Mon Mulhouse3

Base d'articles de presse pour : http://monmulhouse.canalblog.com/ RETROUVEZ MOI sur : http://monmulhouse.canalblog.com/

09 octobre 2008

169 francs-maçons menacés pour une histoire de femmes

http://www.rue89.com/sites/all/themes/rue89dev/layout/rue89_logo.gif

Droit de suite

               

169 francs-maçons menacés pour une histoire de  femmes

                               

      

   

   

Peut-on initier des femmes ? Depuis que cinq loges ont osé le faire, c'est la crise ouverte au Grand Orient de France.

Initiation d'un apprenti franc-maçon vers 1800 (Wikipedia).

Cette fois, c'est bien la crise au Grand Orient de France : la première obédience maçonnique de France n'en finit pas de se déchirer depuis que cinq loges ont initié des femmes. Car le GODF, traditionnellement, est masculin, contrairement à d'autres obédiences (nettement plus modestes numériquement), mixtes ou 100% féminines.

Le 24 mai, une loge parisienne, Combat, avait ravivé un débat confraternel très nourri en ouvrant ses colonnes à une soeur. Un séisme pour la mouvance de 50 000 membres.

Depuis, des procédures ont été ouvertes par la hiérarchie du Grand-Orient. Deux sont déjà en appel, tandis que les trois dernières passeront devant le tribunal maçonnique le 18 octobre. Car le nouveau Grand Maître, élu sans suprise au dernier convent (l'assemblée annuelle du GODF) début septembre, n'a finalement pas renoncé aux poursuites.

Il a même décidé d'avancer d'un cran spectaculaire : convoquer -toujours devant le tribunal maçonnique- 169 frères d'un coup. Les courriers sont partis en fin de semaine dernière. Cette fois, il ne s'agit pas de suspendre collectivement une loge, mais bien de demander la suspension individuelle de tous les maîtres des loges qui ont dérogé aux statuts et initié des femmes.

Intrigues, manipulations et menaces de procédures judiciaires

C'est un internaute maçon, qui est sur la liste des 169 destinataires, qui nous a alerté. Et fourni au passage les documentenvoyés aux réfractaires.

A Rue89, Pierre Lambicchi assurait mercredi soir que l'obédience dont il a pris la tête n'est pas sexiste, « pour la bonne raison que des femmes peuvent assister mais pas être initiées ». Crise d'autorité pour mater les vélléités d'indépendances de certaines loges ? Manipulation par certains frères du nouveau chef ?

Un second internaute, déjà interviewé à plusieurs reprises sur le même sujet et responsable d'une des loges initiatrices de femmes, s'interroge toujours sur les dessous de cette décision historique, lui qui est allé mardi à La Poste récupérer sa lettre recommandée -un coup au plexus, même si je m'applique à faire bouger les choses.

Lambicchi argue pour sa part que les frères rebelles auraient continué à intriguer dans son dos, malgré le moratoire qu'il leur a proposé, le 18 octobre, lorsqu'il les a reçus rue Cadet, siège du GODF.

La réplique aura été brutale mais logique, assure le Grand maître qui attend toujours que le convent se prononce au fond, comme le veut la procédure, l'an prochain. (Ecouter le son)


Répétant qu'avec internet ( »le meilleur et le pire), il y a toujours un mail qui traîne sur le bureau du voisin, il affirme avoir voulu sanctionner non pas les initiations du début de l'année (des procédures étaient déjà là pour ça), mais le prosélytisme qui aurait toujours bon train selon lui.

Or, pour le Grand maître qui dit ne craindre ni la justice ni la presse, la question des femmes ne risquait pas de se régler par la force, stratégie boule de neige ou pas.

On entre pas au Grand orient comme dans un club de boules

Pierre Lambicchi balaye d'emblée les menaces des frères de passer devant la justice profane (c'est-à-dire celle de tout le monde y compris celle de la République) au nom d'une discrimination illégale. Ces frères qui menacent d'une telle riposte qui serait historique arguent du statut association loi 1901 de l'obédience.

Cardiologue marseillais, Pierre Lambicchi rétorque que la maçonnerie bénéficie d'un statut associatif complexe et que le procès en discrimination serait inepte, parce que on n'entre pas au GODF comme on rentre dans un club de boules. (Ecouter le son)


Parmi les frères rebelles, dont des internautes de Rue89 reçus le 18 septembre par le Grand maître, la plupart nuancent l'imminence d'une action devant la justice républicaine, qui représenterait un précédent complètement inédit pour l'obédience. Tout en entonnant une ferme mise en garde.

Photo : Initiation d'un apprenti franc-maçon vers 1800 (Wikipedia).

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/




Posté par ERICCITOYEN à 10:53 - RUE89.com - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 octobre 2008

Quand le reste du monde est tendu, le Groland est détendu

sur le terrain

               

Quand le reste du monde est tendu, le Groland est détendu

                               

 

       

GRD. Depuis 1992, ces trois lettres sont un signe de reconnaissance. Au milieu des bouchons parisiens ou sur un chemin vicinal de Martigny-les-Gerbonvaux, dans les Vosges, on les lit dans l'ovale blanc où d'autres pare-chocs affichent un « F » ou un “GB”. Ceci fait sans doute de Groland la seule émission du PAF à laquelle des Français s'identifient.

Sur les ponts de la route départementale 1091, des Isérois ont tagué un « G » devant le nom de la rivière du coin, la Romanche. Pour que ce soit tous les jours gromanche, le septième jour de la semaine chez les Grolandais. Les citoyens de la ville d'Angoulême, de la commune libre de Montmartre ou de la région Picardie ont décidé de se jumeler avec le Groland.

Certains de ces patriotes poussent le loyalisme jusqu'à l'ambassade de la Présipauté à Paris. Elle se trouve légèrement à l'écart des quartiers diplomatiques, à La Plaine Saint-Denis, dans cette partie du 9-3 dévolue aux studios télé. L'émission de Canal+ occupe deux bâtiments. L'un abrite le plateau, voisin de celui des Guignols de l'Info, et l'autre, la production, qui fait aussi office de représentation diplomatique.

Même la police arbore des autocollants « GRD »

« On a toujours quelques kits citoyens en réserve, au cas où la prod serait fermée », assurent les responsables du casting Isabelle et Isabelle, alias Zabou. Des gens débarquent à l'improviste et repartent avec le kit, deux autocollants et un passeport attestant de leur citoyenneté grolandaise. Même des policiers en uniforme sont venus chercher le leur. « Une fois, j'en ai aussi vu un sur une voiture de patrouille », relate Zabou.

D'autres envoient des demandes par lettre à l'ambassade, 25 par jour en moyenne depuis la création de Groland, il y a seize ans. Les actualités hebdomadaires de la Présipauté attirent jusqu'à 1,9 million de téléspectateurs chaque samedi soir.

L'émission est « déconseillée aux moins de dix ans », mais sans limite supérieure. Beaucoup de « petits vieux” parmi les fidèles, comme parmi les comédiens ou figurants des sketches, qu'on retrouve dans des situations pour le moins baroques. “Les vieux, ils n'ont rien à perdre”, analyse Gustave de Kervern, l'un des auteurs. “Quand t'es en fin de vie, t'es capable de faire n'importe quoi, alors si en plus tu t'amuses… »

« Il y a des gens de droite ici. Pas beaucoup, mais il y en a »

Quand on se promène dans l'ambassade du Groland, on baigne dans une joyeuse ambiance, on jouit de lois beaucoup plus relax qu'en France (on peut fumer dans les bureaux) et on décèle un soupçon de politique sur les affiches épinglées aux murs. « Il y a des gens de droite ici », assure Zabou. « Pas beaucoup, mais il y en a. »

Les auteurs de l'émission, des ados attardés dont le plus jeune doit friser le demi-siècle, revendiquent une sensibilité de gauche, tout en se retrouvant à peu près nulle part dans le paysage politique actuel et en s'amusant à taper tous azimuts. Ils ont une petite idée du profil des Grolandais, et aussi des autres, leurs détracteurs, qui les trouvent « vulgaires ». Ils leur répondent « grossiers ». (Voir la vidéo).


Au Groland, on tape beaucoup sur les voisins français. On s'amuse de la « fra-ter-ni-té » de la politicienne Ségolène Royal. A la télé grolandaise, dont les reporters s'appellent Francis Kuntz, Vincent Marronnier, Houlala Ockrent, Minimio Mougeotte ou Raffini Poivre, on offre une tribune hebdomadaire au philosophe Bernard-Henri Siné. On s'efforce de poser des questions vraiment journalistiques au président de la Présipauté, Christophe Salengro -qui vient de convoler avec la belle et vaine Carlita Bruno. Mais le Président est plutôt fumasse avec les journalistes de la GRORTF.

Pour Sylvain Fusée, producteur et réalisateur depuis les débuts, « Groland, c'est avant tout un truc de sales mômes ».

« On se laisse porter par l'aberration générale », résume Benoît Delépine, plus connu sous l'alias de Michael Kael. « Quand on sent que le monde devient plus absurde que nous, on essaie de trouver le cap d'après. »

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/

Posté par ERICCITOYEN à 18:41 - RUE89.com - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

05 octobre 2008

Contrôle d'Internet en Chine : Skype accusé de collaboration

Contrôle d'Internet en Chine : Skype accusé de collaboration

                               

 

       
Capture d'écran du site de Skype Chine.

Jusqu'où iront les grands groupes internet dans leur collaboration avec le système de surveillance chinois? Après Yahoo et Google, c'est Skype, le système de communication gratuit d'ordinateur à ordinateur, désormais propriété de ebay, qui est mis en accusation par le Citizen Lab, un institut canadien de l'université de Toronto.

Dans un rapport intitulé de manière explicite « Rupture de confiance », le Citizen Lab, dont nous avons déjà parlé ici, affirme que la plate-forme chinoise de Skype, qui est produite en commun avec le groupe hongkongais Tom.com, surveille les échanges de textes entre internautes -chat ou transmission de données-, et garde en mémoire sur des serveurs situés en Chine tous ceux qui contiennent des mots clés jugés sensibles par rapport au contexte politique chinois.

Selon ce rapport, signé Nart Villeneuve, un spécialiste des questions de censure sur internet, les mots clés surveillés ont trait à toute forme d'opposition au pouvoir du parti communiste chinois, à la secte Falungong ou à l'indépedance de Taiwan. C'est-à-dire les mêmes mots-clés que le système officiel chinois de surveillance du web.

Les données perso stockées sur des serveurs non protégés

De surcroit, les informations, qui contiennent les données personnelles des internautes, sont stockées sur des serveurs non protégés, avec la clé d'accès.

Skype a réagi en faisant porter le chapeau à son partenaire dans la joint venture Tom-Skype, Tom.com, propriété du milliardaire hongkongais Li Ka-shing. Skype affirme que ce « défaut » a été corrigé dès qu'il a été signalé à Tom.com.

Comme le fait remarquer sur son blog Rebecca MacKinnon, chercheuse qui suit ces questions à partir de Hong Kong,

« le fait que Tom-Skype ait pu mettre en œuvre ce système de surveillance et cette rupture de confidentialité de manière aussi choquante pendant une période de temps significative, montre que ebay/skype n'a pas placé suffisamment d'attention, en tant qu'entreprise, sur les droits et les intérêts de ses utilisateurs. Se passe-t-il autre chose que les utilisateurs de Skype ne savent pas, pas plus que le quartier général de l'entreprise d'ailleurs ? »

la page d'accueil de Skype en chinois

Le plus étonnant est que Skype n'ait pas jugé bon de s'intéresser à ces questions alors que d'autres sociétés sont passées par là, et ont appris la leçon à la dure. Yahoo, en particulier, a vu son image sérieusement écornée par les révélations des informations qui ont été transmises aux autorités chinoises et ont permis, notamment, de faire condamner le journaliste Shi Tao à dix ans de prison. Yahoo a dû s'excuser de manière humiliante, et a compensé les familles.

Et il n'y a pas que Skype. On a appris également que Jimmy Wales, le fondateur de Wikipédia, a été reçu récemment à Pékin par Cai Mingzhao, le vice-directeur du Bureau d'information du Conseil d'Etat, en charge de la censure. Rebecca MacKinnon, qui fait partie du Conseil consultatif de Wikipédia, a eu un échange d'e-mails avec Jimmy Wales à propos de cette rencontre, qui devait rester secrète mais que les autorités chinoises ont unilatéralement rendue publique.

Accepter l'autocensure comme Google pour son moteur de recherche chinois

Dans cet échange, MacKinnon pousse Jimmy Wales dans ses retranchements pour savoir s'il pourrait accepter l'autocensure déjà pratiquée par Google sur son moteur de recherche chinois. Wikipédia est régulièrement censuré en Chine, et de manière de plus en plus ciblée, et la question est évidemment légitime quand le fondateur de l'encyclopédie collaborative rencontre le chef des censeurs… Jimmy Wales répond:

« Nous ne coopérerons jamais avec le blocage ou la censure de tout contenu neutre de l'encyclopédie ».

Mais toute l'ambiguité réside dans le mot « neutre ». Dans le même échange, Jimmy Wales souligne qu'il est ouvert à toute observation concernant la « neutralité » des contenus de Wikipédia, et que si ce contenu n'est pas conforme au principe du « NPOV » (Neutral point of view, la neutralité du point de vue), il sera changé. Ce qui, dans le cas de la Chine, ouvre la porte à toutes les interprétations.

Le paradoxe est que malgré l'importance du système de surveillance chinois, et la collaboration des grands groupes étrangers, internet demeure un espace de liberté très relative mais néanmoins réelle en Chine. On l'a constaté de nouveau avec le scandale du lait frelaté, lorsque des informations censurées dans la presse se sont retrouvées sur le web.

A la différence du scandale du sang dans le Henan dans les années 90, l'information circule, l'opinion se forme et s'informe, des avocats se mobilisent: une société civile émerge dont le gouvernement doit tenir compte. Raison de plus pour considérer comme choquante la collaboration des grands groupes avec ce combat d'arrière garde de la censure.

Photo : capture d'écran du site de Skype Chine.

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/


Posté par ERICCITOYEN à 10:49 - RUE89.com - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

04 octobre 2008

Allemagne : riche héritier sponsorise jeune rebelle

Enquete

               

Allemagne : riche héritier sponsorise jeune rebelle

                               

      

   

   

Une fondation allemande rémunère des militants du monde alternatif pour qu'ils se consacrent entièrement à leur cause.

Un militant sponsorisé par Bewegungsstiftung (DR).

(De Berlin) Dans une roulotte de la région de Lüneburg, en Allemagne, vit Cécile Lecomte. Une Française de 26 ans, championne d'escalade, à la carrière de prof écourtée par un militantisme antinucléaire trop envahissant, selon ses employeurs.

Au début de l'année, elle attirait les caméras de toute l'Allemagne pour avoir arrêté seule un train simulant un transport de déchet nucléaire. (Voir la vidéo, sur le site de la WDR.)


Fin septembre, elle passait une journée en prison pour avoir refusé de payer une amende de 5 euros. Depuis qu'elle ne travaille plus comme prof, son militantisme l’occupe à plein temps. « C’est un choix de vie. Je m’engage à plein temps, cela a des conséquences sur ma vie personnelle. » Notamment de vivre avec seulement 300 euros par mois. Ce qui lui suffit, dit-elle. Ou presque.

Depuis cet été, elle a été acceptée dans les rangs des « Bewegungsmitarbeiter », militants super-actifs sponsorisés par la fondation allemande Bewegungsstiftung (fondation du mouvement). Ce qui devrait l'aider à boucler ses fins de mois : si ses actions plaisent, d'autres généreux donateurs pourraient se manifester.

40 à 60 parrains donnent en moyenne 1 000 euros par mois à chaque travailleur.

Cette fondation, qui réunit de riches héritiers, s’est donné comme objectif de changer la société en soutenant les plus virulents de ses mouvements sociaux. Sans oublier les individualités qui les portent.

Sur son site, huit travailleurs des mouvements sociaux peuvent actuellement être parrainés par des donateurs. Chacun a sa fiche de présentation, ses faits d'arme, son pedigree d’agitateur :

  • Jürgen Heiser, 57 ans, militant contre la peine de mort et pour la libération de Mumia Abu Jamal.
  • Edgar Schu, 39 ans, engagé pour les droits des salariés et des chômeurs.
  • Stéphanie Mayfield 22 ans, jeune militante féministe.

Un militant sponsorisé par Bewegungsstiftung (DR)

Libre ensuite à chaque parrain de verser une somme mensuelle au travailleur de son choix. Minimum 10 euros. Le but, c'est qu'ils puissent militer à plein temps. Ils font véritablement un travail, estime Félix Kolb, 34 ans, l'un des créateurs de la fondation:

Nous ne les finançons pas directement. Nous leur offrons une sorte de plate-forme à travers laquelle ils peuvent trouver des sponsors. Aujourd'hui, nous avons en tout 40 à 60 parrains qui donnent en moyenne 1 000 euros par mois à chaque travailleur.

Les fondateurs ? Trois héritiers de moins de 30 ans, militants alternatifs

Les candidatures sont jugées à l'aune de l’engagement politique, et surtout du caractère protestataire des actions. Pas vraiment dans la lignée des fondations caritatives à papa au penchant conservateur.

Sans être affiliée à un parti, la Bewegungsstiftung s'inscrit résolument sur une scène ancrée à la gauche de la gauche. En 2002, les trois fondateurs ont moins de 30 ans, sont tous engagés dans des mouvements alternatifs, et viennent tout juste d’hériter de grosses sommes d’argent.

Qu’en faire ? L’injecter dans l’énergie contestataire, décident-ils. L’initiative séduit d’autres fortunés mal à l’aise avec leur pécule. En six ans d’existence, la Bewegungsstiftung a brassé 3,9 millions d'euros et a réuni 86 donateurs, de tous âges et tous milieux sociaux. L'argent y est employé le plus rationnellement possible pour changer la société sur le modèle de fondations alternatives américaines des années 70 - la Haymarket People Fund's, fondées en 1974.

Une vraie renaissance de fondations plus revendicatives en Allemagne

La fondation est un genre en vogue en Allemagne. L'an dernier, 1 134 nouvelles fondations ont été créées, du jamais vu. Le phénomène s’explique en partie par les nouvelles mesures fiscales favorables mises en place par le gouvernement allemand l’an dernier. Au total, il en existe aujourd'hui 15 500 dans tout le pays qui affichent près de 70 milliards d'euros d'avoirs, selon l'Association fédérale des fondations allemandes (Bundesverband Deutscher Stiftungen).

Toutes sont loin de financer les mouvements de remise en cause de la société capitaliste. « La majorité servent à rendre stable une société injuste », juge Felix Kolb. La sienne, au contraire, attise la fonction protestataire et encourage le changement. Ces dernières années, elle a soutenu les campagnes de mouvements comme Attac ou le groupe LobbyControl.

Mais Kolb note aussi une vraie renaissance de fondations plus revendicatives en Allemagne ces dix dernières années. Comme Umverteilen ( »redistribuer en allemand), l’une des pionnières, créée en 1986 par Ulf Mann et qui affiche aujourd'hui un capital de 18 millions d'euros ; ou Filia, fondation militante (27 donatrices et 236 000 euros redistribués en 2007), qui soutient et encourage un changement de société (...) dans l'intérêt des femmes.

Quand on demande à Felix Kolb s’il regrette d’avoir investi sa fortune dans cette fondation, il répond du tac au tac « je ne regrette rien ». Après un silence, il précise : « Aucun de nous n’a donné tout son argent. »

Photos : des militants sponsorisés par Bewegungsstiftung (DR).

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/




Posté par ERICCITOYEN à 10:38 - RUE89.com - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

30 septembre 2008

Accusé de pédophilie, un policier témoigne dans « Calomnie »

Droit de suite

               

Accusé de pédophilie, un policier témoigne dans « Calomnie »

                               

      

   

   

Christophe Bridou, ex-policier dont l’affaire a été révélée par Rue89, raconte dans « Calomnie », un livre qui vient de sortir, sa longue descente aux enfers après avoir été accusé de pédophilie par l’ancienne ministre Nelly Olin.

Suite à l’ordonnance de non-lieu rendue en juillet 2007, l’heure de la contre-attaque a sonné pour celui qui se dit victime d’une cabale homophobe. Il porte plainte pour dénonciation calomnieuse et saisit la Halde et la Cour européenne des droits de l’homme.

Ancien chef de la police municipale de Garges-lès-Gonesse (Val d’Oise), Christophe Bridou a été révoqué de ses fonctions en 2002 suite à des accusations de Nelly Olin, ancienne maire de Garges-lès-Gonesse et ministre, de détournements de bien public et de recel de photos à caractère pédophile.

Ce jeune père de famille expliquait, à Rue89 en septembre 2007, le cauchemar qu’il a vécu pendant plus de six ans  : l’humiliation de la garde à vue, les perquisitions, la rue, la mendicité, les tentatives de suicide, l’isolement…

Dans « Calomnie », il décrit de façon directe et touchante le calvaire qu’il a vécu au quotidien, puis son soulagement le jour où l’ordonnance de non-lieu a été rendue.

Ayant essuyé un premier refus de réintégration de la part du nouveau maire et suite à l’annonce d’un nouveau délai pour statuer, il menaçait en février 2008 d’entamer une grève de la faim. Finalement, la Justice a pressé le pas et vient de débouter Christophe Bridou de sa demande. Pour lui, c’est évident, les pressions politiques perdurent. (Voir la vidéo.)



« Alors que j’ai suis innocenté sur le plan judiciaire, on ne veut pas reconnaître mon innocence au niveau administratif », soupire l’ex-policier qui a décidé de faire appel.

« On ne veut vraiment pas que cette affaire avance »

En parallèle, Christophe Bridou a porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre son ancien adjoint -« à la tête de l’affaire » d’après lui-, contre Nelly Olin et contre la mairie :

 

« Cela fait plus d’un an que j’ai déposé plainte, aucun nouvel élément n’a été présenté, et pourtant on ne m’a toujours pas communiqué le nom d’un juge d’instruction ! On ne veut vraiment pas que cette affaire avance. Pourquoi Nelly Olin et mon ancien adjoint n’ont toujours pas été entendus par la Justice  ?  »

Appuyé par l’association SOS homophobie, Christophe Bridou a saisi la Halde pour discrimination. Il s’est également rapproché de la Cour européenne des droits de l’homme car, d’après lui, il y a eu violation de l’article 6 de la Convention, qui prévoit que « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue (…) dans un délai raisonnable. »

« Entre le moment où j’ai été mis en examen et l’ordonnance de non-lieu, plus de six années se sont écoulées. Un temps record ! […] J’aimerais que mes accusateurs s’expliquent et me demandent pardon, qu’il y ait une Justice en France. Dans ce pays, les innocents sont très mal perçus. On a du mal à parler de l’affaire d’Outreau, de l’affaire Dreyfus. On n’en parle pas car ça gène. »

En attendant de réintégrer la police, Christophe Bridou est gardien à mi-temps. Et ne gagne que 500 euros par mois, une fois les pensions alimentaires déduites. Mais après de longues années de séparation, il passe enfin du temps avec son fils : (Voir la vidéo.)




Article suivi  : Un policier accusé à tort de pédophilie par une ministre

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/





Posté par ERICCITOYEN à 09:19 - RUE89.com - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

29 septembre 2008

« Jeunesse française, adhère à TF1 » : manif de droite, le retour

Sur le terrain

               

« Jeunesse française, adhère à TF1 » : manif de droite, le retour

                               

      

   

   

Vous connaissiez leurs slogans chantant les louanges du CAC40 ou encore le célèbre « Pas d’allocs pour les dreadlocks » ? Nouvel épisode des « Manifs de droite », vendredi soir. Le rendez-vous était prévu sur le coup de 20 heures devant la mairie du IIIe arrondissement.

Pourquoi le quartier du Marais  ? Parce que c’est là -rue Charlot, plus précisément, que se sont installés depuis peu les candidats de la nouvelle saison de la Star Ac’. Or cette arrivée du programme de téléréalité a fait des vagues dans le quartier, et pas mal de riverains ont protesté ces dernières semaines.

Elitiste et snob, ce rejet  ? Ce n’est pourtant pas les voisins anti-Star ac’ mais bien TF1 que la fausse « manif de droite » a taclé durant une petite heure, vendredi soir, en défilant avec Johnny et Sardou en guise de fond sonore.

Toujours la même acuité côté slogans avec, entre autres mots d’ordre, « moins de festivals, plus de quinzaines commerciales », « du caca dans nos têtes, TF1 sur toutes les chaînes », « plus de police, moins d’artistes », « tous tout seul, tous tout seul » et leur désormais fameux « la culture ça fait mal à la tête ». (Voir la vidéo).



Si les slogans n’ont rien perdu de leur verve, la manif de vendredi n’a pas rassemblé autant de monde que les précédents épisodes, en revanche. Une conséquence de la présence des Verts comme co-organisateurs de l’événement  ? En terme d’image, l’opération pourrait toutefois se révéler payante pour le parti écologiste  : on comptait une vingtaine de journalistes, vendredi soir.

Mathilde Hiesse et Chloé Leprince

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/





Posté par ERICCITOYEN à 10:50 - RUE89.com - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 septembre 2008

Les vidéos du premier débat entre McCain et Obama

Les vidéos du premier débat entre McCain et Obama

                               

      

          

   

   

Ci-dessous, quelques extraits du débat, dans l’enceinte de l’université du Mississipi, vendredi soir, entre les sénateurs John McCain et Barack Obama, candidats à la présidence. Les deux hommes se sont affrontés sur les causes de la crise financière, Obama l’attribuant au laisser faire de l’administration Bush.

A lire aussi

Pas de moment décisif pour le premier débat McCain-Obama

Barack Obama a également durement critiqué son opposant sur la guerre en Irak. Selon un sondage de CBS réalisé à chaud sur 500 électeurs « indécis », Barack Obama est sorti vainqueur pour 39% d’entre eux, 25% donnant l’avantage à McCain.

Introduction

Le célèbre journaliste Jim Lehrer demande  : « Quelle est votre position sur le plan [actuellement en discussion au Congrès, ndlr] pour sortir de la crise financière  ?  »

Obama  : « Nous devons agir rapidement, et sagement en protegeant le contribuable… Pas un centime ne doit financer des parachutes dorés. »

McCain  : « Nous parlons ici de gens qui perdent leur boulot et leur maison. » Il se réjouit que démocrates et républicains se retrouvent à la même table pour négocier un plan. « Ce n’est pas le début de la fin, c’est la fin du début » de la crise, selon lui.




Faut-il baisser les impôts  ?

McCain  : « Il faut commencer par reprendre le contrôle des dépenses publiques à Washington. »

Obama  : « Le sénateur McCain propose 300 milliards de réductions d’impôts pour les plus riches et les grandes entreprises (…) Moi je propose des réductions d’impôts pour 95% des citoyens ». McCain est pour un gel des dépenses publiques « sauf pour les vétérans et la défense », Obama est contre.




Les priorités de la politique économique

Obama  : Nous devons atteindre l’indépendance énergétique d’ici dix ans, grâce aux énergies renouvelables ; nous devons réparer le système de soin ; nous devons investir dans les sciences, la technologie, l’éducation, nous devons investir dans les infrastructures

McCain : Il faut reprendre le contrôle de l’administration ; le coût du système de défense échappe à tout contrôle…




De l’économie à l’Irak

McCain défend l’énergie nucléaire. Il estime que la guerre est en train d’être gagnée, grâce au changement de stratégie qu’il a inspiré (le « surge »).




L’Irak toujours

Obama  : « Vous essayez de faire croire que la guerre en Irak a commencé en 2007. »

McCain  : « J’ai bien peur que le sénateur Obama ne confonde la tactique et la stratégie (…) le sénateur Obama refuse de reconnaître que nous sommes en train de gagner en Irak. »




Le Pakistan

Obama  : « L’administration Bush a donné beaucoup d’argent au Pakistan, sans résultats. »
McCain  : « Je ne suis pas prêt à les menacer, comme le sénateur Obama semble vouloir le faire. »




L’Iran

McCain voit dans l’Iran une « menace sur l’existence même de l’Etat d’Israël » : « Nous ne pouvons permettre un second holocauste (…) Avec les Français, les Britanniques, les Allemands, nous pouvons changer le comportement de l’Iran ». Il propose des sanctions.

Obama  : « Ce à quoi on assiste, c’est au gonflement de l’Iran (…) On a besoin de sanctions plus sévères. On a besoin d’une diplomatie musclée. »




La Corée du Nord

McCain  : « La Corée du Nord est le régime le plus brutal sur terre. »

Obama  : « On ne doit pas espérer résoudre des problèmes avant de commencer à dialoguer. »




Sujets divers…

Obama accuse McCain d’être contre les énergies alternatives. McCain réaffirme son engagement contre la torture.




… et variés

Obama  : « Cette administration a été obsedée par l’Irak, et a négligé tous les autres dossiers. »
McCain  : « Obama n’a pas l’expérience pour assurer la sécurité des Américains. »




Bonus

Les préparatifs du débat. Jim Lehrer explique les règles du jeu  : « Pas de huées, pas d’applaudissements. »




A lire aussi  : Pas de moment décisif pour le premier débat McCain-Obama

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/

Posté par ERICCITOYEN à 17:19 - RUE89.com - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

25 septembre 2008

PS : quatre « rassembleurs » et autant de divisions

PS : quatre « rassembleurs » et autant de divisions

                               

 

       

Royal, Delanoë, Aubry et Hamon s’affronteront au congrès de Reims. Avec le risque qu’aucune majorité claire ne se dégage.

Delanoë, Aubry, Royal et Hamon, mardi à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

Ségolène Royal a inventé un nouveau sport, et il se joue à seize. Soit le nombre de « premiers signataires » qui figurent sur sa motion pour le congrès du PS. Une motion intitulée « Tous ensemble, fiers d’être socialistes ». « Ensemble », « Rassemblement »… Il fallait afficher un parti uni, mardi au conseil national du parti.

La cloche a sonné, toutes les motions sont déposées. « Elles sont au nombre de six », annonce d’emblée à la tribune François Rebsamen, numéro deux du PS. Avant de se reprendre aussitôt, pour interroger ironiquement  : « Il n’y en a pas une septième qui vient de tomber  ?  »

Non, il y en a bien quatre majeures et deux plus confidentielles. Chaque famille est rassemblée, mais bien malin est celui qui peut prédire dès aujourd’hui le nom du futur Premier secrétaire, tant ces dits rassemblements cachent un parti morcelé en quatre pôles de force quasi égale.

Royal et son « équipe soudée »

Ségolène Royal est donc arrivée groupée, refusant de confirmer si sa candidature à la tête du PS était ressortie du « frigidaire ». Elle a présenté « une équipe soudée », capable d’incarner « une nouvelle façon de faire de la politique » et de participer aux débats d’idées  : « La fiscalité, l’avenir des systèmes de retraite, la révolution sociale dans l’entreprise… » (Voir la vidéo.)



A côté de ses alliés de longue date, la rejoignent les barons locaux de La ligne claire, le porte-parole du parti Julien Dray, ainsi que Manuel Valls, l’électron libre de l’aile droite du PS.

Pour illustrer cet esprit d’ »équipe », elle n’est pas montée elle-même à la tribune, laissant trois de ses lieutenants la représenter, dont François Rebsamen qui, surfant sur la vague fédératrice, a constaté que « les propositions des uns et des autres se ressemblent fort ».

Delanoë « assume toute l’histoire du PS »

Avant cette invention d’un premier signataire à seize têtes, la dernière nouvelle tombée était le ralliement de Pierre Moscovici à la motion de Bertrand Delanoë. Pierre Moscovici qui a tout tenté pour présenter son propre texte et sa propre candidature, mais -faute de partenaires- a dû se résigner à abandonner son leitmotiv « tout sauf un présidentiable au poste de Premier secrétaire ».

« Il a choisi l’immobilisme avec François Hollande », persifflaient les persiffleurs. « Mais ce Premier secrétaire, on l’a fait ensemble », leur a répondu dans son discours Bertrand Delanoë. Et de poursuivre  : « J’assume toute l’histoire du Parti socialiste, de François Mitterrand à François Hollande. »

Lui aussi entend endosser les habits de rassembleur, car il sait « qu’après le vote des motions, il y a d’autres rassemblements »  : « Si j’étais élu Premier secrétaire, je rassemblerai tous les socialistes sans exception. » Y compris les fabiusiens  ? « Bien sûr  ! » (Voir la vidéo.)



Hamon en rassembleur « historique » de la gauche du parti

Après Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, c’est au tour de Benoît Hamon de prôner l’unité, et même un « rassemblement historique » de toute la gauche du PS, « ce qui n’est jamais arrivé depuis 1971 ». Il a réuni sur son nom sept des vingt-et-une contributions (ces textes déposés fin juin avant d’être fondus en plusieurs motions en vue du Congrès et de l’élection du Premier secrétaire).

Dans son sillage  : Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Liennemann, Gérard Filoche… Tous unis pour parler d’abord du fond et faire face à « l’échec et l’impasse des solutions libérales » -il a pris comme exemple à la tribune « les milliards injectés par l’Etat américain pour sauver ses banques »-  :

« J’ai beaucoup de fierté aujourd’hui de pouvoir défendre une orientation exigeante en matière de restriction au libre-échange, de réorientation de la construction européenne, de redistribution des richesses, de réhabilitation du rôle de la puissance publique dans le champ économique, d’une meilleure transparence sur les marchés financiers. » (Voir la vidéo)



Aubry ne veut pas « se rassembler comme au Mans »

C’est finalement celle qui a rassemblé depuis le plus longtemps qui a le moins fait parler d’elle. Martine Aubry a ratissé large, des fabusiens aux strausskhaniens. A la manœuvre, on retrouve le maître ès stratégie du parti, Jean-Christophe Cambadélis, qui devra redoubler d’efforts pour faire cohabiter les « zigzagueurs » professionnels, Jack Lang, Laurent Fabius ou encore Arnaud Montebourg.

Mais elle le promet  : hors de question de « se rassembler comme au Mans [lors du dernier congrès de 2005, ndlr] sans avoir débattu », sans avoir arrêté une orientation claire. Elle l’affirme  : « Rien ne serait pire que nous soyons rassemblés sans apporter une réponse forte aux Français. » (Voir la vidéo, avec nos excuses pour la mauvaise qualité du son)



Les deux autres motions n’ont pas pour vocation de porter un leader à la direction du parti, mais ont valeur de témoignage. Le pôle écologique emmené par Christophe Caresche entend mettre l’accent sur « l’urgence environnementale ». Et Franck Pupunat d’Utopia ne veut rien moins que « construire un autre monde ».

Deux motions qui ne devraient pas attirer beaucoup de voix. Ce qui n’empêchera pas toutefois qu’une nette majorité aura beaucoup de mal à se dégager du congrès de Reims, et que le scénario redouté ne se produise  : essayer de rassembler plus de 50% des Français à la présidentielle de 2012 avec un parti emmené par un Premier secrétaire ne représentant pas plus de 30% des adhérents socialistes.

Photo  : Delanoë, Aubry, Royal et Hamon, mardi à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/




Posté par ERICCITOYEN à 08:10 - RUE89.com - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 septembre 2008

SOS Attentats : Françoise Rudetzki jette l’éponge

SOS Attentats : Françoise Rudetzki jette l’éponge 

                               

      

   

   

Françoise Rudetzki, présidente de SOS Attentats, en 1999 (Charles Platiau/Reuters).

La démarche est assez stupéfiante : Françoise Rudetzki, l’inlassable combattante des victimes du terrorisme a décidé ce week-end de dissoudre son association, SOS Attentats. Les victimes n’auront donc plus de visage.

Au fil des années, on s’était habitué à voir sa silhouette cassée sur des cannes hanter toutes les cérémonies commémoratives du terrorisme. Victime en 1983 d’un terrible attentat toujours non élucidé, alors qu’elle avait trente-cinq ans, ayant eu à subir vingt-deux opérations pour se reconstruire, et atteinte du SIDA par transfusion, Françoise Rudetzki avait depuis consacré sa vie à son action. Elle avait fondé cette association en 1986 pour venir en aide à toutes les victimes du terrorisme.

D’emblée elle avait bénéficié du soutien sans faille du juge Jean-Louis Bruguière. Avec son appui constant, mais aussi avec celui de la presse unanime, en vingt-deux ans elle a pratiquement réussi à imposer un véritable statut juridique des victimes.

Leur indemnisation par la création d’un fonds de garantie, la création d’une contribution de solidarité nationale sur les contrats d’assurance qui finance l’indemnisation intégrale des préjudices physiques, psychologiques et économiques subis par les victimes, quelle que soit leur nationalité, et par les Français de l’étranger, c’est elle.

La reconnaissance du statut de victime civile équivalent à celui des victimes de guerre et la possibilité pour les associations de se porter parties civiles lors des procès, offerte par une loi de 1990, c’est elle.

Le mémorial de toutes les victimes du terrorisme, à l’Hôtel national des Invalides, à Paris, c’est elle. L’an passé elle a été reçue par le Président Sarkozy, devenant ainsi une sorte d’icône de la lutte antiterroriste. En septembre devant les participants au symposium des Nations unies organisé par le Secrétaire général Ban Ki-Moon, on a encore entendu sa voix, à la fois chaleureuse et terriblement prenante.

Françoise Rudetzki a ainsi largement contribué à mettre au premier rang des préoccupations les victimes dans le domaine de la sécurité. Mais lors du symposium, elle a proposé une initiative majeure qui n’a pas été retenue : l’adoption rapide par l’ONU d’une Convention générale sur le terrorisme international et l’inclusion du terrorisme dans les compétences de la Cour pénale internationale (CPI).

La présidente de SOS Attentats est convaincue que seule la justice permet de lutter contre le terrorisme et que l’impunité doit être rejetée. Selon elle, une meilleure coopération policière et judiciaire doit être mise en place au sein de l’Union européenne et de la communauté internationale tout en respectant les droits de la défense et des victimes. Et c’est probablement là où le bât blesse. Tout le monde est d’accord pour avancer, sans avancer plus.

Aujourd’hui Françoise Rudetzki constate que nombre de procédures judiciaires se sont heurtées à divers obstacles. Et d’abord à la « raison d’Etat », comme dans l’affaire du DC-10 d’UTA qui a sauté au-dessus du Tchad en 1986. La Libye a été accusée, certains auteurs identifiés, mais les citoyens libyens condamnés à Paris en 1999 n’ont jamais été extradés vers la France et « les relations avec la Libye ont été normalisées en dépit des 170 morts », dénonce-t-elle.

Elle tempête aussi contre la « lenteur judiciaire ». Sans compter sa propre affaire jamais tirée au clair, restent au point mort des procédures sur les attentats revendiqués par Carlos en 1982-83 ou encore sur la bombe à la station Port-Royal en décembre 1996. Troisième obstacle, et non des moindres : l’absence de coopération judiciaire entre les pays.

Françoise Rudetzki a donc considéré qu’à 60 ans il était temps de passer la main… à l’Etat, auquel elle suggère de mettre en place « une structure avec des moyens humains et financiers plus importants ».

L’Association ne serait plus un outil adapté. Il faut dire qu’elle a perdu voilà un an son plus efficace soutien quand le juge d’instruction Jean-Louis Bruguière a pris sa retraite après avoir longuement, mais en vain, ferraillé pour faire déboucher sur une véritable procédure judiciaire l’enquête sur l’attentat du DC10.

Entre temps le président Kadhafi a été reçu à l’Elysée. Notre héroïne a tiré ses conclusions en se retirant de la scène publique.

Photo : Françoise Rudetzki, présidente de SOS Attentats, en 1999 (Charles Platiau/Reuters).

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/




Posté par ERICCITOYEN à 10:04 - RUE89.com - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

22 septembre 2008

Hortefeux veut limiter les droits des étrangers en rétention

A la Une

               

Hortefeux veut limiter les droits des étrangers en rétention

                               

      


   

Bras de fer entre le ministre de l’Immigration et la Cimade, qui œuvre dans les centres de rétention - combien de temps encore  ?

Fillon et Hortefeux au CRA du Mesnil-Amelot en juin 2007 (Joel Saget/Reuters).

Brice Hortefeux et la Cimade, association chargée depuis des années de l’assistance aux sans-papiers dans les centres de rétention, ont engagé en coulisse un bras de fer qui menace de tourner cette semaine à la polémique nationale.

Le ministre de l’immigration a publié un appel d’offre qui confine les associations autorisées dans les centres dans le rôle de simple fournisseurs de documents et qui limite leur droit d’expression publique. La Cimade considère que de telles contraintes, posées dans un appel d’offre publié le 22 août dernier, limiteraient grandement l’accès au droit des personnes retenues dans ces centres, en attente de leur expulsion. Une réunion de la dernière chance est prévue au ministère, ce lundi après midi.

Le président de la Cimade, Patrick Peugeot, déplore un nouveau « coup » visant à durcir la politique d’immigration  :

« Cela fait un certain temps que le ministre manifeste son insatisfaction, et se plaint d’une trop grande liberté dans notre mode d’expression. »

L’appel d’offres publié le 2 septembre, qui vise à sélectionner les structures habilitées à intervenir dans les centres (et que la Cimade remporte traditionnellement, faute de concurrence) exige un devoir de neutralité et de confidentialité.

Auparavant réservé aux associations, cet appel d’offre est désormais ouvert à toute « personne morale » (ce qui peut inclure par exemple des cabinets d’avocats) désireuse de candidater à une mission « d’information, en vue de l’exercice de leurs droits, des étrangers maintenus dans les CRA ».

Tout est en place pour que la Cimade refuse ces conditions et soit remplacée par des structures plus dociles.

L’habileté du ministre

Pour présenter cette réforme, Hortefeux a habilement retourné un argument avancé par la Cimade, qui avait évoqué sa difficulté à assumer, seule, sa fonction, compte tenu de l’accroissement du nombre de personnes en rétention. Présente depuis 1985 dans les CRA, elle n’était pas opposée au principe de l’ouverture et avait même réalisée un partenariat avec le Secours catholique. (Voir la vidéo, émission Le 7/10 du 8 septembre 2008 sur France Inter.)



Pour Jérome Martinez, délégué Ile-de-France de la Cimade, Hortefeux utilise une ficelle un peu grosse :

« Avec la construction en permanence de nouveaux CRA, la mission s’est alourdie. Nous nous sommes donc prononcés pour la possibilité d’ouvrir cette mission à quelques autres associations. En revanche, certains des propos qui ont été tenus par Brice Hortefeux sur France Inter sont mensongers. Nous n’avons jamais dit que notre charge de travail était trop importante. Nous n’avons pas lancé d’appel au secours. »

Une mission limitée à une distribution de documentation  ?

Aider un étranger à faire une demande d’asile, à réaliser un recours contre une obligation de quitter le territoire français, à préparer une audience devant le juge des libertés et de la détention est le lot quotidien de la Cimade  :

« Les personnes sont perdues quand elles arrivent dans les CRA. Souvent, elles ne maîtrisent pas bien la langue. Sans une aide juridique, elles ne sont pas en mesure de se défendre. Quant aux avocats, ils sont la plupart du temps commis d’office. Ils ne rencontrent leurs clients qu’une vingtaine de minutes. »

Jérôme Martinez se demande si cette aide sera toujours possible à partir de janvier 2009. Dans le dernier appel d’offres remporté par la Cimade, il était question de mission « d’information et d’aide à l’exercice des droits des étrangers », expression que l’on retrouve mot pour mot dans un décret du 23 août. Mais l’appel d’offres du 2 septembre 2008 ne parle que « d’information en vue de l’exercice de leurs droits »…

Dans le cahier des clauses techniques de cet appel d’offres, il est précisé que les titulaires doivent assurer des permanences et mettre à la disposition des étrangers des documents d’information. Mais pas de précisions sur la possibilité ou non de réaliser des recours contre des décisions administratives.

Jérôme Martinez dénonce « un énorme retour en arrière pour les droits des étrangers » et revient sur le contexte dans lequel ces textes ont été adoptés  :

« Si l’objectif visé par le gouvernement est d’accélérer les reconduites à la frontière des personnes, une des possibilités est de réduire le nombre de recours contre des décisions administratives. En juillet, le rapport de la commission Mazeaud a mis l’accent sur la nécessité de “remédier à l’encombrement des tribunaux” par le contentieux des étrangers. »

Rue89 a contacté le ministère de l’Immigration pour éclaircir ce point, mais celui-ci n’a pas donné suite à notre demande d’interview.

Mot d’ordre :  discrétion

Autres points très inquiétants selon la Cimade  : le devoir de neutralité et de confidentialité. L’appel d’offres prévoit que « le titulaire s’engage à respecter une stricte neutralité au regard des situations individuelles rencontrées, que ce soit dans ses publications, ses communications publiques(…) » Et en cas de non respect de la neutralité, « l’administration peut résilier le marché sans indemnité ». Le titulaire doit également « faire preuve de discrétion » et s’engage à ne pas divulguer « des faits ou des informations sur des situations individuelles ».

La Cimade y voit une interdiction de fait de « la fonction fondamentale de témoignage » dans les CRA. En effet, chaque année cette association dresse, dans un rapport, l’état des lieux des conditions d’accueil dans les CRA. Réaction de Jérôme Martinez  :

« C’est un recul plus de vingt ans en arrière. Ce ne serait vraiment pas dans l’intérêt des pouvoirs publics d’interdire ce regard extérieur. Tout le monde pourrait alors dire que les CRA sont des zones de non droit, puisqu’il serait impossible de savoir ce qu’il s’y passe. De plus, la transparence permet de limiter les excès des policiers. »

Interviewé sur France Inter par Nicolas Demorand, dans l’émission Le 7/10 du 8 septembre 2008, à la question  : « les associations n’auront plus le droit de faire des rapports du type de celui de la Cimade  ?  » , Brice Hortefeux a répondu  : « ça, on le verra dans l’attribution ».

Les personnes morales ont jusqu’au 22 octobre pour répondre à l’appel d’offres.

La perte d’un vision générale de la situation dans les centres de rétention

Dernier point de désaccord  : l’appel d’offres prévoit une répartition des vingt-deux CRA en huit lots. D’après la Cimade, qui était d’accord pour envisager une collaboration entre deux ou trois associations de défense des droits des personnes, « ce démantèlement va conduire à une perte de vision générale de la situation dans les centres de rétention ».

Si le ministre maintient ses exigences, il est probable que la Cimade renonce à candidater, malgré l’énorme expérience qu’elle a acquise depuis près d’un quart de siècle. France Terre d’Asile attend de connaître la position de cette dernière pour répondre ou non à l’appel d’offre.

La Croix Rouge a renoncé. Le Secours catholique souhaite obtenir des renseignements sur le devoir de neutralité et de confidentialité, avant de se prononcer. L’Ordre de Malte veut aussi des précisions, mais affirme « avoir envie d’y aller ». Quant à Forum réfugiés, il compte poser sa candidature.

Photo  : Fillon et Hortefeux au CRA du Mesnil-Amelot en juin 2007 (Joel Saget/Reuters).

Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/





Posté par ERICCITOYEN à 08:10 - RUE89.com - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »