. De l'art de faire montrer la pression... Les représentants de Ségolène Royal au sein du groupe chargé de vérifier les votes réclament désormais "l'annulation du scrutin" de désignation du Premier secrétaire, et ce avant même que la commission de récolement reprenne ses travaux.
"Il sera démontré que les contestations notamment élevées par Ségolène Royal, font apparaître que celle-ci peut autant, sinon plus, que Martine Aubry revendiquer la victoire. (...) Ce scrutin est vicié de façon rédhibitoire et il ne peut produire aucun effet utile ou légitime."
Côté Martine Aubry, on continue d'afficher sa confiance dans le processus de validation en cours. Pascale Boistard, membre de la commission, explique ainsi:
"Ce travail s'effectue dans un climat calme et serein, à l'image de l'état d'esprit des représentants de Martine Aubry. Nous avons déjà pris en compte un certain nombre de demandes, pour la plupart mineures.
Celles et ceux qui prennent aujourd'hui la responsabilité de jeter le doute sur le bon fonctionnement démocratique de notre parti jouent un jeu dangereux."
13h00. "Il
faut acheter au son du canon, et revendre au son du violon." Le conseil
bien connu des boursicoteurs vaut-il aussi pour le Parti socialiste? En
tout cas, vous pouvez enchérir pour devenir propriétaire du parti de
Jaurès, des enchères sont en cours sur eBay:
"Parti Socialiste, Peu utilisé. Vendu sans capitaine
Le Parti socialiste s’inscrit dans un long combat, mené de générations en générations, par des femmes et des hommes qui ne se sont jamais résignés à l’injustice, la déraison, les inégalités qui sévissent un peu partout dans le monde."
Il y a quelques minutes, l'enchère n'était que d'1,50 euro, mais elle flambe à toute vitesse, atteignant déjà 10 000 000 d'euros.
11h34. Chaude ambiance en perspective au siège du PS et à la Mutualité ce mardi soir. Manuel Valls, lieutenant de Royal, pense qu'il y a "de la révolte chez les militants" et qu'il y aura "beaucoup de monde" pour attendre les délibérations du conseil national. Dans la nuit de vendredi à samedi, les supporters des deux camps s'étaient déjà asticotés.
Mardi, 11h05. Selon Vincent Peillon, il n'y aurait plus que quatre voix d'écart (sur 135 000 votants) entre les deux prétendantes, à l'issue de la réunion de la commission de récolement d'hier.
Le bras droit de Ségolène Royal a regretté sur France Info que l'examen des résultats se soit interrompus dès 17 heures lundi, lors même "qu'il y a encore des suspicions sur plusieurs centaines ou milliers de voix". Reprise des travaux à 14 heures, avant la réunion du conseil national à 18 heures.
Yann Guégan et Julien Martin
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Martine Aubry, sans concession
Récit
Martine Aubry, sans concession
LE MONDE | 26.11.08 | 13h51 • Mis à jour le 26.11.08 | 19h27
C'était avant l'été, avant que Martine
Aubry ne se lance dans la bataille pour la succession de François
Hollande. Le député de l'Essonne François Lamy, son homme de confiance,
laissait poindre ses doutes sur la détermination de sa "patronne". Pour
elle, il y a une vie en dehors de la politique, assurait-il. Il y a
surtout sa ville, Lille, et les satisfactions qu'elle trouve dans son
mandat de maire, conquis en 2001 et confirmé triomphalement, avec plus
de 66 % des suffrages, aux dernières municipales. Cette victoire sans
précédent dans les annales lilloises devrait lui donner envie de
revenir sur la scène nationale. Mais elle doute encore, se lamentent
ses proches. Et il y a aussi le "problème" Delanoë. Jamais elle ne se laissera "passer devant par Bertrand", soupire François Lamy. Et sa candidature ne passera pas "si Bertrand ne la soutient pas".
La pièce qui se joue six mois plus tard, lors du psychodrame rituel de la "nuit des résolutions", au congrès de Reims, était donc écrite à l'avance. Son ressort principal, c'est la rivalité qui oppose la Lilloise au Parisien, la ministre phare du gouvernement de Lionel Jospin à "l'élu du 18e" devenu maire de Paris, que le même Jospin a toujours tenu à la lisière de l'action gouvernementale. Avant de coiffer Ségolène Royal au poteau par une poignée de voix d'avance, lors d'un vote homérique validé au terme de quatre jours de vaudeville socialiste, la maire de Lille a croqué tout cru son homologue parisien.
Martine Aubry revient de loin. Son échec aux élections législatives de 2002 face à un quasi-inconnu, l'UMP Sébastien Huyghe, l'avait beaucoup affectée. En juin 2007, elle ne s'est pas représentée dans cette 5e circonscription du Nord qui l'avait rejetée. La fille de Jacques Delors a beaucoup douté après les "ratés" de la loi sur les 35 heures que les socialistes eux-mêmes se sont mis à dénigrer, notamment Ségolène Royal.
Elle a aussi, au fil du temps, trouvé une vraie compensation dans sa mairie de Lille. Sa légitimité désormais incontestée dans sa région l'a confortée. Le soutien des deux grandes fédérations socialistes du Nord et du Pas-de-Calais, qui pèsent à elles seules plus de 10 % du parti, est un argument convaincant. Il compte d'autant plus qu'au PS la division Martine Aubry est une toute petite entreprise. Quelques fidèles, outre François Lamy, Adeline Hazan, la nouvelle maire de Reims, et l'ancienne garde des sceaux, Marylise Lebranchu. A la différence des réseaux patronaux, qu'elle a beaucoup travaillés, Mme Aubry ne s'est jamais beaucoup investie dans les instances du parti - plus que Ségolène Royal, mais infiniment moins que Bertrand Delanoë. Qui sait qu'elle est secrétaire nationale du PS à l'emploi depuis le dernier congrès ?
La maire de Lille s'enhardit durant l'été et publie, au mois d'août, un livre au titre sans équivoque, Et si on se retrouvait... (L'Aube, 204 p., 19,20 euros), qui contient l'essentiel des thèmes de sa campagne. Entre-temps, les "reconstructeurs" lui ont apporté leur soutien. Et M. Delanoë s'est mis en mouvement : publication d'un livre et déclaration de sa candidature au poste de premier secrétaire.
A la différence du maire de Paris, Martine Aubry se meut lentement. Elle agit prudemment, juchée sur l'attelage instable échafaudé par Claude Bartolone et Jean-Christophe Cambadélis pour marier les contraires - les fabiusiens et une partie des strauss-kahniens. Au fil des semaines, Mme Aubry assumera ce "mariage des carpes et des lapins" dont se moquent ses adversaires. "Le rassemblement, nous le faisons tous les jours", crâne-t-elle. Généralement en ajoutant : "Nous, au moins, on se marre !" L'ex-superministre de Lionel Jospin fait la chef de bande et s'affiche avec ceux qu'elle appelle "(ses) garçons" dans des déjeuners-réunions qui durent jusqu'au milieu de l'après-midi. Elle exhibe leur complicité et assure : "Il se passe quelque chose entre nous." Elle laisse, dans le même temps, planer le doute sur sa détermination - elle n'est toujours pas officiellement candidate - et laisse entendre qu'elle ne s'accrochera pas si sa campagne ne prend pas.
La maire de Lille met donc en scène son grand retour avec beaucoup d'habileté. Elle retrouve l'autorité acquise au fil de ces trois ans de pouvoir, entre 1997 et 2000. Numéro deux du gouvernement derrière Dominique Strauss-Kahn, elle a rempli alors une bonne part du cahier des charges dicté par Lionel Jospin. Ce dernier l'a nommée à la tête d'un énorme ministère englobant l'emploi, la ville, la santé, la protection sociale, la formation professionnelle, l'intégration et l'économie solidaire.
La création des emplois-jeunes en 1997, la première loi sur les 35 heures, la loi de lutte contre les exclusions en 1998, la couverture maladie universelle (CMU), la seconde loi sur les 35 heures en 1999 : Martine Aubry est identifiée à ces réformes emblématiques de la gauche. C'est sur ces textes qu'elle a exercé sa combativité et son mordant. Qu'elle a démontré sa capacité de travail et son goût du "travail collectif". Et qu'elle a gagné ses galons de bête noire de la droite, ce qui n'est pas pour lui déplaire.
Dans ce ministère hors norme, elle a aussi chapeauté deux ministres délégués, Claude Bartolone, lieutenant de Laurent Fabius, pour la politique de la ville, et Ségolène Royal, pour la famille. A l'époque, pour Mme Aubry, "Ségolène n'était pas un sujet", confiera plus tard la députée Marylise Lebranchu.
A Reims, l'ex-numéro deux du gouvernement Jospin applique les leçons apprises pendant les longues heures de négociations avec les syndicats et les patrons. Contre M. Delanoë surtout, dont la candidature face à Mme Royal est incompatible avec la sienne. Elle ne lâche rien. La nuit où tout se joue, Bertrand Delanoë jette l'éponge vers 2 heures du matin. Il fuit la presse et quitte discrètement les lieux. Martine Aubry, qui n'a toujours pas dit si elle serait ou non candidate, saute le pas à 9 h 28 le dimanche matin, deux minutes avant la clôture des listes. Le lundi, le maire de Paris appelle les militants "à voter massivement" pour elle, lui promettant ainsi une victoire à l'arraché sur Ségolène Royal.
"Pour gagner, Martine a délibérément flingué Delanoë", pestent encore les proches du maire de Paris, qui ne se sont pas remis du camouflet infligé a leur champion, que tout destinait au premier rôle dans la compétition. "Avec Bertrand, nous avons la même conception de la politique, des valeurs, de ce que doit être le PS et de ce qu'il doit apporter aux Français", assurait Martine Aubry en juin, en accueillant à Lille son homologue parisien. Ils ont des points communs : même âge, 58 ans, même destin de "patron" d'une grande ville, même réélection confortable, même conception du parti et des "valeurs de la gauche" et, surtout, même détestation de Ségolène Royal. Mais le maire de Paris commet une erreur dont sa rivale lilloise jouera avec habileté.
Dans son livre De l'audace ! (Robert Laffont, 306 p., 20 euros), publié en mai, il croit faire un "coup" en se revendiquant "socialiste et libéral". Ce n'est pas du goût de Mme Aubry. Elle y va d'abord doucement. Le 1er juin, devant les "reconstructeurs", qui lui ont demandé de clore leur journée de débats, elle rappelle sévèrement à l'ordre ceux "qui ont honte de dire qu'ils sont tout simplement socialistes". M. Delanoë se sent visé. Les proches de la maire de Lille jurent qu'il s'agit d'un "malentendu", tout en glissant que le maire de Paris fait une "erreur politique"... Celle-ci deviendra une faute grave quand éclatera la crise financière.
Martine Aubry défendra alors bec et ongles "sa" conception du socialisme, se rapprochera de Benoît Hamon, "gauchira" son discours en l'entraînant sur son terrain de prédilection, le social, appuyant ainsi, sans en avoir l'air, sur ses "différences" avec Bertrand Delanoë.
La tâche est d'autant moins évidente que tous deux se retrouvent sur une ligne ouvertement social-démocrate, et leurs divergences tiennent surtout à l'alliance passée entre la maire de Lille et Laurent Fabius. Pour M. Delanoë, la présence de l'ex-premier ministre aux côtés de Mme Aubry décrédibilise son discours pro-européen. Pour les amis de M. Fabius, le "libéralisme", quel qu'il soit, est un péché impardonnable. A mesure que se rapproche la date du congrès, ces jeux de rôle laissent place au seul vrai clivage : la rivalité des personnes.
L'affrontement entre les deux finalistes, Ségolène Royal et Martine Aubry, aura finalement duré moins longtemps que le duel avec Bertrand Delanoë. Leurs histoires personnelles sont différentes, comme leurs parcours politiques et leurs rapports au parti. Toutes deux sont énarques et ont passé la cinquantaine. Mais tout les oppose : le style, la stratégie, le goût d'une forte personnalisation du pouvoir pour l'une, du "collectif" pour l'autre. Mme Aubry aime raconter comment "Ségolène" prenait de haut les déjeuners de femmes ministres qu'elle avait instaurés en 1997. "Ce qu'elle peut être réac !", s'énerve la maire de Lille à propos de sa rivale, qui lui reproche, en retour, d'avoir fait très mollement campagne pour elle, en 2007.
Mardi soir, au conseil national, avant de prononcer son premier discours de patronne du PS, Mme Aubry a embrassé Mme Royal, assise au premier rang. Pendant la campagne, les deux candidates ne se sont pas parlé. Elles ont juste échangé deux coups de téléphone "qui se sont très mal passés", selon leurs entourages, dans la nuit du second tour. La main tendue par Mme Aubry à Mme Royal, mardi soir, après sa victoire sur le fil, n'a reçu pour toute réponse qu'un silence glaciale de la perdante et l'organisation d'une conférence de presse parallèle.
Christine Garin
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25 novembre 2008
Selon le "royaliste" Peillon, plus que quatre voix séparent les deux candidates
Selon le "royaliste" Peillon, plus que quatre voix séparent les deux candidates
LEMONDE.FR | 25.11.08 | 10h14 • Mis à jour le 25.11.08 | 10h15
Vincent Peillon, bras droit de Ségolène Royal, a affirmé, mardi 25 novembre dans la matinée, qu'il n'y avait plus que "quatre voix d'écart"
entre Martine Aubry et Ségolène Royal lorsque la commission de
récolement du PS a suspendu ses travaux, lundi en fin d'après-midi. "Après
le premier travail de la commission hier, il n'y a plus que quatre voix
d'écart sur 135 000 votants entre les deux candidates", a assuré le
député européen sur France-Info. Selon les résultats donnés par le PS
samedi matin après le vote des militants, la maire de Lille devançait
Ségolène Royal de 42 voix.
M. Peillon a regretté que la commission de "récolement", chargée d'examiner les litiges sur le vote des militants pour l'élection du nouveau premier secrétaire, se soit "interrompue bizarrement à 17 heures" alors même "qu'il y a encore des suspicions sur plusieurs centaines ou milliers de voix". La commission doit reprendre ses travaux à 14 heures, soit quatre heures avant la réunion du conseil national, qui doit normalement donner le résultat définitif du vote des militants et donc le nom de la nouvelle première secrétaire du parti.
Mais pour M. Peillon, "il n'y aura pas de solution arithmétique" au contentieux entre les deux candidates. "Il faut donc renoncer à proclamer ce soir une nouvelle premier secrétaire" et "construire ensemble une procédure qui permette de revoter dans des conditions qui assureront la légitimité de celle qui sera désignée par ce vote", a-t-il expliqué. Le PS doit "respecter l'Etat de droit et si ce n'est pas le cas nous nous adresserons à la justice républicaine", a-t-il prévenu, comme l'avait fait François Rebsamen lundi.
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Premier dépôt de plainte contre X sur le déroulement de l'élection
Premier dépôt de plainte contre X sur le déroulement de l'élection
NOUVELOBS.COM | 24.11.2008 | 17:40
Une secrétaire de section du parti socialiste à Lille a déposé plainte contre X après qu'un vote blanc ait été comptabilisé en un vote pour Martine Aubry par la fédération PS du Nord. Son avocat évoque "soit une faute, soit une erreur".

Lors du scrutin national du PS (AP)
Une secrétaire de section du parti socialiste à Lille a déposé plainte contre X après qu'un vote blanc ait été comptabilisé en un vote pour Martine Aubry par la fédération PS du Nord, vendredi lors du vote pour désigner le premier secrétaire, a annoncé, lundi 24 novembre, son avocat.Selon Me Franck Berton, la fédération PS du Nord (pro-Aubry) a commis "soit une faute, soit une erreur" en "transformant en vote pour Martine Aubry un vote blanc", enregistré comme tel par la secrétaire de la section du Vieux-Lille, Elise Ovart-Barrate, qui a déposé plainte pour faux en écriture dimanche à Paris.
"Je dois la clarté aux militants"
Elise Ovart-Barrate - signataire de la motion Aubry - affirme avoir transmis un procès-verbal comptant 72 exprimés et un blanc, avec 55 voix pour Martine Aubry et 17 pour Ségolène Royal, alors que la fédération nordiste a transmis à Paris les chiffres de 73 exprimés et zéro nul ou blanc, avec 56 voix pour Aubry et 17 pour Royal.
"Je me dois de garantir la transparence du vote. Je dois la clarté aux militants. La plainte est une façon de ne pas laisser passer cela", a expliqué à la presse Mlle Ovart-Baratte qui a précisé avoir reçu lundi un email de sa fédération l'informant avoir effectué "une correction" en faisant réapparaître le bulletin blanc.
A propos du vote d'une autre section de Lille (Lille-centre), Manuel Valls, lieutenant de Ségolène Royal, a annoncé dimanche le prochain dépôt d'une plainte pour faux en écriture, à la suite d'une contestation portant sur un décompte de 20 voix en faveur de Martine Aubry. Le premier secrétaire de la fédération PS du Nord Gilles Pargneaux a menacé de répliquer par une plainte en diffamation.
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24 novembre 2008
PS: le top 5 des plus belles irrégularités de scrutin
PS: le top 5 des plus belles irrégularités de scrutin
+18 pour Aubry ? +8 pour Royal ? En attendant de voir trancher la commission, Marianne2.fr a établi une liste non exhaustive des irrégularités les plus incroyables du vote interne au PS : coupure de courant, scrutateurs «enfermés» à l'extérieur, inversion de chiffres ou erreurs de tableaux Excel... Un festival !
Le logo Ch'tis 2008 Recomptons. Capture : intox2007.info
En
ce moment, pour suivre l'actualité du PS, pas besoin de réviser son
congrès d'Epinay : une bonne calculatrice suffit amplement. Depuis le
vote du second tour de l'élection du nouveau Premier secrétaire
vendredi 22 novembre, l'écart entre les deux finalistes est passé de 42
voix en faveur de Martine Aubry à 18... puis à tout et n'importe quoi !
Tandis que le blogueur Christophe Grébert avançait samedi le chiffre de
2 votes d'avance en faveur de la maire de Lille, le site rue89
affirmait dimanche soir que le compte en était à +18 pour Royal ! Mais
au delà des mathématiques rigolotes et du suspens haletant, cette
absence totale de rigueur des scrutins internes ne grandit pas l'image
du PS. D'autant que cette affaire met en lumière des pratiques que
n'aurait pas reniées le Parti communiste de la grande époque. Nous
avons sélectionné les cinq les plus incroyables, classées par degré
d'absurdité.
Beauvais, fédération de l'Oise : refus des scrutateurs de Royal
Un mail envoyé au blogueur Ronald van Asch (pro-Royal) conte la mésaventure d'une paire de militants royalistes venus surveiller le vote : « l'entrée
de la salle a été refusée à nos 2 scrutateurs, qui ont dû poireauter 1
heure dehors dans le froid, avant de rentrer chez eux. »
Pas de scrutateur royaliste, donc. On se demande bien pourquoi. Certes,
cela ne signifie pas nécessairement qu'il y a tricherie : les militants
aubrystes avaient peut-être tout simplement perdu la clé.
Conséquences sur le vote :
inconnues. Selon les chiffres transmis par la rue de Solférino vendredi
soir, Aubry aurait réuni 66,90% des votes sur 68,14% de votants et
moins de 1,5% de blancs ou nuls.
Blaye, fédération de la Gironde : c'est un 6 ou un 9 ?
« Nous avons eu des résultats faux », indiquait sobrement le premier fédéral de Gironde suite à une (grosse) boulette :
la section de Blaye ne comportait pas « 93 » adhérents mais « 63 ». Par
une subtilité mathématique que l'histoire ne conte pas, les résultats
en sont complètement bouleversés pour les deux candidates.
Conséquences sur le vote : +11 pour Aubry et... -41 pour Royal ! Presque de quoi annuler toutes les autres erreurs en faveur de la présidente de Poitou-Charentes !
Lille, fédération du Nord : on n'est jamais aussi bien accueilli que chez soi !
Un jeune homme en chemise bleue et veste noire s'adresse avec vigueur aux caméras : « inscrits 296, votant 140, exprimés 139, blancs-nuls 2, Martine Aubry 110, Ségolène Royal 27. »
Clac, c'est dans la boîte pour France 3... mais pas pour le décompte de
la fédé du Nord ! Car, selon le bilan du vote à Lille que s'est procuré
France 3 Nord-Pas de Calais, les scrutateurs zélés de la ville de
Martine auraient inscrit 130 au lieu des 110 annoncés à la caméra :
oups !
Conséquences sur le vote : -20 pour Martine Aubry.
Les résultats (inexistant) de certains Territoires d'outre mer dans le tableau du PS. Capture : linformaticien.com
Polynésie, Nouvelle Guinée et Wallis et Futuna : euh, il manque pas un truc sur le tableau là?
« Y a-t-il un utilisateur d'Excel au PS ? », ironise un rédacteur du site L'informaticien.com . A lire le tableau PDF transmis par la rue de Solférino au soir du vote, on peut en douter : dans la colonne correspondant aux suffrages exprimés et aux votes blancs de la Polynésie, de la Nouvelle Guinée et de Wallis et Futuna, le logiciel a indiqué un message d'erreur... car les résultats étaient manquant ! Pas un vote rapporté à la rue de Solférino pour ces trois départements, même pas celui du secrétaire de section !
Conséquences sur le vote : la Nouvelle Calédonie a communiqué ses chiffres : 13 pour Royal et 3 pour Aubry,
à créditer nets (puisqu'aucune voix n'avait été enregistrée). Les
chiffres des deux autres fédés n'ont pas encore été communiqués mais
les partisans de Ségolène Royal attendent un résultat favorable à leur
candidate.
Fédération de Moselle : « on était beaucoup dans le bureau »
Vous
savez ce que c'est : un soir d'élection interne, on remplit son tableau
sur ordinateur, les chiffres tombent de tous les côtés et on met 12
voix dans la colonne Aubry au lieu de les mettre dans la colonne
Royal... Vous n'y croyez pas ? Pourtant, c'est l'explication qu'a apporté samedi sur Europe 1 le sénateur de la Moselle, Jean-Marc Todeschini , pour justifier la rectification de 24 voix nécessaire suite à une « erreur humaine »
dans son équipe, bombardée de mails, fax et autres... C'est une
habitude au PS de rédiger des documents officiel dans une ambiance
pareille ?
Conséquences sur le vote : +12 pour Royal et -12 pour Aubry. Mais, comme aime à croire M. Todeschini, « l'élection de la Première secrétaire ne se joue pas en Moselle ! »
Bonus : coïncidences troublantes et petites erreurs locales !
Le site du quotidien La Voix du Nord rapporte deux coupures de courant au siège de la fédération du Nord, jugées « suspectes » par certains pro-Ségolène. Conséquences pour le vote : inconnues.
Les scrutateurs de Kingersheim (fédération du Haut Rhin) ont confondu un 7avec un 1 au moment de reporter les résultats (décidément !) ! Conséquences pour le vote : +6 pour Ségolène Royal.
Les partisans d'Aubry, notamment Claude Bartolone et Jean-Christophe Cambadélis, pointent du doigt la hausse de participation de 17% entre le premier tour jeudi (62,96%) et le second tour vendredi (80,34%) dans la fédération guadeloupéenne. D'après le coordinateur de la campagne du maire de Lille pour l'Outre-mer, Axel Urgin, 500 des 1536 voix récoltées par Martine Aubry devraient être annulées.
Rue89 révèle également que 19 voix en faveur de Martine Aubry ont été oubliées dans la fédération des Français de l'étranger. Et pour cause : Solférino a pressé la fédération pour qu'elles rendent ses chiffres le plus tôt possible. Certains votes ne leur étaient donc pas encore revenus...
Réactualisé à 16h53
Lundi 24 Novembre 2008 - 08:11
Sylvain Lapoix avec Gérald Andrieu
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23 novembre 2008
Hamon : Royal "casse" le PS par ambition individuelle
Hamon : Royal "casse" le PS par ambition individuelle
NOUVELOBS.COM | 23.11.2008 | 11:12
Le leader de l'aile gauche du parti, qui a appelé à voter Martine Aubry à l'issue du premier tour, dénonce "l'instrumentalisation des médias à des fins politiques" dont se rendrait selon lui coupable Ségolène Royal. "La situation devient grave voire dangereuse" pour le PS s'alarme-t-il.

Benoît Hamon (Reuters)
Benoît Hamon, candidat malheureux à la direction du Parti socialiste et soutien de Martine Aubry, s'inquiète, dans les colonnes de Sud Ouest paru dimanche 23 novembre, pour "l'existence" du Parti socialiste et demande au camp Royal de "respecter le vote des militants"."Je craignais effectivement que la situation dégénère, mais pas à ce point", s'alarme Benoît Hamon, qui avait appelé à voter pour Martine Aubry durant l'entre deux tours. "La situation devient grave voire dangereuse", estime-t-il.
"Instrumentalisation des médias à des fins politiques"
"Aujourd'hui, l'unité du Parti socialiste est en cause. Et son existence même", estime Benoît Hamon.
Interrogé sur les polémiques autour du décompte des voix, il explique être "d'accord pour que l'on recompte et que l'on vérifie ce que l'on veut. Mais il existe des procédures, qu'il faut respecter".
"Comment pourront-ils [les royalistes, ndlr] travailler avec ceux qu'ils viennent de qualifier de voleurs et de tricheurs ?" s'interroge le leader de la gauche du parti.
Le député européen dénonce "l'instrumentalisation des médias à des fins politiques" dont se rendrait coupable Ségolène Royal, jugeant qu'"on n'a pas le droit de casser le principal parti de France pour une ambition individuelle".
Le socialiste appelle enfin les dirigeants qui soutiennent Ségolène Royal à "changer de comportement" et à "cesser de dresser les socialistes les uns contre les autres".
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Signez la pétition "PS UNI"
CAMARADES , CAMARADES ... signons la raisonnable pétition ...
Signez la pétition "PS UNI"
Une initiative des militant(e)s et sympathisant(e)s du PS pour rebondir plus haut !
Bésitos
Manuel Valls : "J'appelle à une révolte des militants"
Ferme là !!!!!
Le PS va-t-il exploser?
Victoire d'Aubry
Le PS va-t-il exploser?
Par LEXPRESS.fr, publié le 22/11/2008 18:45 - mis à jour le 22/11/2008 19:30
Après une campagne interne minée par des querelles de personnes et une victoire contestée de Martine Aubry sur Ségolène Royal, le parti socialiste est au bord de l'explosion, selon plusieurs experts et politologues.
Coupé en deux, mû par des haines personnelles, divisé entre partisans d'un parti présidentiel voulu par Ségolène Royal et d'une formation social-démocrate qu'entend préserver Martine Aubry, le Parti socialiste risque l'explosion, selon des analystes.

REUTERS/Regis Duvignau
Ségolène Royal réclame un nouveau vote, après avoir été devancée de 42 voix par Martine Aubry dans un scrutin qu'elle juge entâché d'irrégularités.
Après un congrès de Reims désastreux d'où n'a émergé aucune ligne politique majoritaire, le vote des militants jeudi et vendredi pour élire une leader s'est soldé par un résultat sur le fil du rasoir - 42 voix d'avance pour Aubry sur Royal- contesté par le camp de la présidente de Poitou-Charentes.
"Le conflit est inexpiable et insoluble", estime Gérard Grunberg, directeur de recherche à Sciences Po, qui n'exclut plus une scission du PS.
"La haine est telle, l'impossibilité de les rassembler, de les réconcilier, est telle qu'il n'y pas de processus, de règles, d'instances qui peuvent régler cette crise", relève-t-il.
Avec un score 50-50, "c'est insoluble, personne ne peut avoir de légitimité complète, il n'y pas de vrais gagnants, pas de vrais perdants, pas de solution de réconciliation".
Le patron sortant du PS, François Hollande, table sur un Conseil national convoqué mardi soir pour démêler l'écheveau. Rejetant le risque d'un éclatement, il a appelé les deux camps à "respecter le vote, les règles et les instances" du parti.
Mais ce Conseil national, issu d'un premier vote des militants le 6 novembre - où Ségolène Royal avait recueilli 29% - est "favorable à Martine Aubry, et rejeté par les royalistes" qui "peuvent demander le recomptage des voix devant les tribunaux", souligne cet expert.
Manuel Valls, l'un de ses principaux lieutenants de Royal, a déjà prévenu que son camp utilisera "tous les moyens politiques, juridiques et judiciaires pour contester la victoire" de la maire de Lille.
Ce qui peut encore sauver l'unité du PS, selon M. Grunberg, c'est que "dans un système politique, ceux qui se destinent à l'élection présidentielle ont intérêt à avoir un grand parti".
Selon lui, la crise est liée aux "haines personnelles" mais aussi "aux désaccords profonds sur ce que doit être l'évolution du parti". Martine Aubry veut "un parti classique, social-démocrate, plutôt parlementaire" tandis que "Ségolène Royal est clairement dans la présidentialisation du système".
"Le parti d'Epinay - construit par François Mitterrand en 1971 - est mort "on ne sait pas ce qui va sortir", s'exclame-t-il.
Dominique Reynié, professeur à Sciences Po, abonde dans le même sens: "Peut-être le PS va-t-il entrer dans une crise dont il ne se relèvera pas. Ce pourrait être parce que les enfants du fondateur du parti (François Mitterrand) n'ont pas réussi à passer le relais".
Pour M. Reynié, le vote pour Royal "est un vote-sanction interne inédit, par lequel les adhérents signifient clairement à toute la génération qui s'est accrochée, de partir".
Le PS, selon lui, "est devenu ingouvernable". "Que Martine Aubry ait 42 voix d'avance n'y change rien: sa candidature a échoué" car "elle n'est pas parvenue à mobiliser une majorité potentiellement disponible et confortable pour reprendre le PS et l'orienter vers un changement".
Mais, pour Pascal Perrineau, directeur du Centre d'études et de vie politique (Cevipof), les difficultés du PS proviennent aussi de la "personnalité, des références, du style de Ségolène Royal, qui séduisent certes une partie de l'appareil, mais désorientent et agacent beaucoup d'autres, suscitant des hostilités".
Selon lui, en tout état de cause, "cette crise aura un coût" pour le PS. Les socialistes "seront en difficulté, dès les élections européennes" de juin, prédit M. Reynié.
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Royal veut un nouveau vote, Aubry se veut 1er secrétaire de tout le PS
Royal veut un nouveau vote, Aubry se veut 1er secrétaire de tout le PS
NOUVELOBS.COM | 22.11.2008 | 20:38
"Martine Aubry s’est précipitée parce qu’elle sait que les résultats sont en train de s’inverser", a lancé l'ex-candidate à la présidentielle sur TF1. Pour la maire de Lille, "la question n'est plus de savoir qui a perdu ou qui a gagné". 42 voix séparent les deux candidates selon les derniers décomptes.

Aubry et Royal (Reuters)
Invitée du journal télévisé de TF1, samedi 22 novembre, Ségolène Royal a, à son tour, après Manuel Valls, appelé à un nouveau vote des militants pour l’élection du premier secrétaire du Parti socialiste. Dénonçant "des erreurs matérielles, techniques" lors du vote de vendredi soir, la présidente de Poitou-Charentes a estimé que le Parti socialiste devait "appliquer à lui-même les principes qu’il défend". Elle a jugé qu’il était "quand même un peu bizarre" de voir Martine Aubry "s’autoproclamer élue". Et d’ajouter : "Martine Aubry s’est précipitée parce qu’elle sait que les résultats sont en train de s’inverser". L’ex-candidate à la présidentielle a toutefois déclaré qu’elle ne quitterait pas le parti socialiste même si elle n’en devenait pas premier secrétaire."Je serai le premier secrétaire de tous les militants"
Martine Aubry a déclaré qu'elle entendait être "le premier secrétaire de tous les militants socialistes", une fois que les résultats du vote la plaçant en tête auront été validés mardi par les instances du Parti socialiste.
"Dès que nos instances auront validé le résultat de leur (des militants) vote, c'est à dire mardi soir tel que cela est prévu, je veux dire à tous très simplement que je serai le premier secrétaire de tous les militants du parti socialiste car aucun militant ne doit manquer au parti", a déclaré Martine Aubry lors d'une brève allocution prononcée dans des locaux de l'Assemblée nationale.
Se rassembler pour ne pas tous être perdants
"La question n'est plus de savoir qui a perdu ou qui a gagné, nous aurons tous perdu si nous ne sommes pas capables de nous rassembler", a poursuivi la maire de Lille. La victoire de Martine Aubry, par 42 voix d'avance seulement, est contestée par le camp de sa rivale Ségolène Royal, qui demande un nouveau scrutin.
La maire de Lille a appelé à un "renouveau" et une "renaissance" du parti. "Nous le devons aux militants", a-t-elle affirmé, évoquant notamment "des équipes aux couleurs de la France et en notre sein de toutes les sensibilités".
Hollande appelle à la "cohésion"
Une commission se réunira lundi pour examiner les contestations après le vote des militants socialistes appelés à désigner le nouveau Premier secrétaire, a déclaré de son côté François Hollande sur France-3.
"S'il doit y avoir des contestations, des rectifications", elles seront "enregistrées dans le cadre d'une commission qui se réunira dès lundi", a dit le Premier secrétaire sortant. "Elle reprendra tous les procès-verbaux venus de toutes les fédérations (...) pour éviter la moindre réserve, la moindre contestation".
Ensuite, "le Conseil national mardi soir" pourra "se prononcer sur le résultat et finalement valider ou ne pas valider" les résultats annoncés tôt samedi matin. "Il y a sans doute des corrections à faire. Elles seront enregistrées", a-t-il promis.
"Il y a eu une avance très faible, mais une avance pour Martine Aubry de 42 voix", a souligné François Hollande. "En démocratie, il suffit d'une voix pour avoir une majorité", a-t-il rappelé.
Toutefois, "ça crée des obligations", a estimé François Hollande, en appelant le PS à faire "preuve d'unité de cohésion".
"Ségolène Royal doit avoir toute sa place (...) dans le Parti socialiste. Nous avons besoin de tous et de toutes". Mardi soir, il faudra donc "composer une équipe qui doit faire la place à toutes celles et à tous ceux qui ont vocation à diriger, à animer" le PS.
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