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20 décembre 2008

Alsace Mulhouse, Bâle, Fribourg : trois bilans constrastés pour la gestion des déchets

                              

                  

 

Championne d’Allemagne dans le domaine de la valorisation des ordures ménagères, Fribourg recycle 66 % des déchets, contre 42 % à Bâle et 26 % à Mulhouse.
Depuis que la collecte sélective à domicile a été étendue aux déchets de cuisine biodégradables, les Fribourgeois ne produisent plus que 130 kg par an de déchets incinérés, contre 170 kg pour les Bâlois et 382 kg pour les Mulhousiens.
Pionnière en France de l’apport volontaire du verre et du papier, il y a vingt ans, Mulhouse s’apprête à généraliser progressivement, d’ici 2011, la collecte sélective à domicile et doubler ainsi la part des déchets recyclés.
Mais, contrairement à Bâle et Fribourg, à Mulhouse il n’est pas (encore) question d’instaurer un système de taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui inciterait au tri et pénaliserait les citoyens peu soucieux de l’environnement.

Bâle : pollueur = payeur - Mulhouse : de l'apport volontaire à la collecte sélective - Fribourg : champion du tri-recyclage

            Alsace Bâle Pollueur = payeur       
      Le 20/12/08 à 07:08                 

   

              Tags :           Alsace | Région |                              Ajouter un commentaire Commenter Recommander Recommander Envoyer par mail Envoyer Ajouter à mon mémo GarderObtenir une version PDF de cet article PDF           

      

 

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Bouche d’un conteneur enterré pour le recyclage du verre vert.
            

                 

                  

 

                Il n’y a pas de taxe d’enlèvement des ordures à Bâle. Ce choix politique s’est traduit par une solution technique validant le principe du pollueur-payeur.                
On l’appelle le « Bebbi Sagg » en dialecte bâlois. Le sac des « Bebbis » (le surnom des Bâlois) est la poubelle des ordures ménagères destinées à l’incinération. C’est le seul récipient autorisé. Et pour cause : le prix de vente du « Bebbi Sagg », qui a rapporté 9 millions FS l’an dernier, est la seule source de financement de ce service public. Depuis 1993, les Bâlois paient le ramassage à domicile, deux fois par semaine, en fonction du nombre de sacs utilisés. « Le principe du pollueur-payeur est efficace », signale Alexander Isenburg, directeur du service de propreté urbaine de Bâle-Ville. « L’instauration du Bebbi Sagg a fait passer la collecte de déchets incinérés de 380 kg à 170 kg par habitant ».
Le papier et le carton, triés séparément en tas obligatoirement ficelés, sont collectés le mercredi, tout comme les objets en métal (de moins de 2 m). Globalement, 42 % des déchets sont recyclés (100 kg par habitant) et 58 % éliminés dans l’incinérateur situé à la frontière française.
Confronté à un déficit chronique (5 millions FS/an) du système de ramassage, le gouvernement de Bâle-Ville a décrété une hausse (+20%) du « Bebbi-Sagg », la première en 15 ans. Depuis le 1er décembre, il coûte 2,30 FS (35 l) ou 3,30 FS (60 l). Les Bâlois qui utilisent deux sacs de 60 l par semaine paieront 343 FS par an (220 €), mais seulement 242 FS (153€) s’ils limitent leur production de déchets à deux sacs de 35 l par semaine.
Ce système vertueux a un effet pervers : les Bâlois entassent les ordures, alourdissant les sacs dont le poids maximum autorisé est de 20 kg. Cela rend plus pénible le travail de l’éboueur qui doit soulever 10 t par tournée.

Un inspecteur des ordures

La collecte des autres déchets s’effectue par apport volontaire vers une cinquantaine de stations de recyclage où l’on trouve des conteneurs pour les différents verres (blanc, vert, brun), mais aussi pour les boîtes et autres emballages en aluminium ainsi que pour les piles. En Suisse, la tendance est à l’installation de conteneurs enterrés. Les bouteilles en plastique sont collectées sur les lieux de vente.
Il n’y a que deux déchetteries (Recyclingparks) à Bâle. Cela explique sans doute les dépôts sauvages sur les trottoirs d’objets encombrants (matelas, canapés, appareils ménagers, etc) dont l’enlèvement à domicile est facturé 15 FS par objet. Un poste d’inspecteur des ordures (Abfallfahnder) a été créé il y a cinq ans pour traquer les contrevenants passibles d’une amende de 200 FS. Pour juguler le « littering », considéré comme une « plaie », trois collectes gratuites à domicile d’objets encombrants figureront, à partir de 2009, au « calendrier officiel » du ramassage distribué dans les foyers.

            Alsace Mulhouse De l’apport volontaire à la collecte sélective       
      Le 20/12/08 à 07:08 - Textes : Adrien Dentz Photos : Denis Sollier
                         
   

   

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Objectif 2010: des bacs sur roulettes au lieu des sacs.

                 

                  

 

                20 ans après avoir été une pionnière en France du recyclage par apport volontaire, Mulhouse s’apprête à généraliser la collecte sélective des ordures ménagères.                
Une révolution des mentalités est en marche à Mulhouse. Depuis octobre 2007, une collecte sélective est organisée dans le quartier de Dornach. Les ordures ménagères destinées à l’incinération sont ramassées deux fois par semaine dans des bacs bleus sur roulettes (fournis gratuitement). Les déchets recyclés (papier, carton, bouteilles en plastique) sont collectés le mercredi dans des sacs jaunes translucides (également gratuits). « Le test est concluant », souligne Christian Nazon, directeur général de la Camsa. « Le taux des déchets recyclés a doublé », passant de 26 à 52 %, soit la même proportion que dans les dix communes du Bassin potassique où la collecte sélective est appliquée depuis plusieurs années. Elle sera étendue, mais en 2010 seulement, dans toute la ville, à l’exception du centre historique où l’on envisage d’installer, à partir de 2011, des centres de regroupement avec des conteneurs enterrés.
Mulhouse s’était, longtemps, distinguée comme « bonne élève » en matière d’apport volontaire du verre et du papier-carton vers des conteneurs de récupération installés à la fin des années 1980, puis étendu aux bouteilles en plastique il y a une dizaine d’années. Ce système basé sur la motivation, inégalement répartie au sein de la population, a atteint ses limites.

Pas d’incitation financière au tri

Actuellement, chaque Mulhousien produit 343 kg de déchets incinérés par an. Par ailleurs, l’apport volontaire génère 144 kg/an de déchets recyclés par habitant. Le ramassage des ordures ménagères dans la Camsa mobilise 112 agents municipaux (76 éboueurs, 36 chauffeurs pour 22 camions bennes). Le passage des sacs poubelles pas toujours « clean » (poids maxi autorisé : 20 kg) aux bacs sur roulettes de 160 l (on a prévu grand) réduira la pénibilité du travail des éboueurs qui portent aujourd’hui de quatre à dix tonnes de déchets par tournée. On les voit souvent courir derrière les bennes, car le temps de travail (7 h 45 par tournée) est régi par le principe du fini quitte, une spécificité française.
Le nouveau système de collecte ne prévoit pas d’incitation financière en fonction du poids ou du volume. Une décision politique prise au nom de « l’équité ». Ainsi, le citoyen vertueux qui s’efforce de trier ses déchets ne paiera pas moins que le citoyen peu scrupuleux de l’environnement.
En hausse chaque année, la taxe d’enlèvement des ordures (180 € en moyenne à Mulhouse) reste uniquement assise sur la valeur locative du logement. À quand une facturation incitative au tri ?

            Alsace Fribourg Champion du tri-recyclage       
      Le 20/12/08 à 07:08                 

   

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Le service de ramassage de Fribourg dispose d’un parc de 50 camions bennes.
            

                 

                  

 

                Capitale autoproclamée de l’écologie en Allemagne, Fribourg a instauré un système de collecte contraignant et coûteux, mais qui assure un rendement record.                
Avec un taux de recyclage de 66 %, Fribourg est sans doute champion d’Allemagne de la valorisation des ordures ménagères. En 15 ans, la part des déchets incinérés est tombée de 75 à 34 % seulement. Les 218 000 Fribourgeois ne produisent que 130 kg de « Restmüll » (déchets non-recyclables) par an. Le volume global (382 kg/an par habitant, y compris les objets encombrants) n’a pas baissé, mais le tri a fait un grand bond. Pour arriver à ce résultat exemplaire, Fribourg a étendu, depuis 2001, la collecte sélective à domicile aux déchets de cuisine. Ces restes biodégradables sont collectés une fois par semaine dans un bac brun pour les particuliers et des conteneurs pour les restaurants. 14 000 t de déchets biodégradables (76 kg par habitant) ont été utilisées, l’an dernier, pour la production de méthane.
La « Biotonne » s’est rajoutée aux poubelles grises (déchets incinérés) et poubelles vertes (papier-carton). La valse des poubelles en trois couleurs alterne avec le ramassage du sac jaune translucide pour les bouteilles plastique et autres emballages à point vert). Seul le verre n’est pas collecté à domicile.
« Notre système est coûteux mais équitable », explique Michael Broglin, le directeur de l’ASF, la société semi-privée chargée de la propreté urbaine qui affiche un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros et emploie 263 personnes. L’écologie et l’économie font bon ménage : « Nous faisons du bénéfice », signale Michael Broglin.

Le prix de la bonne conscience écologique

À Fribourg, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (qui a été augmenté de 52 % en 2006) est composée d’un élément fixe (entre 92 € pour une personne et 158 € pour un foyer de cinq personnes et plus) et d’un élément variable selon la taille de la poubelle grise (de 68 à 271 €) pour un ramassage hebdomadaire. Ce tarif est réduit de moitié si on opte pour un ramassage tous les 15 jours. En raison de la baisse des déchets incinérés, Fribourg a introduit des petits bacs de 35 l. Dans les immeubles, on peut constituer des « communautés » de conteneurs qu’on ouvre avec une puce électronique et qui seront bientôt équipés d’un GPS pour contrôler le remplissage à distance…
Pour un foyer de quatre personnes ayant opté pour une poubelle grise de 60 l et un ramassage hebdomadaire, la taxe annuelle s’élève à 250 €. Une personne seule avec une poubelle de 60 l vidée tous les 15 jours paie 160 €. C’est le prix de la bonne conscience écologique. À ce prix, un camion équipé d’un système de lavage vient nettoyer les « Biotonne » à domicile deux fois par an.

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11 décembre 2008

Alsace Des labels ...

            Alsace Des labels ...       
      Le 11/12/08 à 07:05                 

   

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Des labels

                                   L’Ecolabel européen est l’équivalent à l’échelle de l’Union de la marque NF Environnement au niveau national. Il existe dans 49 catégories de produits ou services. En France, une trentaine d’hôtels, chambres d’hôte et résidences de tourisme en sont titulaires.
                                   La Clef Verte est un label de gestion environnementale pour l’hébergement touristique accordé par la Fondation pour l’éducation à l’environnement depuis 1998. En 2007, elle a récompensé 199 campings, 21 hôtels, 14 gîtes, chambres d’hôtes, résidences.
                                   Hôtels au naturel est la marque des hôtels situés dans les parcs naturels régionaux qui respectent l’environnement, les produits du terroir, font découvrir le patrimoine culturel et naturel local. On en compte une dizaine dans le parc des Ballons des Vosges, trois dans le parc des Vosges du Nord, une dizaine dans d’autres parcs. Voir le site www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr
            

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Alsace Ça bouge : l’écologie fait son entrée dans l’hôtellerie et la restauration

   

            Alsace Ça bouge : l’écologie fait son entrée dans l’hôtellerie et la restauration       
      Le 11/12/08 à 07:05                 

   

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Les préoccupations environnementales gagnent, peu à peu, toutes les activités humaines. Le tourisme n’y échappe pas.

En cuisine, en salle ou en chambre, il y a de quoi faire pour réduire les déchets, la consommation d’eau et d’énergie, faire le ménage et la lessive plus écologiquement… Comment s’y prendre ? Pour la première fois en Alsace, les hôteliers-restaurateurs peuvent suivre une formation de trois jours au développement durable. Le premier stage a rassemblé douze personnes, le mois dernier à l’hôtel Monopole de Strasbourg (lire ci-dessous).
                 « Jusqu’alors, il y avait surtout des stages de gestion, de marketing », souligne Franck Kormann, chargé de mission à l’association départementale du tourisme du Bas-Rhin, qui a confié à des spécialistes reconnus le soin de sensibiliser les professionnels aux démarches environnementales. L’association Alter Alsace Énergies a abordé les questions de maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables. L’Ariena, association régionale pour l’initiation à l’environnement et à la nature en Alsace, s’est chargée de sensibiliser aux déchets, aux espaces verts, à la gestion de l’eau… « Un travail en partenariat avec les Chambres de commerce, la direction et les associations départementales du tourisme en Alsace, » souligne Philippe Ludwig, de l’Ariena. Il aborde la modification des comportements et des pratiques sur le plan à la fois professionnel et personnel, de façon concrète, par des visites sur le terrain et des témoignages.

Anne Rose Denis par exemple, de la Villa Rosa des Trois Epis, est une pionnière : « Ma démarche a toujours été verte, depuis 1979. » Sa cuisine est bio, à partir de produits locaux. Les bâtiments sont rénovés avec des produits sains et les lieux sont chaleureux. L’hôtesse fait passer son amour de la nature, fait découvrir les richesses du parc naturel des Ballons des Vosges. Elle est une ambassadrice enthousiaste et sincère de la marque « Hôtels au naturel ». Tout aussi convaincu, Philippe Battmann, de l’hostellerie alsacienne de Masevaux, a entamé sa démarche tout écologique en 2005 : il est entier et va au bout de son raisonnement. « J’expérimente les solutions simples pour réduire notre empreinte écologique. Du vinaigre pour nettoyer, des cendres de bois pour laver le linge, par exemple. » Son objectif n’est pas de décrocher un label coûteux et contraignant : il va au-delà
l’initiative des associations départementales du tourisme 67 et 68 et des CCI. «
Un deuxième aura lieu dans le Haut-Rhin en février.

 

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28 octobre 2008

Croissance exponentielle pour un gaz à effet de serre à très fort pouvoir de réchauffement

Croissance exponentielle pour un gaz à effet de serre à très fort pouvoir de réchauffement

Cet obstacle a été levé par Ray Weiss et ses collègues de la Scripps Institution of Oceanography (université de Californie à San Diego), dont les résultats doivent paraître, vendredi 31 octobre, dans la revue Geophysical Research Letters. Selon eux, la concentration atmosphérique de NF3 se limitait, en juillet, à 0,454 parties par billion (ppt) et ne participait alors qu'à 0,15 % de l'effet de serre anthropique.

Cependant, en étudiant des échantillons de la troposphère prélevés depuis 1978, les auteurs de ces travaux sont parvenus à mesurer la vitesse à laquelle la concentration de NF3 augmente dans l'atmosphère : celle-ci n'était alors que de 0,015 ppt. En trente ans, la concentration de ce gaz a donc été multipliée d'un facteur 30 - soit une croissance quasi exponentielle au cours de cette période.

Autre motif de préoccupation, le temps de résidence dans l'atmosphère du NF3 est cinq fois plus grand que celui du gaz carbonique, déjà de l'ordre du siècle...

UNE TENEUR SOUS-ÉVALUÉE

La raison de cette envolée tient à de récents changements dans les pratiques industrielles. La production de trifluorure d'azote est en effet intimement liée à certaines productions de circuits intégrés et d'écrans à cristaux liquides.

Le NF3 est aussi un substitut à certains hydrocarbures perfluorés (PFC) figurant, eux, sur la liste des gaz à effet de serre inclus dans les négociations internationales (dioxyde de carbone, méthane, PFC, oxyde nitreux, etc.).

Autre constat montrant toute la difficulté à lutter contre le réchauffement : le NF3 est nécessaire à la conception d'éléments des cellules photovoltaïques - dont le déploiement est réputé lutter contre l'effet de serre anthropique.

"Ces premières valeurs de NF3 mesurées dans l'atmosphère montrent que les concentrations actuelles sont significativement plus élevées que ce qui avait été prédit sur la base des seules données fournies par les industriels", ajoutent les auteurs.

Les extrapolations issues des données industrielles de 2006 donnent par exemple une concentration atmosphérique quatre fois inférieure à celle mesurée au cours de la même période...

Les chercheurs recommandent donc, en conclusion, que le NF3 soit "ajouté à la liste des gaz à effet de serre perfluorés dont la production est inventoriée et dont les émissions sont régulées" à partir de 2012.

Stéphane Foucart

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25 octobre 2008

Mulhouse Énergie : pour consommer moins

   

            Mulhouse Énergie : pour consommer moins       
      Le 25/10/08 à 06:58 - Hélène Poizat                 

   

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Les cheminées à l’éthanol : pour le plaisir de la flamme sans la corvée de bois. Photo Darek Szuster
            

                 

                  

 

Construction passive, chauffages alternatifs, microcentrale photovoltaïque… : la Cité de l’habitat propose ce week-end son premier salon des économies d’énergies.

Alliant souci d’économie et préoccupations écolos, voilà un salon parfaitement dans l’air du temps. Sous un grand chapiteau, monté au cœur de la Cité de l’habitat de Lutterbach, il rassemble une cinquantaine de professionnels du chauffage, de l’isolation, de la construction, de la récupération d’eau de pluie, du conseil (diagnostic énergétique), etc. Sans oublier des expos et des animations… Et hier, dès le matin, il se trouvait déjà pas mal de curieux pour écouter une conférence consacrée aux pompes à chaleur haute température.
Parmi eux, ce couple de septuagénaires qui partage son temps entre une maison à Sausheim et une à Didenheim. Dans la première, ils ont remplacé il y a un an la vieille chaudière au fioul par une pompe à chaleur justement. « Nous sommes contents, mais l’installateur ne nous a pas expliqué comment ça fonctionne. On est venu pour en savoir un peu plus », explique le monsieur.
Un précurseur : sa maison de Didenheim, il l’a fait construire tout en bois, avec un système de chauffage par accumulation. 20 ans plus tard, il se dit « satisfait à 100 % : je paye 1 100 euros par an pour le chauffage et l’électricité. » Vous êtes convaincus et vous cherchez un constructeur ? Voici l’entreprise Fuchs. Venu d’Urbès, Jean-Marc Fuchs, charpentier, travaille avec son fils Éric. Depuis trois ans, ils se sont lancés dans des constructions entièrement en bois. Ossature bois, isolant (dans l’épaisseur du mur) en fibre de bois, isolant extérieur dur dans la même matière… et bardage bois (mais on peut également mettre de l’aquanel à crépir.).
                 « 22 centimètres de fibre de bois isolent autant que 56 cm de fibre minérale », souligne M. Fuchs, qui présente sur son stand un plan de coupe d’une telle maison. « Telle que vous la voyez, c’est une maison passive, et ce n’est pas forcément très cher, car le client peut faire certaines choses lui-même… »            

Vendre son électricité

Pour compléter l’équipement de sa demeure tout bois, pourquoi ne pas installer une microcentrale photovoltaïque sur le toit ? « C’est un investissement qui se paye tout seul, en vendant à EDF l’électricité que l’on produit six fois plus cher que celle qu’on achète », résume Stéphane Klein, le gérant de l’entreprise Hydro-Alsace (Saint-Louis). Qui a préparé pour les clients éventuels des petites fiches résumant le coût de l’installation, sa rentabilité, les crédits d’impôts possible, les possibilités de financement…
Plus modeste, mais idéal pour un chauffage d’appoint : voilà la cheminée à l’éthanol proposée par Hell créations à Mulhouse. « Pas de suie, pas de cendre, pas de saleté, mais le plaisir de la flamme », vante le patron Alain Hell. Pour l’éthanol, un alcool de betterave et de maïs tout à fait écolo, il faut compter 2,5 € le litre. Qui assurera entre deux heures et deux heures et demie de belles flammes…

                                   Y ALLER Le salon se poursuit samedi et dimanche de 10 h à 19 h, à la Cité de l’habitat, route de Thann à Lutterbach. Il est couplé de portes ouvertes chez les 100 commerçants de la Cité. Conférences, animations pour les enfants. Entrée libre.

                        

      Hélène Poizat

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13 octobre 2008

Le MIT présente le vélo électrique qui se recharge en freinant

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aïe tech !

               

Le MIT présente le vélo électrique qui se recharge en freinant

                               

      

          

   

   

La roue de vélo intelligente du MIT (Michael Lin/MIT).

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a annoncé vendredi un nouveau projet, SmartBiking, visant à faciliter encore l’usage de la bicyclette, déjà omniprésente, à Copenhague, dans le cadre de la prochaine conférence de l’ONU sur le changement climatique qui doit avoir lieu en novembre 2009 dans la capitale danoise.

L’axe principal de cette initiative est la communication entre cyclistes, qui pourront échanger des informations et leurs positions relatives. Mais un autre volet de ce projet doit aboutir à la mise au point d’une solution d’assistance électrique du vélo intégrant la récupération de l’énergie de freinage. Ce qui devrait se traduire par une consommation électrique réduite.

Electrique, le vélo peut être utilisé sur des trajets plus longs

Le laboratoire SENSEable City Lab, qui pilote ce projet, n’a communiqué que très peu d’informations pour l’instant sur ce Smart Biking Green Wheel system. La seule précision utile que l’on puisse ajouter au schéma ci-dessus, c’est que tout est là, dans le moyeu de la roue arrière, y compris la batterie.

Pratique, non ? Surtout si l’on considère qu’une telle approche permet d’envisager de motoriser pratiquement n’importe quel vélo existant.

Rappelons que le vélo à assistance électrique, en amplifiant l’effort musculaire, permet à un cycliste moyennement entraîné de se lancer sur des trajets qu’il ne pourrait ou voudrait effectuer à la seule force de ses jambes. Et cela pour un coût énergétique modeste.

L’assistance électrique permet donc au vélo de concurrencer la moto ou la voiture sur de nouveaux territoires.

En partenariat avec :

Illustration : la roue de vélo intelligente du MIT (Michael Lin/SENSEable City Lab/MIT).

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06 octobre 2008

L'emblème du réchauffement climatique conforté

Compte rendu

L'emblème du réchauffement climatique conforté

Surtout, elle confirme et complète les travaux publiés voilà dix ans par les mêmes auteurs (en particulier Michael Mann, de l'université de Pennsylvanie). Travaux qui sont, depuis, au centre d'une des plus âpres controverses scientifiques de ces dernières années. Une polémique qui a d'ailleurs vite franchi les portes des laboratoires, pour s'installer durablement au Congrès des Etats-Unis.

En 1998, dans la prestigieuse revue Nature, Michael Mann publie la version initiale de cette étude. Cette première reconstruction des températures de l'hémisphère Nord au cours du dernier millénaire montre des variations de faibles amplitudes jusqu'au début du XXe siècle. Puis, brusquement, la courbe monte en flèche de manière éloquente. Aussi le graphique reçoit-il le sobriquet de "crosse de hockey" (hockey stick, en anglais) en raison de cette forme si singulière.

Trois ans après sa publication, la courbe acquiert un nouveau statut : elle est reprise dans le rapport 2001 du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). Elle figure même dans le "Résumé pour les décideurs" - la synthèse du rapport -, seul document réellement consulté par les non-scientifiques. La crosse de hockey est si éloquente que les médias la diffusent à l'envi ; elle devient, selon les termes de Michael Mann, "une icône", et, pour le grand public, la preuve indubitable de la réalité du changement climatique et de ses causes. Pour ceux qui combattent l'idée d'une interférence humaine avec la machine climatique, la crosse de hockey devient une cible privilégiée.

Deux revues importantes, Science et Geophysical Research Letters (GRL), publient en 2004 et 2005 des réfutations cinglantes. Des réfutations qui sont à leur tour réfutées par d'autres équipes de chercheurs... "Il y a eu beaucoup de critiques simplement malveillantes, mais certaines discussions étaient légitimes, dit le climatologue Edouard Bard, professeur au Collège de France. Notamment, il est reproché à ce type de reconstruction de trop s'appuyer sur les anneaux d'arbre." Cette technique consiste à mesurer les cernes de croissance, dont l'épaisseur permet d'estimer la température moyenne ambiante à l'époque de leur formation. La section du tronc de certains vieux arbres permet ainsi de remonter le temps climatique de plusieurs siècles. "Mais cette relation entre les anneaux de croissance et la température est purement empirique, et elle est donc calibrée sur la période récente, précise M. Bard. Toute la question étant de savoir si cette relation reste valable sur des périodes remontant à plusieurs siècles."

Dans sa dernière version, la reconstruction de Michael Mann s'affranchit de cette critique en utilisant des données autres que les cernes d'arbre : coraux, stalagmites et stalactites, carottes sédimentaires ou glaciaires, etc. Et la conclusion ne varie pas : "Qu'ils utilisent ou non les cernes d'arbre dans leur reconstruction, les auteurs trouvent des tendances comparables", explique M. Bard.

La polémique ne tarit pas pour autant. "La crosse de hockey me pose deux problèmes, explique ainsi le climatologue Hans von Storch (université de Hambourg), l'un des principaux contempteurs de la courbe. Le premier problème est lié à l'utilisation inconsidérée et excessive qui en a été faite. Le second est lié à la méthodologie, en particulier la méthode statistique de traitement des données utilisées."

Selon ses détracteurs, cette méthode tendrait à gommer les tendances à long terme. Raison, peut-être, pour laquelle la crosse de hockey ne représentait pas d'écarts importants entre l'"optimum médiéval" et le "petit âge glaciaire". Le premier, entre 800 et 1300, ayant pourtant été marqué par des températures suffisamment clémentes pour permettre l'installation des colonies vikings au Groenland. Le second, qui lui a succédé jusqu'en 1850 environ, ayant été suffisamment rigoureux pour voir la Tamise parfois s'englacer jusqu'à Londres. Cette fois-ci, explique Michael Mann, "nous avons utilisé deux méthodes statistiques différentes, montrant que nos résultats-clés ne dépendent pas d'une méthode statistique particulière".

Mais, au milieu des années 2000, le doute est si bien entretenu sur la qualité - voire l'honnêteté - des travaux de Michael Mann que le Congrès américain demande une expertise de la crosse de hockey. L'Académie des sciences américaine réunit un panel de douze experts. Leur rapport de plus de 150 pages, publié en juin 2006, cautionne globalement la crosse de hockey, même s'il rappelle les incertitudes liées aux séries de données les plus anciennes. Incertitudes dont M. Mann et ses coauteurs ne faisaient d'ailleurs pas mystère. L'affaire demeure toutefois sensible : aucun des experts commis par l'Académie n'a donné suite aux demandes d'entretien formulées par Le Monde.

Depuis une décennie, "un grand nombre d'autres reconstructions de températures ont été réalisées, et aucune ne contredit l'idée selon laquelle la période actuelle est la plus chaude depuis au moins mille ans", assure Edouard Bard. Mais la dernière version de la courbe, bien qu'elle montre un optimum médiéval plus marqué que sa version de 1998, subit déjà le feu nourri, sur Internet, de la blogosphère "climato-sceptique".

Quant à Hans von Storch, il dit ne pas vouloir commenter les mises à jour de Michael Mann "avant que la communauté scientifique ait eu le temps de les examiner de manière approfondie".

Stéphane Foucart



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26 septembre 2008

Les émissions de CO2 excèdent largement les prévisions

Les émissions de CO2 excèdent largement les prévisions

Les cimenteries et la combustion des ressources fossiles (pétrole, charbon, gaz) ont émis 8,5 milliards de tonnes (Gt) de carbone ; les activités de déforestation ont été, pour leur part, responsables de l'émission d'environ 1,5 Gt de carbone. "Ce niveau d'émissions se situe un peu au-dessus des scénarios de développement les plus pessimistes que le GIEC [Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat] a utilisés pour prévoir le changement climatique à la fin du siècle", précise Philippe Ciais (Laboratoire des sciences du climat et de  l'environnement), membre du GCP.

VITESSE PRÉOCCUPANTE

La vitesse à laquelle progressent les émissions est plus préoccupante encore que leur valeur absolue de 2007. "Depuis 2000, les émissions ont crû en moyenne de 3,5% par an, soit quatre fois plus vite qu'entre 1990 et 2000, où cette augmentation annuelle n'avait été que de 0,9% environ", explique Corinne Le Quéré (université d'East Anglia et British Antarctic Survey), membre du GCP. A titre de comparaison, le pire scénario du GIEC prévoit seulement une augmentation de 2,7% par an.

"Cela s'explique par le fait que les pays industrialisés n'ont globalement pas diminué leurs émissions depuis les années 1990 tandis que le développement économique des pays en voie de développement, en particulier la Chine et l'Inde, a été beaucoup plus rapide que prévu", ajoute Corinne Le Quéré.

Pourquoi une telle hausse ? "D'abord, il faut avouer qu'il n'y a pas eu d'avancée technologique déterminante, au cours des quinze dernières années, à même de les ralentir significati vement", remarque MmeLe Quéré. L'essentiel (65%) de cette augmentation récente des émissions est imputable à la croissance de l'activité économique, mais 17% proviennent de la baisse en "efficacité-carbone" de l'économie mondiale. "Ce qui veut dire, de manière très paradoxale, qu'il faut aujourd'hui émettre plus de carbone pour produire un dollar qu'il ne le fallait en 2000", décrypte M.Ciais.

Cette chute d'efficacité-carbone, que les chercheurs voient apparaître entre 2000 et 2005, est attribuée au grand nombre de centrales à charbon de conception ancienne construites, pendant cette période, dans les provinces de l'intérieur de la Chine. Les 18% restant sont à imputer à la baisse d'efficacité des puits naturels de carbone : la biosphère terrestre (plantes, animaux sauvages et domestiques, etc.) et l'océan (dissolution directe du CO2 dans l'eau ou absorption par le phytoplancton).

Ces puits "digèrent" chaque année environ 55% du carbone émis par l'homme. Mais, soumis à des températures globalement supérieure s, les océans tendent à en absorber une proportion légèrement décroissante. "La bonne nouvelle est qu'en dépit de cette chute d'efficacité, cette régulation naturelle fonctionne toujours et demeure, malgré tout, assez stable", tempère M. Ciais.

La majorité des données rendues publiques par le GCP sont issues de la compilation des statistiques nationales de production et de consommation énergétique, généralement réputées fiables à 10% près, voire à 20% près dans le cas de la Chine. En revanche, la mesure du taux de CO2 atmosphérique et de son évolution ne souffre pas, elle, de telles incertitudes. La concentration du principal gaz à effet de serre, qui s'élevait à environ 270parties par million (ppm) au cours de l'ère préindustrielle, atteint aujourd'hui 385ppm. Un chiffre qui ne cesse de croître.

Stéphane Foucart

         

            

En valeur absolue, le Sud émet plus que le Nord

                      

         

         

Selon les données publiées par le Global Carbon Project (GCP), la quantité de dioxyde de carbone (CO2) produite par les pays en développement (non soumis au protocole de Kyoto) représentait, en 2007, 53% des émissions mondiales. En 2004, les pays du Nord et du Sud émettaient encore à parité. Deux ans plus tard, la Chine dépassait les Etats-Unis pour devenir le plus gros émetteur mondial de CO2 (en valeur absolue, pas en émissions par habitant). "En 2007, on voit que l'Inde va dépasser la Russie de manière imminente pour devenir le troisième émetteur mondial", ajoute le climatologue Philippe Ciais, membre du GCP.

         

      

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19 septembre 2008

Le déclin des abeilles produit ses premiers effets économiques

Les populations d'abeilles domestiques déclinent partout dans le monde.       

AFP/MARTIN BUREAU

      Les populations d'abeilles domestiques déclinent partout dans le monde.

Le déclin des abeilles produit ses premiers effets économiques

Dennis van Engelsdorp, 39 ans, chercheur au département d'agronomie de l'université de Pennsylvanie, est l'un des premiers scientifiques à avoir décrit, à l'automne 2006, ce que les Américains ont baptisé le Syndrome d'effondrement des colonies (Colony Collapse Disorder, ou CCD).

 

Comment définir le Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles ?

 

Disons qu'il s'agit d'un phénomène caractérisé par la disparition brutale - quelques jours à quelques semaines - de la quasi-totalité d'une colonie. On ne retrouve dans la ruche que la reine et les individus les plus jeunes. Quant aux cadavres des individus adultes, ils ne sont pas retrouvés dans la ruche, ni même à proximité.

 

L'érosion des populations d'abeilles ailleurs qu'aux Etats-Unis est-elle caractérisée par de tels phénomènes ?

 

Dans plusieurs pays européens, en tout cas, des situations similaires ont été rapportées. Mais au-delà de ce que nous nommons CCD, nous constatons une surmortalité annuelle supérieure à 30 % dans tous les pays où il existe une documentation correcte de la mortalité des abeilles. Ce rythme ne pourra pas être supporté longtemps.

 

Quelles sont pour l'heure les répercussions économiques de cette situation ?

 

Aux Etats-Unis, la problématique est particulière, parce que nous avons de très gros apiculteurs, dont certains gèrent jusqu'à 40 000 colonies. En Europe, un apiculteur s'occupe de quelques centaines de colonies tout au plus.

Surtout, aux Etats-Unis, un apiculteur sur deux ne vit pas du commerce de miel, mais de la transhumance de ses ruches. C'est, à la différence de ce qui se passe en Europe, une véritable industrie, avec des apiculteurs qui chargent plusieurs centaines de colonies par camion et qui parcourent le pays pour vendre aux grandes exploitations de fruits et légumes un service de pollinisation.

 

Par exemple ?

 

Par exemple, un apiculteur de Pennsylvanie commencera la saison sur les plantations d'oranges de Floride, puis il reviendra en Pennsylvanie poser ses ruches dans les plantations de pommes, puis chez les producteurs de myrtilles du Maine, puis en Californie dans les grandes plantations d'amandes...

A chaque fois, il loue aux producteurs les services de pollinisation de ses abeilles. La question économique ne se limite donc pas à la production de miel, mais se répercute largement sur les coûts de production des fruits et légumes.

 

L'impact se fait-il déjà sentir ?

 

Jusqu'à présent, les apiculteurs ont globalement réussi à répondre à la demande de pollinisation. Mais si l'on continue encore trois ou quatre hivers avec des mortalités d'abeilles de plus de 30 %, on va commencer à voir des apiculteurs mettre la clé sous la porte.

Il y a un vrai risque. La Californie, par exemple, produit 80 % des amandes consommées dans le monde. Aujourd'hui, il faut la moitié des 2,4 millions de colonies d'abeilles américaines pour polliniser ces plantations d'amandiers. En 2012, si tout continue au même rythme, il n'y aura plus suffisamment d'abeilles aux Etats-Unis pour polliniser ces seules cultures.

Déjà, la réduction des populations d'abeilles se fait sentir : auparavant, les apiculteurs louaient la colonie d'abeilles entre 45 et 65 dollars (32 à 46 euros). Cette année, le prix payé par les producteurs d'amandes se situe autour de 170 dollars (120 euros) par colonie. Globalement, le coût de la pollinisation a augmenté pour tous les types de producteurs.

Et, pour la première fois, des producteurs de concombres de Caroline du Nord ont réduit leur production jusqu'à 50 % simplement parce qu'ils n'ont pas trouvé suffisamment de colonies disponibles pour assurer la pollinisation.

 

Et les pollinisateurs sauvages ?

 

Aux Etats-Unis, il y avait trois principales espèces de bourdons (qui, comme les abeilles domestiques, comptent parmi les insectes pollinisateurs) : l'une est éteinte et les deux autres sont menacées. En Europe, une étude récente a montré que les insectes pollinisateurs sauvages sont aussi en déclin, ce qui provoque celui de plusieurs plantes sauvages qui en dépendent.

 

Y a-t-il aux Etats-Unis un débat sur les pesticides et leur implication dans le déclin des abeilles ?

 

Oui. L'une de nos priorités est d'ailleurs d'analyser les résidus de pesticides dans les ruches. Mais quand nous relevons des échantillons dans les ruches, atteintes ou non par le CCD, nous ne trouvons pas de traces conséquentes de résidus chimiques. Cependant, il n'est pas exclu que les pesticides aient des effets sublétaux plusieurs semaines après l'exposition, provoquant par exemple un affaiblissement du système immunitaire des insectes.

 

Et les ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais ou encore les cultures génétiquement modifiées...

 

Les auteurs de la seule publication suggérant un lien éventuel avec la téléphonie mobile se sont rétractés. Quant aux endroits aux Etats-Unis où il y a le plus de cultures de maïs Bt, ils ne correspondent pas aux zones où les plus fortes mortalités sont relevées... Seule une étude européenne a suggéré que des abeilles exposées à des cultures génétiquement modifiées pouvaient être plus sensibles à certains pathogènes. Nous savons une chose : nous retrouvons chez beaucoup d'abeilles touchées par le CCD une sorte de virus grippal nommé Israeli Accute Paralysis Virus (IAPV). Mais toute la question est de savoir pourquoi il devient mortel dans certaines colonies et pas dans d'autres... En l'état des connaissances, on ne peut qu'attribuer le déclin des abeilles à un ensemble de causes, et non à une en particulier.

Propos recueillis par Stéphane Foucart

            

LA POLLINISATION

                      

                   

LA SURVIE

et l'évolution de plus

de 80 % des espèces végétales de

la planète et la production de 84 %

des espèces cultivées en Europe

dépendent, au moins en partie, de la pollinisation par les insectes.

100 000 ESPÈCES D'INSECTES

(abeilles, bourdons, papillons), d'oiseaux (colibris et passereaux)

et de mammifères (chauves-souris)

servent à la reproduction sexuée

de la plupart des plantes à fleurs.

QUELQUES CULTURES

sont presque intégralement dépendantes des pollinisateurs : le cacao, la vanille, les courges

et les potirons, les melons et les pastèques, les fruits de la passion, ainsi que les noix du Brésil et de macadamia.

Sans pollinisateurs, l'homme doit

effectuer l'opération manuellement.

SEULES DE RARES ESPÈCES VÉGÉTALES

dépendent exclusivement du vent ou des cours d'eau pour se reproduire.

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La mort des abeilles met la planète en danger

La mort des abeilles met la planète en danger

29 août 2007 |  ( 0 commentaires )

Lundi 27 août 2007

La mort des abeilles met la planète en danger

Les abeilles s’éteignent par milliards depuis quelques mois. Leur disparition pourrait sonner le glas de l’espèce humaine. C’est une incroyable épidémie, d’une violence et d’une ampleur faramineuse, qui est en train de se propager de ruche en ruche sur la planète. Partie d’un élevage de Floride l’automne dernier, elle a d’abord gagné la plupart des Etats américains, puis le Canada et l’Europe jusqu’à contaminer Taiwan en avril dernier. Partout, le même scénario se répète : par milliards, les abeilles quittent les ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible, pas plus que de squatter pourtant prompt à occuper les habitats abandonnés.

En quelques mois, entre 60 % et 90 % des abeilles se sont ainsi volatilisées aux Etats-Unis où les dernières estimations chiffrent à 1,5 million (sur 2,4 millions de ruches au total) le nombre de colonies qui ont disparu dans 27 Etats. Au Québec, 40 % des ruches sont portées manquantes.

En Allemagne, selon l’association nationale des apiculteurs, le quart des colonies a été décimé avec des pertes jusqu’à 80 % dans certains élevages. Même chose en Suisse, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Autriche, en Pologne, en Angleterre où le syndrome a été baptisé « phénomène « Marie-Céleste » », du nom du navire dont l’équipage s’est volatilisé en 1872. En France, où les apiculteurs ont connu de lourdes pertes depuis 1995 (entre 300.000 et 400.000 abeilles chaque année) jusqu’à l’interdiction du pesticide incriminé, le Gaucho, sur les champs de maïs et de tournesol, l’épidémie a également repris de plus belle, avec des pertes allant de 15 % à 95 % selon les cheptels.

« Syndrome d’effondrement »

Légitimement inquiets, les scientifiques ont trouvé un nom à la mesure de ces désertions massives : le « syndrome d’effondrement » - ou « colony collapse disorder ». Ils ont de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, ni pollinisation, et pratiquement ni fruits, ni légumes. « Trois quart des cultures qui nourrissent l’humanité en dépendent », résume Bernard Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l’Inra (Institut national de recherche agronomique). Arrivée sur Terre 60 millions d’année avant l’homme, Apis mellifera (l’abeille à miel) est aussi indispensable à son économie qu’à sa survie. Aux Etats-Unis, où 90 plantes alimentaires sont pollinisées par les butineuses, les récoltes qui en dépendent sont évaluées à 14 milliards de dollars.

Faut-il incriminer les pesticides ? Un nouveau microbe ? La multiplication des émissions électromagnétiques perturbant les nanoparticules de magnétite présentes dans l’abdomen des abeilles ? « Plutôt une combinaison de tous ces agents », assure le professeur Joe Cummins de l’université d’Ontario. Dans un communiqué publié cet été par l’institut Isis (Institute of Science in Society), une ONG basée à Londres, connue pour ses positions critiques sur la course au progrès scientifique, il affirme que « des indices suggèrent que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et certains pesticides du groupe des néonicotinoïdes, interagissent entre eux et en synergie pour provoquer la destruction des abeilles ». Pour éviter les épandages incontrôlables, les nouvelles générations d’insecticides enrobent les semences pour pénétrer de façon systémique dans toute la plante, jusqu’au pollen que les abeilles rapportent à la ruche, qu’elles empoisonnent. Même à faible concentration, affirme le professeur, l’emploi de ce type de pesticides détruit les défenses immunitaires des abeilles. Par effet de cascade, intoxiquées par le principal principe actif utilisé - l’imidaclopride (dédouané par l’Europe, mais largement contesté outre-Atlantique et en France, il est distribué par Bayer sous différentes marques : Gaucho, Merit, Admire, Confidore, Hachikusan, Premise, Advantage...) -, les butineuses deviendraient vulnérables à l’activité insecticide d’agents pathogènes fongiques pulvérisés en complément sur les cultures.

Butineuses apathiques

Pour preuve, estime le chercheur, des champignons parasites de la famille des Nosema sont présents dans quantités d’essaims en cours d’effondrement où les butineuses, apathiques, ont été retrouvées infectées par une demi-douzaine de virus et de microbes.

La plupart du temps, ces champignons sont incorporés à des pesticides chimiques, pour combattre les criquets (Nosema locustae), certaines teignes (Nosema bombycis) ou la pyrale du maïs (Nosema pyrausta). Mais ils voyagent aussi le long des voies ouvertes par les échanges marchands, à l’image de Nosema ceranae, un parasite porté par les abeilles d’Asie qui a contaminé ses congénères occidentales tuées en quelques jours.

C’est ce que vient de démontrer dans une étude conduite sur l’ADN de plusieurs abeilles l’équipe de recherche de Mariano Higes installée à Guadalajara, une province à l’est de Madrid réputée pour être le berceau de l’industrie du miel espagnol. « Ce parasite est le plus dangereux de la famille, explique-t-il. Il peut résister aussi bien à la chaleur qu’au froid et infecte un essaim en deux mois. Nous pensons que 50 % de nos ruches sont contaminées. » Or l’Espagne, qui compte 2,3 millions de ruches, est le foyer du quart des abeilles domestiques de l’Union européenne.

L’effet de cascade ne s’arrête pas là : il jouerait également entre ces champignons parasites et les biopesticides produits par les plantes génétiquement modifiées, assure le professeur Joe Cummins. Il vient ainsi de démontrer que des larves de pyrale infectées par Nosema pyrausta présentent une sensibilité quarante-cinq fois plus élevée à certaines toxines que les larves saines. « Les autorités chargées de la réglementation ont traité le déclin des abeilles avec une approche étroite et bornée, en ignorant l’évidence selon laquelle les pesticides agissent en synergie avec d’autres éléments dévastateurs », accuse-t-il pour conclure. Il n’est pas seul à sonner le tocsin. Sans interdiction massive des pesticides systémiques, la planète risque d’assister à un autre syndrome d’effondrement, craignent les scientifiques : celui de l’espèce humaine. Il y a cinquante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme : « Si l’abeille disparaissait du globe, avait-il prédit, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. »

PAUL MOLGA


Voir en ligne : Les Echos

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