16 décembre 2008
Les quatre chantiers du médiateur du crédit, René Ricol
Les quatre chantiers du médiateur du crédit, René Ricol
16.12.08 | 14h06
Par Véronique Tison et Tamora Vidaillet
PARIS (Reuters) - Le médiateur du crédit René Ricol se félicite de l'attitude plus conciliante des banques envers les entreprises mais se fixe trois autres chantiers pour aider ces dernières, y compris dans la durée.
Depuis sa nomination par le président Nicolas Sarkozy en octobre, au plus fort de la crise financière, le président du cabinet d'expertise financière Ricol, Lasteyrie & Associés n'a pas ménagé ses efforts pour convaincre les banques d'ouvrir le robinet du crédit, parfois au prix d'âpres négociations.
En échange de son plan d'aide au secteur, le gouvernement avait exigé des banques qu'elles maintiennent ou augmentent leurs encours de prêts. D'après René Ricol, il a été entendu.
"Il y avait un ensemble de banquiers qui annonçaient le retrait des concours, le 12 novembre dernier ils se sont engagés avec moi à maintenir l'enveloppe globale des concours sans demander d'augmentation des garanties personnelles", rappelle-t-il lors d'une interview accordée à Reuters.
"C'était notre premier chantier, c'était le plus important pour arrêter l'hémorragie," ajoute-t-il en notant que "les banques ont été convaincues, car c'était dans leur intérêt."
En six semaines de travail, les services de René Ricol ont reçu quelque 2.000 dossiers, dont 500 sont aujourd'hui clôturés avec un taux de succès de 62%.
"Ce week-end nous avons sauvé une entreprise de 1.500 salariés, il y en a eu cinq ou six comme cela," se félicite le médiateur sans citer de nom.
BOÎTE À OUTILS
Au-delà, ce travail bénévole "à temps plein" lui a donné d'autres idées pour enrichir, comme il dit, la boîte à outils.
Si les banquiers sont plus conciliants, les assureurs crédit lui posent désormais problème. Les entreprises qui obtiennent un allongement de leurs délais de paiement sont ainsi stigmatisées comme de mauvais payeurs par ces institutions, au risque de perdre leurs clients.
"Cela peut avoir des effets incroyablement brutaux, il faut mener une vraie réflexion là-dessus. C'est un sujet sur lequel on travaille de manière transparente et assez vigoureuse avec les assureurs crédit," explique-t-il.
René Ricol veut aussi des actions de plus long terme.
Environ 90% des dossiers qui lui ont été soumis concernent des demandes de prêts d'il y a six mois ou un an, bien antérieures à la paralysie des marchés interbancaires en septembre. Et ils sont parfois refusés, à bon escient.
C'est que, explique le médiateur, les entreprises sont souvent mal capitalisées ou mal conseillées.
"J'ai besoin que les réseaux socioprofessionnels jouent leur rôle d'assistance aux entreprises, c'est mon troisième chantier," indique René Ricol qui estime cette mission accomplie après avoir rencontré à Bercy lundi les principales organisations professionnelles.
"J'ai beaucoup de dossiers complexes, je peux trouver un deal avec le banquier mais il faut que l'entreprise prenne un certain nombre d'engagements et le rôle des réseaux socioprofessionnels est de servir en quelque sorte de témoin pour s'assurer que les engagements sont respectés," dit-il.
"Ils ont réagi très positivement et ça aussi ça va marcher", ajoute-t-il.
"ÉVITER LA CATASTROPHE"
Le quatrième effort, de longue haleine, concerne la sous-capitalisation chronique des PME françaises, un dossier que René Ricol connaît bien pour avoir présidé l'Agence pour la Création d'entreprises ou France Investissement, organisation de promotion du capital risque et du capital développement.
"J'ai à créer les éléments de recapitalisation quand c'est nécessaire," explique-t-il. "Les banquiers font un effort, mais il faut aussi qu'il y ait du capital qui revienne dans les entreprises. C'est pour elles le moyen d'éviter de se retrouver submergées sous les frais financiers".
"C'est le fruit de ma réflexion sur le terrain : au-delà du sauvetage on crée des bases de solutions durables."
René Ricol se fixe pour objectif de boucler tous ces chantiers pour fin janvier car, dit-il, en période de crise il est essentiel d'agir vite pour "montrer qu'il y a un pilote dans l'avion."
"Personne ne pense que 2009 sera facile, la question c'est d'éviter la catastrophe et on fait tout pour cela," admet-il.
René Ricol ignore quand il sera déchargé de sa tâche - "je n'ai pas de limite à mon mandat" - mais il s'attend à ce que sa mission de médiation fasse des petits.
Son équipe comprend pour le moment un peu plus de 20 collaborateurs, sept médiateurs délégués et 105 médiateurs départementaux qui sont les directeurs départementaux de la Banque de France.
"Je serais étonné que cette fonction disparaisse purement et simplement après moi. Les médiateurs départementaux notamment, je pense que cela s'inscrira dans la durée car c'est une nécessité," estime-t-il.
Edité par Gilles Trequesser
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
01 décembre 2008
Bras de fer en Paris et Bruxelles autour du plan de soutien aux banques françaises

AP/Virginia Mayo
Lors de l'émission "Le Grand Jury RTL-LCI-"Le Figaro", José Manuel Barroso a déclaré qu'il fallait prendre garde à ne pas introduire "des distorsions dans la concurrence" dans le marché unique européen.Bras de fer en Paris et Bruxelles autour du plan de soutien aux banques françaises
LEMONDE.FR avec AFP | 01.12.08 | 08h32 • Mis à jour le 01.12.08 | 09h03
Le président de la Commission européenne,
José Manuel Barroso, a affirmé, dimanche 30 novembre, que Bruxelles
examinait avec rigueur le plan bancaire français, et mis en garde
contre une "loi de la jungle" en matière bancaire entre pays de l'UE. "Nous
sommes en train de travailler avec une rapidité extraordinaire. Il n'y
a pas de blocage. Il y a un examen fait avec toute la rigueur", a-t-il déclaré lors de l'émission "Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro". Selon José Manuel Barroso, il faut prendre garde à ne pas introduire "des distorsions dans la concurrence" dans le marché unique européen. "L'obligation de la Commission, c'est d'appliquer les règles ; si on ne respecte pas les règles, c'est la loi de la jungle", a-t-il estimé.
Une partie du plan français – un système de garanties d'Etat pour les banques qui le demandent – a déjà reçu le feu vert de Bruxelles. Mais pas les mesures de recapitalisation des banques, à savoir l'octroi de prêts de 10,5 milliards au total à six banques. En contrepartie de cette aide, le gouvernement français demande à ces établissements d'accroître leurs crédits aux entreprises et aux particuliers. C'est ce point qui pose problème à la Commission, qui pourrait y voir un avantage concurrentiel en faveur de ces banques. Neelie Kroes, la commissaire à la concurrence néerlandaise, "voudrait imposer à toutes les banques aidées – les naufragées comme celles qui restent à flot – de redresser leur bilan, c'est-à-dire de prêter moins en proportion de leurs capitaux propres, fussent-ils renforcés par les deniers de l'Etat. Les services de Christine Lagarde y voient un contresens dangereux, au moment précis où les économies européennes plongent dans la récession", relève le Figaro.
"Il faut définir un critère clair et homogène pour toute l'Europe" en matière de soutien au secteur bancaire, a ajouté M. Barroso, mettant en garde contre une "fragmentation" du marché unique.
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
21 novembre 2008
La coopérative: une formule magique
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1258
La coopérative: une formule magique
Un remède aux déviations du système bancaire?
par W. Wüthrich, Zurich
Un fait frappant:
la crise financière oblige les caisses d’épargne et banques
coopératives tenues par les cantons ou les communes en Suisse à faire
des heures supplémentaires. Elles sont littéralement envahies par une
foule de nouveaux clients. Un phénomène que l’on observe aussi en
Allemagne et en Autriche. – Pour quelle raison? Que représentent pour
nous ces banques? Eh bien, des entreprises mutuelles «ciblées» sous
administration publique, telles que maisons de retraite, gymnases,
incinérateurs de déchets, etc. ont derrière elles des siècles de
tradition. Les meilleurs prestataires pour ces tâches sont des
coopératives aux structures démocratiques. On en connaît nombre
d’autres dans l’agriculture, les biens de consommations, le logement.
On sait moins – alors que nous nous trouvons en pleine crise financière
que les coopératives de crédit mutuel ont joué un rôle central dans
l’histoire du système bancaire. Une réflexion sur le passé met en
lumière la genèse des banques et leurs tâches ainsi que les déviations
actuelles.
Difficile de trouver un auteur qui ait mieux que Jeremias Gotthelf dépeint les soucis et problèmes qui étaient il y a deux siècles ceux des habitants du canton de Berne (1797–1854). L’un des sujets qu’il a traités était l’argent. A cette époque, son importance croissait sans cesse. La société était en pleine mutation. L’industrialisation avait commencé. Le salaire en nature faisait place au salaire en liquide. Nombre de paysans se procuraient un «Zustupf» (surplus) grâce au travail à domicile, ou un membre de la famille était employé à l’usine textile voisine. Et la grande majorité des paysans n’était pas habituée à se servir de l’argent.
«Tu vois, c’est une caisse où on peut mettre
son argent quand on n’en a pas besoin, jusqu’à ce qu’on en ait besoin,
et entretemps on te verse un petit intérêt, et ton argent est bien à
l’abri, il ne lui arrive rien.»
Jeremias Gotthelf,
Ueli le valet de ferme
Ce qui amenait Uli der Knecht (Uli le valet), héros
du roman éponyme de Gotthelf, aux réflexions suivantes concernant les
soucis que cause l’argent et la difficulté de le conserver: «Je n’en
ai pas besoin, et quand j’en ai, il ne fait pas long feu; j’ai du
malheur avec l’argent; ou je le gaspille, ou je me fais avoir, ou on me
le vole, et pour finir, si personne d’autre ne me le prenait, ce sont
les souris qui me le mangeraient.» Quelques pages plus loin Gotthelf
lui répond en évoquant la Caisse d’épargne. Un paysan dit à son
apprenti: «Tu vois, c’est une caisse où on peut mettre son argent quand
on n’en a pas besoin, jusqu’à ce qu’on en ait besoin, et entretemps on
te verse un petit intérêt, et ton argent est bien à l’abri, il ne lui
arrive rien.» Il se trouve que, deux cents ans plus tard, il n’en va
plus tout à fait de même. Qu’est-ce qui a changé depuis? Remontons le
temps jusqu’au monde de Jeremias Gotthelf.
Les premières banques
Il y a deux cents ans, les couches inférieures de
la population étaient pour la plupart bien pauvres, même en Suisse.
Jeremias Gotthelf et avant lui Johann Heinrich Pestalozzi ont fourni
d’émouvantes descriptions de ces maux. Mais leur engagement a aussi
éveillé les consciences et poussé à y remédier. L’instruction,
l’institution d’écoles et de formations professionnelles, la création
d’emplois, le combat en faveur de la démocratie et de l’égalité des
droits furent l’un des aspects de cette lutte, l’autre étant le
développement du sens de l’épargne pour se constituer un petit avoir et
une réserve pour la vieillesse et les temps difficiles. Bien sûr il ne
suffisait pas de conseiller à la population de mettre un peu d’argent
de côté. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la Confédération helvétique
ne possédait pas une seule banque à même d’accepter de petits dépôts et
de les investir en toute sécurité. Les petites gens désireuses
d’épargner et en mesure de le faire en étaient réduites au bas de
laine. Ceux qui avaient besoin d’argent étaient le plus souvent
contraints de s’adresser au prêteur – à l’usurier – qui pratiquait des
taux énormes.
Certes les banques existaient depuis le Moyen-Age. On
connaît les Rothschild, les Fugger, les Médicis. Mais la clientèle de
ces banquiers se composait surtout de princes et monarques, dont les
Cours dispendieuses et les guerres exigeaient beaucoup d’argent. Ou
alors leurs capitaux finançaient le commerce à longue distance avec les
colonies. La Suisse comptait elle aussi quelques rares banques,
essentiellement à Berne, Genève et Bâle. A Zurich, il n’y en avait
qu’une: la banque Leu et Cie. Mais le principal souci de ces banques
était de réinvestir à l’étranger les sommes considérables que les
couches supérieures ou les instances dirigeantes tiraient du
mercenariat. La ville de Berne par exemple se constitua un Trésor
public si bien garni que les intérêts qu’il produisait couvraient 30%
de ses dépenses. Et cela dura jusqu’à ce que Napoléon fasse main basse
sur le Trésor. Mais jusque vers la fin du XVIIIe siècle, l’homme de la
rue, lui, ne disposait d’aucune banque dans aucun des treize Etats de
la Confédération.
«Ce qui n’est pas à la portée d’un seul individu peut être réalisé par un grand nombre de personnes.»
(Friedrich Wilhelm Raiffeisen)
La Caisse d’épargne de Berne
Et en 1787 nous y voici: un décret du Grand Conseil
de la ville de Berne institue la première Caisse d’épargne pour
domestiques, artisans et journaliers. L’«homme de la rue» devait
bénéficier pour son argent d’un placement à intérêt sûr et se créer
ainsi une petite réserve pour sa vieillesse et les mauvais jours.
L’administration bernoise espérait également décharger ainsi les
finances publiques d’une part de la protection sociale. Les
administrateurs de la Caisse étaient des bénévoles, mus par le sens du
service, non l’appât du gain. La sécurité l’emportait sur le rendement.
Il était interdit de spéculer. Au début les guichets n’étaient ouverts
que deux jours par an: à la Saint Jacques (25 juillet) et à la
Chandeleur (2 février), date du changement d’emploi annuel. Ce fut un
succès. Après les guerres napoléoniennes, on assista à une vague de
nouvelles fondations.
En 1805, Zurich créa sa Caisse d’épargne.
Plus tard elle prit la forme d’une mutuelle du nom de «Bank Sparhafen
Zürich» (Banque zurichoise du Port de l’épargne); elle existe toujours.
Dans nombre de communes suisses se créèrent des caisses d’épargne et de
prêt. Certaines étaient gérées par la commune elle-même. Beaucoup
étaient des entreprises privées de type mutualiste, orientées non vers
le profit, mais vers l’intérêt général et administrées par des
bénévoles. Celui qui se retrouvait en difficulté sans en être
responsable pouvait trouver assistance auprès de ces caisses sans
risquer de tomber aux mains d’un usurier. Dans le canton de Berne par
exemple, il se créa 25 nouvelles caisses dans les années qui suivirent
la période napoléonienne. L’année 1834 vit la fondation de la Berner
Kantonalbank, banque d’Etat habilitée à émettre de la monnaie bernoise
indexée sur l’or. Elle fut suivie en 1836 par la banque cantonale de
Saint Gall, puis en 1837 par celle de Zurich. Dans le canton voisin
d’Argovie il s’en créa davantage encore.
A l’origine de ces
initiatives, on trouve en général des hommes entreprenants qui
propagèrent cette nouvelle façon de gérer l’argent par le biais des
sociétés de secours mutuel et de lecture. L’exemple suivant, pris dans
le canton d’Argovie, illustre bien ceci:
Caisse pour les économies des habitants du canton d’Argovie – Action de Heinrich Zschokke
En 1812, à l’initiative de la Société savante
d’Argovie, l’écrivain Heinrich Zschokke (1771–1848) exposa dans le
Schweizerbote (Messager Suisse) le projet dans les termes suivants:
«Nombre d’artisans, de domestiques, ou même de journaliers peuvent
parfois avoir mis de côté quelques sous ou quelques francs dont ils
aimeraient pouvoir disposer en cas de nécessité. Mais où les mettre en
sécurité, voire en tirer intérêt? Personne n’est prêt à payer intérêt
sur de si faibles sommes. Vous avez l’argent en poche; vous voyez ceci
ou cela, vous aimeriez bien l’avoir; vous passez devant une auberge et
la démangeaison de s’en servir vous prend. Bref, voilà l’argent parti,
on ne sait ni pourquoi ni comment. Et lorsque viennent les mauvais
jours où vous en auriez bien besoin, il n’y a plus rien à la maison.
Economiser, c’est difficile!» (Schweizerbote du 7 mars 1812)
La
société savante avait chargé Heinrich Zschokke et Daniel Dolder,
directeur des Postes, de se renseigner sur l’organisation des
institutions déjà existantes à Zurich et Bâle «surtout en ce qui
concerne la gestion de la comptabilité interne de ces établissements».
Ceci fait, des statuts furent établis et imprimés sur un prospectus.
L’affaire fut rondement menée et le 1er mai 1812 vit l’ouverture de la
«Caisse d’épargne rémunérée pour les habitants du canton d’Argovie».
Les hommes les plus considérés se portèrent caution pour les premiers
dépôts, rémunérés à 4%; Heinrich Zschokke fut un des premiers, pour un
montant de 400 francs suisses. De plus, il ouvrit aussitôt un compte
pour chacun de ses trois fils. D’autres l’imitèrent. Les dépôts
provenaient «de personnes de toutes classes sociales, au profit de
leurs enfants ou filleuls, pupilles et autres, mais les plus nombreux
étaient des domestiques et artisans qui y déposaient les quelques sous
qu’ils avaient économisés.» (Schweizerbote du 11 mars 1813.) Cette
caisse existe encore sous le nom de Neue Aargauer Bank (Nouvelle banque
argovienne) qui en hommage à Zschokke lui a érigé il y a quelques
années une statue dans le hall de son siège principal, récemment
réaménagé à Aarau.1
Quelques mots sur Zschokke: Ses
innombrables romans, nouvelles et revues ont fait de lui l’un des
auteurs les plus lus et les plus populaires en Suisse et Allemagne
durant la première moitié du XIXe siècle. Il a été traduit en plusieurs
langues. Représentant de l’esprit des Lumières, il a également
contribué à répandre dans toute l’Europe celui de Johann Heinrich
Pestalozzi. Il s’est activement engagé en faveur d’une société
citoyenne et démocratique. Durant la République Helvétique, il a assumé
d’importantes charges politiques. Il a fondé une école professionnelle
pour filles de résidents pauvres (les «résidents» [Einsassen] sont des
habitants du pays sans droits civils), des écoles de couture, des cours
du dimanche pour artisans et apprentis, une société d’éducation et une
école pour sourds-muets, ainsi que – comme il est dit plus haut - une
Caisse d’épargne. Zschokke est un représentant d’une bourgeoisie
consciente de ses responsabilités envers la communauté.2
Le démarrage
Dans tous les cantons l’on assista à la création de
nombreuses caisses d’épargne et de prêt. Dans celui de Thurgovie, par
exemple, on fonda la Sparkasse Frauenfeld (Caisse d’épargne de
Frauenfeld) sous administration communale. Il arriva, surtout dans les
débuts, que certaines ferment, parce qu’elles étaient mal conçues ou
parfois mal administrées. Mais les pertes subies par les épargnants
restèrent rares. Jamais non plus il ne se produisit d’effet domino, une
banque en entraînant d’autres dans sa chute. La fermeture d’une caisse
offrait une opportunité pour la fondation d’une nouvelle ou l’ouverture
d’une filiale d’une banque déjà existante. Dans le canton de Berne, les
«Raiffeisenkassen» [cf. plus bas] durent, pour diverses raisons fermer
en 1893 et 1897 peu après leur ouverture, par exemple les Caisses
d’épargne de Steckborn, Aadorf et Eschlikon dans le canton de Thurgovie.3
Au
début les Caisses d’épargne et de prêt mutuelles ou communales se
limitaient aux hypothèques foncières. Au fil du temps elles élargirent
de plus en plus le champ de leurs activités et accordèrent aussi des
crédits à des fins professionnelles. Leur domaine d’activité resta
toutefois limité à leur région.
«On donne mon nom à ces associations mais je
ne les ai pas inventées. La première a été un enfant de notre temps, né
de la nécessité. Je n’en ai été que le parrain.»
Friedrich Wilhelm Raiffeisen
Il faut attendre le milieu du XIXe siècle pour voir
apparaître les premières véritables banques commerciales, comme la
Schweizerischer Kreditanstalt (Société suisse de crédit), qui a financé
le réseau ferré, le tunnel du Saint-Gothard ainsi que des projets
industriels et levait des fonds également sur le «marché des capitaux»
et émettait des titres cotés en Bourse tels qu’actions et obligations.
Au
XIXe siècle le système bancaire suisse se développa de façon très
décentralisée, se caractérisant par le nombre de Caisses indépendantes
à rayon d’action local ou régional, toujours existantes. Au fil du
temps leurs activités se sont diversifiées. Chaque localité de quelque
importance possédait sa Caisse d’épargne et de prêt. C’était la banque
d’épargne, hypothécaire et commerciale du village. Au début du siècle,
la Suisse comptait déjà 726 banques différentes et 842 agences pour une
population de 2,5 millions d’habitants.
Les Caisses Raiffeisen suisses
Un siècle environ après la création des premières
banques, on assista en Suisse à une deuxième vague de fondations. En
1899, le pasteur Traber fonda à Bichelsee la première Caisse Raiffeisen
durable, d’après les principes et le modèle imaginés par Friedrich
Wilhelm Raiffeisen (1818–1888). Celui-ci avait créé 50 ans auparavant
dans le Westerwald (Allemagne) des coopératives inspirées de la
doctrine sociale chrétienne. Son principe de base était «Seule la
communauté fait la force» Dans le monde entier beaucoup suivirent son
exemple.
En Suisse les Caisses Raiffeisen peinèrent à s’imposer.
Dans le canton de Berne elles connurent deux échecs. Mais dans celui de
Thurgovie le pasteur Traber réussit. D’autres suivirent. Les statuts de
toutes les Caisses Raiffeisen étaient analogues et leurs
administrateurs bénévoles. Les membres se portaient tous
personnellement caution solidaire et, au début, illimitée. Les caisses
ne tardèrent pas à former un réseau et une organisation qui a
aujourd’hui son siège à Saint-Gall. On trouve les Caisses Raiffeisen
surtout en milieu rural. Mais depuis peu les choses changent. En 2002
fut fondée la Raiffeisenbank Zürich qui possède aujourd’hui trois
agences dans la métropole économique suisse.
La Suisse compte
actuellement 367 Caisses Raiffeisen indépendantes et environ 1200
agences, ce qui constitue le réseau bancaire le plus dense de Suisse.
Elles gèrent les dépôts d’environ 3 millions de clients s’élevant au
total à plus de 105 milliards de francs suisses – la plupart sont des
hypothèques. Depuis quelques années elles travaillent en étroite
collaboration avec la banque privée Vontobel – une nouveauté qui ne
fait pas l’unanimité. Celle-ci s’occupe des affaires boursières et des
placements des clients. La valeur des titres déposés dans les banques
Raiffeisen atteint aujourd’hui 35 milliards de francs suisses.
Pourquoi les banques Raiffeisen sont-elles si sûres?
Ces banques jouissent d’un ancrage local et
régional et elles connaissent personnellement leurs clients. La
solidarité entre caisses joue à plein. Une banque Raiffeisen isolée ne
peut faire faillite, parce que toutes les autres sont derrière elle. Et
les mutualistes constituent une caution supplémentaire, qui de nos
jours est limitée. Ils sont 1,5 millions engagés à verser chacun 8000
francs suisses en cas de nécessité. Cette garantie serait aujourd’hui
superflue, comme l’a déclaré Pierin Vincenz, PDG de Raiffeisen Suisse,
dans plusieurs interviews. Mais elle ne sera pas pour autant supprimée.
Expression de la solidarité, elle est partie intégrante de l’esprit de
la coopérative.
Le modèle des Raiffeisen inspire une grande
confiance. Cent mille nouveaux clients l’ont rejointe depuis le début
de l’année, dont 75 000 mutualistes. Chaque mois a vu affluer dans les
caisses un nouveau milliard de francs suisses. La Caisse n’a jamais eu
recours au soutien de l’Etat et du reste personne n’y songe.
Les Raiffeisen dans le monde
On trouve des banques Raiffeisen dans toute
l’Europe: Allemagne, Autriche, Italie, France, Pays-Bas, Finlande,
Pologne et Chypre, et 700 000 collaborateurs gèrent environ 130
millions de clients. Elles sont ainsi devenues un acteur important du
système économique et financier européen.
Mais dans le monde entier
la cote du système Raiffeisen grimpe. Dans une centaine de pays au
total, 900 000 coopératives regroupant plus de 500 millions de membres
travaillent selon les principes de Friedrich Wilhelm Raiffeisen. Ses
idées ont du succès sur tous les continents car elles peuvent s’adapter
à toutes les structures économiques et sociales. (Horizons et débats
consacrera plusieurs articles à cet aspect).
Revenons en Suisse.
D’autres banques ont écrit l’histoire du système bancaire mutualiste,
par exemple la Schweizerische Volksbank, la Banque Migros (élément de
la Fédération des coopératives Migros), la Genossenschaftliche
Zentralbank (aujourd’hui Banque Coop) et la Banque WIR, à laquelle
Horizons et débats a déjà consacré un article dans son no 37 du 15
septembre.
La Banque populaire suisse
La Volksbank in Bern (Banque populaire de Berne,
plus tard Banque populaire suisse) a été fondée en 1869 sous forme de
coopérative par des représentants du monde ouvrier, des employés et de
l’artisanat. A l’origine elle se contentait, comme les Caisses
Raiffeisen, d’accorder des prêts à ses membres. Avec ses nombreuses
filiales, elle connut une extension fulgurante dans toute la Suisse. En
1930, elle était devenue la deuxième banque suisse. Dans les années 30,
elle dut demander à l’Etat une aide de 100 millions de francs, toutes
ses affaires avec l’étranger (en particulier l’Allemagne) ayant dû être
liquidées. Après la guerre la banque connut une forte croissance et
ouvrit beaucoup de nouvelles filiales. Mais des spéculations sur
l’argent-métal et l’immobilier ainsi que de nouveaux déboires à
l’étranger entraînèrent dans les années 80 le déclin de la quatrième
banque suisse, qui fut rachetée en 1990 par la Schweizerische
Kreditanstalt (aujourd’hui CS Group). L’exemple de la Banque populaire
suisse prouve que le statut juridique de coopérative n’offre pas de
protection contre des affaires hasardeuses.
La Banque centrale coopérative
La Banque centrale coopérative a été fondée en
1927, en commun par l’Union suisse des Coopératives de consommation et
par l’Union syndicale suisse. Son principe était «qu’une banque
d’ouvriers ne se distingue pas des banques privées par la conduite de
ses affaires, mais seulement par ses buts, c’est à dire qu’elle utilise
dépôts et excédents au profit des mouvements ouvriers et mutualistes.»
La Genossenschaftliche Zentralbank acquit une dimension respectable. En
1970 elle prit la forme d’une société par actions. Elle s’appelle
aujourd’hui Banque Coop, et la banque cantonale de Berne en est
l’actionnaire majoritaire.4
La Banque Migros
La Banque Migros constitue jusqu’ici une «success
story». Gottlieb Duttweiler eut l’idée de créer une Banque Migros il y
a cinquante ans, au cours d’un souper avec son administrateur financier
au restaurant Widder, à Zurich. La banque est une société par actions
détenues à 100% par la Fédération des coopératives Migros.
La banque
a démarré avec trois employés. Son guichet se trouvait au troisième
étage de la maison Migros de Zurich, au Limmatplatz. Jusqu’ici son
fonctionnement n’a donné lieu à aucun «scandale». Elle fait des
affaires avec la région où elle se trouve et avec toute la Suisse. Elle
finance ces hypothèques avec les dépôts des épargnants. Elle ne
travaille pas avec l’étranger. Ses 74 agences, ses 29 milliards de
francs d’avoirs et ses 750 000 clients font d’elle l’une des «grandes
banques». La crise financière ne l’a absolument pas touchée. Cette
année elle a ouvert 46 000 nouveaux comptes et 18 nouvelles filiales
(ou elle va les créer l’an prochain).
Que nous apprend l’histoire?
De toute évidence les banques à rayon d’action
régional ou national résistent mieux à la crise financière actuelle que
les banques mondialisées. C’est encore plus vrai pour les banques
coopératives ou administrées par les communes ou cantons. Elles
échappent à la pression des investisseurs qui exige une rentabilité
maximale. Ces banques ont un fort ancrage régional et connaissent bien
leurs clients.
Mais la forme juridique de la coopérative n’est pas à
elle seule une protection contre une mauvaise politique financière,
comme le montre l’exemple de la Banque populaire suisse (et plusieurs
autres en Allemagne et en Autriche). On peut en dire autant des banques
communales et cantonales. La faillite de la Spar- und Leihkasse Thun et
la crise que traverse la Banque cantonale bernoise en sont un exemple.
Les
Raiffeisen offrent des avantages évidents, parce qu’elles constituent
un réseau de nombreuses coopératives indépendantes à l’intérieur d’un
même pays. Leur politique financière est coordonnée et s’exerce dans un
cadre commun comportant un contrôle des risques. Ce qui rend presque
impossibles les «dérapages» isolés.5 •
(Traduit par Michèle Mialane et révisé par Fausto Giudice, www.tlaxcala.es)
1 Cf. Werner Ort, Der modernen Schweiz entgegen. Heinrich Zschokke prägt den Aargau, Baden 2003, p. 126s.
2
Cf. Das Goldmacherdorf – Ein historisches Lesebuch von Heinrich
Zschokke, aux Editions H. Böning und W. Ort, Brême 2007, p. 247ss.
3 C. Bucher, Der Zusammenbruch der Leih- und Sparkassen Aadorf und Eschlikon, Zurich 1918
4 Genossenschaftswesen in der Schweiz; Editions Ernst-Bernd Blümle, Francfort sur le Main 1969
Renaissance de l’idée de coopérative
«Je
me souviens encore très bien d’un séminaire à Salzbourg avec les
managers d’une coopérative. On voulait devenir à tout prix une banque
«normale». On avait tendance à refouler l’idée de coopérative (de
crédit mutuel). Et il en alla longtemps de même en Suisse. Mais tout
récemment on assiste à une renaissance de cette idée. Les grosses
coopératives de consommation ne parlent plus de se transformer en SA.
La Schweizer Mobiliarversicherung remet de plus en plus en avant l’idée
de coopérative. En ce moment nous assistons à un retour en force des
structures sociales et des modes de pensée éprouvés. Beaucoup se
plaignent de la montée de l’anonymat et de la perte du lien social. La
taille relativement modeste, la bonne connaissance des réalités
locales, le «visage humain» des Caisses Raiffeisen vont sous plusieurs
aspects à l’encontre de cette évolution. L’impressionnante augmentation
du nombre de leurs membres permet de conclure que les valeurs
coopératives répondent sans aucun doute aux besoins d’un grand nombre
de gens.»
Robert Purtschert, professeur à l’Université de Fribourg, dans: Panorama Raiffeisen 2/2005.
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
08 novembre 2008
Alsace Emploi Les banques embauchent
Alsace Emploi Les banques embauchent
Le 08/11/08 à 05:47 - Alvezio Buonasorte
Les établissements alsaciens prévoient de recruter environ 600 personnes par an.
À
l’occasion du Forum des métiers de la banque (lire ci-dessous), la
profession bancaire a organisé une enquête au sein des différents
établissements de la place, afin de faire ressortir les besoins en
collaborateurs, les profils des postes pourvus ou à pourvoir…
«
Les banques présentes en Alsace ont procédé à 1 800 embauches au cours
de ces trois dernières années. Nous prévoyons de recruter, durant les
trois années à venir, encore 1 100 personnes », indiquait, hier à Strasbourg, Caroline Tricoche, la présidente du Comité des banques d’Alsace.
«
Ces recrutements étaient destinés pour 78 % à la force de vente, pour
18 % aux traitements des opérations et pour 5 % aux fonctions support
et au management », détaille-t-elle. On note une recrudescence des
embauches dans les forces de vente au détriment du traitement des
opérations, en raison de l’automatisation des process.
Les embauches
se font de plus en plus à niveau de formation élevé, car la banque est
devenue un métier d’experts, qui exige davantage de compétences : « 58 % des recrutés on un diplôme bac + 2 et 24 % ont au moins un bac + 4 »,
relève-t-elle. Le Forum des métiers devrait permettre à la filière
d’élargir son horizon de recrutement, en allant à la rencontre des
étudiants de diverses disciplines, « car nous n’éprouvons pas de difficultés à embaucher », souligne Caroline Tricoche.
Elle insiste sur les perspectives de carrière offertes dans cette filière et les évolutions dans des métiers très différents. «
La banque permet d’être au contact des entreprises et des particuliers,
pour financer des investissements, gérer des patrimoines, mettre en
place des crédits… », ajoute son collègue Pierre Jachez. Les 36 banques implantées en Alsace y emploient 13 250 personnes dans leurs 977 agences.
Alvezio Buonasorte
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
02 novembre 2008
Le changement de statut de La Poste est gelé, dit Henri Guaino
Le changement de statut de La Poste est gelé, dit Henri Guaino
02.11.08 | 10h46
PARIS (Reuters) - Le projet de changement de statut de La Poste en une société anonyme n'est plus à l'ordre du jour dans le contexte de la crise financière, déclare Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy.
"D'abord, il n'a jamais été question de privatiser La Poste. Il n'est pas question, dans la situation où nous nous trouvons, d'ouvrir le capital de La Poste", a-t-il dit sur Europe 1.
Le gel du projet préparé par la direction semblait aller de soi depuis la tempête sur les marchés financiers mais c'est la première fois qu'une personnalité proche du pouvoir politique l'officialise.
La direction de La Poste affirme que le changement de statut, suivi de l'ouverture d'une minorité du capital au privé, est la seule solution pour trouver au moins trois milliards d'euros afin d'affronter l'ouverture totale du marché postal à la concurrence, en 2011, décidée au niveau européen.
Les adversaires du projet, dont la gauche et les syndicats, estiment qu'il existe d'autres solutions financières et que l'ouverture à la concurrence n'implique pas l'ouverture au privé. Ils pensent par ailleurs que la privatisation totale de La Poste est l'objectif caché, à terme, du projet. Certains envisagent de provoquer un référendum sur le sujet.
Thierry Lévêque
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
31 octobre 2008
Nicolas Sarkozy met la pression sur les banques françaises

REUTERS/PHILIPPE WOJAZER
Lors d'un discours à l'Elysée, jeudi 30 octobre, devant banquiers et hauts fonctionnaires, Nicolas Sarkozy a pressé les banques de ne pas restreindre l'accès au crédit au milieu de la crise financière.Nicolas Sarkozy met la pression sur les banques françaises
LEMONDE.FR avec AFP | 31.10.08 | 08h05 • Mis à jour le 31.10.08 | 08h34
Nicolas Sarkozy a appelé, jeudi 30 octobre, les banques à respecter le "pacte moral" passé "avec la nation"
pour faire face à la crise financière, et a exhorté les préfets à
surveiller la mise en œuvre des mesures récemment annoncées en faveur
du crédit et de l'emploi. Le président de la République s'exprimait à
l'Elysée devant les
préfets, les trésoriers-payeurs généraux – la centaine de hauts
fonctionnaires qui gèrent les finances publiques au niveau des
départements – et les représentants des principales banques du pays. Il
a appelé banquiers et hauts fonctionnaires à s'engager "totalement dans la lutte contre la crise". "La République a besoin de vous", leur a-t-il dit, parlant de "crise financière et économique sans précédent". "Engagez-vous totalement dans la lutte contre la crise", a-t-il ajouté.
Revenant sur le plan de soutien au secteur bancaire approuvé par le Parlement – 360 milliards d'euros –, il a lancé à l'attention des banquiers : "Chacun est placé aujourd'hui devant ses responsabilités. Il y a un pacte moral et ce pacte moral, c'est de vérifier que chacun de ses collaborateurs, dans la dernière des agences, le respecte." Or, pour le président de la République, "ce n'est pas encore le cas".
"NOUS NE POURRONS PAS ÉVITER QU'IL Y AIT DES LICENCIEMENTS"
Nicolas Sarkozy a même invité le médiateur du crédit, René Ricol, à "aller à la télévision et devant les médias pour dénoncer les exemples de restriction inacceptables de crédit dans chaque département et de la part de chaque établissement". "On comparera alors qui fait son travail et qui ne le fait pas", a-t-il mis en garde. Ce poste de médiateur, à la disposition des entreprises françaises qui auront des difficultés pour emprunter, a été créé par le président dans un contexte de risque d'assèchement du crédit provoqué par la crise financière. Le dispositif doit être complété par "un fonds stratégique d'investissement", possiblement doté de 100 milliards d'euros selon une source proche de l'Elysée, et destiné à soutenir les entreprises dont les activités sont jugées "stratégiques" et qui se trouvent dans une situation préoccupante.
Toutefois, a tenu à prévenir M. Sarkozy, "nous ne pourrons pas éviter qu'il y ait des licenciements", liés aux difficultés économiques consécutives à la crise financière. "A l'égard des grandes entreprises, votre rôle est néanmoins d'en limiter le nombre au maximum en poussant à fond l'utilisation par les entreprises et par leurs salariés de l'outil de la mobilité et des reclassements internes", a-t-il indiqué aux préfets.
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
Clearstream : qui a peur de Denis Robert ?
A la Une
Clearstream : qui a peur de Denis Robert ?
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 30/10/2008 | 22H11
Le comité de soutien du journaliste enquêteur invite à signer une nouvelle pétition, motivée par une proposition de Clearstream : dans une publicité parue en fin de semaine dernière dans Le Monde, la chambre de compensation luxembourgeoise offre à Denis Robert d'abandonner les poursuites engagées contre lui, s'il « accepte également de mettre un terme à toutes ces procédures ».
Denis Robert, qui a refusé cette offre, répond par un nouvel appel à le soutenir, signé notamment par Daniel Cohn-Bendit, Olivier Besancenot, Arnaud Montebourg, Bertrand Tavernier, Pierre Jolivet, Antoine de Caunes, Guy Bedos, Florence Aubenas, Claude Sérillon, Frédéric Bonnaud, Benoît Delépine, Christophe Alévêque, Didier Porte, Lefred-Thouron...
Le texte replace la proposition de Clearstream dans le contexte actuel :
« Une question reste sans réponse : comment est-il possible qu’au cœur d’une tourmente financière historique qui fait apparaître aux yeux des foules ébahies l’incompétence, l’irresponsabilité, la criminelle légèreté des dirigeants de toutes les banques du monde, ces hommes si importants qu’on voit courir à la porte des palais des Républiques pour mendier l’argent des contribuables, perdent leur temps et leur argent à tenter de museler un journaliste solitaire ? »
L'appel -qui ne nomme jamais Cleartstream- revient ensuite sur la fonction d'une chambre de compensation, avant de proposer :
« Il suffirait que les juges aient accès à cette mémoire informatique pour relever le cheminement de l’argent de la fraude et du crime organisé. [...] Et ça, les banquiers ne le supporteraient pas. Voilà ce que Denis Robert répète depuis plus de dix ans, à travers ses articles, ses livres et ses films. Il faut abattre ce type. Ils sont légion à s’y employer. »
► Lire le texte complet et signer la pétition
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
22 octobre 2008
L'argent, c'est trop sérieux pour être confié aux banquiers
L'argent, c'est trop sérieux pour être confié aux banquiers
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Qui est à la tête de la société de refinancement mise en place par l'Etat pour sauver les banques? Deux banquiers. Un peu comme si Gamelin avait été nommé ministre de la guerre après la débâcle…
(kimberlyfaye-flickr-cc)
Michel Camdessus et Thierry Coste sont à la tête la société de
refinancement, qui distribuera 320 milliards d'euros. Cette société
sera contrôlée par les banques, ce qui est une astuce pour éviter à
l'Etat de devoir comptabiliser les fonds levés comme de la dette -
dette qui doit obéir aux critères de Maastricht. Donc c'est 320
milliards d'euros en moins. Mais ce qui est intéressant c'est de voir
qu'après la catastrophe financière, les banquiers restent les maîtres
du jeu. C'est un peu comme si le Général Gamelin était devenu ministre
de la guerre après la débâcle... Monsieur Camdessus n'est pas le
Général Gamelin. C'est un homme prudent, on lui doit les fameux plans
d'ajustement structurels que le FMI avait mis en place pour les pays
sous-développés afin 1) de faire entrer un peu de rigueur dans leur
gestion infantile et désordonnée 2) de les mettre sur la voie du
développement, particulièrement en Afrique noire. Il dirigea aussi le
Club de Paris, qui renégociait les dettes que ces pauvres pays avaient
douloureusement contractées. Monsieur Coste, lui, est moins connu. Il
dirigeait « Crédit Agricole Asset Management », un fonds
d'investissement adossé au Crédit agricole, qui connut des heures de
gloire et de tristesse ; ce fonds d'investissement, on dit aussi «
fonds de performance », était capable de donner de bons résultats aux
investisseurs quelle que soit la direction des marchés.
Hélas le vent a tourné. De très
performant, ce fonds qui devait gagner à tous les coups, est devenu
très contre-performant. Ses actifs se sont dépréciés de quelques 80%
entre début 2007 et fin 2008. S'il avait été un simple « hedge funds »
comme les autres, sans capitaux propres, il aurait sans doute mis tout
simplement la clef sous la porte ; mais il était adossé au Crédit
agricole, grosse banque solide grâce à ses dépôts. Certes, le Crédit
agricole affiche cette année des pertes de plus de huit milliards
d'euros, son résultat d'exploitation est en chute de 65% ; son produit
net de 18.5% ; mais chacun sait que ce n'est pas la faute du Crédit
agricole, et encore moins de ses dirigeants, mais des « marchés »
parfois bien facétieux...
L'argent n'est-il pas trop important pour être confié aux banquiers
De mauvaises langues diraient qu'il est bien dommage que cet argent
perdu, ces milliards d'euros ne soit pas allé aux agriculteurs, cela
aurait évité à la collectivité de payer pour leur sécurité sociale,
structurellement déficitaire, mais ce seraient de bien mauvaises
langues.
Reste la gestion de la société de
refinancement. Monsieur Coste et Monsieur Camdessus sont à la retraite,
ils auront donc, on peut l'espérer, une gestion prudente pour garantir
les produits pourris des banques qui viendront leur demander l'argent
qu'ils accorderont. Mais la question est la suivante : si la guerre est
une chose trop importante pour la laisser aux militaires, la banque et
l'argent ne sont-elles pas, également, trop importantes pour la laisser
aux seuls banquiers, même retraités ?
La phrase : celle de Vincent Auriol, de Muret Haute garonne, ministre de Léon Blum : « Les banques je les ferme, le banquiers je les enferme. »
Retrouvez les chroniques de Bernard Maris sur France Inter.
Mercredi 22 Octobre 2008 - 09:04
Bernard Maris
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
21 octobre 2008
Le piratage du compte de Nicolas Sarkozy, « classique et facile à réaliser »
Le piratage du compte de Nicolas Sarkozy, « classique et facile à réaliser »
source AFP - 20/10/2008 16:40 - L'Expansion.com
Le piratage du compte bancaire de Nicolas Sarkozy est un type d'escroquerie « classique et facile à réaliser », selon les policiers, et touche souvent des dizaines de victimes à la fois. Le ou les escrocs soupçonnés d'avoir piraté Nicolas Sarkozy « ne savaient sans doute pas qu'il s'agissait du compte du président », a-t-on indiqué ce week-end de source proche de l'enquête, mais se sont servi des coordonnées bancaires du chef de l'Etat pour ouvrir, selon la source, un ou plusieurs abonnements de téléphones portables.
Il s'agit « d'un classique piratage informatique, sans doute dû à un ou des escrocs de faible envergure », a-t-on précisé, ajoutant que les investigations se poursuivent, sans que l’on sache encore toutefois la méthode employée pour récupérer les coordonnées bancaires. Il y a apparemment « d'autres victimes », selon la source, « comme à chaque fois dans ce genre d'affaire classique et facile à réaliser » et qui « fait des dizaines de victimes à la fois », ont indiqué lundi des sources policières.
Le Journal du Dimanche a révélé que Nicolas Sarkozy avait déposé plainte courant septembre et que, « dans la plus grande discrétion », le procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye, a aussitôt saisi la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres ainsi que la brigade financière. « C'est une démarche logique (de saisir ces deux brigades, ndlr) s'agissant d'un chef de l'Etat comme victime », ont encore dit ces sources policières, même si l'affaire semble relever de l'ordinaire à les entendre.
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
19 octobre 2008
Le compte bancaire de Nicolas Sarkozy piraté
Le compte bancaire de Nicolas Sarkozy piraté
LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 19.10.08 | 08h06 • Mis à jour le 19.10.08 | 13h14
Des escrocs ont réussi à se procurer les
coordonnées bancaires du président Nicolas Sarkozy et à effectuer des
prélèvements sur son compte personnel, révèle le Journal du Dimanche, qui cite une source proche de l'enquête.
Le JDD indique que l'Elysée lui a confirmé que le chef de l'Etat avait déposé plainte au mois de septembre dans le cadre de cet affaire et que, "dans la plus grande discrétion", le procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye, avait aussitôt saisi la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres ainsi que la brigade financière.
"Objectif, écrit le JDD, retouver les auteurs pour le moins audacieux de ce piratage présidentiel". "En vain pour l'instant, preuve que les escrocs ne sont pas des amateurs", poursuit le journal dominical.
Selon une source proche de l'enquête, citée par le JDD, il s'agirait "de petites sommes".Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/


