21 décembre 2008
Très discrète Gauche moderne
Vendredi 19 Décembre 2008
Très discrète Gauche moderne
Depuis
dix-huit mois, la Gauche moderne accompagne Nicolas Sarkozy et le
gouvernement. Incarné par Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux
Anciens combattants et chef de file du mouvement, le mouvement de
centre-gauche peine toutefois à se faire entendre dans le débat public.
Comme son rôle exact aux côtés de la majorité tarde à être précisément
défini.
Sur le même sujet
"Nous ne sommes pas dans une majorité de droite, mais dans une majorité ouverte." La Gauche moderne ou l'art de la nuance. Depuis dix-huit mois, le mouvement initié par Jean-Marie Bockel, définitivement organisé en parti à la fin du mois de novembre (lire: Bockel envoie sa Gauche moderne), poursuit son aventure aux côtés du pouvoir sarkozyen. A ce jour, la formation du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants revendique "plus d'un millier d'adhérents", dixit Serge Federbusch, "animateur" de la Gauche moderne à Paris. Un chiffre bien évidemment marginal comparé aux autres composantes de la majorité, UMP et Nouveau centre en tête, mais qui est appelé "à grossir très rapidement", veut croire cet élu du 10e arrondissement de la capitale, résolument optimiste.
Trop? C'est fort possible. Depuis dix-huit mois que la Gauche moderne - un ministre et 150 élus locaux - a fait le choix de collaborer avec le pouvoir en place, sa voix ne s'est que très rarement fait entendre. Pendant que le Nouveau centre, voire une partie de l'UMP, exprime publiquement ses réserves au sujet de la réforme de l'audiovisuel public ou sur l'extension du travail dominical par exemple, la Gauche moderne, elle, s'enferme dans son mutisme. "Nous sommes un parti jeune", justifie Serge Federbusch. "Quand le Nouveau centre a décidé de se désolidariser de Bayrou, il avait une base qui lui a permis de devenir un parti, de peser. Ce n'est pas encore notre cas." Le politologue Dominique Reynié tourne ce propos autrement. "Dans le jeu politique, les prises de position sont d'autant plus fortes que l'on est dans l'opposition. Si on est dans la majorité, il faut être un parti fort pour se faire entendre." Ce qui est loin d'être le cas de la Gauche moderne.
Attention toute particulière
Peut-être parce que le mouvement de Jean-Marie Bockel, s'il assume parfaitement son statut "d'allié" au sein de la majorité présidentielle, n'a pas encore réussi à définir son rôle exact dans la galaxie Sarkozy. "De centre gauche, la Gauche moderne soutient et nourrit l'action réformatrice du gouvernement", affirme dès ses premières lignes le manifeste d'un parti qui se revendique du social-libéralisme européen. "Nous mettons en avant des valeurs, de gauche, qui ne sont pas forcément prioritaires à l'UMP, comme la culture ou la laïcité", tente pour sa part Francine Girond, membre du Conseil national de la Gauche moderne. Des exigences de fond, sans résultats visibles pour l'instant, qui serviraient surtout un autre dessein, selon Dominique Reynié. "La Gauche moderne sert l'UMP et Nicolas Sarkozy en faisant du sarkozysme un socle qui dépasserait la droite."
D'où l'attention toute particulière accordée par le chef de l'Etat à son jeune allié. Son Premier ministre, François Fillon, avait en effet été dépêché le 29 novembre dernier, à Suresnes, au congrès fondateur du mouvement. Et à la tribune, Jean-Marie Bockel a lu un message transmis par l'Elysée, dans lequel le président de la République "souhaite que la Gauche moderne rassemble tous ces Français de gauche éloignés et las des querelles subalternes et dépassées." Histoire de couper un peu plus l'herbe sous les pieds du PS, une tâche dont, pour le coup, s'acquittent parfaitement les amis du maire de Mulhouse.
L'option DSK avortée
"Le PS entretient les inégalités et les échecs. Il est incapable de passer à l'âge adulte", avance, entre autres amabilités, Serge Ferderbusch, qui précise par ailleurs, un rien amer, avoir été encarté "pendant 29 ans" au parti de la rue de Solferino. Son courroux contre son ancienne maison, il le date des années Jospin et notamment au choc du 21 avril 2002. "Il n'y a eu aucune réflexion à propos de cet échec. Depuis, il n'y a eu ni chef, ni programme." Et ce n'est pas l'actuelle direction qui risque de le faire changer d'avis. Seul Dominique Strauss-Kahn trouve grâce à ses yeux. "S'il avait été candidat en 2007, le choix entre lui et Nicolas Sarkozy aurait été plus compliqué", admet-il. Il ne le fut donc pas. "L'élection de Nicolas Sarkozy représentait pour nous un changement affectif", avoue Francine Girond. "Nous avons été attirés par son parler vrai, sans tabou", ajoute l'universitaire parisienne, proche de Jean-Marie Bockel.
Dix-huit mois plus tard, le constat est toujours aussi favorable. "Dans tout ce qu'il a entrepris, je ne vois rien qui ne relève de la droite dure", estime Serge Federbusch, ne trouvant donc pas grand chose à redire aux débats qui ont fait polémique, sur l'immigration, sur la carte judiciaire ou sur la réforme des universités. Il ne fait même pas un drame de la "rétrogradation" de son champion du secrétariat d'Etat à la Coopération à celui des Anciens combattants, pour des propos jugés en haut lieu trop virulents contre la "Françafrique" et dont s'étaient offusqués certains chefs d'Etat du continent noir (lire: Françafrique: Bockel recalé).
"Il a effectivement ressenti cela comme une forme de sanction, il en a été meurtri", reconnaît tout de même Francine Girond. Pas au point, toutefois, de quitter le gouvernement. "Parce qu'il n'est pas Jospin. Il y a d'autres façons de faire que de claquer la porte", grince Serge Federbusch, décidément impitoyable contre ses anciens "camarades". Dominique Reynié avance une autre explication: "Au PS, Bockel vivait à l'intérieur d'un grand parti de gouvernement qui l'ignorait. Actuellement, il vit au crochet d'un autre grand parti de gouvernement, mais celui-ci lui accorde un peu de considération." C'est déjà ça.
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20 décembre 2008
Rénovons la gauche sans renoncer à notre identité, par Jean-Marie Bockel
Vos réactions
Fred :
JMB a été à la soupe et prétend maintenant qu'elle est populaire. On se
demande comment ils font avec leur conscience "tous ces hommes qui
passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que
de la honte" comme le disait Victor Hugo à propos des courtisans de
napoléon...
Point de vue
Rénovons la gauche sans renoncer à notre identité, par Jean-Marie Bockel
LE MONDE | 19.12.08 | 14h34 • Mis à jour le 19.12.08 | 14h34
Combien de militants, combien de citoyens
de gauche sont aujourd'hui désorientés et désabusés... Comment ne pas
l'être, devant les divisions et les déchirements que le Parti
socialiste étale jour après jour. Comment ne pas l'être en découvrant
l'incapacité durable de ce parti et de ses alliés à bâtir un projet,
élaborer des propositions pour répondre à la demande sociale avec
d'autres perspectives que celles de la droite, au lieu de se réfugier
dans la critique systématique et l'opposition frontale, sans proposer
d'alternative.
Comment ne pas l'être enfin, lorsque nombre d'entre eux sont conscients des immenses difficultés que traverse notre pays du fait de la crise internationale, et observent objectivement les efforts faits par le président de la République pour y répondre. Sans se fondre dans une unité nationale factice, beaucoup souhaitent que l'ensemble des forces politiques renoncent à la politique d'obstruction et participent, dans des conditions politiques claires, à l'effort commun.
La Gauche moderne comprend le trouble de ces citoyens de gauche. D'autant mieux qu'elle se sent proche de ces militants, notamment socialistes, dont elle a longtemps partagé les combats, de ces citoyens de gauche dont elle partage les valeurs et les objectifs fondamentaux.
Sans renoncer à notre identité, nous avons fait un choix audacieux. Nous avons décidé de soutenir la politique de changement et de réforme du président de la République et nous nous efforçons de rendre cette politique toujours plus équitable, plus juste et plus ouverte. Ce choix n'était pas le plus facile, et l'on peut tout à fait comprendre que, par fidélité, par habitude ou par un fort sentiment d'appartenance affectif, beaucoup ne puissent envisager de s'éloigner de la gauche traditionnelle ou du PS.
C'est leur camp, leur famille parfois, et quels que soient leurs critiques, leurs déceptions, leurs désaccords profonds, ils ont le sentiment qu'on ne quitte pas sa famille. Il vaut mieux avoir - un temps - tort avec les siens, que raison avec d'autres, semblent-ils dire. Tous ne pensent pas ainsi, mais on peut comprendre chacun de ceux qui le font.
Pourtant, c'est à tous ces citoyens de gauche, qu'ils envisagent ou non de s'éloigner un jour de leur formation de référence, que s'adresse La Gauche moderne. Elle veut leur proposer un débat et une réflexion commune. Sans préalable, elle veut leur dire son ambition d'agir pour réformer et relancer notre pays mais aussi sa volonté de prendre toute sa place dans l'oeuvre de rénovation de la gauche. Tous la savent nécessaire et l'appellent de leurs voeux.
SIX ORIENTATIONS
Cette rénovation de la gauche, la Gauche moderne veut la faire autour de six orientations fortes : 1. un développement économique durable qui est la condition de la solidarité et prend sa source dans l'initiative, la responsabilité, la concurrence régulée, un soutien conditionnel aux entreprises ; 2. un nouveau pacte social, basé sur l'égalité des chances, l'insertion, la mise en place d'une affirmative action à la française et une flexisécurité aujourd'hui appelée sécurité sociale professionnelle ; 3. une politique pour l'emploi, visant à soutenir les individus, notamment par la formation, et à faciliter le retour à l'emploi plutôt que de chercher le maintien artificiel des activités dépassées ; 4. un Etat capable de fixer les grandes orientations et d'intervenir en cas de circonstances exceptionnelles, décentralisé, allégé, agissant de manière ciblée et davantage par l'incitation et le contrôle que par la réglementation ; 5. des services publics rénovés, dotés d'une réelle autonomie, et agissant de manière efficace au service des usagers, dans le cadre de partenariats public/privé si nécessaire ; 6. une Europe capable de décider, de mener des politiques et de peser dans la mondialisation, pour le développement durable, une rénovation du capitalisme et pour la paix...
C'est à mieux définir ces orientations que nous voulons travailler, c'est autour de ces valeurs que la Gauche moderne souhaite débattre avec tous ceux qui veulent la rénovation de la gauche. Avec ceux aussi qui souhaitent voir la gauche s'éloigner d'une opposition muette sur les solutions alternatives, pour s'engager, sans renoncer à ce qu'elle est, dans une action positive pour permettre la sortie de crise la plus rapide possible, la mise en oeuvre de "la réforme juste" et le développement d'une société libre, équitable et solidaire.
Jean-Marie Bockel est président de Gauche moderne.
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14 décembre 2008
Mulhouse Entre nous
Mulhouse Entre nous
Le 14/12/08 à 06:58 - Frédérique Meichler, Hélène Poizat et Stéphane Samacoïtz
Sauvé par le droit local
Lors de la réunion organisée récemment par l’UMP sur le thème de la crise financière, Arlette Grosskost a dit tout le mal qu’elle pensait du travail dominical. L’ex-ministre François Loos ne partage pas son point de vue, il est plutôt favorable à l’ouverture des magasins le dimanche, mais compte tenu du sacro-saint droit local, il défend le statu quo en Alsace-Moselle. Sauvé par le droit local ! « Il faut quand même qu’on pense aux régionales »…commente Arlette.
Religieuses pressions
Les deux parlementaires alsaciens reconnaissent qu’ils subissent « énormément de pression du clergé » pour que la loi sur la libéralisation du travail le dimanche ne passe pas. « Le grand rabbin, lui, n’a rien dit », précise François Loos, suscitant quelques sourires dans la salle. Il est vrai que le président Sarkozy n’a pas encore exigé une généralisation des nocturnes commerciales le vendredi soir…
Swaziland
Le journaliste Thomas Legrand, chroniqueur politique sur France Inter, a déclaré au lendemain du congrès fondateur de la Gauche moderne à Suresnes, que « le parti de Jean-Marie Bockel n’a qu’une utilité : grappiller 0,2 ou 0,3 % aux élections locales et maintenir Mulhouse dans le giron de l’UMP. Ce nouveau parti est un peu comme ces faux pays faussement indépendants créés par l’Afrique du Sud : c’est le Swaziland de l’UMP ! ». Qu’en pense Arlette Grosskost ?
Orphelin recasé
Au lendemain de la constitution de la nouvelle majorité municipale mulhousienne réunissant des ex-socialistes convertis à la Gauche moderne, des Modem, des Nouveau centre et des UMP authentiquement sarkozystes, l’adjoint Denis Rambaud avait gardé ses distances, préférant conserver le statut de « socialiste exclu ». Mais voilà, après quelques mois d’hésitations, il a fini par répondre à l’appel de Suresnes…
Et une gauche de plus !
Cette semaine, le paysage politique mulhousien s’est enrichi d’une nouvelle gauche, pas moderne cette fois. Le porte-parole alsacien du Parti de gauche initié par l’ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon a réuni une vingtaine de sympathisants mardi au Klapperstei. Des effectifs qui, sans être pléthoriques, dépassent déjà la contenance d’une cabine téléphonique.
Une immense attente
« Il y a une immense attente chez des gens de gauche qui ne se retrouvent pas dans les partis existants… », affirme Jean-Charles Escovo, porte-parole alsacien du Parti de gauche. En fait, l’autre soir, c’est surtout lui qui a vécu une « immense attente » : pas plus de cinq personnes au début de sa réunion publique, une vingtaine à la fin. Bon, ça fait une hausse de 400 % en cours de soirée.
Humanisme rassembleur
La semaine dernière, lors de l’inauguration de nouveaux logements mis en service par l’association Habitat et Humanisme, l’architecte Alexandre Da Silva, porteur du projet, a remercié à la fois l’élu de l’opposition Gilbert Buttazzoni, cheville ouvrière bénévole du chantier de rénovation des logements, et l’adjoint Denis Rambaud, qui a « facilité » le projet en encourageant ses services à instruire rapidement le dossier. De la vertu rassembleuse des bonnes causes !
30 000, plus ou moins
« On va faire exploser les chiffres… » Les adjoints Jean-Pierre Walter et Michèle Striffler ne cachaient par leur euphorie mardi à l’occasion du traditionnel point presse consacré au marché de Noël de Mulhouse, se lançant même dans d’hasardeuses estimations chiffrées. « Quand c’est plein, plein, c’est une journée à 30 000 personnes », assure ainsi Jean-Pierre Walter, en laissant néanmoins flotter un certain flou sur ses méthodes de comptage. 30 000 visiteurs par jour selon les organisateurs. Et selon la police ?
Indice
Pour estimer le succès du marché, les adjoints ont un autre repère : le chiffre d’affaires à certains points de vente. Et là, apparemment, ça « explose » aussi. « Quand les commerçants ne se plaignent pas, c’est un indice », remarque Michèle Striffler. Il est vrai que la psychologie commerçante est ainsi faite…
Longueur de temps
Et le centre commercial Porte Jeune ? Difficile de dresser déjà un bilan. Et ça n’aurait pas beaucoup de sens avant la fin de la période de Noël, voire des soldes d’hiver. « En général, si les habitudes des consommateurs changent vraiment, il faut compter au moins six mois, voire un an… », analyse Rébecca Tsang, manager de la Cour des Maréchaux — qui attend bien sûr des retombées de la Porte Jeune comme l’ensemble du centre-ville. Alors patience.
Gratuit pour les chômeurs ?
Lors de la réunion du Sitram de vendredi soir, la Mulhousienne Cléo Schweitzer propose, au point divers, d’instaurer la gratuité sur le réseau Soléa pour les chômeurs : « J’ai vérifié, les recettes du tarif chômeurs, elles ne représentent quasiment rien… » Peu d’enthousiasme du côté du président Denis Rambaud : « On examinera la proposition pour l’année prochaine… » Ni du vice-président Jean-Marie Bockel : « Le bureau est par principe opposé à toute gratuité. Cela dit, chaque commune est libre de sa politique d’aide sociale… »
Salle en travaux
Le maire de Kingersheim tient à préciser que s’il annule « exceptionnellement » la cérémonie des vœux en janvier 2009, c’est avant tout parce que la salle des fêtes est en travaux et que la mise en place d’une structure d’accueil temporaire pour 1000 personnes avec les moyens techniques et logistiques correspondant aurait entraîné des dépenses supplémentaires considérables… Voilà le contribuable content !
Frédérique Meichler, Hélène Poizat et Stéphane Samacoïtz
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04 décembre 2008
La «Gauche moderne» de Bockel cherche sa place
La «Gauche moderne» de Bockel cherche sa place
Le parti à la gauche de la droite organise ce week-end son congrès fondateur. Mais la formation peine à faire entendre sa voix social-libérale dans la majorité.
LAURE EQUY
Jean-Marie Bockel à Paris, le 24 juillet. (Reuters)
En pèlerin de
l’ouverture, Jean-Marie Bockel veut tenter une nouvelle percée à la
gauche de la droite. Son parti, Gauche moderne, qui revendique mille
adhérents roulant pour Nicolas Sarkozy «en conservant leurs valeurs de gauche»,
tient son congrès fondateur, ce week-end à Suresnes (Hauts-de-Seine).
Un an après sa création. Non content d’avoir conquis une brochette de
transfuges, le président de la République encourageait alors chaudement
les initiatives visant à exploiter son filon.
Son ralliement, juge le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, «n’avait un sens qu’en étant accompagné d’une démarche collective, organisée».
Mais la formation de l’ex-blairiste du PS peine à faire entendre sa
partition social-libérale dans la polyphonie des composantes de la
majorité. «L’apport est encore modeste mais on ne prétendait pas autre chose», avoue un proche.
Lancé pour promouvoir les réformes «que la gauche n’a pas su faire»,
Gauche moderne a buté contre une série d’obstacles. La cote de
popularité du chef de l’Etat, en chute libre dès décembre, l’a d’abord
privé d’un précieux argument de vente. Puis, le score des municipales a
déçu: une centaine d’élus et la mairie de Mulhouse conservée de
justesse par Bockel.
«On n’était pas prêts, on existait à peine. Après les municipales, on a été un peu neutralisés», confie Serge Federbusch, animateur de la fédération de Paris. «Faire plus aurait été mission impossible»,
justifie un proche de Bockel. Après le scrutin de mars, le secrétaire
d’Etat demande confirmation à Sarkozy de la pertinence de ses offres de
service. Et convoque une Journée nationale à Paris, après trois mois de
stand-by.
L’idée de fédérer un pôle de gauche de la majorité
n’a, par ailleurs, jamais pris, les autres ministres d’ouverture ne
voulant pas rempiler pour un nouveau parti. Eric Besson, lui, «n’était pas dans une logique de parti mais de cercle de réflexion», avance l’entourage de Bockel, ne voyant «aucune rivalité mais une complémentarité». Fondateur du club Les Progressistes, «juridiquement un parti» qu’il préfère nommer «mouvement», le secrétaire d’Etat à la Prospective ne veut pas «faire de benchmarking: le jeu des médias a été de tenter de nous opposer ce qui n’a pas de raison d’être».
Mais Bockel sent le vent tourner: «La
diabolisation du Président s’est atténuée, surtout depuis la crise
financière, et l’idée de réformer le pays en sortant du choc frontal
droite-gauche» fait son chemin. Surtout, la «tragédie grecque» jouée par ses ex-camarades socialistes, «plombés par leur manque d’audace», conforte, selon lui, son analyse. Il y voit, «sans [s’en] réjouir», une «opportunité:
Il y a un engouement des sympathisants PS qui, déjà avant le congrès de
Reims, n’en pouvaient plus des querelles et de l’incapacité du parti à
se rénover.»
Des déçus qu’il espère capter aux régionales
de 2010. Et le secrétaire d’Etat assure avoir toujours le soutien de
l’exécutif. Il dit parler à l’oreille du Président, chaque mardi au
petit-déjeuner de la majorité. L’occasion d’avancer ses propositions
comme la flexisécurité ou la création d’un impôt uniforme, la flat-tax.
«Nous sommes des alliés libres, balance-t-il. Si la majorité se droitise ou prend des positions conservatrices, on peut partir.»
Pour
l’heure, Bockel garde son comité de soutien gouvernemental. Si les
ministres d’ouverture ne sont pas au menu du week-end - Fadela Amara
sera représentée par un conseiller et Besson, en déplacement à Vienne,
est excusé -, François Fillon, Rama Yade, Brice Hortefeux, Roger
Karoutchi, Yves Jego et le conseiller spécial de Sarkozy, Henri Guaino
feront notamment le déplacement.
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Opération «un parti pour Bockel»
Opération «un parti pour Bockel»
L’ex-socialiste Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, a fondé ce week-end un nouveau parti gouvernemental, la Gauche moderne. Qui tire les ficelles ?
Réalisé par KARL LASKE
Franssoa59. «Quand Bockel était ministre de la gauche, il désespérait déjà son propre camp à mettre tant de zèle au service du lobby du diesel qui empoisonne la France depuis vingt ans. Le ver était déjà dans le fruit !»
Josan. «Je suis allé voir par curiosité ; il y avait une petite salle ridicule, remplie à 80 % par des militants UMP, idem pour la tribune.»
Mad. «Le parti de Jean-Marie Bockel n’arrivera jamais à s’imposer au sein de la vie politique française, tout comme le Nouveau centre, qui est plus un groupe parlementaire qu’un parti. Un maire et quelques élus municipaux, c’est bien maigre pour un parti de la majorité !»
Volfoni senior. «Au début, j’ai cru à une blague, à une info détournée, en voyant un rassemblement de "gauche" regroupant uniquement des UMP. Mais vu le moment choisi pour la création de cette "chose", tout cela semble bien commandité par l’UMP, ou même Sarko, pour essayer de brouiller encore plus la gauche, et, qui sait, essayer de récupérer quelques dissidents PS, persona non grata sous la nouvelle direction.»
Jaco. «Conséquence du barnum circus de ces derniers temps au PS : Des partis croupions vont se créer par le dépeçage du PS, au nom de la modernité bien entendu.»
Wicky. «Le parti de Bockel est une coquille vide. Bockel est un carriériste qui a trahi son parti en rase campagne. Il fait actuellement des pieds et des mains pour rester au gouvernement où il ambitionne le poste d’Hortefeux. Pas dégoûtée, la Gauche moderne ! Si ce type avait du courage, il aurait démissionné après avoir été viré de la Coopération. Mais voilà, Bockel n’en a pas, il n’a que le courage du traître : attendre sa récompense.»
J-J. «Bockel est un derviche tourneur.»
Alsachien. «J’ai assisté de nombreuses fois à des réunions électorales de Bockel. Les places étaient vides et le vide occupait la première place.»
Jean. «Bockel, en bon sous-marin de l’UMP, espère que ce parti, ni à gauche ni moderne, servira à priver le PS de quelque 1 % grappillé ici ou là. Je ne suis pas sûr que des électeurs de gauche (y compris du centre) se laissent séduire par un parti de gauche avec le Premier ministre et d’autres caciques de l’UMP comme parrains. Au contraire. Il y aura des arroseurs arrosés.»
Sylvain. «A l’époque où il était membre du PS, Bockel était déjà de droite. Il devrait avoir le courage d’adhérer complètement à l’UMP et ne pas salir la gauche en prétendant en faire partie. Car il est foncièrement incompatible d’être de gauche et "rouler pour Sarkozy", c’est de l’escroquerie intellectuelle. Quant aux "réformes que la gauche n’a pas su faire", c’est plutôt normal vu qu’elles n’ont rien à voir avec la gauche. Le PS s’est purgé de ce genre d’olibrius.»
Ya. «C’est drôle comme on arrive à faire dire aux mots l’inverse de ce qu’ils signifient ! Quand la droite fait des lois qui nous ramènent cinquante ans en arrière, c’est une "réforme" ! Quand les patrons licencient, ce sont des plans "sociaux" ! Et quand la droite veut faire croire qu’elle est "sociale", ça s’appelle, la "gauche moderne" !»
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30 novembre 2008
Mulhouse Projets
Mulhouse Projets
Le 29/11/08 à 06:55
Le maire a donné une liste de projets à mener dès 2009.
Aménagement de la rue du Sauvage.
Ravalement des immeubles en bordure du tram et des secteurs rénovés.
« Intervention forte »
dans les secteurs Huguenin-Buffon, Porte et rue de Bâle et Ballon-Orphelins.
Bourtzwiller :
foyer Aleos démoli prochainement et reconstruit en 2009. 146 logements
seront construits dans cette résidence sociale et dans le quartier de
la Fraternité. Première partie de la plaine sportive du quartier.
Vauban-Neppert : début du chantier du parc de 1 ha « îlot Lefebvre » et démarrage de la construction de logements dans la caserne.
Coteaux : vidéosurveillance et éclairage dans le secteur des commerces du centre des Nations. Les copropriétés « vont faire l’objet d’une action sur plusieurs années ».
Zac Gare : concours d’architecte l’an prochain.
Quartier DMC : un marché de définition a été engagé pour désigner une équipe d’architectes.
Entreprise DMC : la Ville et la Camsa suivent le dossier. Le maire est d’un « optimisme mesuré ».
Plan Climat :
nombreuses réalisations programmées (nouvelle structure Franklin,
extension de l’école maternelle, restructuration de la MCP Cité).
Évaluation des performances énergétiques des bâtiments de la Ville.
Mulhouse Avenir « L’intercommunalité est le principal enjeu »
Mulhouse Avenir « L’intercommunalité est le principal enjeu »
Le 29/11/08 à 06:55 - R.C.
Jean-Marie Bockel a tenu à aborder le dossier de l’intercommunalité d’entrée de jeu. La diplomatie est largement mise à contribution.
« L’intercommunalité est, pour moi, en ce début de quatrième mandat, malgré la crise, l’enjeu principal de la période qui s’ouvre. » On ne pouvait plus clairement dire les choses. Le maire de Mulhouse est revenu sur la conclusion du dossier du Sitram pour assurer : « Avec tous mes collègues, nous partageons une vision stratégique de l’avenir de l’agglomération ». Jean-Marie Bockel a englobé dans ce satisfecit tous les partenaires des 38 communes de l’agglomération, qu’ils appartiennent à une communauté ou pas. Il a notamment souligné « l’attitude de nos collègues issus du Club des 22, ferme et extrêmement responsable, qui montre bien que, les uns et les autres, nous avons la volonté de réussir ensemble l’agglomération mulhousienne ». Le maire de Mulhouse a même parlé de « projet fédérateur à l’échelle de la région mulhousienne pour construire ensemble cette agglomération ».
1er janvier 2010, date cruciale
Il n’est pas question pour autant d’enterrer la Camsa, même si une solution doit être trouvée au 1er janvier 2010. « Fin 2008 et début 2009, il y aura énormément de travail à faire ensemble pour que toutes les conditions soient réunies » pour la conclusion d’un accord. Jean-Marie Bockel n’entend pas pour autant agir à la hussarde. « Le rythme des rencontres et des discours doit être respectueux de l’histoire de chacun et des réalités de chaque commune ». Tout cela explique, évidemment, « une démarche à géométrie variable ». La négociation est menée à coups de rencontres informelles, de tables rondes et autres consultations. Tout cela se fait dans la plus grande discrétion, comme par peur de provoquer le clash destructeur.
R.C
Mulhouse Arbitre-joueur
Mulhouse Arbitre-joueur
Le 29/11/08 à 06:55 - par Raymond Couraud
Humeur
Le
mot crise est revenu souvent dans la bouche de Jean-Marie Bockel lors
de sa conférence de presse. En revanche, il refuse de baisser les bras
et assure que cette crise peut apporter son lot d’améliorations
notamment en faveur des deux TGV.
Il colle à la politique
gouvernementale et il n’y a rien de surprenant à cela. La solidarité
ministérielle n’est pas un vain mot. L’expérience diplomatique non plus.
On
sent chez lui une envie de s’impliquer plus qu’avant dans son rôle
d’arbitre. Dans ses satisfecit à la majorité municipale et à son
premier adjoint, comme dans son analyse des pourparlers intercommunaux,
Jean-Marie Bockel s’inspire d’un exemple venu de haut : celui d’un
certain Nicolas Sarkozy, arbitre endossant souvent le maillot du joueur.
par Raymond Couraud
29 novembre 2008
Bockel et Grosskost signent l'armistice
Bockel et Grosskost signent l'armistice
Par Jacques Trentesaux, publié le 27/11/2008 12:08 - mis à jour le 27/11/2008 12:25
Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse, et Arlette Grosskost se sont réconciliés jeudi soir au cours d'une rencontre entre les élus alsaciens. La député UMP du Haut-Rhin a toujours eu du mal à accepter le changement de camp de l'ancien socialiste. Ils ont décidé de travailler ensemble sur les grands chantiers qui attend l'Alsace.
La poignée de main fut beaucoup commentée. C'est à l'hôtel des Invalides de Paris, jeudi 26 novembre, que Jean-Marc Bockel et Arlette Grosskost ont officialisé la fin de leurs hostilités, lors d'une cérémonie offerte par le secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants -et maire (ex-PS) de Mulhouse- aux élus alsaciens, en marge du congrès de l'Association des maires de France. "Nous sommes dans l'obligation de nous parler pour le bien de Mulhouse et de la région, a justifié la députée UMP. Il ne s'agit ni d'une alliance ni d'une allégeance, mais d'une paix concertée."
Depuis l'entrée de l'ancien socialiste Jean-Marie Bockel au gouvernement, les deux élus alsaciens se vouent une franche hostilité et les propos fielleux n'ont eu de cesse. Arlette Grosskost n'a pas supporté de voir son ennemi de toujours lui souffler la mairie de Mulhouse qu'elle convoitait de longue date, à la faveur d'une "trahison opportuniste" de son camp politique. "Elle a été très loin dans les accusations, rappelle Jean-Marie Bockel. Il y a quinze jours encore, elle tenaient des propos très durs à mon encontre. Le revirement spectaculaire."

Jacques Robert
Jean-Marie Bockel (au centre) et Arlette Grosskost se sont réconciliés autour d'un verre jeudi soir.
Les deux élus sont convenus d'un premier rendez-vous de travail le 3 décembre à 8 heures. Ils comptent se concerter pour porter plus efficacement quelques grands projets économiques (pôles de compétitivité, aide à l'implantation d'entreprises) et d'infrastructure (bouclage du financement des TGV est et Rhin-Rhône, ouverture de liaisons ferrées transfrontalières...). Arlette Grosskost tient également beaucoup à la relance du canal Rhin-Rhône mais un gabarit plus limité que le projet qui fut enterré en 1997.
Pour beaucoup, ces retrouvailles s'expliquent par la perspective des élections régionales. Au premier trimestre 2009, l'appareil UMP désignera les têtes de listes de ce scrutin. Arlette Grosskost, en bonne position pour mener l'UMP dans le département du Haut-Rhin, a besoin de jouer la réconciliation avec le seul ministre alsacien du gouvernement. L'heure est donc à l'unité locale. Du moins en apparence. Car les plaies sont telles qu'elles ne s'effaceront sans doute jamais.
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26 novembre 2008
Appel de La Gauche Moderne au déçus du PS: "Venez chez nous!"
Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, à l'Assemblée nationale à Paris, le 4 novembre 2008
Appel de La Gauche Moderne au déçus du PS: "Venez chez nous!"
PARIS (AFP) — "Puisque vous n'en pouvez plus du PS, venez chez nous!" Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, issu du Parti socialiste, appelle les déçus du PS à rejoindre La Gauche Moderne (GM) qui tiendra son congrès fondateur ce week-end à Suresnes (Hauts-de-Seine).
La situation au PS "rend plus audible le message que j'avais adressé à mes anciens amis : +plutôt que d'être en déshérence, puisque vous n'en pouvez plus du PS venez renforcer l'aile gauche de la majorité! Venez chez nous!+", déclare le chef de file de GM, dans un entretien sur le site de Profession Politique.
"Nous sommes prêts à vous accueillir, ce que nous faisons n'est pas indigne, il n'y a pas de honte à être l'aile gauche d'une majorité qui n'est pas conservatrice, qui n'est pas animée par un président réactionnaire", déclare le ministre d'"ouverture".
"Comme dans une tragédie grecque, estime-t-il à propos de la crise au PS, tous les protagonistes savent, depuis le début, que ça va mal se terminer et, malgré tout, ça se termine mal".
Il renvoie Martine Aubry et Ségolène Royal dos à dos : "je les connais bien toutes les deux : la différence est ténue, elles appartiennent à cette génération qui n'a pas su rénover le PS et qui a sous-estimé la capacité des adhérents à évoluer".
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