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14 octobre 2008

Le Nobel d'économie attribué à l'Américain Paul Krugman

Paul Krugman, lauréat 2008 du prix Nobel d'économie.       

AFP/HO

      Paul Krugman, lauréat 2008 du prix Nobel d'économie.    

Le Nobel d'économie attribué à l'Américain Paul Krugman

Considéré comme l'un des pionniers dans le domaine de la nouvelle théorie du commerce et de la finance internationaux, il s'est fait connaître par des livres accessibles à un large public, notamment La mondialisation n'est pas coupable (La Découverte, 1998), et, depuis l'an 2000, par ses éditoriaux dans le New York Times (journal pour lequel il tient également un blog), réunis en partie dans le recueil L'Amérique dérape (Flammarion, 2004), où il fustige la politique de l'administration Bush. Il a enseigné notamment au Massachusetts Institute of Technology et à Princeton.

En 2007, le prix était allé au trio d'Américains Leonid Hurwicz, Eric Maskin et Roger Myerson. Entre sa première édition, en 1969, et 2007, le plus jeune des prix Nobel a récompensé 40 citoyens américains sur un total de 58 lauréats.

Le Nobel d'économie est le dernier de la saison des Nobel à être attribué. Les lauréats des différentes catégories recevront des mains du roi de Suède, le 10 décembre, une médaille en or, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1 million d'euros).


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Vers un retour de la question sociale au coeur de la crise

Vers un retour de la question sociale au coeur de la crise

Entretien avec Denis Clerc, fondateur et ancien directeur d'«Alternatives économiques» et auteur de «La France des travailleurs pauvres». On a trop oublié que l'économie est une science morale inséparable de la question sociale. La crise va nous le rappeler brutalement.



Wikimedia Commons

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Philippe Petit : l'économie, dites-vous, est une «science morale». Une telle affirmation n'est-elle pas un peu paradoxale alors que la crise financière bat son plein?

Denis Clerc : Mais non ! Au contraire ; car c'est l'absence de sens moral d'une petite minorité – sa rapacité pour dire les choses brièvement – qui est à l'origine même de la crise financière. Pour gagner gros, cette minorité a pris des risques excessifs, notamment sous forme de prêts immobiliers à taux d'intérêt élevés consentis à des ménages quasi-insolvables. En cas de défaillance de ces derniers, la maison était saisie et, grâce à la hausse continue du prix de l'immobilier, la revente permettait largement de se rembourser. Des « petits génies de la finance » - des prix Nobel, mais aussi des matheux recrutés à prix d'or par les organismes financiers - ont trouvé comment mélanger ces « créances pourries » avec d'autres, afin de revendre le tout à bon prix à des organismes financiers alléchés par la rentabilité élevée du paquet ainsi confectionné. Mais quand le marché immobilier s'est retourné, que les maisons saisies n'ont pu être vendues qu'à des prix cassés, les possesseurs de ces paquets se sont aperçus qu'ils valaient nettement moins qu'ils ne les avaient achetés.

Les petits génies ont donc réussi leur coup par deux fois ?

En effet, la rapacité a ainsi joué deux fois : la première quand les prêts ont été accordés, la seconde quand des organismes financiers de toutes sortes ont acheté sans hésiter les paquets à la rentabilité alors élevée, en vue d'attirer ainsi de nombreux épargnants, alléchés à leur tour par la rentabilité élevée – 5, 6 voire 8 % - de produits financiers aux jolis noms que leur conseillaient de respectables banquiers en costumes trois pièces. Vous me direz qu'il y a quand même une morale : à force de danser autour du volcan, une partie de ce petit monde est tombée dedans. Sauf que, du coup, la confiance – autre valeur morale ! – sur laquelle repose l'ensemble de la finance en a pris un vieux coup : personne ne veut plus prêter à personne de peur de ne pas être remboursé. La crise financière engendre une crise économique – car sans crédit, les entreprises coulent -, voire une panique monétaire, car chacun se dit « mieux vaut retirer son épargne avant qu'il ne soit trop tard ». Faute d'avoir respecté des normes morales, c'est le système tout entier qui se délite, entraînant avec lui des gens qui n'y sont pour rien.

Il est devenu commun de parler d'équité en économie. Que gagne-t-on à substituer ce mot à celui d'égalité ?

L'égalité ne signifie pas seulement que chacun vaut chacun, mais aussi que chacun est traité de façon identique. Or, il est clair qu'aider autant le riche que le pauvre aboutit à une injustice sociale. C'est ce que signifie le terme équité, qui, dans son sens premier, signifie que chacun doit payer en fonction de ses moyens et recevoir en fonction de ses besoins. L'équité, entendue ainsi, concourt donc à la justice sociale et complète l'égalité, qui est le fondement de la démocratie. Pourtant, par une sorte d'extraordinaire hold-up intellectuel, l'équité en vient à signifier, dans la bouche de certains, que chacun reçoive son dû : celui qui a beaucoup apporté, en talents, en argent ou en travail, devrait recevoir beaucoup, et celui-ci a apporté peu devrait recevoir peu. Et comme nul n'est capable de démêler, dans le résultat final, ce qui résulte de l'apport exact de chacun, et donc ce qu'il serait équitable de verser à chacun, ce serait au marché, avec ses mécanismes impersonnels, de décider du partage. La limitation des très hautes rémunérations serait ainsi inéquitable – une sorte de vol -, tandis que les prélèvements à visée redistributrice seraient une spoliation. Comme si ces talents, cet argent, ces qualifications ne résultaient que des seuls efforts de ceux qui les ont apportés, et pas, en partie au moins, de l'effort de la société tout entière, qu'il s'agisse des générations qui ont précédées ou de celle dont nous faisons partie. Warren Buffet, l'une des plus grandes fortunes mondiales, n'en disconvient pas : « Plantez-moi au milieu du Bangladesh, du Pérou ou d'ailleurs, et vous verrez ce qu'est réellement capable de produire mon talent dès lors qu'il lui faut s'exercer sur le mauvais type de sol. Dans trente ans, je serais encore en train de lutter. » La seule bonne façon de respecter l'équité consiste donc à apporter aux plus pauvres le plus de soutien possible, en termes de formation, d'emploi et de revenu, la limite de ce soutien étant le moment où la situation devient contre-productive, c'est-à-dire où la richesse de la société tout entière commence à décliner. C'est ce qu'on appelle souvent le « critère de Rawls », du nom du philosophe américain qui l'a formulé. Mais le hold-up intellectuel dont j'ai parlé plus haut consiste à dire que serait équitable toute situation dans laquelle les riches gagneraient beaucoup, pourvu que le sort des pauvres s'améliore un peu. L'équité consisterait à ce que les miettes de la table du riche servent à atténuer la faim du pauvre ? De qui se moque-t-on ?

Quelle est votre définition de la justice sociale ?

Que chacun soit traité de sorte qu'il puisse concrétiser toutes les capacités qui sont en lui. Faute de justice sociale, combien de Mozart en herbe, combien de Pasteur, combien de Martin Luther King n'ont jamais pu se révéler ? Ne rêvons pas : nous en sommes très loin, et ce n'est pas demain qu'on y parviendra. Mais on peut s'en approcher, parce que nos sociétés disposent de ressources – financières, mais aussi éducatives, sociales, sanitaires, … – importantes. Hier, dans la société de M. Gagnepain et de Mme Restaufoyer, la justice sociale passait essentiellement par une meilleure protection sociale en faveur de ceux qui ne travaillaient pas : enfants, femmes, personnes âgées. C'est toujours le cas, mais, aujourd'hui, la plupart des personnes d'âge actif sont sur le marché du travail, qu'ils soient en emploi ou en recherche d'emploi. La justice sociale passe donc aussi, et de plus en plus, par l'accès à l'emploi, et à l'emploi décent, celui dont on peut vivre et qui permet de développer les potentialités créatrices et relationnelles que chacun porte en lui. La collectivité n'hésite pas à dépenser au total 300 000 euros pour former un jeune de la maternelle à la fin de son école d'ingénieur, tandis qu'elle ne dépense qu'un peu plus du tiers de cette somme pour le jeune qui vit dans un « quartier difficile », sortira précocement de l'école en situation d'échec et a une forte probabilité de galérer de petits boulots en chômage une bonne partie de sa vie. Ni l'égalité, ni l'équité n'y trouvent leur compte : la justice sociale est bafouée parce que la collectivité dépense plus pour les lycées des beaux quartiers que pour les collèges des quartiers difficiles.

Délimiter les frontières séparant les phénomènes économiques et la politique et cerner les marges de manœuvre de ce que l'on appelle la politique économique n'est pas chose aisée. Comment y parvenez vous ?

Oui, les leviers de la politique économique sont à la fois de plus en plus limités et de moins en moins efficaces : ce que l'on appelle la politique monétaire est désormais du ressort de la Banque centrale européenne, située à Francfort et ne rendant pas de comptes aux autorités publiques, tandis que la politique budgétaire est corsetée par des règles européennes. Les mouvements de capitaux et la mondialisation de l'économie achèvent de réduire les pouvoirs économiques de l'Etat. Bref, la capacité de ce dernier de prendre les commandes quand on s'aperçoit, comme c'est le cas aujourd'hui, qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion et que les turbulences deviennent dangereuses, est faible. Mais la collectivité (État et collectivités territoriales) dispose toujours d'autres armes, dont il ne faut pas sous-estimer le rôle : la formation, la protection sociale, la redistribution, la fiscalité et mille autres leviers que l'on peut qualifier d'incitatifs car, s'ils n'agissent pas directement sur l'économie, permettent de modifier le comportement des acteurs. Et puis, pour la politique économique proprement dite, c'est au niveau européen que se situent de plus en plus les enjeux. On le voit bien avec l'actuelle crise financière et bancaire : la réponse doit être européenne pour être efficace.
 
La crise actuelle va sans doute déboucher sur une aggravation de la montée du chômage et une paupérisation accrue ? Serait-il possible d'éviter cette dérive ?

Cela ne fait hélas aucun doute. Déjà, au cours des deux derniers trimestres, alors même que la crise financière n'avait pas encore commencé, la conjoncture se dégradait sous l'effet de la hausse du prix des matières premières et, sans doute, de décisions publiques malencontreuses, et environ 70 000 emplois ont disparu. La crise, en bloquant le crédit et en mettant à mal le système bancaire, va accentuer cette tendance, sans que l'on puisse dire encore de combien. À court terme – l'année qui vient – l'Etat ne peut que tenter de limiter les dégâts, mais cela n'empêchera pas le chômage de progresser fortement et, avec lui, la pauvreté. Certains proposent de nationaliser le système bancaire pour contrer cette évolution. Je n'y crois guère : la nationalisation annule le risque d'illiquidité – le fait que les banques ne puissent satisfaire les demandes de retraits - mais elle ne réduit pas le risque d'insolvabilité, parce que l'Etat n'aurait pas les moyens de renflouer des banques qui accumuleraient des dizaines de milliards de pertes. Or, c'est ce risque-là qui est majeur aujourd'hui : c'est parce que les banques sont soupçonnées de porter des créances toxiques en quantité que leurs cours en Bourse dégringolent. En outre, la nationalisation reviendrait à tourner le dos à l'Europe, alors même que c'est à ce niveau, et à lui seul, que la confiance peut être rétablie, et donc la chute jugulée. La solution est sans doute dans une triple action : dans l'immédiat, socialiser les créances douteuses, de préférence au niveau européen, car la « force de frappe » est alors plus importante que dans chacun des pays pris isolément ; toujours dans l'immédiat, assurer la liquidité du système, fût-ce en faisant tourner à fond la « planche à billets », ce qui est le domaine de la BCE, à moins court terme, réguler le système financier, pour empêcher que la rapacité de quelques-uns n'engendre le malheur de beaucoup. Nul doute que la liberté de circulation des capitaux en prendra un sérieux coup. Je ne suis pas certain que ce soit une mauvaise chose …

Si vous permettez, j'aimerais ajouter quelque chose qui me frappe. On nous avait dit que cet essor sans précédent de la finance avait pour résultat une « création de valeur ». Pour l'actionnaire (et le créancier) principalement, certes, mais une création de valeur. Le gain des uns était justifié, disait-on, par ses effets sur la richesse de tous, ou de la majorité. Or, nous assistons à une gigantesque destruction de valeur, et pas seulement pour l'actionnaire. Ce qui était un « jeu à somme positive » (ce que les uns gagnent n'est perdu par personne) devient un jeu à somme nulle » (le gain d'hier des uns est compensé par les pertes d'aujourd'hui au détriment des autres) et peut-être même, comme en 1929, par un jeu à somme négative. La finance s'est retournée contre l'économie. Keynes constatait la même chose dans les années 1930. Quand je pense que la théorie économique dominante l'a déclaré mort et enterré …
 
«Ce n'est pas de nourriture que manquent la quasi-totalité des 7 millions de personnes en situation de pauvreté monétaire, mais de confiance en l'avenir, de formation, de stabilité, d'emploi, de liens sociaux», écrivez vous à la fin de votre ouvrage. À l'heure actuelle, sur quoi pourrait reposer cette confiance recouvrée ?

Je crains hélas que, avec l'inversion de l'emploi (puisque, aux créations d'emplois d'environ 200 000 par an risquent de succéder des destructions au moins aussi nombreuses), les travailleurs pauvres ne soient renvoyés dans leurs buts et qu'on ne leur dise : ne vous plaignez pas, vous, au moins, vous avez un emploi et, même minable, même partiel, même temporaire, un emploi paupérisant vaut mieux que pas d'emploi du tout. Ce serait un retour en arrière assez dramatique. Car, depuis 15 ans, au nom de la lutte contre le chômage, on a multiplié ces emplois paupérisants, indignes, sans avenir, et le nombre de travailleurs pauvres, c'est-à-dire vivant dans des ménages au niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, a doublé. On commençait enfin à prendre conscience que la quantité ne sert à rien si elle ne s'accompagne pas aussi de qualité, et l'on semblait résolu, en haut lieu, à lutter contre la pauvreté laborieuse, même si les moyens débloqués à cette fin demeuraient d'une modestie insigne. Mon diagnostic ne change pas : on ne peut pas valoriser le travail si l'on dévalorise une partie des travailleurs, et la pauvreté laborieuse contribue à la désespérance du pays tout entier, et pas seulement de ceux qu'elle touche. La priorité, aujourd'hui comme hier, est donc de créer des emplois générateurs de qualification ; qui soient des marchepieds, pas des impasses. Si le marché n'y parvient pas, il faudra que l'Etat s'y attelle. Quitte, pour faire dans la provocation, à partager le travail existant s'il se révèle qu'il n'y en a pas assez pour tout le monde. Cela fera hurler quelques libéraux : mais, au fond, qui d'autre que les libéraux nous ont mis dans la panade, avec leur fariboles sur l'efficacité autorégulatrice des marchés ?

Quels reproches faites-vous en priorité au RSA ?

Le RSA a une vertu essentielle : il va permettre à quelques centaines de milliers de ménages de travailleurs pauvres de sortir la tête du trou ou de s'en approcher : quand on manque de tout, 100 à 150 euros de plus par mois – ce sera le cas d'environ 600 000 ménages de travailleurs pauvres -, ce n'est pas négligeable. Aussi, ne le négligeons pas. Mais comment ne pas regretter que beaucoup d'autres travailleurs pauvres ne verront pas leur sort s'améliorer, soit parce que, comme les jeunes de moins de 25 ans, ils n'y auront pas droit, soit parce que le RSA viendra simplement se substituer à d'autres aides qu'ils ne toucheront plus ? Ma première critique est donc ce manque d'ambition, notamment en direction des jeunes, alors que ce sont les plus touchés par la précarité de l'emploi. Mais la crainte essentielle est que les employeurs ne profitent de l'occasion pour accroître encore le nombre d'emplois temporaires ou de temps partiels, qui sont les deux sources principales de la pauvreté laborieuse : pourquoi ne le feraient-ils pas, puisque, grâce au RSA et au complément de revenu qu'il représente pour beaucoup, les emplois très mal payés trouveront plus facilement preneurs, et que, avec « l'offre raisonnable d'emploi », certains demandeurs d'emploi seront contraints de les accepter ? Il aurait fallu agir non seulement sur le revenu des personnes, mais aussi sur le marché du travail, en pénalisant les emplois susceptibles d'engendrer de la pauvreté laborieuse. Car les moyens de pénaliser ces emplois ne manquent pas : l'Etat prend à sa charge pour plus de 30 milliards de cotisations sociales patronales ! On aurait pu imaginer que ces allègements soient conditionnés à des engagements de réduction des emplois paupérisants. Hélas, rien du tout : dans ce domaine, l'équipe au pouvoir croit encore manifestement au caractère bienfaisant du marché autorégulateur.

Pensez vous qu'un nouveau cycle, fondé sur le retour de l'Etat et de la régulation, est en train de s'ouvrir, comme certains l'affirment?

Oui. N'est-ce pas vers l'Etat – ou vers l'Union européenne – que se tournent tous les regards ? N'est-ce pas lui – et elle – qui apparaissent comme le dernier garde-fou au bord du volcan ? Dans la finance, au moins, le marché apparaît autant destructeur que créateur, et c'est cela qu'il faut arrêter. Reste que l'on ne reviendra pas à un Etat analogue à celui des Trente Glorieuses et du IVe Plan.

Pourquoi dites-vous que la question sociale est de retour?

Autrefois, le terme « question sociale » désignait l'existence d'un important prolétariat, qui menait une existence très difficile alors même qu'il travaillait beaucoup. Les Trente Glorieuses ont réduit cette question sociale-là, et beaucoup ont cru qu'elle disparaîtrait même grâce à une sorte de « moyennisation » de la société française, c'est-à-dire de grande classe moyenne, pas forcément aisée, mais capable au moins d'accéder aux normes sociales de base de la société urbaine dans laquelle nous vivons : logement, voiture, vacances, loisirs. La pauvreté laborieuse, le chômage de longue durée et l'exclusion sont venus démentir cette prédiction. Le risque majeur, désormais, est que les travailleurs pauvres, abonnés aux « petits boulots » et aux temps partiels sans avenir, continuent à voir leur nombre progresser. C'est cela, « le retour de la question sociale ». Mais avec deux nuances de taille. D'une part, le prolétariat des années 1850-1950 était organisé et combatif, les travailleurs pauvres – des travailleuses dans plus d'un cas sur deux – sont isolés et résignés ; tandis que de bonnes âmes se chargent de leur expliquer que c'est de leur faute s'ils en sont là. D'autre part, ce même prolétariat avait moins besoin d'emploi –, – il en avait, le plus souvent – que de protection sociale, alors que les travailleurs pauvres ont besoin d'emploi digne plus que de protection sociale, le premier leur assurant l'accès à la seconde. Cela ne se fera pas tout seul : et c'est pourquoi je pense que l'État de demain, s'il sera interventionniste, sera davantage un Etat d'investissement social, veillant à ce que les travailleurs affrontent le marché du travail avec suffisamment d'atouts, qu'un État producteur, à la manière de celui des Trente Glorieuses.

La France des travailleurs pauvres, Grasset, 221 pages, 16,90 euros.


Jeudi 09 Octobre 2008 - 17:09

Philippe Petit



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30 septembre 2008

40% des Français se soignent mal, faute d'argent

40% des Français se soignent mal, faute d'argent

lefigaro.fr avec AFP et AP
25/09/2008 | Mise à jour : 07:58 |
Commentaires 92

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Crédits photo : AFP

Les dépenses de santé sont les premières à passer à la trappe pour les plus pauvres.

Selon un sondage* Ipsos pour le Secours populaire français, près de quatre Français sur dix (39%) «ont déjà retardé ou renoncé à au moins un soin en raison de son coût».

Premiers soins médicaux les plus touchés : l'achat de prothèses dentaires sacrifié ou retardé par 31% des personnes interrogées, suivi de l'achat de lunettes ou de lentilles de contact (29%), une consultation chez un spécialiste (24%), un dentiste (23%), un ophtalmologiste (19%), l'achat de médicaments (18%), des radios ou analyses en laboratoire (16%), une consultation chez un généraliste (14%), chez un psychiatre ou psychologue (11%).

Du fait de l'éloignement géographique, 9% des sondés ont déjà renoncé à une visite chez un généraliste (contre 88% qui n'y ont jamais renoncé) et 13% chez un spécialiste (contre 85%). Et 30% ont le sentiment de ne pas «avoir les moyens financiers pour disposer d'une alimentation saine et équilibrée» contre 70% qui estiment en disposer.

 

Pauvre à partir de 1.000 euros par mois

 

Autre conclusion du sondage : 85% des personnes interrogées jugent le risque que leurs enfants «connaissent un jour une situation de pauvreté» sont plus élevés que pour leur génération (55% «beaucoup plus» et 30% «plutôt plus»). Ils sont seulement 11% à avoir un avis contraire (7% «un peu moins élevés» et 4% «beaucoup moins élevés») et 2% à estimer ce risque stable.

Le seuil de revenu net mensuel en-dessous duquel une personne seule peut être «considérée comme pauvre dans un pays comme la France» est estimé en moyenne à 1.006 euros par les personnes interrogées. Dans le détail, 30% des personnes interrogées estiment que quelqu'un peut être considéré comme pauvre avec un revenu net mensuel de 1.000 euros, 20% avec un revenu inférieur à 800 euros, et 17% avec un revenu compris dans un fourchette de 800 à 999 euros.

*Sondage réalisé par téléphone les 22 et 23 août auprès d'un échantillon de 1.002 personnes, représentatif de la population âgée de 15 ans et plus, sélectionné selon la méthode des quotas.

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26 septembre 2008

Pauvreté : 85 % des Français inquiets pour leurs enfants

 

SONDAGE

     

Pauvreté : 85 % des Français inquiets pour leurs enfants

NOUVELOBS.COM | 25.09.2008 | 09:55

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La majorité des personnes interrogées considère qu'avec un revenu net mensuel de 1.000 euros, on est pauvre. Par ailleurs, 39% des personnes ont "retardé ou renoncé à au moins un soin en raison de son coût"

(c) Reuters

Quatre-vingt-cinq pour cent des Français pensent que leurs enfants risquent de connaître un jour une situation de pauvreté et 39% ont déjà "retardé ou renoncé à au moins un soin en raison de son coût", selon un sondage IPSOS rendu public mercredi 24 septembre par le Secours populaire.
D'après cette enquête, 55% des personnes interrogées estiment que le risque que leurs enfants connaissent un jour une situation de pauvreté est "beaucoup plus élevé" que pour leur propre génération, et 30% pensent que ce risque est "un peu plus élevé", soit un total de 85%, cinq points de plus que dans le baromètre 2007.

Dépenses de santé réduites

Concernant les dépenses de santé, 39% des personnes interrogées ont "retardé ou renoncé à au moins un soin en raison de son coût". L'achat de prothèses dentaires est le soin le plus souvent sacrifié ou retardé (par 31% des personnes interrogées), suivi de l'achat de lunettes ou de lentilles de contact (29%), une consultation chez un spécialiste (24%), un dentiste (23%), un ophtalmologiste (19%), l'achat de médicaments (18%), des radios ou analyses en laboratoire (16%), une consultation chez un généraliste (14%), chez un psychiatre ou psychologue (11%). A cause de l'éloignement géographique, 9% des sondés ont déjà renoncé à une visite chez un généraliste (contre 88% qui n'y ont jamais renoncé) et 13% chez un spécialiste (contre 85%). Et 30% ont le sentiment de ne pas "avoir les moyens financiers pour disposer d'une alimentation saine et équilibrée" contre 7O% qui estiment en disposer.

Pauvre pour 1.000 euros par mois

Par ailleurs, la majorité des personnes interrogées estiment qu'une personne seule peut être considérée comme pauvre "dans un pays comme la France" en dessous d'un revenu net mensuel de 1.000 euros. Dans le détail, 30% des personnes interrogées estiment qu'une personne peut être considérée comme pauvre avec un revenu net mensuel de 1.000 euros, 20% avec un revenu inférieur à 800 euros, et 17% avec un revenu compris dans un fourchette de 800 à 999 euros.
Le Secours populaire rappelle que le seuil "officiel" de pauvreté est de 880 euros pour une personne seule.

- Sondage réalisé par téléphone les 22 et 23 août 2008 auprès de 1.002 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

(AP)


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23 septembre 2008

L'ouverture du capital de La Poste sous haute surveillance

L'ouverture du capital de La Poste sous haute surveillance

La Poste, le premier service public de proximité en France, est l'une des dernières postes publiques en Europe. Les syndicats savent qu'il lui faut trouver de l'argent - trois milliards d'euros au moins, selon M. Bailly - pour se développer et affronter ainsi l'ouverture totale du marché postal à la concurrence, en 2011.

Mais ils s'inquiètent pour l'emploi et la pérennité des missions de service public de leur entreprise, une fois transformée en Société anonyme (SA) et vendue, fût-ce partiellement, à des actionnaires privés. Ils demandent à l'Etat de jouer son rôle d'actionnaire sans vouloir examiner les garanties que celui-ci pourrait apporter, comme de rester l'actionnaire majoritaire de l'opérateur public postal ou de renforcer, dans une loi, les missions publiques. La Poste privatisée et mise en Bourse - l'une des options à l'étude - mettrait un terme, estiment-ils, au service universel postal, accessible pour tous au même tarif sur tout le territoire, de sa contribution à l'aménagement du territoire.

Soucieux de ne pas laisser le dossier s'envenimer sur le plan politique, et notamment de ne pas offrir au Parti socialiste l'occasion de retrouver une unité, le gouvernement s'est penché très tôt sur le dossier de La Poste. L'idée de créer une commission de réflexion sur l'avenir de l'entreprise, composée d'élus et de syndicats aux côtés de représentants de l'Etat et de La Poste, a été arbitrée le 5 septembre par le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, lors d'une réunion entre le premier ministre François Fillon, la ministre de l'économie Christine Lagarde, le secrétaire d'Etat à l'industrie Luc Chatel, le conseiller social du président de la République, Raymond Soubie, et le secrétaire général adjoint de l'Elysée, François Pérol.

L'idée de M. Sarkozy était de donner des gages en matière de débat démocratique, sur un sujet d'intérêt public, mais aussi, ce faisant, de prendre le temps de la réflexion, "sans idéologie" précise un proche conseiller. Le chef de l'Etat souhaiterait qu'on lui explique clairement le projet et son enjeu avant de se faire une opinion, ne se sentant pas tenu par l'empressement du président de La Poste.

M. Bailly aimerait pouvoir adopter le statut de Société anonyme (SA) en 2010, de façon à ouvrir le capital de l'entreprise un an plus tard. La lettre de mission adressée au président de la Commission sur l'avenir de La Poste, François Ailleret, l'ancien directeur général d'EDF, assignera à ce dernier deux grands objectifs : évaluer l'impact de la libéralisation totale du courrier pour l'entreprise publique, notamment ses forces et ses faiblesses ; examiner toutes les options d'évolution du capital, tout en préservant le statut et les droits des personnels (54 % de fonctionnaires) ainsi que l'avenir des missions de service public.

 

"TOUCHE PAS À MA POSTE"

 

Le gouvernement sait, en effet, qu'il marche sur des oeufs. Des études d'opinion récentes ont confirmé l'attachement des Français à La Poste, en tant que service public dépassant largement la distribution du courrier, mais aussi en tant que symbole nostalgique et rassurant d'une France rurale. Selon ces sondages, les Français s'inquiéteraient de la logique de "rentabilité" à laquelle serait tenue une Poste privatisée. Mais ils auraient dans le même temps conscience de la nécessité pour La Poste d'évoluer et de se moderniser, et oscilleraient entre résignation et approbation...

Un constat éloigné de celui que dressent les syndicats, les associations et les partis de gauche, regroupés en collectif réclamant un référendum sur La Poste. Pour eux, notamment pour la CGT, qui revendique 140 000 signatures à sa pétition "Touche pas à ma Poste", les Français ne veulent pas d'une ouverture du capital de La Poste, qui conduirait inexorablement à une privatisation.

"Croire que des actionnaires renteront dans le capital de La Poste pour la défense du service public et des agents, c'est croire au Père Noël !", lance FO. "Qui dit actionnaire dit recherche du profit rapide", renchérit SUD, promettant "plusieurs dizaines de milliers de suppressions d'emplois et une remise en cause de la présence postale".

Dans ce contexte très politique, le président de La Poste maintient le cap sur son projet, conservant bon espoir de tenir son calendrier qu'il s'est fixé. M. Bailly déploie des efforts de pédagogie auprès des cadres dirigeants afin que ceux-ci rassurent les postiers sur leur avenir.

Dans un courrier interne daté du 17 septembre, le patron de La Poste écrit que "cinq conditions et garanties sont posées pour assurer la réussite de cette opération : La Poste reste une entreprise publique majoritairement contrôlée par l'Etat ; les missions de service public et leur financement sont confortés par l'Etat ; les garanties nécessaires sont données aux postiers concernant leur avenir et leur association à l'évolution du capital ; l'ouverture du capital se fait par augmentation de capital ; les perspectives présentées aux investisseurs se fondent sur le plan 2008-2012". "La Poste ne procédera à aucun licenciement collectif pour motif économique pendant cette période", affirme M. Bailly.

Anne Michel


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22 septembre 2008

POUVOIR D'ACHAT Quand les industriels camouflent les hausses de prix

 

POUVOIR D'ACHAT

     

Quand les industriels camouflent les hausses de prix

NOUVELOBS.COM | 22.09.2008 | 19:03

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60 millions de consommateurs révèle comment les fabricants de produits alimentaires camouflent les hausses de prix grâce à divers procédés: diminution des contenus ou remplacement des ingrédients par des matières premières moins chères.

(c) Reuters

Le magazine 60 millions de consommateurs révèle dans son numéro à paraitre jeudi 25 septembre que les fabricants de produits alimentaires n'hésitent pas camoufler les hausses de prix grâce à divers procédés, plus pernicieux les uns les autres, a-t-on appris lundi 22 septembre. Pour préserver leur marge, ils changent l'emballage, modifient les recettes ou diminuent le contenu.
Il faut "être un consommateur sacrément avisé" pour remarquer cette "inflation masquée" que les statistiques officielles ont bien du mal, elles aussi, à détecter, souligne le mensuel, qui cite plusieurs marques dans son enquête.

"Prince" de Lu, "Jockey" de Danone

Au moment où la plupart des Français peinent à boucler leur budget, un des procédés les plus fréquemment utilisés pour doper les prix "sans que cela saute aux yeux du client" est la diminution du produit.
Le magazine cite l'exemple des biscuits "Prince" de Lu qui ne pèsent plus que 300 grammes contre 330 avant l'été. Plutôt que de faire valser les étiquettes, Jockey de Danone a aussi réduit les quantités: 850 g de fromage blanc contre un kilo.
Une autre stratégie consiste à changer l'emballage, un procédé qui "ouvre la voie à de très jolies augmentations pour le client", souligne le mensuel.
La troisième méthode, "probablement la plus pernicieuse", est la modification de la recette. Il s'agit, explique le mensuel, de remplacer des ingrédients onéreux par des matières premières moins chères ou de changer la composition pour abaisser le coût de revient.

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Economie : une croissance encore "molle" en 2009 selon Christine Lagarde

Economie : une croissance encore "molle" en 2009 selon Christine Lagarde

(Boursier.com) -- Interrogée ce week-end sur Europe 1 au sujet de la crise financière qui secoue les marchés boursiers de la planète, Christine Lagarde a expliqué que le système bancaire était solide et "fonctionnait bien" en France. La ministre de l'Economie qui se dit "excessivement déterminée" face à cette crise voit cependant pour conséquence directe un ralentissement économique mondial. Pour la France, la croissance qui sera donc proche de seulement 1% cette année, est attendue encore "molle" en 2009 par Christine Lagarde.

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20 septembre 2008

Les places boursières dans l'euphorie

A la Bourse de Francfort, vendredi 19 septembre. | REUTERS/ALEX GRIMM

REUTERS/ALEX GRIMM

A la Bourse de Francfort, vendredi 19 septembre.

Les places boursières dans l'euphorie

Peu avant l'ouverture de Wall Street, de nouvelles mesures étaient encore venues rassurer les marchés. La Banque de réserve fédérale de New York, intermédiaire traditionnel entre la banque centrale américaine et les marchés, a en effet annoncé la tenue d'une nouvelle opération exceptionnelle de refinancement, pour aider les banques à passer le week-end. La Fed (Réserve fédérale) de New York précise qu'elle pourra organiser d'autres opérations de ce genre plus tard dans la journée si la nécessité s'en faisait sentir.

Le Trésor américain a par ailleurs indiqué vendredi qu'il allait garantir les actifs des fonds monétaires jusqu'à 50 milliards de dollars, afin d'en assurer la solvabilité et de maintenir la confiance dans ces produits financiers, normalement considérés comme très sûrs. "Maintenir la confiance dans le secteur des fonds monétaires est essentiel pour protéger l'intégrité et la stabilité du système financier mondial", a souligné le département du Trésor dans un communiqué. "Pendant l'année à venir, le Trésor américain va assurer les avoirs de tout fonds commun de placement monétaire commercialisé – auprès des investisseurs individuels et institutionnels – éligible", précise le Trésor.

Jeudi, le secrétaire au Trésor Henry Paulson a estimé que les mesures en faveur des banques envisagées par le gouvernement américain allaient coûter "des centaines de milliards" de dollars. Quelques heures plus tôt, un influent sénateur républicain, Richard Shelby, avait avancé que le coût de ce plan pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars.

LE CAC 40 GAGNE PLUS DE 8 %

Après une semaine catastrophique, les Bourses européennes ont bien réagi vendredi en début d'après-midi dopées par la perspective d'une intervention massive des pouvoirs publics aux Etats-Unis pour combattre la crise financière.

La Bourse de Paris a accentué ses gains vendredi après-midi et gagnait plus de 8 %. Vers 15 h 15, l'indice CAC 40 malmené la veille s'est envolé de 8,15 % à 4 280,24 points. A la mi-journée, la Bourse de Francfort, première place financière d'Europe, prenait 4,84 % à 6 147,14 points, et à Londres l'indice FTSE-100 gagnait 8 % à 5 270,50 points.

A Moscou, peu après la reprise des échanges interrompus pendant plus de trois heures en raison des hausses trop importantes qui étaient constatées, les deux Bourses ont enregistré de nouveau de très fortes hausses, le RTS bondissant de 22,6 % et le Micex de 31,39 %, un quart d'heure après la réouverture.

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Quand les banques stressent, les clients trinquent

Decryptage

               

Quand les banques stressent, les clients trinquent

                               

      


   
Clients à un guichet automatique à Paris (Charles Platiau/Reuters).

C’est un message d’alerte que vient de lancer l’association d’aide contre les abus bancaires (AACAB). Elle a relevé ces derniers mois des « pressions des banques sur les usagers » de deux ordres  : augmentations malhonnêtes des taux de crédit, ou saisies intempestives de biens dans le cadre de crédits-relais.

« Depuis le mois de juin, les contentieux se multiplient », constate Jean-Jacques Defaix président de l’AACAB. Rue89 a pu consulter des lettres de victimes, qui depuis ont fait respecter leurs droits. Les abus relevés par l’ACAAB sont de deux types, mais ils révèlent tous deux l’état d’esprit de plus en plus fébrile des établissements.

Les achats d’immobilier sur plan

Il faut savoir que lorsqu’une banque accorde un crédit immobilier pour un bien qui n’est pas encore construit, le crédit se décompose en deux phases. Durant deux ans maximum (la période dite « d’anticipation »), l’emprunteur ne rembourse pas le crédit lui-même mais seulement les intérêts.

Un taux qui passe de 3,55 à 4,88%

Une cliente du Crédit Agricole de Bretagne, désireuse de garder l’anonymat, témoigne ainsi  :

« A la suite d’une défaillance de l’entrepreneur et des intempéries, la livraison s’est trouvée reportée (d’un an, ndlr). De ce fait, les versements ont aussi été retardés. J’ai prévenu ma banque, qui m’a répondu que ceci ne posait pas de problème. »

Quelques semaines plus tard, la banque change de ton  : « Il y a un petit souci », me dit ma conseillère. En effet, la banque me dit qu’elle perd de l’argent avec ce dossier ; les taux ont grimpé depuis et ils sont obligés de me demander de signer un avenant; le taux sera maintenant de 4,88% au lieu de 3,55% ».

Face à ce type d’agissement, l’ACAAB est catégorique  : « la banque n’a pas le droit de changer le taux du crédit ». La cliente du Crédit Agricole de Bretagne a d’ailleurs obtenu gain de cause.

Une fois l’appartement ou la maison achevée, le crédit est alors réellement ouvert, le client commence à rembourser son achat, mais dans des conditions définies à l’étape initiale. Cette seconde phase (« dite d’amortissement ») ressemble au remboursement classique d’un bien immobilier.

Mais il arrive parfois que le client ait rencontré des problèmes lors de la construction de son bien, et que deux ans après l’engagement, le bien ne soit pas achevé de construire. « C’est alors que les banques en profitent, avec des subtilités épouvantables », pour tenter de revoir les taux de crédits à la hausse, remarque Jean-Jacques Defaix (lire ci-contre).

Les prêts-relais

En général, les prêts-relais sont accordés pour deux ans  : j’achète un bien immobilier sans encore avoir vendu le mien, la banque m’accorde un prêt me permettant d’emménager tout de suite. Si au bout de deux ans, le bien que j’ai quitté n’est pas vendu, la banque peut le saisir.

Désormais, « les banques passent à l’action sans discussion. Ayant besoin de liquidités, elles refusent d’éventuellement rallonger le prêt et vendent le bien, qui leur appartient puisqu’il a été hypothéqué », détaille Jean-Jacques Defaix.

Or le soudain ralentissement des prix sur le marché immobilier bloque un certain nombre de ventes, et met dans l’embarras les très nombreux détenteurs de prêts-relais.

Le conseil de l’ACAAB est très clair  : « Baissez tout de suite le prix pour vendre votre bien plutôt que de vous le faire saisir. Mieux vaut se couper un doigt qu’un bras ». Avis aux entendeurs…

Photo  : clients à un guichet automatique à Paris (Charles Platiau/Reuters).

Lire aussi  : Faillites bancaires  : que risquez-vous concrètement  ?

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19 septembre 2008

LA CRISE FINANCIERE Les Etats-Unis préparent un plan de sauvetage pour assainir les banques

 

LA CRISE FINANCIERE

     

Les Etats-Unis préparent un plan de sauvetage pour assainir les banques

NOUVELOBS.COM | 19.09.2008 | 09:51

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Le Secrétaire d'Etat américain au Trésor annonce qu'un plan est en discussion avec la majorité démocrate du Congrès. L'administration envisagerait de créer une structure pour reprendre les actifs des banques. La bourse de Paris bondit de 3,97% à l'ouverture. Francfort gagne 2,11%. A Londres, le Footsie gagne 5,86%.

Wall Street

Wall Street (c) Sipa

Le gouvernement américain est en train d'élaborer un plan de sauvetage pour contrer les dépréciations majeures des actifs de certaines banques et les racheter, a affirmé jeudi soir 18 septembre le Secrétaire d'Etat américain au Trésor, Henry Paulson, alors que Wall Street connaît sa pire crise financière depuis des décennies.
Le plan devra obtenir l'approbation du Congrès, a ajouté Henry Paulson. Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke et lui-même ont informé le Congrès des options qu'ils envisageaient.
Henry Paulson et Ben Bernanke comptent "s'attaquer au problème des actifs non liquides dans les bilans des banques, qui sont la source profonde des tensions actuelles dans nos institutions financières et les marchés financiers".

Intervention législative

La porte-parole du Trésor, Brookly McLaughlin, a précisé que le gouvernement et le Congrès allaient explorer "toutes les options" en ce sens, qu'elles soient de nature "législative ou administrative".
"Nous avons hâte de travailler en étroite collaboration avec le Congrès pour résoudre cette crise financière et remettre notre économie en mouvement", a déclaré Ben Bernanke, qui s'exprimait aux côtés notamment de Henry Paulson et de responsables du Congrès, dont le chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid et la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.
Harry Reid a déclaré que c'était une question d'heures, plutôt que de jours, avant que l'administration et la Fed ne communiquent leurs propositions.

Reprendre les actifs

Selon des informations de presse, l'administration américaine envisagerait de rééditer ce qui avait été fait dans les années 80, après l'effondrement de centaines de caisses d'épargne. Une structure, baptisée Resolution Trust Corporation, avait alors été mise en place pour reprendre les actifs des banques faillies et pour les vendre de manière ordonnée.
Paulson et Bernanke "s'attendent à travailler durant tout le week-end avec les responsables du Congrès pour finaliser une solution permettant d'aller de l'avant", ajouté Mme McLaughlin.
Le président américain George W. Bush avait assuré plus tôt dans la journée que son gouvernement prendrait les mesures nécessaires pour rétablir la stabilité sur les marchés et la confiance des investisseurs.

Les bourses asiatiques en hausse, Moscou décolle

Cette annonce a été aussitôt saluée par les marchés. La Bourse de Hong Kong rebondit de 7,2% à l'ouverture ce vendredi matin, tandis que la Bourse de Shanghai rebondit de 8 % (> les places boursières mondiales en direct).
La Bourse de Moscou, dont les cotations étaient suspendues depuis mercredi sur fond de crise de confiance dans le secteur bancaire, décollait de son côté vendredi matin, ses indices RTS et Micex gagnant respectivement 11 et 18% peu après leur réouverture.
La bourse de Paris bondit de 3,97% à l'ouverture. Francfort gagne 2,11%. A Londres, le Footsie gagne 5,86% peu après l'ouverture.

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