28 décembre 2008
Brésil : la telenovela de Carla et Nicolas
Brésil : la telenovela de Carla et Nicolas
Les Grimaldi, les Windsor, tous les habitués des pages people peuvent
dormir tranquille, le couple royal français est là pour prendre la
relève. La preuve: quand Carla et Nicolas se rendent au Brésil, c’est
tout un pays qui rêve…
(ChristinaT - Flickr - cc)
Martine fait du camping ? Dépassé. Martine a une étrange voisine ? Le suspense est nul. Martine et l’âne Cadichon ? Sans doute le meilleur de la série. Mais
ça ne marche plus dans les cours d'école... Non, ce qui fait un tabac
aujourd'hui, ce sont les aventures du couple Sarkozy. Après Carla et Nicolas au pays des pyramides, après Carla et Nicolas chez la reine Elisabeth, leur dernière aventure, Carla et Nicolas au pays des favelas,
fait un carton ! A commencer auprès des Brésiliens. Ces bouffeurs de
telenovelas jusqu'à l'indigestion se délectent de la visite du couple
présidentiel. Enfin, ils délectent plus de Carla que de Nicolas... Son « sourire » et « l'attention qu'elle porte à tous et à toutes » les enivrent. Son « charme » et sa façon si sympathique de dire de dire « bye-bye » les fait chavirer. La « primeira-dama » « impressionne » même les ados qui la trouvent « bonita »…
« Je ne suis plus une croqueuse d’hommes » Bref, les Brésiliens et leurs médias en sont tout simplement fous : plus de 9 000 entrées sur le Google News local ! Sarkozy en joue et son épouse leur rend bien. Elle leur offre une « interview choc » dans le Marie Claire local qui titre à la « une » : « Je ne suis plus une croqueuse d’hommes ». À l’intérieur, Carlita se livre encore plus qu’elle ne l’a fait face à l’indécrottable Lolo Boyer. Impossible ? Apparemment les journalistes brésiliens ont l’art d’accoucher leurs interlocuteurs : « Je ne peux plus séduire parce que j'aime mon mari (…) Je ne veux pas lui faire de mal », explique la belle qui n’est pas avare pour deux sous en confidences. A la question « Quelle est la première chose que votre mari vous dit en rentrant à la maison ? », Madame Sarkozy ouvrirait presque la porte de la chambre conjugale aux regards indiscrets : « Nous sommes de jeunes mariés. Nous ne disons pas grand-chose, nous avons les baisers » !
« Une icône aussi française que la Tour Eiffel » Mais comme l’explique nos confrères du Post, tous les médias du pays de la samba ne sont pas dupes. Peu de temps avant l'arrivée des duettistes, Carta Capital, un hebdomadaire indépendant, se moquait d'eux : «
En réponse à l'Année du Brésil en France, en 2005, cette fois c'est la
France qui vient promouvoir chez nous le spectacle de sa riche
diversité. Et pour montrer que c'est du sérieux, Nicolas Sarkozy sera là avant le début de l'année de la France. (…) Le
président sera accompagné pour le toast du nouvel an... Regardez-moi
ça! De Mme Sarkozy. Carla Bruni est italienne, mais elle est
aujourd'hui une icône aussi française que la Tour Eiffel ou la chaîne
de magasins Monoprix. »
En
France justement, on manie beaucoup moins l’ironie. Et même si la
plupart des médias rappellent que ce voyage a permis de vendre cinq
sous-marins et cinquante hélicoptères Super-Cougar, nombreux sont ceux
qui se jettent corps et âmes dans le people. I-Télé nous
gratifie même d’une image touchante de Nicolas et Carla enlacés alors
qu’ils assistent à un concert de Gilberto Gil et Charles Aznavour. Le Figaro lui non plus, n’y échappe pas. Mais au passage, il nous livre une confidence clairevoyante d’« un membre de la délégation » française : « [Carla] a quasiment plus de travail que son mari ». Merci mais ça, on l’avait remarqué !
Jeudi 25 Décembre 2008 - 13:23
Marianne2.fr
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20 décembre 2008
La droite ne souffre pas de la récession
La droite ne souffre pas de la récession
La droite parie sur une récession courte et légère. A l’UMP, comme au gouvernement, on veut croire que tout sera terminé fin 2009. Il suffit d’y croire.
(Photo Adam Tinworth-Flickr-cc)
La
crise économique sera courte et limitée, foi d’UMP ! C’est le message,
un rien auto persuasif, qui court dans le parti majoritaire et au
gouvernement. Il fallait se pincer pour y croire, mercredi dernier :
l’UMP en convention sur l’économie a multiplié les messages, façon
méthode Coué, pour se faire croire que l’effondrement de l’économie
nationale serait un épisode passager. Les participants ont écouté sans
moufter le message d’Alain Minc, invité d’honneur du député Frédéric
Lefebvre. Le banquier « d’affaires » en est sûr : « la crise sera limitée, comme en1993 » et d’ajouter, un rien dédaigneux : « une récession à -1%, c’est pas cher payé ». Ils ont aussi écouté François David, Patron de la Coface (société d’assurance-crédit) marteler : «
c’est une crise récurrente, comme on en voit tous les dix ans depuis
1970 (…) n’écoutez pas ceux qui vendent la peur comme Jacques Attali,
l’OCDE, et DSK !» La crise serait donc courte : « 18 mois à 2 ans ». On voit que François David ne fait pas partie de ceux qui souffrent le plus du recul de l’emploi.
De
l’UMP au gouvernement, le message est quasiment le même : « pas
d’affolement ». En présentant le « plan de relance de l’économie »,
adopté ce matin en conseil des ministres, le trio en charge, c’est à
dire Christine Lagarde, Patrick Devedjian et Eric Woerth, s’employait à
minimiser. L’Insee a beau prévoir un recul de 0,8% du PIB au quatrième
trimestre 2008 suivi de deux autres trimestres toujours en retrait et
des destructions d’emplois par centaines de milliers dans le secteur
privé (plus de 360.000 postes perdus en un an dans le secteur marchand
non agricole), cela ne devrait changer ni la prévision de croissance du
gouvernement (entre +0,2 et +0,5% pour 2009) ni même son objectif de
déficit public. «Aujourd’hui on n’est pas techniquement en récession», s’obstine Christine Lagarde.
Tout va très bien Madame la marquise
Patrick Devedjian clame haut et fort qu’il a « compté chaque euro »
du plan qu’il est sensé mettre en œuvre, paraît-il 26 milliards,
pendant que son collègue du Budget Eric Woerth se dit incapable de
calculer quel trou cela représente dans les finances publiques ! « On aura bien le temps de réviser les prévisions », s’amuse même la ministre de l’Economie. Le trio zen chargé de l’économie semble parti pour atteindre les sommets du comique !
Las,
ce « tout va très bien Madame la marquise » pourrait tourner vinaigre.
En 2008, l’Elysée et Bercy jugeaient l’Insee trop pessimiste. Nicolas
Sarkozy prétendait ignorer ses prévisions, au motif qu’elles seraient
révisées, ce qui est bien le moins pour des prévisions. Et donc le
gouvernement n’a pas vraiment anticipé la crise de l’économie réelle
dont l’Insee avait signalé les prémisses dès la fin du second semestre
de cette année. La preuve : le projet de budget 2009 présenté fin
septembre ne prévoyait toujours pas de mesures anti-crise. Ce retard à
l’allumage produit des effets néfastes, puisque les mesures du plan de
relance n’auront d’effets importants qu’à partir du 3ème trimestre
2009. En attendant, les licenciements s’accumulent, en particulier chez
les sous-traitants de l’automobile. Mais patience, puisqu’on nous dit
que c’est passager…
Vendredi 19 Décembre 2008 - 16:59
Hervé Nathan
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15 décembre 2008
Fiscalité verte : l’erreur libérale de l’Europe
Fiscalité verte : l’erreur libérale de l’Europe
Par Laurent Pinsolle. L'accord des 27 sur les quotas d'émission de gaz carbonique n'est pas l'énorme progrès qu'on nous présente. Sur certains points, c'est même un recul. Sur d'autres, il est d'un libéralisme inquiétant.
(Photo Taras Kalapun-flickr-cc)
Hier, les 27 sont finalement parvenus à un accord sur les quotas
d’émission de gaz carbonique pour les prochaines années. Si l’on peut
être content que l’Europe avance sur ce sujet, au contraire des
Etats-Unis, les solutions adoptées pêchent par un tropisme ultralibéral
dangereux.
Un mécanisme a priori séduisant
Si le mécanisme « triple 20 » (20% de réduction des gaz à effet de serre, 20% d’énergies renouvelables, 20% d’économies d’énergie) n’est pas nouveau, les Européens devaient se mettre d’accord sur la façon d’y arriver. Si Nicolas Sarkozy a eu le mérite de permettre un accord, l’honnêteté devrait faire souligner que cet accord a été obtenu en assouplissant les règles puisque le paiement complet des droits à polluer pour les entreprises n’interviendra qu’en 2019 au lieu de 2013 ! Comment habiller un recul comme un progrès.Le mécanisme des droits à polluer est intellectuellement intéressant. Après tout, il s’agit de donner (puis de vendre) des droits à émettre du CO2 aux entreprises, qui peuvent ainsi se les échanger sur un marché carbone où la tonne de CO2 a un prix. Ainsi, les entreprises pour lesquelles il est le plus facile et moins cher de réduire leurs émissions peuvent vendre leurs droits aux entreprises pour lesquelles cela est le plus difficile. Par le mécanisme du marché, la baisse des émissions se concentre là où elle fait le plus de sens économiquement. Et il suffit de réduire le nombre de droits pour réduire la pollution.
Un système qui multiplie les effets pervers
Mais ce recours au marché pose de nombreux problèmes. De manière assez surprenante, l’hebdomadaire anglais ultralibéral The Economist, longtemps enthousiaste à son égard, l'a constaté. Premier problème : la variabilité des prix de la tonne de carbone. Comme tout marché, son prix varie beaucoup à la hausse comme à la baisse. Et dans ce cas précis, la variation trop forte des cours agit contre l’environnement puisqu’elle ne permet pas de construire des plans de financement solides pour les investissements visant à réduire les émissions de gaz carbonique. Résultat, les industriels tardent à investir pour réduire leurs émissions devant l’incertitude de la rentabilité de ces investissements.Le deuxième problème, bien exposé par le second article du Monde, est la perte de compétitivité induite pour les industriels européens. En effet, quand les cimentiers européens affrontent leurs concurrents étrangers, notre système de paiement des droits d’émission de CO2 agit comme un coût supplémentaire face à autres entreprises. Résultat, l’instauration de ce système risque de les pousser à délocaliser dans des pays où il n’y a pas de taxes carbone. Bref, le système européen, s’il fera baisser la pollution sur notre continent risque de seulement l’exporter, avec nos emplois !
Il y a des solutions alternatives !
Là encore, et de manière surprenante, la solution a été suggérée par The Economist. L’hebdomadaire ultralibéral s’est converti à un système de taxation étatique plutôt que basé sur le marché ! Le raisonnement est assez simple : en annonçant à l’avance l’évolution des taxes carbone et leur progression, les gouvernements permettraient aux industriels d’investir par la visibilité qu’ils donneraient à la rentabilité de ces investissements. Ainsi, une taxe carbone serait beaucoup plus efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre qu’un marché du carbone.Se pose alors la question de la taxation du carbone. La taxation directe des industriels pose de nombreux problèmes car elle pousse à la délocalisation, à moins de mettre en place une taxe mondiale, ce qui est très peu probable. En revanche, en instaurant une taxe à la consommation en estimant le CO2 émis par chaque produit (sur un principe proche du bonus malus automobile), cela permettrait d’éviter de pénaliser les industriels européens. Naturellement, cela serait complexe, mais en ciblant les produits qui génèrent le plus de pollution, il serait possible d’avoir un effet important. Naturellement, cette taxe devrait être neutre pour le consommateur et se substituer proportionnellement à la TVA.
L’Europe reste figée dans un schéma extrêmement dangereux pour le maintien d’emplois industriels sur le continent. Les 27 n’ont fait que reculer une échéance qui donnera du temps aux industriels pour délocaliser. Pourtant, il existe des solutions à la fois plus efficaces et qui préserveraient l’emploi.
Sources :
Lemonde.fr : Ultimes négociations entre européens autour du paquet climat-énergie;
Lemonde.fr : Une facture jugée encore trop lourde par les industriels;
Retrouvez le blog de Laurent Pinsolle, cliquez ici.;
Samedi 13 Décembre 2008 - 18:08
Laurent Pinsolle
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12 décembre 2008
Suppression de la pub: Sarkozy a recopié le livre blanc de TF1 !
Suppression de la pub: Sarkozy a recopié le livre blanc de TF1 !
Télérama s'est procuré un document secret qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers temps: le livre blanc de TF1, censé avoir inspiré Nicolas Sarkozy lorsqu'il a annoncé sa décision de supprimer la publicité sur l'audiovisuel public. TF1, n'a effectivement pas à se plaindre, les correspondances entre le livre blanc et le projet de loi sont troublantes.
Le Canard Enchaîné avait déjà évoqué ce fameux « livre blanc de TF1 » qui
aurait fortement inspiré le président de la République au moment
d’annoncer la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. De nombreux députés UMP, invités à la table de Nonce Paolini y ont également eu accès.
Télérama s’est procuré ce document d’une vingtaine de pages et en livre sur son site des extraits qui montrent les compétences, en matière de lobbying, des dirigeants de TF1. Troublant.
«
Le financement du service public de l’audiovisuel devrait être
clarifié. France Télévisions regroupe de nombreuses chaînes, dont trois
réseaux nationaux hertziens analogiques et capte ses ressources à la
fois par un financement public et par des recettes publicitaires. Ce
groupe finance ses besoins à hauteur de deux tiers par des fonds
publics (le Contrat d’objectifs et de moyens de France Télévisions
prévoit d’ailleurs une augmentation de 3% en moyenne par an de la
ressource publique affectée à France Télévisions, et de plus de 3,5% en
2008) et un tiers par des recettes publicitaires. Cette « ponction », très significative sur le marché publicitaire, est pourtant minoritaire pour les besoins de financement du groupe public.
Le
financement public dont bénéficie France Télévisions lui permet ainsi
de mener une véritable politique de dumping entraînant une pression
artificielle à la baisse du coût des écrans publicitaires et tirant
l’ensemble du marché publicitaire vers le bas. Ce mode de financement
mixte se révèle donc dangereux pour l’ensemble des acteurs commerciaux
de la télévision. Afin de remédier au sous-financement structurel de la
télévision, il conviendrait de prendre exemple sur le modèle
britannique : celui d’un service public de l’audiovisuel
fort, dont les missions sont clairement identifiées et qui est financé
exclusivement par des fonds publics. Cette approche aurait le mérite
d’assainir le marché publicitaire français soumis enfin aux seules lois
de l’offre et de la demande. Toute augmentation de la redevance
pourrait être perçue comme légitime par les Français si elle leur
permet de bénéficier d’un réel service public émancipé des seules
contraintes d’audience ».
TF1 fait ainsi clairement apparaître son point de vue : la présence d’écrans publicitaires sur le service public dessert « l’ensemble des acteurs commerciaux de la télévision »
et se prononce pour un service public échappant complètement aux
contraintes d'audiences. De quoi éliminer rapidement l'un de ses
principaux concurrents.
TF1 veut relancer la croissance du pays...
Dans
la suite du document, la chaîne du groupe Bouygues se prononce pour
une dérégulation du marché publicitaire de l’audiovisuel, à coups
d’arguments qui laissent pantois : c’est pour relancer la croissance
que TF1 appelle la France à s’aligner sur les règles européennes. Noble
ambition…
« Pour accroître l’investissement
publicitaire en télévision, les pouvoirs publics doivent impérativement
desserrer une réglementation malthusienne de la ressource. La publicité
télévisée est, en effet, un véritable levier de relance de la
consommation et, par conséquent, de la croissance économique ; elle
stimule la demande, encourage la concurrence et développe l’innovation.
Il apparaît, dès lors, paradoxal que, dans le même temps, les pouvoirs
publics se montrent soucieux de relancer la croissance de notre pays
sans chercher, par ailleurs, à libéraliser ce vecteur. Dès lors et afin
de relancer d’une part la croissance et, d’autre part, le développement
de son marché audiovisuel, la France, dont la réglementation se situe
largement au-delà des règles minimales fixées par la Commission
européenne, devrait s’aligner sur les règles régissant les marchés de
nos voisins européens en adoptant les dispositions de cette directive ».
Du copier-coller ou presque...
TF1 fait alors une série de propositions :
- Le déplafonnement quotidien des 144 minutes afin de s’aligner sur le plafond européen de 12 minutes en moyenne par heure;
-
Le passage de l’heure glissante à l’heure d’horloge : l’heure glissante
est en effet une spécificité française en Europe qui complexifie la
gestion de l’antenne;
- L’autorisation d’une seconde
coupure publicitaire dans les œuvres, permettant notamment d’optimiser
l’investissement dans les œuvres de 90 minutes, qui demeurent un genre
apprécié du public mais extrêmement lourd à financer;
- Une libéralisation totale de l’accès du secteur de la distribution à la publicité;
- Un allègement des règles de parrainage (...)
Le recoupement réalisé par Télérama
dit combien Sarkozy et les députés UMP ont été passionnés par cette
exigeante littérature. TF1 n’aura pas eu à se plaindre, le gouvernement
a décidé pour 2009 :
-Le déplafonnement de la publicité sur les chaînes privées en la portant de six à neuf minutes en moyenne par heure;
-Le passage de l’heure glissante à l’heure d’horloge;
-L’autorisation d’une seconde coupure publicitaire dans les films et téléfilms.
Il
n’a pas libéralisé totalement l’accès du secteur de la distribution à
la publicité, qui aurait déstabilisé encore plus la presse quotidienne,
mais autorisé le placement de produits. Une forme de publicité déguisée
et encore plus pernicieuse. Bel effort pour un projet qui visait à la
suppression de la publicité.
Jeudi 11 Décembre 2008 - 13:47
Régis Soubrouillard
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11 décembre 2008
TF1, Danone, Total, Brice Hortefeux… pris en flagrant délit de «wikilissage»
TF1, Danone, Total, Brice Hortefeux… pris en flagrant délit de «wikilissage»
Le magazine L'Expansion a listé toutes les petites retouches que la première chaîne a tenté d'apporter aux pages qui la concernent dans l'encyclopédie en ligne Wikipédia. Mais TF1 n'est pas la seule à soigner son image...
Il y avait déjà ceux qui tentent de se dégoogliser
. Il y a maintenant ceux qui cherchent à se «wikilisser», c'est-à-dire
lisser l'image que donne d'eux l'article qui leur est consacré sur
l'encyclopédie en ligne Wikipédia . Et, surprise, la première chaîne est la plus rompue à cet exercice.
Ainsi, Jean-Pierre Pernaut ne présenterait pas un JT « populaire » mais un « journal de 13 heures plus proche des préoccupations quotidiennes ». Une tentative de modification sur sa biographie, parmi bien d'autres, qui aurait été faite depuis le siège de TF1 ! Le magazine L'Expansion, sur son site internet , a listé dans un tableau (disponible ci-dessous) tous les petits arrangements de la première chaîne avec l'Histoire.
Mais TF1 n'est pas la seule société qui aurait eu de telles pratiques : Danone, Total et bien d'autres se seraient aussi essayées à corriger leur image. Quelqu'un, depuis le ministère de l'Intérieur, se serait même appliqué à faire disparaître de la bio de Brice Hortefeux son appartenance supposée à la bande de joyeux drilles du GUD (le Groupe union défense), un groupuscule étudiant d'extrême droite.
Toutes
ces révélations ont été rendues possibles grâce à un petit malin du nom
de Virgil Griffith. Ce hacker américain a mis en place un outil, le Wikiscanner , qui permet d'identifier les adresses IP de ceux qui « s'amusent » à modifier des pages de l'encyclopédie. Sur la page Wikipédia consacrée au Wikiscanner
(vous suivez ?), on peut par exemple (re)découvrir qu'un employé de la
mairie de Levallois-Perret a tenté d'effacer les condamnations du
premier magistrat de la ville, Patrick Balkany.
Récrire l'Histoire, comment appelle-t-on cette pratique déjà ? Pas de problèmes : la réponse est forcément sur Wikipédia...
Tableau récapitulatif réalisé par le magazine L'Expansion.
Va, lis et reviens :
- Durant la dernière campagne présidentielle, Wikipédia a vu s'affronter des cyber-militants
- Même le fondateur de Wikipédia aurait tenté de réécrire son histoire
Mercredi 10 Décembre 2008 - 20:50
Gérald Andrieu
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Les manifestants anti-CPE étaient-ils secrètement soutenus par Sarkozy?
Les manifestants anti-CPE étaient-ils secrètement soutenus par Sarkozy?
Bruno Julliard, l'ancien leader de l'Unef, invité du Post et du Mouv', a affirmé que Nicolas Sarkozy lui avait apporté son «soutien» lors du mouvement anti-CPE. Pourquoi ? Une manière comme une autre pour celui qui n'était alors que ministre de l'Intérieur de se payer «la tête» de son rival, Dominique de Villepin...
Mercredi 10 Décembre 2008 - 20:29
Gérald Andrieu
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10 décembre 2008
La France célèbre les 60 ans de la Déclaration des droits de l'homme
La France célèbre les 60 ans de la Déclaration des droits de l'homme
10/12/2008 05:35
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Exemplaire de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen présenté le 12 décembre 202 au Sénat à Paris |
La
France célèbre mercredi les 60 ans de la Déclaration universelle des
droits de l'homme, proclamée à Paris, un texte fondateur du droit
international mais dont les valeurs ne sont que partiellement
appliquées et même mises en danger par de nouveaux défis, comme le
terrorisme.
Il y a soixante ans, le 10 décembre 1948, l'Assemblée
générale de l'Onu adoptait à Paris la Déclaration universelle des
droits de l'Homme (DUDH).
Plusieurs manifestations sont organisées à
cette occasion en France, où doit avoir lieu ce mercredi une cérémonie
en présence de représentants de l'Onu, de la Commission européenne, et
d'ONG au Palais de Chaillot, à Paris, où fut adopté le texte.
Inspirée
par la déclaration française des droits de l'homme et du citoyen de
1789 et la déclaration d'indépendance américaine de 1776, la
Déclaration universelle des droits de l'Homme (DUDH) a pour première
origine le traumatisme engendré par la seconde guerre mondiale et le
génocide des juifs par les nazis. "Tous les êtres humains naissent
libres et égaux en dignité et en droits", proclame le premier article
de la déclaration, qui en trente points énumère des droits humains,
civils, économiques, sociaux et culturels, "inaliénables" et
"indivisibles".
Le texte fut adopté par les 58 Etats alors membres
de l'assemblée générale de l'Onu, à l'exception de l'URSS, des pays
d'Europe orientale, de l'Arabie saoudite et de l'Afrique du Sud, qui
s'abstinrent. Car la déclaration est le fruit de débats complexes, et a
été élaborée dans un climat de début de Guerre froide. L'URSS et ses
satellites insistaient notamment sur les "droits réels", économiques et
sociaux, contre les "droits bourgeois" civils et culturels défendus par
les démocraties occidentales.
Ces dernières, de leur côté,
résistaient à l'idée de traduire la déclaration en instrument juridique
contraignant, craignant qu'il ne fût utilisé contre elles par les pays
colonisés. De fait, ce n'est qu'en 1966 que furent adoptés par l'Onu
deux pactes contraignants qui constituent, avec la DUDH, la charte des
droits de l'Homme de l'Onu.
Mais malgré ses ambiguités et les
arrière-pensées qui ont présidé à sa création, le texte de 1948 reste,
selon le mot du juriste français René Cassin, qui participa à son
élaboration, "le premier manifeste que l'humanité organisée ait jamais
adopté".
Sans valeur contraignante, la DUDH a inspiré tous les
traités internationaux de l'après-guerre, et est généralement reconnue
comme le fondement du droit international relatif aux droits de
l'Homme. Les conventions internationales de 1979 contre la
discrimination envers les femmes, de 1984 contre la torture, de 1990
sur les droits de l'enfant, la création de la Cour Pénale
internationale (CPI) en 1998 découlent directement de la DUDH.
Elle
a également inspiré "le droit d'ingérence" et d'assistance humanitaire
chers au chef de la diplomatie française Bernard Kouchner. Pour autant,
elle n'a pas empêché un nouveau génocide, au Rwanda en 1994, ni la
violation quotidienne des droits les plus élémentaires à travers le
monde.
En outre, les droits de l'homme restent une "idéologie",
selon le terme de l'ancien ministre français de la Justice Robert
Badinter, idéologie contestée par des Etats qui dénoncent une vision
purement occidentale et qui remettent en cause son universalisme. "Il y
a un courant souverainiste --chacun est maître chez soi--, représenté
notamment par la Chine, le Venezuela, Cuba ou la Birmanie, et un
courant islamiste, qui estime que les droits de l'Homme sont le produit
d'une pensée religieuse révélée", estimait M. Badinter lors d'une
récente conférence à Paris.
Pour ce militant farouche de
l'universalisme des droits de l'Homme, le monde est entré "en
régression" dans ce domaine, depuis les attentats du 11 septembre et la
politique "désastreuse" menée par les Etats-Unis puis par les
démocraties européennes sous couvert de lutte contre le terrorisme.
"Nous avons renié ce que nous prétendons défendre, et nous en
supporterons longtemps les conséquences", prévoit-il.
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05 décembre 2008
Délinquance infantile: Lefebvre recycle les vieilles lunes de la droite
Délinquance infantile: Lefebvre recycle les vieilles lunes de la droite
En recommandant le dépistage des « troubles comportementaux » dès 3 ans, le porte parole de l’UMP ne fait que ressortir une vieille lune de l’aile dure du parti, dont le rapport Bénisti d’octobre 2004, grande œuvre de flicage orwelienne de la petite enfance, fut l’une des pierres angulaires.
FlickR CC / Belzie
La proposition de Frédéric Lefebvre de dépister les « troubles comportementaux » des enfants dès 3 ans ? « Une vieille lune de la droite »,
soupire-t-on dans les syndicats de magistrats. De fait, l'UMP a connu
quelques précédents de déclarations fracassantes et autres
recommandations déterministes visant à voir dès le plus jeune âge les
germes de la délinquance. Sans même parler de l’entretien du candidat
Sarkozy avec Michel Onfray où le premier situait l’origine de la
pédophilie dans les gênes, les juristes se souviennent avec émotion du rapport Bénisti (député UMP du Val-de-Marne), présenté au ministre de l’Intérieur Dominique de Villepin en octobre 2004.
Des pédopsychiatres partout
Dénoncé
à l’époque par la Ligue des droits de l’homme, le PS et de nombreuses
associations, le texte du député du Val-de-Marne présentait aimablement
l’échec des politiques de lutte contre la délinquance et recommandait
d’agir « au plus tôt » : « Les actions à promulguer entre
3 et 6 ans ou entre 6 et 12 ans sont nettement moins lourdes à mettre
en œuvre que celles qui devront être mises en place à l’adolescence »,
soulignait le rapport. Un joli graphique (voir ci-dessous) situait
entre deux ans et trois ans et demi l'âge des premiers problèmes
d’insertion dans la société (difficultés à s’exprimer en français)
menant directement, selon le même document, au braquage à main armée et
au trafic de drogues dures.
Graphique de la délinquance, du berceau aux barreaux. Extrait du rapport.
Entre trois et six ans, le texte recommandait «
des suivis sanitaires et médicaux réguliers […] dans les structures de
garde de la petite enfance pour détecter et prendre en charge dès le
plus jeune âge, ceux qui montrent des troubles comportementaux. »
Autrement dit, presque mot pour mot, la proposition faite par Frédéric
Lefebvre lundi 1er décembre. Une fois les troubles détectés, les
collectivités locales étaient invitées à mettre en place un « comité de coordination, d’aide et de suivi de l’enfant », des pédopsychiatres étant chargés d'intégrer et former les structures d’encadrement de la petite enfance.
Secret professionnel et « difficultés de valeur » à réviser
Parallèlement
à cette généralisation de la pédopsychiatrie, le rapport recommandait
en sixième proposition une étrange redéfinition de « la notion de secret professionnel »,
sans doute en lien avec les innombrables injonctions à la mise en place
d’une communication plus étroite entre personnels médicaux et référents
de l’enfant…
La composition de la commission. Extrait du rapport.
Toujours dans ce rapport Bénisti, en page 17, un charmant paragraphe explique qu’afin de contrer les « difficultés de valeur » qui empêchent les législateurs de sécuriser à tout va, il serait bon de «
mettre en place des outils statistiques fiables et indiscutables qui
permettent de montrer de façon objectif (sic !) et irréfutable les
difficultés et les actions à mettre en œuvre sans que les valeurs
propres à chacun ne viennent interférer. »
Un casting de choc préfigurant l’UMP sarkozyste
A
l’époque de sa publication, le rapport avait fait un certain bruit du
fait des parallèles nauséabonds entre bilinguisme et délinquance : dans
sa version initiale, le rapport soulignait que le fait que la mère ne
parle pas la langue française constituait le point de départ d’une
exclusion sociale menant à la délinquance, désignant même la langue du
pays de provenance comme « patois du pays ».
Cependant,
Frédéric Lefebvre n'aura aucun mal à faire valoir ses propositions au
sein de l'UMP : les membres de la commission en charge du rapport
Bénisti ont, depuis, pris du galon. Parmi eux : Christine Boutin, Chantal Brunel
(actuellement porte parole du groupe), Christian Estrosi (troisième
vice-président) et quelques grandes figures parlementaires comme Eric Raoult et Lionnel Luca , Guy Geoffroy (promoteur des centres éducatifs fermés), et Christian Vanneste
(récemment blanchi d’une accusation de propos homophobes). Idem pour
les personnes auditionnées : Jacques Crémadeills et David Teillet (à
l’époque chargé de mission et conseiller technique au cabinet de Xavier
Darcos) et une certaine Rachida Dati, alors conseillère technique au
cabinet de Nicolas Sarkozy.
Mercredi 03 Décembre 2008 - 18:02
Sylvain Lapoix
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02 décembre 2008
Xavier Bertrand ne regarde que TF1
Xavier Bertrand ne regarde que TF1
Interviewé dans Télé 7 jours, Xavier Bertrand l'avoue : il adore la télé. Il passe d'ailleurs un temps fou devant. Mais il ne regarde pas n'importe quoi : les séries américaines de TF1, le JT de TF1. Seule concession au service public : il apprécie La chance aux chansons. Une émission supprimée de la grille des programmes en 2000.
Interview de Xavier Bertrand dans le Télé7Jours paru le samedi 29 novembre 2008 en page 154.
Sa série culte était l’«Autobus à impériale», son héros d’enfance
Thierry la Fronde et il regarde en boucle la série «24 heures chrono»…
Eh non, il ne s’agit pas d’Arthur ou de Christophe Dechavanne mais du
ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la
Solidarité, Xavier Bertrand. Interviewé en avant-dernière page de Télé7Jours (samedi 29 novembre), le « Chouchou » confie à Valérie Expert les détails d’une véritable passion qui semble ronger le sommeil du ministre : « ça peut aller jusqu’à 4 heures du matin »,
confie-t-il. On se souvient qu’il avait expliqué dormir 4 heures par
nuit, mais on n’imaginait pas que c’était pour rester la zappette à la
main…
Le choix de Xavier : 90% de privé et 50% de trash
Car à la maison, c’est lui qui tient la télécommande : « C’est comme ça, il n’y a pas de discussion possible, j’y tiens. »
Que ce soit devant le poste du salon ou celui de la chambre à coucher.
Dommage pour son épouse. Car en matière de télé, Xavier a des goûts
discutables: il est un inconditionnel de la télé réalité trash
(«Relooking extrême» ou encore «Fear Factor).
Mais il
y a pire : la quasi-totalité des programmes qu'affectionne le ministre
sont diffusés par des chaînes privées (TF1 en tête). Et lorsqu'il aime
une émission du service public, soit elle est saisonnière
(«Intervilles»), soit elle n'existe plus («La Chance aux chansons»).
Même chose pour le journal télévisé : c'est Claire Chazal ou Laurence
Ferrari. TF1 ou TF1.
Couverture du Télé7Jours paru le 29 novembre 2008.
« Starsky et Hutch, nanana nanana »
Quant aux séries préférées de Xavier, elles sont toutes américaines —
sauf les dessins animés, tous japonais. Incollable sur les génériques,
Xavier Bertrand fredonne sans mal celui de Starsky et Hutch ou de Candy
(il chante, même, précise l’intervieweuse). La fiction française? Pour
le ministre, ça n'existe même pas. Bref, pour Xavier Bertrand les
programmes de France télévision ne méritent même pas un regard. Il
voudrait se faire l'avocat de la loi sur la réforme de l'audiovisuel
public, il ne s'y prendrait pas autrement.
Lundi 01 Décembre 2008 - 17:29
Sylvain Lapoix
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29 novembre 2008
Un autre monde? Chiche!
Un autre monde? Chiche!
Par Hervé Nathan. Oui, le travail solidaire, la finance responsable, le commerce respectueux, c'est possible. Oui, un autre monde, qui ne serait plus régi par les principes ultra-libéraux, est possible. Et Marianne le prouve, dans son prochain numéro.
(photo azrainman-flickr-cc)
La
« pensée unique », celle qui dit : « il ne peut en être autrement »
sévit toujours, hélas. Dorénavant, elle a même une héritière : «
l’esprit du G20 » qu’on peut résumer par : « le marché aura toujours
raison ». De fait, que nous ont proposé les chefs d’Etats et de
gouvernements réunis il y a deux semaines à Washington ? De « préserver le libre marché », ou encore de « sauver le commerce et l’investissement libres ».
Selon les hommes les plus puissants de la Planète Terre, la crise qui
menace de se transformer chaque jour un peu plus ne serait que le fruit
des « excès » qui « ont perturbé les marchés ». Il
suffirait donc, si on les écoute, de corriger les détails forcément
marginaux, pour retrouver les chemins de la croissance. Et tout
reviendrait comme avant ?
Changer le monde, c'est possible
Cette
fable ne tiendra pas. La crise financière est devenue économique,
sociale et morale. Elle appelle donc des solutions globales, bien
au-delà des rafistolages que tentent des gouvernants qui, depuis 30
ans, n’ont eu, eux ou leurs prédécesseurs, de cesse de concéder aux
marchés et à la marchandisation une place de plus en plus large. C’est
ce mouvement qu’il s’agit, pour Marianne, d’interrompre. Rompre avec la
« société de marché », selon le mot de Lionel Jospin,
nécessite qu’on ait l’ambition de dominer les marchés, de leur imposer
les lois de la démocratie et de l’intérêt commun, de retrouver le
chemin d’une véritable égalité entre les hommes, d’un commerce entre
les pays et les continents qui ne mette pas en concurrence les
conditions de vie des hommes et des femmes. Cela passe aussi par la
remise en question fondamentale de l’injonction de consommer toujours
davantage. Cet « autre monde » dont l’avènement apparaît de jour en
jour plus indispensable n’est pas du tout une utopie. Il existe même,
de façon parcellaire, sous nos yeux, enfoui sous la montagne des
préjugés ultra-libéraux. Oui, le travail solidaire, la finance
responsable, le commerce respectueux, tout cela existe déjà. Il suffit
de le mettre en valeur. De le développer. C’est ce que Marianne a
décidé de proposer cette semaine avec son dossier : « Un autre monde ? Chiche ! »
Téléchargez le prochain numéro de Marianne dès 16 h cet après-midi en cliquant ici.
Vendredi 28 Novembre 2008 - 10:32
Hervé Nathan
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