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31 décembre 2008

Les voeux rêvés de Sarkozy pour 2009

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Les voeux rêvés de Sarkozy pour 2009

                               

      


   

Voici le discours de vœux que je voudrais entendre ce mercredi soir de la bouche de notre Président.

"Françaises, Français, mes chers compatriotes.

Notre pays affronte une très forte tempête. Je ne suis pas capable de vous dire si elle sera de l’ordre de celle de 1991-92, de 1975, ou de 1931-32, pour prendre celles ou nous avons subi de véritables "creux" et qui ont plus particulièrement affecté la flotte "France".

La mer n’était pas très calme auparavant. Nous subissions déjà les lames de fond de la mondialisation. Les délocalisations se succédaient et, faute d’investissement suffisants, nous ne nous défendions pas bien dans la régate permanente qu’est l’économie.

Nous avions pris du retard. Nous vivions sur de trop rares lauriers, comme les exportations agricoles, l’aéronautique, le luxe, le tourisme et quelques autres secteurs, ce qui n’était pas suffisant face à de nombreux autres bateaux. Ne serait-ce que face à nos voisins allemands, qui, depuis cinq ans, se sont rationnés tout en maintenant leur compétence dans les secteurs dont ont besoin les pays en forte croissance.

Mais la tempête d’aujourd’hui, venue d’outre-Atlantique, va aggraver singulièrement notre situation. Déjà, le chômage, qui, grâce à un ralentissement de la croissance de notre population active, baissait depuis trois ans, remonte fortement. Soixante mille d’entre nous ont été mis au chômage le mois dernier.

"J'étais sans doute naïf"

Je suis votre amiral parce que vous m’avez élu en 2007. Moi-même ne pouvais prévoir à l’époque la violence de la tempête. J’ai cru sincèrement qu’en rendant de l’argent aux plus aisés, ils l’apporteraient aux entreprises et que celles-ci investiraient.

J’ai pensé à l’époque, que la charge que j’ajoutais ainsi au budget, serait ensuite couverte par les impôts supplémentaires que génèrerait la croissance ainsi retrouvée. J’étais sans doute naïf. Ce mécanisme vertueux ne s’est pas produit.

Peut-être est-ce faute de temps? Peut-être était-il erroné? En tout cas, mon devoir aujourd’hui, gouvernant par très gros temps, est de ne pas hésiter à changer de cap, chercher la meilleure allure, la mer la moins grosse.

Mon message principal, ce soir, est le suivant: puisque la navigation va être rude, les équipages doivent être soudés. Pour qu’ils le soient, pour que nous sentions vraiment tous que nous sommes dans les mêmes bateaux et qu’on sache bien que "ceux" des passerelles ne se goinfrent pas pendant que les soutiers se serrent la ceinture, j’ai conscience qu’il faut d’abord, en priorité, réduire les inégalités. J’ai donc pris les décisions suivantes.

Baisse des salaires du Président et des ministres

Je baisse dés maintenant le budget de l’Elysée, mon propre salaire et ceux des ministres de 20%. Je baisse aussi les salaires de tous les fonctionnaires gagnant plus de 4 000€ par mois, de 10%, et leur demande, comme à tous les autres de travailler 37 heures durant les deux prochaines années.

Je demande à tous les chefs d’entreprise de plafonner, cette année, leurs revenus, tout compris, à 500 000€ par an, et, en deçà de ce niveau, de réduire les salaires de tous leurs collaborateurs gagnant plus de 4 000€ par mois, de manière dégressive.

Les sommes ainsi économisées devront être consacrées à des investissements en France dès cette année. En contrepartie, l’impôt sur les sociétés sera abaissé au plus bas niveau européen, soit 12% sur les bénéfices réinvestis dans l’année.

Je reviens ensuite sur les baisses d’impôts que mon prédécesseur et moi avons initiées, disons, en gros, une dizaines de milliards d’euro en rythme annuel, car je ne compte évidemment pas les détaxations des heures supplémentaires qui n’ont plus guère de sens aujourd’hui.

Tous les minima sociaux seront augmentés

En contrepartie, et pour un tiers environ de cette somme, j’augmente tous les minima sociaux. Je décide le blocage immédiat et pour deux ans de tous les loyers et un moratoire sur tous les prêts relais consentis pour l’acquisition d’un autre immeuble. Les banques, recapitalisées et garanties, peuvent supporter cette charge.

Je partage les deux autres tiers en deux parts. J’affecte une première part à des aides supplémentaires aux véritables installations d’entreprises et créations d’emplois dans les quartiers difficiles, en chargeant les ministères concernés d’en faire apparaître les résultats sous trois mois.

J’affecte les deux autres tiers, en plus des mesures annoncées en novembre et décembre, au sauvetage-reconversion des PME viables, à l’innovation, la recherche & développement et la création d’entreprises dans les pôles technologiques, avec priorité aux énergies vertes, car notre flotte doit s’être enrichie de nouveaux bateaux au sortir de cette tempête. Sinon, nous repasserons ensuite de la tempête au "pot au noir".

Afin de soulager le budget de l’assurance maladie, et d’équilibrer l’effort fait par les mutuelles donc les malades, je demande à tous les médecins de s’interdire tout dépassements d’honoraires, eux aussi pendant deux ans, sous peine d’être exclu du conventionnement. Je demande aussi au personnel hospitalier de suspendre les 35 heures pendant la même période.

Je m’adresse, pour terminer, aux chefs d’entreprise, commandants de nos navires. Utilisez tous les leviers que j’ai cités au début pour investir dans l’avenir et redonner aux équipages cet ingrédient essentiel d’une bonne navigation par gros temps: la confiance.

Toutes ces mesures réduisent l’éventail des revenus et soudent les équipages. Nous sommes tout à fait capables de passer ensemble ce mauvais cap, parce que nous nous sentirons plus solidaires et plus proches les uns des autres.

Bonne année à tous! Courage! La mer se calmera!"

Nicolas Sarkozy (PCC: Jean Matouk)

S’il faut convaincre notre Président de l’importance de tenir ce langage de justice sociale, voici une phrase de Victor Hugo:

"Quand on montre le luxe au peuple , dans les jours de disette et de détresse, il ne se dit pas que ce luxe le fait vivre, qu’il lui est utile. Il se dit qu’il souffre et que voila des gens qui jouissent. Quand la foule regarde les riches avec ces yeux-là, ce ne sont pas des pensées qu’il y a dans les cerveaux; ce sont des évènements."

Je ne souhaite pas que surviennent ces "évènements", mais y parer serait plus que  judicieux aujourd’hui.

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08 décembre 2008

Santos : la blogosphère marseillaise réclame sa libération

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Santos : la blogosphère marseillaise réclame sa libération

                               

      

             

   

Après la condamnation par la justice espagnole du supporter de l'OM Santos Mirasierra à trois ans et demi de prison pour trouble à l'ordre public, la blogosphère marseillaise s'organise pour défendre le franco-espagnol.

Capture du site Om.net (DR).Samedi, avant la rencontre Marseille-Nice, plus de 150 supporters se sont rassemblés devant le stade Vélodrome pour réclamer la libération de Santos Mirasierra. Le site officiel de l'OM revient sur cette journée:

"Derrière eux, sur la façade du stade, la bâche “Santos présent” avait été déployée peu de temps avant. Les actions de mardi sont également décrites dans un tract distribué à l’entrée du virage Sud. Les Ultras Marseille y annoncent qu’ils “resteront à l’extérieur du stade”, qu’ils “ne pénètreront pas dans l’enceinte du stade” afin de montrer “par leur nombre, à la France, à l’Espagne et à l’Europe entière que leur combat est juste car Santos est innocent”".

"Libérez Santos! C'est le mot d'ordre qui règne à Marseille."

Capture du blog de Dominique Grimault (DR).Mardi, l'OM joue contre un club madrilène, l'Atletico. Une rencontre dont les organisateurs craignent qu'elle ne tourne court. Le chroniqueur sportif, Dominique Grimault, partage son inquiétude sur son blog:

"Le petit peuple de l'OM souffre, se sent atteint en son cœur et sa chair par cet incroyable verdict, et on devine son intention de ne pas en rester là...

Libérez Santos! C'est le mot d'ordre qui règne à Marseille. Il sera crié, n'en doutons pas, à pleine gorge depuis les rangées du Vélodrome, à l'extérieur et à l'intérieur de l'enceinte, avant, pendant et après le match. Rien à redire à cela. Mais le pire est malheureusement toujours possible...

Pour l'éviter, il conviendrait que tous les supporters de l'OM sans exception trouvent une réponse non-violente, réfléchie, sage, exemplaire tant dans la forme que dans le fond, qui demain étonnerait, ferait réfléchir toute l'Europe du foot, et l'Espagne en priorité."

L'incarcération de Santos est vécue depuis octobre comme une injustice par les supporters marseillais. Après des violences entre la Guardia Civil et les Ultras marseillais, Santos Mirasierra a été accusé d'avoir jeté un siège sur un policier. (Voir la vidéo)



"Notre ami Santos n'a tué personne, n'a volé personne."

Capture du blog de L'Antidote (DR).Le rappeur L'Antidote, a composé un morceau pour Santos, et a promis, à l'annonce du verdict, de poursuivre la lutte pour sortir le supporter franco-espagnol de prison.

"Encore sous le choc, il m'est impossible d'en parler, je pense que je ne pourrais qu'être vulgaire. Cependant, il faut se battre."



Capture du site Libérez Santos (DR)."Cette justice espagnole montre aujourd'hui, avec un verdict sans pitié, que le chemin est encore long pour que l'Espagne revienne dans la Cour des grandes nations européennes", condamne le blog Libérez Santos.

Les joueurs de l'OM partagent ce point de vue.

Capture du site de Valbuena (DR).Mathieu Valbuena, franco-espagnol, confie son incompréhension face à cette sanction:

"Comme tous mes coéquipiers, je suis totalement scandalisé par cette peine de trois ans et demi. Notre ami Santos n'a tué personne, n'a volé personne. Alors, restons sérieux. Lorsque mon agent m'a appris la sentence, je lui ai dit d'arrêter de plaisanter. Il m'était impossible de le croire."

"Marseille, ville sans loi, d’après les quotidiens espagnols"

Capture du site 'Liberté pour Santos' (DR).Le collectif Liberté pour Santos pilote l'organisation des manifestations, organise une vente aux enchères sur Ebay et interpelle célébrités et anonymes sur le cas de Santos. Un appel au calme et à la mobilisation pacifiste et réfléchie a été publié:

"Il faut rester calme pour Santos. Il nous l’a demandé, et en plus on nous a fait clairement comprendre qu’il payerai en prison tous les débordements qu’il y aurait à Marseille (...)

Toutes les caméras de l’Europe seront braquées sur nous. S’il y a des débordements, l’UEFA ne nous ratera pas. L’OM sera interdit de coupe d’Europe pendant plusieurs années. Tous les médias nous tomberont dessus: sur les supporters marseillais, sur l’OM et sur Marseille (“ville sans loi” d’après les quotidiens espagnols)."

Capture du site de l'Equipe (DR).Selon une information de L'Equipe, le franco-espagnol pourrait être rapatrié en France. Les défenseurs de Santos hésitent à faire appel pour ne aggraver son cas: huit ans avaient été requis lors du procès.

   


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26 novembre 2008

Parti socialiste : Aubry enfin élue, Royal entre dans l'opposition

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Parti socialiste : Aubry enfin élue, Royal entre dans l'opposition

                               

      


   

Créditée mardi d'une avance de 102 voix, la maire de Lille veut "rassembler". Sa rivale est déterminée à peser au sein du PS.

Martine Aubry à l'issue du conseil national du PS mardi (Benoit Tessier/Reuters)

20h55. La bataille entre les deux femmes s'est incarnée sitôt le conseil national terminé. A coups de conférence de presse. Martine Aubry, accompagnée de Harlem Desir (bras droit de Delanoë) et de Marylise Lebranchu (ancienne Garde des Sceaux de Lionel Jospin), a appelé au "rassemblement".

Mais les journalistes étaient bien plus nombreux à attendre la déclaration de sa rivale. Souriante et déterminée, elle n'a pas explicitement reconnu sa défaite, glissant même à double reprise: "Nous avons réussi à rassembler la moitié, et peut-être même un plus, du Parti socialiste..."

Elle s'est posée en opposante résolue à la nouvelle première secrétaire, décidée à continuer à travailler "avec les réseaux qui sont les [siens]" (comprendre, les comités Désirs d'avenir):

"Nous ferons en sorte d'être une force de transformation à l'intérieur du PS. Nous allons continuer à nous investir dans le PS dont nous représentons la moitié des forces militantes.

Chaque fois que la nouvelle direction du Parti socialiste prendra des décisions qui iront dans le sens de ce que nous avons défendu devant les militants, nous la soutiendrons. Chaque fois qu'elle n'ira pas dans ce sens, nous essaierons de la convaincre d'aller dans ce sens."

L'ex-candidate à la présidentielle n'a pas indiqué si elle allait finalement engager des recours en justice. Jean-Louis Bianco, un proche, annonçait que ses soutiens "maintiendront un recours en justice" si Martine Aubry n'accepte pas un nouveau vote là où "où il y a un problème".

Et ce, même si Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d'avenir, a lui évoqué "un parti fragile" et qu'"il convient de ne pas le fragiliser davantage", tandis que Patrick Menucci, autre proche, ne voyait pas "pourquoi on repousserait les mains tendues".

A l'extérieur de la Mutualité, une petite dizaine de ses partisans étaient réunis, portant une pancarte blanche avec l'inscription "Les militants demandent un nouveau vote". (Revivez en vidéo tout le film de la soirée)



20h27. Depuis samedi matin, les annonces de corrections plus ou moins officielles se sont succédées dans les fédérations du PS. Au final, la commission de récolement a accordé 38 voix supplémentaires à Martine Aubry, et retiré 22 voix du score de Ségolène Royal.

19h40. Reprendre la main, et vite. C'est sans doute la volonté de Martine Aubry, après trois jours cauchemardesques pour le Parti socaliste. Au conseil national, elle s'adresse aux militants et tente de voir le bon côté des choses:

"Je crois que nous avons su débattre et discuter (...) et faire de ce parti un immense parti démocratique. On peut moquer nos débats et discussions Dès la semaine prochaine, le Parti socialiste est de retour." (Ecouter le son, attention, tendre l'oreille, la liaison était mauvaise)


Avant de rajouter: J'ai envie de dire à la droite: riez encore quelques jours, mais dès la semaine prochaine le PS est de retour dans l'opposition, et uni. Je veux le dire: nous sommes tous socialistes!"

Le conseil national adopte le rapport de la commission (DR)19h35. C'est fait. Ce fut rapide. Le rapport de la commission de récolement a été adopté par le conseil national du PS lors d'un vote à main levée, avec le badge rouge de conseiller national (159 voix pour, 76 contre et 2 absentions).

Catherine Tasca représente de la direction en tire les "conséquences": "C'est donc Martine Aubry qui est élue première secrétaire du Parti socialiste." Standing ovation des trois quarts des conseillers nationaux présents dans la salle.

19h30. A la tribune du conseil national, ça revendique une dernière fois avant le vote. Florilège des grandes déclarations et autres petites phrases, dans l'ordre d'apparition:

  • Daniel Vaillant (président de la commission de récolement): "On a suspendu la commission lundi à 17h, mais le travail n'a jamais cessé, il fallait bien faire les investigations nécessaires. Je ne veux pas qu'il soit dit qu'on ait interrompu de manière désinvolte le travail de la commission."
  • David Assouline (royaliste): "On est arrivé à cette imperfection démocratique de 102 voix. La seule décision est d'aller plus loin dans la démocratie et de donner une nouvelle fois la parole aux militants."
  • Christophe Borgel (aubryste): "Après les décisions, il y a le rassemblement nécessaire."
  • Vincent Peillon (royaliste): "Cette décision n'est pas arithmétique, n'est pas juridique, elle est politique. Et elle est précipitée."
  • Jean Glavany (aubryste): "De quoi notre parti n'a pas besoin? C'est d'un nouveau vote. Si tout tient à la faiblesse de l'écart -102 voix-, voulez-vous que certains d'en nous vous racontent que pour moins que ça nous sommes devenus parlementaires?"
  • Benoît Hamon (candidat défait au premier tour): "Je pense que notre parti n'a pas de problèmes de démocratie, il a des problèmes de comportement. S'il y en a un qui exploitera cette semaine de trop, c'est bien Nicolas Sarkozy, notamment en ne reculant pas la date des élections régionales. Parce qu'il nous considère aujourd'hui de plus en plus faible."

19h06. Ça ressemble à un début de rétropédalage. A la Mutualité, là où se tient en ce moment le conseil national du PS, Jean-Pierre Mignard et David Assouline, soutiens de Royal, viennent en éclaireurs dire qu'ils "aiment le parti" et qu'ils sont moins sûrs d'aller en justice. Les partisans de Royal semblent accepter une future désignation d'Aubry. Pas de manifestation non plus de militants royalistes à signaler.

18h30. Début du conseil national, habituellement surnommé le "parlement du parti". Il comprend 204 membres désignés proportionnellement aux résultats du vote du 6 novembre sur les motions (soit 60 sièges pour Royal, 51 pour Delanoë, 50 pour Aubry et 43 pour Hamon) et les 102 premiers secrétaires fédéraux élus jeudi et vendredi, en même temps que le scrutin pour le premier secrétaire du PS (on ignore pour le moment leur exacte répartition entre les différents courants socialistes).

18h44. Pour François Hollande, pas facile de faire le boulot d'opposant à Nicolas Sarkozy quand son propre parti est en capilotade. Lors de la manifestation sa réforme de l'audiovisuel public examinée ce mardi à l'Assemblée, le toujours premier secrétaire (pour quelques heures), a dû se résoudre à répondre aussi aux questions des journalistes sur le vote de vendredi. (Voir la vidéo)



Quelques heures plus tard, moment plus agréable pour le maire de Tulle, qui s'est exprimé devant le conseil national (le "parlement") du parti pour la dernière fois, rêvant d'un "seul parti qui veut vivre ensemble et qui veut respecter ensemble ses règles et ses militants".

"C'est la dernière fois et vraiment la dernière que je m'adresse comme premier secrétaire et je vous appelle à un sursaut, collectif et individuel, car le collectif c'est la somme des individus et chacun a à faire son sursaut de conscience."

18h23. Nogent-sur-Oise, Mont-de-Marsan, Lille, Ermont-Eaubonne... La liste des irrégularités relevées par le camp de Ségolène Royal et publiée dans une très détaillée protestation électorale est bien longue.

Le document, publié sur le blog du Monde.fr consacré au PS et signé de David Assouline, Jean-David Ciot et Jean-Pierre Mignard (les trois représentants de la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes à la commission de récolement), est un inventaire des mauvaises pratiques reprochées aux soutiens d'Aubry:

  • erreurs dans le dépouillement
  • absence de liste d'émargement
  • absence de signature de la liste d'émargement
  • disparition de bulletins annexés au procès-verbal
  • manipulation ou destructions de procès-verbaux
  • vote sans isoloir
  • énonciations contradictoires
  • délégués d'un candidat interdits d'entrée
  • absence de contrôle du paiement des cotisations
  • émargement par un tiers

18h17. Le PS a fini de "récoler" les résultats, mais parviendra-t-il à recoller les morceaux? La commission chargée de trancher les litiges nés du scrutin de vendredi propose de confirmer la victoire de Martine Aubry. Le conseil national du parti, réuni en ce moment à la Mutualité, doit encore confirmer ce verdict.

17h55. Selon des sources internes au PS, Martine Aubry serait désormais en tête de 102 voix (67 451 voix pour la maire de Lille, contre 67 349 voix pour la présidente de Poitou-Charentes).

17h08. C'est une autorité morale du PS qui propose une solution pour sortir de la crise: lors d'une réunion des sénateurs socialies, Robert Badinter a suggéré de réorganiser un vote dans les sections où des litiges opposent les deux camps, et de mettre en place une "commission de sages":

"J'ai rappelé au groupe que c'était une matière de contentieux électoral, qu'il fallait que les choses soient aussi claires que possible selon des principes d'une jurisprudence du conseil d'Etat et du conseil constitutionnel en matière de contentieux d'élection."

Daniel Vaillant la nuit du vote (Benoit Tessier/Reuters)15h33. Plus que quelques heures pour finir le job. La commission de récolement, qui examine les réclamations sur le vote de vendredi, a repris ses travaux à 14h30. Son président, Daniel Vaillant, a confié à la presse à son arrivée qu'il pensait que le PS aurait bien un premier secrétaire ce mardi soir. Prochain rendez-vous (sauf surprise) à 18 heures, avec le début du conseil national.

14h45. Manif fantôme devant le siège du PS. Alertés par de bonnes sources sur un rassemblement de royalistes en colère rue de Solférino, nous dépêchons immédiatement sur place notre reporter de choc, Cécile Lenoir. Las, rue de Solférino, de manif il n'y a point. Par contre, une cinquantaine de journalistes font le pied de grue en attendant de voir voler les coups. En vain.

14h37. Après 48 heures de silence, Martine Aubry s'est remise à parler. Enfin, à écrire. Dans une brève note remise à l'AFP, la maire de lille tranche avec sa concurrente et déclare s'en remettre au verdict du parti:

"A quelques heures de la validation des résultats tels qu'ils auront été constatés par la commission de notre parti, je souhaite très solennellement dire que quel que soit ce résultat, je l'accepterai.

Dans tous les cas, je travaillerai au rassemblement de tous les socialistes, quelle que soit leur sensibilité."

Ses porte-flingues sont, eux, bien plus bavards et moins langue de bois. Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé une "politique de la terre brûlée" des partisans de Ségolène Royal: "Ils ne peuvent appeler les militants à se jeter les uns contre les autres dans la rue."

Quant à Claude Bartolone, il a accusé le royaliste Vincent Peillon de "faire de l'intox" en affirmant qu'il y aurait suspicion sur plusieurs centaines ou milliers de voix: cela "relève du bobard médiatique"!

13h27. De l'art de faire montrer la pression... Les représentants de Ségolène Royal au sein du groupe chargé de vérifier les votes réclament désormais "l'annulation du scrutin" de désignation du Premier secrétaire, et ce avant même que la commission de récolement reprenne ses travaux.

"Il sera démontré que les contestations notamment élevées par Ségolène Royal, font apparaître que celle-ci peut autant, sinon plus, que Martine Aubry revendiquer la victoire. (...) Ce scrutin est vicié de façon rédhibitoire et il ne peut produire aucun effet utile ou légitime."

Côté Martine Aubry, on continue d'afficher sa confiance dans le processus de validation en cours. Pascale Boistard, membre de la commission, explique ainsi:

"Ce travail s'effectue dans un climat calme et serein, à l'image de l'état d'esprit des représentants de Martine Aubry. Nous avons déjà pris en compte un certain nombre de demandes, pour la plupart mineures.

Celles et ceux qui prennent aujourd'hui la responsabilité de jeter le doute sur le bon fonctionnement démocratique de notre parti jouent un jeu dangereux."

13h00. "Il faut acheter au son du canon, et revendre au son du violon." Le conseil bien connu des boursicoteurs vaut-il aussi pour le Parti socialiste? En tout cas, vous pouvez enchérir pour devenir propriétaire du parti de Jaurès, des enchères sont en cours sur eBay:

"Parti Socialiste, Peu utilisé. Vendu sans capitaine

Le Parti socialiste s’inscrit dans un long combat, mené de générations en générations, par des femmes et des hommes qui ne se sont jamais résignés à l’injustice, la déraison, les inégalités qui sévissent un peu partout dans le monde."

Il y a quelques minutes, l'enchère n'était que d'1,50 euro, mais elle flambe à toute vitesse, atteignant déjà 10 000 000 d'euros.

11h34. Chaude ambiance en perspective au siège du PS et à la Mutualité ce mardi soir. Manuel Valls, lieutenant de Royal, pense qu'il y a "de la révolte chez les militants" et qu'il y aura "beaucoup de monde" pour attendre les délibérations du conseil national. Dans la nuit de vendredi à samedi, les supporters des deux camps s'étaient déjà asticotés.

Mardi, 11h05. Selon Vincent Peillon, il n'y aurait plus que quatre voix d'écart (sur 135 000 votants) entre les deux prétendantes, à l'issue de la réunion de la commission de récolement d'hier.

Le bras droit de Ségolène Royal a regretté sur France Info que l'examen des résultats se soit interrompus dès 17 heures lundi, lors même "qu'il y a encore des suspicions sur plusieurs centaines ou milliers de voix". Reprise des travaux à 14 heures, avant la réunion du conseil national à 18 heures.

Yann Guégan et Julien Martin

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22 novembre 2008

Etats-Unis: les sites à but non-lucratif sortent des scoops

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la marmite de l'info

               

Etats-Unis: les sites à but non-lucratif sortent des scoops

                               

      


   

En partant de l'exemple d'une ville américaine, un article du New York Times montre que de nouveaux sites internet à but non lucratif se substituent aux médias traditionnels dans le rôle de "watchdog" ("chien de garde").

Le correspondant du quotidien à San Diego détaille le cas de VoiceofSanDiego.org. Avec onze journalistes professionnels, ce site créé en 2005 a révélé "certains des secrets les plus sombres de cette ville": fausses statistiques criminelles, politiciens ou fonctionnaires corrompus... Ces révélations ont débouché sur des enquêtes de police et des démissions.

Le New York Times relève au passage que les scoops les plus importants ne venaient pas de son alter ego local, le San Diego Union-Tribune, ni des radios ou télévisions de la ville:

"Un nouveau type de médias basés sur Internet a éclos dans plusieurs villes, forçant les journaux à suivre les informations qu'ils révèlent. [...] Leur couverture de l'information et leur articles d'investigation en eau profonde sont remarquables dans un paysage Internet dominé depuis longtemps par le commentaire partisan, le ragot, le vitriol et le journalisme citoyen réalisé par des amateurs bénévoles."

De plus en plus nombreux, les sites comme VoiceofSanDiego.org secouent donc, par leurs révélations, le paysage médiatique américain.

Cependant, leur modèle économique pose des questions: ils sont financés par des fondations, des donateurs privés, leurs lecteurs et, en part très minoritaire, la publicité. Certes, "publier en ligne revient moitié moins cher que de publier un journal papier comparable". Mais "même les plus riches de ces sites ont des ressources très inférieures à celles des journaux", constate un professeur de Harvard.

Même déséquilibre en termes d'audience: le site californien n'a que 18 000 visiteurs uniques mensuels, et le plus grand du pays, MinnPost (qui couvre les "twin cities" de Saint-Paul et Minneapolis), plafonne à 200 000 visiteurs.

Buzz Woolley, l'homme d'affaires qui a fondé VoiceofSanDiego avec de jeunes journalistes, se déclare pourtant convaincu que ce modèle d'information à but non-lucratif a les meilleures chances de survivre:

"L'information est désormais un service public autant qu'un produit. On devrait la penser de la même manière que l'éducation ou la santé. C'est une des choses dont on a besoin pour faire fonctionner une société civile, et le marché ne le fait pas très bien."

Augustin Scalbert


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19 novembre 2008

Ni libertin ni infidèle, le polyamour fait des ravages

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Ni libertin ni infidèle, le polyamour fait des ravages

                               

      


   

Jules, Jim et tous les autres: les polyamoureux refusent de se limiter à une seule relation. Une liberté pas toujours bien acceptée.

David Cook et David Archuleta, finalistes d'American Idol 2008, embrassent Paula Abdul, jurée (Fred Prouser/Reuters)

J'avais le choix entre assister à un mariage libertin et participer à une rencontre de polyamoureux. Un journaliste romantique de Rue89 m'a dit: "Le polyamour c'est mieux, y'a de l'amour en plus." C'est un peu caricatural : un libertin peut par exemple être, en plus de ses batifolages, très amoureux de son conjoint.

Mais la multiplication des repaires de polyamoureux sur la Toile a fini de me convaincre: après polyamour.be, polyamour.fr et polyamour.info sont dans les starting-blocks. Le dernier organisait ainsi une soirée conviviale pour l’élaboration de son site samedi, réunissant des polyamoureux convaincus, des polyamoureuses pratiquantes et des monogames intrigués.

A lire aussi

Anne (trois amoureux): "Le polyamour bouscule les conventions établies"

Au fait, le polyamour, c'est quoi? Parmi les modèles de couples, nous avions déjà évoqué sur Rue69 le couple modèle,  voici maintenant le couple polyamoureux, à ne pas confondre avec le couple libertin ou le couple infidèle.

Présentes à la soirée, l’écrivain Françoise Simpère, polyamoureuse, auteure de "Aimer plusieurs hommes" a bien voulu répondre à mes questions ainsi qu’une riveraine de 25 ans, renommée Anne, 3 amoureux en ce moment, qui a témoigné de sa propre situation.

Le polyamour c’est quoi ?

Anne: Le polyamour, c'est tout d'abord... de l'amour! Aimer, ce n'est pas limiter l'autre, c'est lui ouvrir de nouvelles perspectives, l'aider à s'épanouir à l'extérieur du "nous". Et même, grâce au "nous", aux ressources qu'il offre. C'est inciter l'autre à la découverte. 

Cependant, tout le monde n'est pas prêt à sacrifier de sa sécurité pour rendre l'autre heureux et l'être par là même... Mais cet état d'esprit n'est pas inaccessible à un partenaire patient.

Françoise Simpère: Toutes les solutions mono: "monoculture", "tout nucléaire", "tout libéral" sont des échecs, car la vie a besoin de s’enrichir dans la diversité.

Donc, les amours plurielles, c’est le fait de pouvoir aimer au pluriel de façon affective, sexuelle et intellectuelle sans exclure a priori une de ces composantes, ni qu’elles deviennent une obligation.

On n’est pas obligé de faire l’amour chaque fois qu’on se voit ou de se voir très souvent, mais si l’on a envie de se voir et/ou de faire l’amour, il n’y a pas d’obstacle à le faire. Le sexe ne constitue plus "la" barrière fatidique, et ça dédramatise grandement l’existence!

Les polyamoureux sont-ils fidèles ?

Françoise Simpère: Oui, je suis fidèle au sens étymologique du terme, du latin fides, fidei : la confiance. Nous nous faisons confiance, et nous sommes présents et attentifs l’un à l’autre. Je suis fidèle mais pas exclusive envers les hommes de ma vie, qui pour certains m’accompagnent depuis plus de 25 ans !

Anne: Pour moi, être fidèle à quelqu'un, c'est tout d'abord le respecter assez pour être complètement moi-même avec lui, c'est m'être fidèle à moi-même donc aussi et ne pas tricher sur ce que je suis.

Le polyamour, c’est du libertinage ?

Françoise Simpère: Les couples libertins qui batifolent ensemble dans des clubs sont plutôt fusionnels, puisqu’ils veulent tout voir de l’autre, y compris comment il fait l’amour ailleurs. Les couples libertins qui ont des aventures chacun de leur côté sont polyamoureux, mais, je crois, privilégient davantage la séduction et le sexuel que l’affectif.

Ils sont dans l’idée "tu peux aller voir ailleurs, mais ne tombe pas amoureux(se)". Cela étant, cette distinction est un peu sommaire, car les polyamoureux ont mille façons de vivre et changent selon les périodes, ils peuvent même avoir des phases monogames.

On peut encore parler de couple quand on est dans du polyamour?

Françoise Simpère: Le couple, à mon sens, repose sur un projet de vie et des valeurs partagées: on peut ressentir du désir et des sentiments pour de multiples personnes, mais il n’y en a pas cinquante avec qui on a envie de vivre au long cours.

Par ailleurs, il me serait difficile de vivre avec quelqu’un qui serait philosophiquement ou politiquement à mon opposé. Une autre chose fonde le couple: les enfants, qui créent un lien indissoluble.

Anne: J'ai plusieurs couples (mais aussi quelques belles aventures qui n'en sont pas). Chaque couple a ses particularités, crée sa bulle, tout en n'y emprisonnant pas les individus qui y évoluent, mais il y a bel et bien construction d'une relation à deux, d'une intimité qui reste unique à chaque couple.

Il y a aussi la complicité, les références culturelles partagées, l'admiration, le soutien inconditionnel... Un peu comme dans tous les couples, non?

On cloisonne ou pas?   

Françoise Simpère: La plupart des hommes de ma vie sont en couple ou polyamoureux, et ont la même discrétion que celle que j’ai avec eux.

Au fil du temps cependant, j’ai parfois noué des liens avec leur "régulière" qui sait ce que je suis, et notamment que je ne suis pas une "voleuse d’hommes". "Mes" hommes savent comment je vis, mais je trouverais indélicat de leur raconter ma vie intime. Je ne raconte mes amours que dans mes romans.

Mais plusieurs amoureux en même temps, vous avez la forme?   

Françoise Simpère: Ce n’est pas une activité à temps plein: il m’arrive de passer des semaines sans sortir avec un homme, j’ai des amants que je vois quatre ou cinq fois par an, pas plus, mais depuis vingt à trente ans. Mon travail, ma famille et mes potes non sexuels me prennent infiniment plus de temps que mes amours!

D’une façon générale, les polyamoureux sont moins obsédés sexuels que les monogames, parce qu’ils ne sont pas dans la frustration. Ils savent qu’ils peuvent s’ils veulent et le sexe cesse alors d’être un enjeu crucial et angoissant pour redevenir un jeu délicieux.

Et la jalousie dans l'histoire? 

Anne: Ce sentiment m'agace, mais j'ai bien dû me rendre à l'évidence, la jalousie ne disparaît pas complètement. Elle est rationalisée, mais parfois, une pointe, un pic, nous rappelle à nos angoisses..."Quoi? Finalement tu restes dormir chez Ninon ce soir? Ah, bon, très bien, à demain mon amour..."

Et là... Ce qui, un autre jour, aurait été anodin, devient une source d'affliction. Dans ce cas, pas de grande remise en cause du couple! Mais l'acceptation de cette souffrance passagère comme un signe d'un état particulier de ma part. L'acceptation de ne pas voir mes désirs et mes projections concernant l'autre se réaliser automatiquement.

Comment on en arrive là?

Françoise Simpère: Pour moi, c’était naturel, dès l’âge de 20 ans. Pour mon mari, ce l’était moins: il trouvait normal qu’un homme ait de multiples désirs, mais de la part d’une femme, et de la sienne en particulier, c’était moins évident.

Il a donc appris à être totalement égalitaire dans sa relation avec moi, et c’est ce qui nous a soudés: cet apprentissage du respect de la femme par l’homme et de l’homme par la femme sans que l’un des deux domine.

Evidemment, cela prend du temps, il y a des hauts et des bas, mais au final, cela préserve de l’ennui car c’est une voie qu’on explore ensemble, où tout reste à découvrir, y compris ses fragilités.

Anne: Depuis toute jeune, je n'ai jamais pu admettre être la propriété d'une seule personne, ni qu'une fois une relation amoureuse avec quelqu'un engagée cela signifie que je doive changer mon ouverture aux autres personnes. (Pour en savoir plus, lire son témoignage)

Que font les partenaires ?

Françoise Simpère: Mon mari fut davantage polygame que polyamoureux, et l’âge venant, il est beaucoup plus proche de moi qu’à certaines périodes de notre vie. Comme disent les Chinois: "Si tu veux que l’amour dure, épouse une femme avec qui tu aimes parler." Les autres voulaient surtout le séduire, ou être séduites par lui.

Anne: Thomas a également une amie, Ninon, avec qui il est depuis un an. Et il se considère également comme polyamoureux. Pas Ninon, qui y réfléchit cependant, et qui aime avoir la liberté de séduire ou de tenter des aventures sans s'en cacher, sans pour autant penser pouvoir être amoureuse de quelqu'un d'autre que Thomas.

Quant à Alban, il a eu quelques aventures qui n'ont duré que quelques semaines, car ses amies n'ont pas supporté mon existence.

Il en est de même pour Louis, que j'ai rencontré il y a un an, mais lui serait plutôt libertin.

C’est acceptable socialement?

Françoise Simpère: Socialement, c’est difficile car les gens ont tellement envie que cela ne marche pas, qu’ils vous titillent sans cesse pour voir si vous ne bluffez pas, et cherchent le moindre signe de défaillance. Si je divorçais aujourd’hui, après trente-cinq ans de mariage, je suis sûre que certains triompheraient: on savait bien que ça ne pouvait pas durer!

Anne: L'amie de Thomas, Ninon, fut régulièrement mise en garde, on lui disait qu'elle se faisait avoir, que Thomas agissait comme un "connard" envers elle et moi, ou encore que Thomas et moi étions un couple de pervers assouvissant ses fantasmes à travers elle.

Quant à moi je m'en vais essayer de comprendre un peu mieux les monogames en lisant "Le Diable au corps.

A lire aussi:
Anne (trois amoureux): "Le polyamour bouscule les conventions établies"
Modèles de couple: gros plan sur le couple modèle

► Le blog de Françoise Simpère
Aimer plusieurs hommes de Françoise Simpère - éd. Pocket - 175p. (épuisé, un autre livre doit paraître en avril 2009 sur le sujet).

Polyamour.info

Photo: David Cook et David Archuleta, finalistes d'American Idol 2008, embrassent Paula Abdul, jurée (Fred Prouser/Reuters)


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16 novembre 2008

Les socialistes sortent déchirés de la "nuit des longs couteaux"

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Les socialistes sortent déchirés de la "nuit des longs couteaux"

                               

      


   

(De Reims) Ségolène Royal a claqué cette nuit la porte de la Commission des résolutions... qui n'a rien résolu au PS.

Moment clé des congrès socialistes, le Commission des résolutions s'est réunie à Reims dans la nuit de samedi à dimanche. Mais Ségolène Royal a rapidement claqué la porte, sans que les trois autres motions ne parviennent non plus à trouver un accord. Aucune majorité ne s'est donc dégagée. Revivez heure par heure tractations et déclarations.

Royal et son équipe claquent la porte de la Commission des résolutions (Julien Martin/Rue89)

03h20. La nuit finit comme elle a commencé: sans aucun accord, et avec François Hollande qui décrypte les imbroglios socialistes. En tant qu'actuel Premier secrétaire, il constate l'absence de tout rassemblement (pour l'heure cependant, car tout peut encore se passer d'ici la fin du congrès, dimanche à 13h):

"La motion de Ségolène Royal a cherché, tout au long de la soirée, à trouver cette majorité. Elle n'est pas venue. Ensuite, les trois autres motions ont elles-mêmes tenté de faire un rassemblement. Il n'a pas été possible." (Ecouter le son)



Aucune majorité n'a donc été dégagée. Mais au milieu de ce qui ressemble de plus en plus à un naufrage, François Hollande se fait fort de relever tout de même les raisons d'espérer:

"J'avais moi-même mis en garde, en disant 'attention, quand il y a plusieurs motions, quand aucune n'arrive majoritaire, il y a un risque'. Mais, néanmoins, c'est le Parti socialiste qui va gagner, et ce sont ses militants qui vont lui donner la solution." (Ecouter le son)



Sous-entendu: le futur Premier secrétaire devra bien réunir plus de 50% des suffrages pour être élu par les militants le 20 novembre (et le 21 en cas de second tour). Une majorité sera donc obligatoirement dégagée.

Mais toute relative, car les membres de deux des trois organes de gouvernance du parti, le Bureau national et le Conseil national, sont élus proportionnellement aux scores obtenus par les motions, et non par le Premier secrétaire. Sans accord entre les motions, pas de majorité pour gouverner. Ou comment créer une cohabitation à l'intérieur d'un même parti...

A lire aussi

Royal, Aubry et Hamon candidats à la tête du PS, Delanoë out

Si les dernières réunions de ce dimanche matin n'aboutissent toujours pas à une double clarification, en termes politiques et de personnes, ce congrès de Reims pourrait constituer l'une des dates les plus noires de l'histoire du Parti socialiste.

02h57. Grâce à Bertrand Delanoë, on apprend qu'il y a une porte dérobée au Centre des congrès de Reims. Le maire de Paris l'a utilisée pour sortir sans être confronté aux questions des journalistes, sur une situation dont il doit avoir lui-même bien du mal à savoir comment elle va se décanter.

02h44. Martine Aubry part elle murée dans un quasi silence, le masque des mauvais jours greffé au visage. Quelques secondes plus tard, loin des journalistes, c'est pourtant une Martine Aubry hilare que Rue89 a aperçu à travers les vitres du Centre des congrès.

Mais la consigne devait être d'afficher cette nuit un air grave. En témoigne la seule phrase lâchée par Arnaud Montebourg, un de ses partisans: "C'est extrêmement difficile à vivre, vous comprendrez que l'on préfère garder le silence."

02h30. Au tour de Benoît Hamon de quitter le Centre des congrès et d'acter l'échec de la soirée: "La Commission des résolutions n'est pas parvenue à dégager autour de la motion de E de Ségolène Royal une synthèse." Et au quadragénaire de s'en prendre aux mêmes déclarations précédentes de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle:

"Ce qui s'est joué ce soir, ce n'est pas une bataille entre le jeune parti et le vieux parti. Je n'ai pas l'impression d'appartenir au vieux parti, parce qu'on a cherché jusqu'au bout à se rassembler."

Les représentants de l'"autre âge", selon le député européen, sont plutôt ceux qui, comme Ségolène Royal, ont bénéficié du soutien de "grosses fédérations, où justement là le vieux parti amène à cadenasser les résultats et à gonfler considérablement les résultats".

Quant à lui, il est "toujours candidat ce soir et demain matin au changement". Un changement "ancré à gauche", plutôt qu'un changement "qui amène à regarder beaucoup plus sur la droite", et qu'il souhaiterait réaliser avec le soutien de Martine Aubry. (Voir la vidéo)



02h13. Pierre Moscovici, l'un des principaux animateurs de la motion de Bertrand Delanoë, descend voir les journalistes. Il confirme d'abord l'absence totale d'accord, avant de réagir vivement aux déclarations précédentes de Ségolène Royal:

"On ne peut pas à la fois vouloir diriger le parti et ne pas accepter des règles qui sont communément admises. Il ne s'agit pas d'un 'autre âge', ce sont les règles du Parti socialiste, ce sont ses statuts. (...) On ne peut pas à la fois jouer à un jeu et changer la règle du jeu." (Ecouter le son)



Pierre Moscovici ajoute que "ça paraîtrait logique" que lorsque que la motion arrivée en tête ne parvient pas à dégager de majorité, que ce soit à la motion arrivée en seconde position (en l'occurrence, celle qu'il défend) de tenter de le faire et de proposer un candidat issu de ses rangs.

Aucun nom n'est toutefois confirmé. Pas plus le sien que celui du maire de Paris. Seules les candidatures de Ségolène Royal et Benoît Hamon demeurent donc officiellement en lice.

02h05. Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon, accompagnés chacun de leur soutien le plus proche (respectivement Harlem Désir, François Lamy et Henri Emmanuelli), terminent leur aparté à six sans avoir trouvé d'accord. Martine Aubry a proposé à Bertrand Delanoë de choisir Benoît Hamon comme candidat commun, mais le maire de Paris a refusé.

01h32. A peine deux heures de débats et c'est déjà fini! Ségolène Royal quitte la Commission des résolutions. La séance n'a pas repris à l'issue de la suspension: Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon se sont isolés pour examiner leurs points d'accord.

Considérant la pratique inacceptable, la désormais candidate au poste de Premier secrétaire, Ségolène Royal, suivie de la majorité de ses partisans, a donc claqué la porte, non sans dénoncer des "méthodes d'un autre âge":

"La main tendue que nous avions offerte à l'ensemble des autres projets qui ont émergé lors de ce congrès n'a pas été saisie. (...) Maintenant, j'en appelle à tous les militants du Parti socialiste qui vont avoir à prendre toutes leurs responsabilités. (...)

Ils vont avoir à choisir entre le retour d'un parti aux méthodes d'un autre âge, celles à laquelle nous assistons, et un nouveau Parti socialiste tourné vers l'avenir, avec une nouvelle génération." (Voir la vidéo)



00h08. Premier thème débattu en Commission des résolutions: justement la question des alliances avec le MoDem et la proposition de Ségolène Royal (voir note précédente). Les motions de Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon refusent cette proposition.

François Hollande, actuel Premier secrétaire mais aussi soutien de Bertrand Delanoë, demande que ce refus soit acté par un vote. Le camp Royal s'y oppose, de peur d'être mis en minorité, et obtient la première suspension de séance de la nuit.

23h34. L'un des principaux points d'achoppement abordé lors de cette Commission des résolutions est la question des alliances avec le MoDem. A la lecture des motions, les positions divergent.

Si Martine Aubry n'exclut pas que "le PS agisse avec d'autres démocrates", Bertrand Delanoë considère en revanche que les alliances "doivent être à gauche" et constate "lucidement" que le centre "n'est pas à gauche", et Benoît Hamon pose comme "préalable le refus d'alliance au centre".

Pour passer outre ce désaccord, Ségolène Royal a proposé plus tôt dans la journée, durant son discours, "une consultation directe des militants sur la question" le moment venu. Tonnerre d'applaudissements des délégués socialistes, qui scandent: "Un vote, un vote, un vote..."

Deux minutes plus tard, Ségolène Royal reprend la parole et conclut sur le sujet d'un ton comminatoire: "Cette question ne pourra plus servir de prétexte au refus du rassemblement autour de la motion arrivée en tête." (Voir la vidéo)



23h04. Les 102 socialistes présents au sein de la Commission des résolutions sont tous arrivés depuis une demi-heure. Pour l'heure, aucun n'en est encore ressorti. Rien ne filtre. Pas non plus de textos notables échangés avec les journalistes (oui, souvent ça marche comme ça).

Des journalistes qui ne sont plus dans la très équipée salle de presse du Parc des expositions, mais dans le hall d'entrée du Centre des congrès, de l'autre côté de Reims (oui, le Parti socialiste a eu envie de changer d'endroit pour cette "nuit des longs couteaux).

21h15. En début de soirée, avant le démarrage de la Commission des résolutions, tandis qu’il parlait devant les représentants de la motion de Delanoë dont il est co-signataire, François Hollande, actuel Premier secrétaire, semblait préoccupé.

Alors qu’il venait de plaider, non sans réserves, en faveur d’une recherche de majorité avec les motions Aubry et Hamon, avec comme candidat à sa succession Bertrand Delanoë, il a fait part de son souci de voir Ségolène Royal élue le 20 au soir.

"Il y a un risque", a-t-il répété avant d’inviter l’assistance à faire en sorte que la décision de cette nuit ne soit pas infirmée dans les urnes par la base. Et n’ouvre une crise au sein du parti. (Christiane Chombeau)

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15 novembre 2008

Les associations dénoncent l'arrêt blanchissant Vanneste

Tetu.com

               

Les associations dénoncent l'arrêt blanchissant Vanneste

                               

      

             

   

La Cour de cassation est revenue sur la condamnation du député UMP du Nord qui avait qualifié l'homosexualité d'"inférieure"

De nombreuses associations de défense des homosexuels se sont indignées de la décision rendue par la Cour de cassation qui, en blanchissant le député UMP Christian Vanneste accusé d'injure envers la communauté homosexuelle (lire l'article du 12 novembre sur Têtu.com), «hiérarchise», selon elles, les discriminations.

Christian Vanneste, député du Nord, auditionné au Sénat (DR) Ainsi, pour Act Up-Paris, l'une des trois associations (avec SOS Homophobie et le Sneg) plaignantes dans l'affaire Vanneste, c'est une "décision indigne, déconnectée des réalités de l'homophobie":

"Quatre lignes sur 10 pages pour réécrire la loi du 30 décembre 2004. Les juges se sentiront-ils responsables au prochain suicide d'un gay à qui on aura dit toute sa vie qu'il était 'inférieur'; ou à la prochaine agression d'une lesbienne que ses bourreaux jugeront 'dangereuse'?

L'homosexualité "inférieure à l'hétérosexualité"

Lors du débat sur la loi du 30 décembre 2004 réprimant les injures et les discriminations homophobes au même titre que les autres, le député du Nord Christian Vanneste avait déclaré dans la presse régionale que l'homosexualité était "inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité".
Le 25 janvier 2007, la cour d'appel de Douai avait confirmé la condamnation de Vanneste pour ces propos à 3000 euros d'amende et 2000 euros de dommages et intérets à verser à Act-Up Paris, SOS-Homophobie et au Sneg. C'est cette condamnation que la Cour de cassation a invalidée.
Hier, on pouvait lire sur le site du député: "Le 12 novembre, qui était aussi la Saint Christian, a été un jour béni. La Cour de Cassation vient enfin de dire le Droit. Un député a le droit dans notre pays de défendre une conception traditionnelle, et rationnelle, de la Famille et de l’anthropologie."

"La décision de la Cour de cassation ne doit pas inquiéter les seuls défenseurs des droits des LGBT. En mettant en avant, sans plus d'argument, une liberté d'expression inconditionnelle, elle permet d'injurier toutes les catégories de la population: la religion juive est inférieure à la religion catholique, les Noirs sont un danger pour la survie de l'humanité, les jeunes sont supérieurs aux vieux, les militantes des droits des femmes sont sectaires, les handicapés sont un danger pour la société, etc, etc. C'est pourquoi nous appelons aussi l'ensemble des militants qui luttent contre les discriminations et les stigmatisations, à condamner publiquement cette décision."

Pour sa part, l'Inter-LGBT analyse:

"Ainsi donc, il apparaît désormais que déclarer l'homosexualité inférieure à l'hétérosexualité ou, pire encore, qu'elle est une menace pour la survie de l'humanité relève de la liberté d'expression. Pour la Cour de cassation, dans un argumentaire étonnant pour une institution de la République, cela n'aura d'ailleurs eu pour effet que de heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, comme si la majorité des personnes hétérosexuelles n'avaient pas elles-mêmes été choquées par de tels propos."

L'interassociative "regrette vivement qu'un élu puisse ainsi s'abriter derrière la liberté d'expression et s'en prévaloir en toute impunité pour dénigrer une partie de ses concitoyens, mis au ban de la société et désignés comme indignes de la communauté nationale. Elle le déplore et s'en inquiète."

"La décision survenue est scandaleuse car elle valide et banalise les propos injurieux et discriminatoires de Christian Vanneste", a estimé, dans un communiqué, le Collectif contre l'homophobie (CCH), basé à Montpellier.

"Cet arrêt est un encouragement à l'injure et à la haine qui peut mettre à mal les fragiles acquis en faveur du respect des personnes homosexuelles", a ajouté le Centre lesbien, gai, bi et trans (LGBT) de Paris-Ile-de-France, dans un texte distinct.

Les propos du député "conduisent à mesurer la valeur des individus en fonction de leurs sexualités" et "légitiment les coups portés sur les homosexuels", a pour sa part estimé l'association Homosexualités et socialisme (HES, proche du PS), dans un troisième communiqué.

Les associations estiment que la cour ne se serait pas prononcé de la même façon s'il s'était agi d'un autre type de discrimination. "Remplaçons les mots hétérosexuels et homosexuels par blancs et noirs, pouvons-nous imaginer un seul instant, la cour de Cassation rendre la même décision?", interroge le Centre LGBT. "Cela témoigne encore une fois d'une hiérarchisation insupportable des discriminations", estime le CCH.

Enfin, Tjenbé Rèd, association noire et métisse homosexuelle, estime qu'en "établissant une hiérarchie entre les haines, la Cour de cassation fait plus que donner un blanc-seing à M. Vanneste et aux homophobes de tout poil". "Elle démontre que la loi de 2004 est une imposture."

Cette association appelle à un rassemblement silencieux mercredi 19 novembre devant la Cour de cassation "pour rendre hommage aux victimes de l'homophobie".

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14 novembre 2008

Un préfet noir, belle opportunité ou "petit coup spectaculaire" ?

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Un préfet noir, belle opportunité ou "petit coup spectaculaire" ?

                               

      


   

Pierre N'Gahane, préfet des Alpes de Haute-Provence (Rémi Leroux/Rue89)

Pierre N'Gahane a-t-il bénéficié d'un effet Obama? Pierre N'Gahane est-il une exception française? Un symbole? Pourquoi n'y a-t-il pas plus de Pierre N'Gahane en France?

Ce mercredi, le premier préfet noir de la République s'est plié au jeu des questions des nombreux journalistes présents dans les salons de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Nommé préfet des Alpes de Haute-Provence en Conseil des ministres le matin, Pierre N'Gahane occupait depuis un an et demi les fonctions de préfet délégué à l'Egalité des chances à la préfecture de région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Il l'assure: sa nomination ne doit rien à l'Obamania ambiante. Ce que la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait déjà affirmé un peu plus tôt, rappelant qu'il s'agissait avant tout de "la reconnaissance des qualités d'un homme qui exerçait déjà les fonctions de préfet".

"Ma nomination était dans les tuyaux depuis quelques temps"

Cette promotion, explique Pierre N'Gahane, était "dans les tuyaux depuis quelques temps" et il s'agit d'un simple "hasard de calendrier dont il faut se réjouir".(Voir la vidéo)


Comme un fait exprès, en début de semaine, Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), était reçu par le président de la République pour faire entendre ses arguments en faveur de la discrimination positive.

"Le pur produit de la méritocratie républicaine"

Il expliquait toute l'importance que les hommes politiques français se saisissent de l'élection de Barack Obama pour enfin "passer aux actes":

"La société française a fait des progrès mais ils ne sont pas assez importants par rapport aux défis qu'il fallait relever. Elle pourrait s'inspirer de ce qu'a fait la société américaine. C'est un chemin extraordinaire alors qu'il y a quarante ans les Noirs n'avaient pas le droit de vote!"

Pour Patrick Lozès, la nomination de Pierre N'Gahane est "de l'ordre du symbole, important, un signe donné par le président de la République mais un signe qui ne suffit pas":

"Il ne faut pas négliger la force symbolique de cette décision. Elle donne un horizon aux plus jeunes. On est aussi en train de dire à ceux qui sont les plus doués que les discriminations n'entraveront plus leur marche en avant."

Pierre N'Gahane est, insiste-t-il, "le pur produit de la méritocratie républicaine, qu'il faut saluer". Un argument qui fait s'étrangler Samuel Thomas, le vice-président de SOS Racisme, rarement sur la même longueur d'ondes que le représentant du Cran:

"On ne résoudra rien des problèmes de discriminations dans ce pays avec une politique spectacle. Présenter ce nouveau préfet comme étant le quota de noir de l'Etat français, c'est prendre le risque de le sacrifier, de lui faire porter une pression énorme, comme ce fut le cas pour Aïssa Dermouche."

Samuel Thomas met en opposition le ramdam médiatique autour du préfet N'Gahane et "la politique de discrimination d'Etat" menée notamment à l'encontre des sans-papiers:

"Comment un Etat peut-il justifier deux positions aussi radicalement opposées? Tout un coup, on va nous faire croire que la France est devenue anti-raciste parce qu'un préfet noir a été promu... C'est un petit coup spectaculaire, ce n'est en rien une rupture."

"Je ne suis pas une caution du gouvernement"

Faut-il alors voir dans la promotion de Pierre N'Gahane le signe d'un passage à l'acte sincère des politiques ou un nouveau coup de com' opportuniste de Sarkozy?

Pierre N'Gahane, lui, refuse qu'on le considère comme la "caution du gouvernement" et préfère insister sur son parcours, ses compétences. A ses yeux, il s'agit moins d'incarner cette "diversité" que d'accompagner "une évolution de la société qui va dans le sens de l'histoire":

"L'histoire de l'immigration en France s'est faite par couches successives. L'intégration des populations qui venaient d'autres pays d'Europe n'était pas acquise. Aujourd'hui cela évolue très positivement et quelques-uns ont déjà presque fini le parcours".(Voir la vidéo)


Très républicain dans sa conception d'une intégration "à la française", Pierre N'Gahane avait répondu sur ce thème à Rue89, au printemps dernier.

La notion de "parcours", de "cheminement" pour s'intégrer "à la communauté nationale" est revenue souvent dans son discours. (Ecouter le son)


Né au Congo-Brazaville d'un père camerounais contrôleur des impôts, Pierre N'Gahane est arrivé en France à l'âge de 20 ans. Il a notamment été doyen de la faculté libre des sciences économiques de Lille à l'âge de 33 ans. Pas prédestiné à embrasser une carrière dans le corps préfectoral, il a finalement accepté il y a un an et demi ce poste de préfet délégué à l'Egalité des chances à Marseille.

Une fonction qu'il a occupée pleinement, très "visible" sur le terrain, dans les quartiers marseillais notamment. Le 24 octobre dernier encore, il lançait le Club diversité, dont l’objectif est de favoriser l’implication de la société civile de la région Provence Alpes Côte d’Azur sur ce thème.

Dans une interview accordée au Figaro Magazine à paraître, Pierre N'Gahane estime "gênante" la notion de quotas. "Il faut d'abord privilégier la compétence des personnes", dit-il.

En juin, celui qui était encore préfet délégué à l'Egalité des chances nous avait cependant expliqué que "d'autres pays pratiquent cette politique (des quotas) sans que cela provoque autant d'émotion qu'en France". (Ecouter le son)


Nous l'avions par ailleurs interrogé sur sa vision de la politique d'expulsion massive conduite par le gouvernement alors que lui-même accueillait ce jour-là en Préfecture des personnes à qui il allait remettre leur certificat de naturalisation française:

"Vous devenez, leur avait-il expliqué, au même titre que les autres citoyens, dépositaires d'un précieux héritage, celui de la Nation. Et de son côté, la France est heureuse de vous accueillir en son sein."

Pierre N'Gahane avait ensuite mis en balance le nombre de naturalisations et d'expulsions dans les Bouches-du-Rhône, révélant les contradictions de l'administration. (Ecouter le son)


Photo: Pierre N'Gahane, préfet des Alpes de Haute-Provence (Rémi Leroux/Rue89)



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12 novembre 2008

Désobéir aux policiers, ça s'apprend

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sur le terrain

               

Désobéir aux policiers, ça s'apprend

                               

 


   

Les Désobéissants enseignent comment gêner la police et gérer les médias. Ils veulent essaimer partout en France.

(De Meisenthal, Moselle) La scène se passe fin octobre à Meisenthal, dans les Vosges. Une douzaine de jeunes, répartis en policiers et manifestants, miment dans un centre culturel l’occupation de la centrale nucléaire de Fessenheim, devant les yeux de son directeur, "M. Sans-Souci", alias Xavier Renou, porte-parole des Désobéissants.

Xavier Renou, que les lecteurs de Rue89 connaissent bien (voir notamment ses actions il y a peu à Vichy et son interview), était venu pour animer un stage sur la "désobéissance civile", organisé au sein d’un forum social local appelé "Octobre verre". (Voir la vidéo)



Ce n’était pas une première pour le médiatique porte-parole, puisqu’en deux ans d’existence, les Désobéissants -c'est-à-dire Xavier Renou la plupart du temps- ont déjà animé une quarantaine de stages similaires.

Parmi les participants, des militants anti-pub, des faucheurs volontaires, des membres du Réseau éducation sans frontière, etc. Les Désobéissants ont même assuré des formations express pour les étudiants de Nantes, lorsqu’ils ont bloqué leur université en novembre 2007.

"Les militants formés sont plus efficaces"

"Nous sommes issus de la lutte contre le nucléaire militaire", explique Xavier Renou, ancien responsable de cette campagne chez Greenpeace:

"Nous avons pu observer l’organisation des groupes d’opposition européens lors des contre-sommets de l’Otan notamment. Puis en rentrant en France, on s’est dit qu’il était dommage de ne pas faire profiter les militants français de nos connaissances."

Appliquant une stricte discipline face aux forces de l’ordre et les techniques de Greenpeace quant aux rapports avec les médias, les Désobéissants entendent aussi faire école dans les grandes régions françaises, pour que ces savoirs se diffusent dans tous les collectifs en lutte.

"Les militants formés sont plus efficaces", enseigne Xavier Renou à ses stagiaires:

"Nous n’avons pas le même accès aux médias que nos adversaires, qui peuvent se faire inviter sur les plateaux de télévision. Donc, le message essentiel de la lutte doit passer pendant les quelques minutes que les médias nous accordent et ce, quelle que soit la question du journaliste."

Un militant bien formé, voici à quoi ça ressemble face à la caméra. (Voir la vidéo)



"A l’heure actuelle, nous disposons de 3 000 à 4 000 personnes prêtes à servir pour des luttes diverses", estime Xavier Renou:

"C’est encore trop tôt pour entrer dans une démarche professionnelle, d’autant que nous voulons maintenir des prix d’accès à nos stages les moins élevés possibles (actuellement, 20 euros par personne). Mais il y a une très forte demande de la part d’associations diverses et nous sommes déterminés à y répondre."

Vidéo: David Thiriet

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07 novembre 2008

"Casse-toi pov'con" : 30 euros avec sursis pour Hervé Eon

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"Casse-toi pov'con" : 30 euros avec sursis pour Hervé Eon

                               

      


   

Hervé Eon (Audrey Cerdan/Rue89).

Hervé Eon, le militant de gauche qui avait dégainé une pancarte sur laquelle était écrit "Casse toi pov'con" au passage de Nicolas Sarkozy, a reçu ce jeudi vers 14 heures la décision du tribunal correctionnel de Laval: il est condamné à une amende de trente euros avec sursis.

Retour sur les faits: le 28 août, Hervé Eon se rend à vélo à la manifestation organisée à Laval à l'occasion d'un déplacement présidentiel.

Sur le chemin, il est arrêté par la police qui lui reproche cette pancarte de la taille d'un document A4. Il sera finalement poursuivi par le parquet pour "offense au chef de l'Etat" (délit passible de 45 000 euros d'amende).

"Malgré tout, une décision politique"

Le parquet réclamait 1 000 euros d'amende. Pour son avocate, Me Dominique Noguères, cette décision est donc "à double facette":

"D'un côté, il s'agit d'un désaveu pour le poursuivant, puisqu'au lieu d'avoir 1 000 euros, le parquet n'a que 30 euros avec sursis. Mais, de l'autre côté, ça reste une condamnation quand-même, et ce n'est pas satisfaisant dans la mesure où il s'agit malgré tout d'une décision politique.

A l'audience, le président s'était pourtant montré plutôt compréhensible, incrédule d'avoir à juger pareille histoire. Mais il n'a pas eu le courage qu'il lui fallait pour aller jusqu'à la relaxe."

Son client, joint par téléphone à la sortie du tribunal, jeudi après-midi, envisage très sérieusement de faire appel. Il a dix jours pour le faire mais semblait avoir fait son choix :

"C'est une condamnation symbolique mais une condamnation quand-même. Or puisque nous sommes sur le terrain symbolique, je veux être relaxé. Je suis militant, je n'ai pas envie de lâcher le morceau."

Chloé Leprince


Article suivi: Les visages de l'outrage : enquête sur un délit en vogue

Hervé Eon (Audrey Cerdan/Rue89).


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