31 décembre 2008
Les vœux sur mesure de Sarkozy
Les vœux sur mesure de Sarkozy
Le Président veut dynamiser le rendez-vous traditionnel avec les Français. Pas de concept de «politique de civilisation», comme l'an dernier, mais un discours plus terre à terre.
LAURE ÉQUY
Ici en octobre 2008. (AFP)
Un générique tout paillettes et symboles pour enrober les très institutionnels vœux du chef de l’Etat, diffusés mercredi à 20 heures. Démarrage en travelling sur une tour Eiffel scintillant en bleu pour marquer la fin de la présidence française de l’UE. «On va être dans les étoiles», s’enflamme-t-on à l’Elysée. On enchaîne sur le drapeau tricolore, l’allocution dans la bibliothèque du Château, et on termine sur le sapin illuminé de la cour d’honneur.
Quelques grammes de fête avant d’entamer une année maigre en réjouissances. Frank Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, a beau promettre un «message positif, lucide, précis», les yeux dans les yeux de quelque 12 millions de téléspectateurs, la prestation présidentielle, sur fond de prévisions catastrophiques pour 2009, risque de tourner au numéro de funambule avec sourire de façade.
Bibliothèque. Sur la forme, la cellule communication de l’Elysée a concocté une nouvelle nouvelle formule, réalisée par Yves Barbara, aux manettes notamment de certains Thalassa. Et ce alors que le cru 2007, annoncé comme un profond lifting de l’exercice rituel, n’a pas franchement été à la hauteur. Le choix du direct, contrairement à ses prédécesseurs qui prenaient la précaution d’un léger différé, n’a pas créé l’effet escompté, Sarkozy étant obligé de cavaler après son prompteur. Du coup, retour à l’allocution enregistrée une heure à l’avance, «dans les conditions du direct». L’incrustation d’un sous-titrage pour sourds et malentendants «exige un délai, invoque l’Elysée, le Président improvise souvent». Celui-ci n’interviendra pas assis mais debout. Non pas de son bureau mais de la bibliothèque, pièce des portraits officiels, mitoyenne du bureau de son épouse. Un «lieu plus intime», adapté au format 16/9e.
Après le grandiloquent concept de «politique de civilisation», l’an dernier, Sarkozy devrait revenir à un discours plus terre à terre et évoquer les réformes au menu de 2009 : celles de l’hôpital, de la formation professionnelle, des collectivités territoriales, du lycée, la loi pénitentiaire, la mise en œuvre du RSA, etc. Pour le volet international, il pourrait s’exprimer sur la situation au Proche-Orient. Impossible de faire l’impasse sur la crise économique, alors que l’Insee prédit un basculement dans la récession et une hausse du chômage : volontariste en diable, le Président devrait marteler que le pays «doit sortir plus fort de la situation difficile» qu’il traverse.
Marathon. Après avoir reçu jeudi des personnes «ayant travaillé la nuit de la Saint-Sylvestre» (personnels soignants, policiers, pompiers), Sarkozy doit poursuivre son marathon des vœux, déjà resserrés en 2008. Le 6, au Liban-Sud, devant les soldats français, le 7 aux parlementaires et conseillers de Paris à l’Elysée, et le 16, au corps diplomatique. Les journalistes fermeront le bal, le 23, Sarkozy comptant leur dévoiler la conclusion des états généraux de la presse. Dernière nouveauté : six déplacements sont prévus pour des vœux thématiques (éducation, sport, culture, sécurité, économie, santé). Histoire, après six mois de présidence de l’UE, de remettre les pieds sur le terrain et le nez dans les dossiers de ses ministres.
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04 décembre 2008
La «Gauche moderne» de Bockel cherche sa place
La «Gauche moderne» de Bockel cherche sa place
Le parti à la gauche de la droite organise ce week-end son congrès fondateur. Mais la formation peine à faire entendre sa voix social-libérale dans la majorité.
LAURE EQUY
Jean-Marie Bockel à Paris, le 24 juillet. (Reuters)
En pèlerin de
l’ouverture, Jean-Marie Bockel veut tenter une nouvelle percée à la
gauche de la droite. Son parti, Gauche moderne, qui revendique mille
adhérents roulant pour Nicolas Sarkozy «en conservant leurs valeurs de gauche»,
tient son congrès fondateur, ce week-end à Suresnes (Hauts-de-Seine).
Un an après sa création. Non content d’avoir conquis une brochette de
transfuges, le président de la République encourageait alors chaudement
les initiatives visant à exploiter son filon.
Son ralliement, juge le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, «n’avait un sens qu’en étant accompagné d’une démarche collective, organisée».
Mais la formation de l’ex-blairiste du PS peine à faire entendre sa
partition social-libérale dans la polyphonie des composantes de la
majorité. «L’apport est encore modeste mais on ne prétendait pas autre chose», avoue un proche.
Lancé pour promouvoir les réformes «que la gauche n’a pas su faire»,
Gauche moderne a buté contre une série d’obstacles. La cote de
popularité du chef de l’Etat, en chute libre dès décembre, l’a d’abord
privé d’un précieux argument de vente. Puis, le score des municipales a
déçu: une centaine d’élus et la mairie de Mulhouse conservée de
justesse par Bockel.
«On n’était pas prêts, on existait à peine. Après les municipales, on a été un peu neutralisés», confie Serge Federbusch, animateur de la fédération de Paris. «Faire plus aurait été mission impossible»,
justifie un proche de Bockel. Après le scrutin de mars, le secrétaire
d’Etat demande confirmation à Sarkozy de la pertinence de ses offres de
service. Et convoque une Journée nationale à Paris, après trois mois de
stand-by.
L’idée de fédérer un pôle de gauche de la majorité
n’a, par ailleurs, jamais pris, les autres ministres d’ouverture ne
voulant pas rempiler pour un nouveau parti. Eric Besson, lui, «n’était pas dans une logique de parti mais de cercle de réflexion», avance l’entourage de Bockel, ne voyant «aucune rivalité mais une complémentarité». Fondateur du club Les Progressistes, «juridiquement un parti» qu’il préfère nommer «mouvement», le secrétaire d’Etat à la Prospective ne veut pas «faire de benchmarking: le jeu des médias a été de tenter de nous opposer ce qui n’a pas de raison d’être».
Mais Bockel sent le vent tourner: «La
diabolisation du Président s’est atténuée, surtout depuis la crise
financière, et l’idée de réformer le pays en sortant du choc frontal
droite-gauche» fait son chemin. Surtout, la «tragédie grecque» jouée par ses ex-camarades socialistes, «plombés par leur manque d’audace», conforte, selon lui, son analyse. Il y voit, «sans [s’en] réjouir», une «opportunité:
Il y a un engouement des sympathisants PS qui, déjà avant le congrès de
Reims, n’en pouvaient plus des querelles et de l’incapacité du parti à
se rénover.»
Des déçus qu’il espère capter aux régionales
de 2010. Et le secrétaire d’Etat assure avoir toujours le soutien de
l’exécutif. Il dit parler à l’oreille du Président, chaque mardi au
petit-déjeuner de la majorité. L’occasion d’avancer ses propositions
comme la flexisécurité ou la création d’un impôt uniforme, la flat-tax.
«Nous sommes des alliés libres, balance-t-il. Si la majorité se droitise ou prend des positions conservatrices, on peut partir.»
Pour
l’heure, Bockel garde son comité de soutien gouvernemental. Si les
ministres d’ouverture ne sont pas au menu du week-end - Fadela Amara
sera représentée par un conseiller et Besson, en déplacement à Vienne,
est excusé -, François Fillon, Rama Yade, Brice Hortefeux, Roger
Karoutchi, Yves Jego et le conseiller spécial de Sarkozy, Henri Guaino
feront notamment le déplacement.
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Opération «un parti pour Bockel»
Opération «un parti pour Bockel»
L’ex-socialiste Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, a fondé ce week-end un nouveau parti gouvernemental, la Gauche moderne. Qui tire les ficelles ?
Réalisé par KARL LASKE
Franssoa59. «Quand Bockel était ministre de la gauche, il désespérait déjà son propre camp à mettre tant de zèle au service du lobby du diesel qui empoisonne la France depuis vingt ans. Le ver était déjà dans le fruit !»
Josan. «Je suis allé voir par curiosité ; il y avait une petite salle ridicule, remplie à 80 % par des militants UMP, idem pour la tribune.»
Mad. «Le parti de Jean-Marie Bockel n’arrivera jamais à s’imposer au sein de la vie politique française, tout comme le Nouveau centre, qui est plus un groupe parlementaire qu’un parti. Un maire et quelques élus municipaux, c’est bien maigre pour un parti de la majorité !»
Volfoni senior. «Au début, j’ai cru à une blague, à une info détournée, en voyant un rassemblement de "gauche" regroupant uniquement des UMP. Mais vu le moment choisi pour la création de cette "chose", tout cela semble bien commandité par l’UMP, ou même Sarko, pour essayer de brouiller encore plus la gauche, et, qui sait, essayer de récupérer quelques dissidents PS, persona non grata sous la nouvelle direction.»
Jaco. «Conséquence du barnum circus de ces derniers temps au PS : Des partis croupions vont se créer par le dépeçage du PS, au nom de la modernité bien entendu.»
Wicky. «Le parti de Bockel est une coquille vide. Bockel est un carriériste qui a trahi son parti en rase campagne. Il fait actuellement des pieds et des mains pour rester au gouvernement où il ambitionne le poste d’Hortefeux. Pas dégoûtée, la Gauche moderne ! Si ce type avait du courage, il aurait démissionné après avoir été viré de la Coopération. Mais voilà, Bockel n’en a pas, il n’a que le courage du traître : attendre sa récompense.»
J-J. «Bockel est un derviche tourneur.»
Alsachien. «J’ai assisté de nombreuses fois à des réunions électorales de Bockel. Les places étaient vides et le vide occupait la première place.»
Jean. «Bockel, en bon sous-marin de l’UMP, espère que ce parti, ni à gauche ni moderne, servira à priver le PS de quelque 1 % grappillé ici ou là. Je ne suis pas sûr que des électeurs de gauche (y compris du centre) se laissent séduire par un parti de gauche avec le Premier ministre et d’autres caciques de l’UMP comme parrains. Au contraire. Il y aura des arroseurs arrosés.»
Sylvain. «A l’époque où il était membre du PS, Bockel était déjà de droite. Il devrait avoir le courage d’adhérer complètement à l’UMP et ne pas salir la gauche en prétendant en faire partie. Car il est foncièrement incompatible d’être de gauche et "rouler pour Sarkozy", c’est de l’escroquerie intellectuelle. Quant aux "réformes que la gauche n’a pas su faire", c’est plutôt normal vu qu’elles n’ont rien à voir avec la gauche. Le PS s’est purgé de ce genre d’olibrius.»
Ya. «C’est drôle comme on arrive à faire dire aux mots l’inverse de ce qu’ils signifient ! Quand la droite fait des lois qui nous ramènent cinquante ans en arrière, c’est une "réforme" ! Quand les patrons licencient, ce sont des plans "sociaux" ! Et quand la droite veut faire croire qu’elle est "sociale", ça s’appelle, la "gauche moderne" !»
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19 novembre 2008
Affaire Clearstream: Villepin renvoyé en correctionnelle
Affaire Clearstream: Villepin renvoyé en correctionnelle
L'ex-Premier ministre est poursuivi pour «complicité de dénonciation calomnieuse» dans l'affaire de la banque luxembourgeoise, point d'orgue de son affrontement avec Nicolas Sarkozy.
(REUTERS)
L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris, notamment pour «complicité de dénonciation calomnieuse» dans l'affaire Clearstream, point d'orgue de son affrontement avec Nicolas Sarkozy.
Selon des sources proches du dossier, les juges, Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, ont signé mardi soir une ordonnance de renvoi qui met un terme à quatre ans d'instruction d'un simple dossier de dénonciation calomnieuse devenu une affaire d'Etat. Le procès devrait avoir lieu en 2009.
L'ancien Premier ministre a immédiatement réagi, dans un communiqué à l'AFP, estimant que «rien ne justifie cette décision de renvoi».
«Tout au long de l'instruction, la vérité des faits et du droit a été détournée au profit d'une seule partie civile qui est en même temps aujourd'hui président de la République, a dénoncé Villepin. Je refuse toute instrumentalisation. Mon seul combat sera celui de la défense des principes pour la vérité et l'indépendance de la Justice.»
Soupçons de machination
Les magistrats soupçonnent l'ancien Premier ministre d'avoir participé à une machination visant à déstabiliser Nicolas Sarkozy avec lequel il était en compétition dans la course à la présidentielle en l'accusant avec d'autres personnalités de posséder des comptes occultes à la chambre de compensation Clearstream.
Dans ce but, de faux listings bancaires avaient été adressés à la justice entre mai et octobre 2004.
Quatre autres protagonistes de l'affaire sont également renvoyés en correctionnelle par les deux magistrats conformément aux réquisitions du parquet: Jean-Louis Gergorin, - il a reconnu avoir adressé les faux-listings à la justice - , un informaticien, Imad Lahoud - soupçonné de les avoir confectionnés - Florian Bourges, un ancien auditeur de la société Arthur-Andersen, et le journaliste Denis Robert, soupçonnés d'avoir été en possession des listings à l'origine de la falsification.
Concernant Villepin, les juges ont été dans leur ordonnance au-delà des réquisitions du parquet qui, le 3 octobre, n'avait pris en compte sa responsabilité que pour les deux derniers courriers de dénonciation calomnieuse (sur quatre envois) adressés au juge Renaud Van Ruymbeke les 20 août et 4 octobre.
Année 2004
Pour le parquet, Villepin avait, à partir de juillet 2004, eu connaissance d'éléments suffisants sur cette affaire pour dénoncer les faits à la justice, ce qu'il n'avait pas fait, se rendant ainsi «par son inaction» coupable de «complicité de dénonciation calomnieuse».
Selon les juges, en revanche, la responsabilité de Villepin s'étend à toute l'année 2004. C'est-à-dire à partir d'une réunion du 9 janvier au quai d'Orsay où, alors ministre des Affaires étrangères, il avait demandé, en présence de Gergorin, au général Philippe Rondot, un spécialiste du renseignement, d'enquêter sur les listings.
(Source AFP)
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04 novembre 2008
Jour J aux Etats-Unis: les premiers bureaux de vote ont ouvert
Jour J aux Etats-Unis: les premiers bureaux de vote ont ouvert
Les premiers électeurs ont pu se déplacer dès minuit dans le New Hampshire pour voter pour leur 44e Président. Le reste des bureaux ouvrira au fil de la journée.
(REUTERS)
Les premiers bureaux de vote pour l'élection présidentielle américaine, qui doit départager le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, se sont ouverts symboliquement cette nuit peu après minuit (6 heures aujourd'hui en France).
Le coup d'envoi de la journée électorale a été donné par les deux petites communes de Hart's Location et Dixville Notch, dans le New Hampshire (nord-est), selon une tradition établie de longue date. Les deux communes comptent ensemble à peine 120 habitants.
Hart's Location, qui a voté républicain lors des derniers scrutins, a choisi cette fois Barack Obama, le favori des sondages au niveau national, qui a obtenu 17 voix contre 10 pour John McCain.
Les électeurs de Dixville Notch ont voté pour Barack Obama par 15 voix contre 6 pour John McCain, rapporte CNN sur son site internet, ajoutant que c'est la première fois que la commune choisit un candidat démocrate depuis 1968.
Hart's Location, qui totalise 42 habitants, réussit tous les quatre ans à minuit à attirer l'attention du pays entier lorsque ses habitants sont les premiers à se prononcer dans les urnes.
L'Etat du New Hampshire autorise les communes qui comptent moins de 100 habitants à commencer les opérations de vote dès que minuit a sonné le jour de l'élection.
La plupart des bureaux de vote de la côte est doivent ouvrir entre 10 heures GMT et 12 heures GMT (entre 11 heures et 13 heures heure française). Plusieurs bureaux de vote dans le Vermont (nord-est) accueilleront les électeurs matinaux dès 5 heures.
Le reste des Etats-Unis doit commencer à voter entre 13 heures et 15 heures GMT, rejoints par l'Alaska à 16 heures GMT et Hawaii à 17 heures GMT.
Source AFP
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02 novembre 2008
Le ministère de l'Immigration «se fout du monde»
Le ministère de l'Immigration «se fout du monde»
Guy Carcassonne, professeur de droit, revient sur l'annulation de l'appel d'offres du ministère concernant l'aide aux étrangers dans les centres de rétention.
Recueilli par CATHERINE COROLLER
Guy Carcassonne est constitutionnaliste et professeur de droit public à Paris-X. Il analyse l’ordonnance rendue jeudi par le tribunal administratif de Paris. Infligeant un camouflet à Brice Hortefeux, les juges ont purement et simplement annulé un appel d’offres publié le 22 août par le ministère de l’Immigration. Ce texte visait à chasser la Cimade (service oecuménique d’entraide) des Centres de rétention administrative (CRA) où sont enfermés les migrants en situation irrégulière en instance d’expulsion. Jusque-là, cette association bénéficiait d’une forme de monopole puisqu’elle assistait, seule, ces retenus sur toute la France. A l’avenir, cette mission devait être explosée, la France étant divisé en huit lots et toute personne morale pouvant soumissionner. Objectif du ministère: faire taire une association – la Cimade – jugée trop critique envers sa politique. Interview.
Dans son ordonnance, le tribunal administratif reproche essentiellement à l’appel d’offres du ministère de n’être pas assez exigeant sur la compétence juridique des futurs intervenants puisque leur «valeur technique», selon ses propres termes, n’entre que pour 15% dans les choix d’attribution du marché. Est-ce exact ?
Le tribunal considère effectivement que, compte tenu de la nature de la tâche, on ne peut pas, dans les critères de jugement des offres, n’attribuer que 15% à la qualification juridique «en ne fixant, au surplus, aucun niveau quant au minimum de connaissances juridiques requis». Effectivement, c’est purement et simplement aberrant. A mes yeux, cette assistance juridique pour les étrangers en situation irrégulière est exactement équivalente à ce qu’est l’aide judiciaire pour les Français ou les étrangers en situation régulière. Là aussi, les avocats disposent d’un monopole que personne ne met en cause et qu’il serait assez saugrenu de contester. Et à supposer qu’on le mette en cause, personne ne pourrait juger acceptable que cette même mission soit confiée à des personnes ayant une moindre qualification juridique.
Pour les associations, le plus grave n’était pas là. Elles critiquaient surtout le fait que la France soit divisée en lots. Dans son communiqué publié le jour même du jugement, le ministère affirme d’ailleurs que l’appel d’offres a été annulé «pour un motif de pure forme, tenant aux modalités d’appréciation de la valeur technique des offres», qu’en pensez-vous?
Qu’il se fout du monde. C’est un vrai motif de fond. Ce jugement est parfaitement logique. Le tribunal n’a examiné qu’un seul des moyens [avancés par les avocats, ndlr] et a retenu celui qui emportait l’annulation de l’ensemble de l’appel d’offres.
Le ministère a réagi en disant qu’il allait « engager immédiatement un nouvel appel d’offres». Peut-il reprendre les dispositions du texte qui a été annulé par le tribunal mais qui ne sont pas visées dans l’ordonnance d'annulation?
Il devrait se méfier. L’ordonnance du tribunal dit, en clair «non seulement, on vous annule là-dessus, mais sur le reste, réfléchissez bien avant de vous lancer dans autre chose».
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21 octobre 2008
Prix du carburant : Ségolène Royal dans le gaz
Prix du carburant : Ségolène Royal dans le gaz
DESINTOX
Contre-expertise au quotidien des déclarations et des chiffres du débat public..
CEDRIC MATHIOT
Ségolène Royal (REUTERS)
LA PHRASE
«Ce qui est insupportable aujourd'hui par exemple, c'est le fait que le prix de l'essence ne baisse pas. Moi, j'entends de la révolte par rapport à ce problème de la vie chère. Le prix du brut vient d'être divisé par deux, et ça ne suit pas à la pompe. Le gazole était à 1,5 euro, il est à 1,2 euro. Il devrait être à 0,75 euro. Je peux vous dire que les gens sont révoltés par cette inertie gouvernementale».
SEGOLENE ROYAL CARBURANT
envoyé par liberation
LE CONTEXTE :
Interrogée hier sur Canal Plus lors de Dimanche+, Ségolène Royal dénonce le fait que le prix du carburant ne soit pas strictement indexé sur celui du brut. Ce faisant, elle surfe sur un débat porteur, mais le simplifie à outrance.
LES FAITS :
Ségolène Royal souhaiterait que la baisse du prix du brut (à peu près divisé par deux entre juillet dernier et aujourd'hui) entraîne une baisse semblable du prix du gasoil. Cela n'a pas été le cas, et cela ne sera jamais le cas. L '«inertie gouvernementale» dénoncée par l'ex-candidate à la présidentielle n'y est pour rien. Car Ségolène Royal néglige plusieurs faits :
1) Depuis plusieurs mois, l'Euro perd du terrain face au dollar. Le pétrole étant acheté en dollar, la répercussion de la baisse du prix du brut dans les pompes européennes a donc été (partiellement) limitée.
2) Mais surtout, le prix du carburant à la pompe ne dépend pas seulement du prix du brut. Il correspond à plusieurs autres postes : la marge de raffinage (prix de la transformation du brut en carburant), la marge de distribution (celle des stations essence) et les taxes (TIPP et TVA).
Exemple : le vendredi 10 octobre, le gasoil affichait 1,25 euro à la pompe. Il se décomposait ainsi, selon l'UFC que choisir:
- 64 centimes d'euro de taxes (43 centimes de TIPP et le reste de TVA)
- 61 centimes de prix hors taxe (39 centimes de brut, 13 centimes de marge de raffinage, et 9 centimes de marges de distribution)
Comme l'explique François Carlier, économiste à l'UFC que choisir, «les marges de raffinage, les marges de distribution et la TIPP (43 centimes par litre, prix figé) sont totalement déconnectées du prix du brut». Seule la TVA varie en fonction du prix du pétrole, mais elle baisse (et augmente) en plus faible proportion que ce dernier, puisqu'elle est fonction du prix global du carburant.
Voilà pourquoi Ségolène Royal a évidemment tort de faire croire que le prix du gasoil devrait être divisé par deux parce que le prix du brut l'a été.
En fait, si scandale il y a concernant le prix du carburant en France (spécifiquement le gasoil), il ne tient pas à la reprercussion de la baisse du brut sur le prix à la pompe mais, selon l'UFC que choisir, aux marges de raffinage, qui ont pour ce gasoil explosé en six ans, passant de 2 centimes (en 2002) à 17 centimes (en mai dernier). Explication : un sous-dimensionnement des capacités de raffinage qui explique cette flambée des prix. L'UFC que choisir a dénoncé la semaine dernière cette stagnation des capacité de raffinage en Europe depuis 30 ans (communiqué et étude).
Selon l'association de protection des consommateurs, le prix du gasoil est aujourd'hui trop elévé en France à cause de ces marges de raffinage, environ d'une «dizaine de centimes d'euro». On est loin du litre de gasoil à 75 centimes d'euro...
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14 septembre 2008
Kosciusko-Morizet dénonce "l'extrémisme de la laïcité"
Kosciusko-Morizet dénonce "l'extrémisme de la laïcité"

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie. (Reuters)
"La laïcité, ça doit être quelque chose de naturel qui accepte la religion", a déclaré la ministre de l'Ecologie sur Europe 1, après que Sarkozy ait une nouvelle fois défendu "une laïcité positive" à l'occasion de la visite du pape en France.
afp
LIBERATION.FR : dimanche 14 septembre 2008
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a estimé ce dimanche sur Europe 1 qu'il ne fallait "pas être extrémiste de la laïcité comme on peut être intégriste de la religion" et défendu le concept de "laïcité positive" développé par le président Sarkozy.
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"La laïcité, ça doit être quelque chose de naturel qui accepte la religion", a-t-elle déclaré.
Neuf mois après avoir provoqué la polémique avec son discours prononcé en la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran, le président de la République a de nouveau défendu une "laïcité positive" vendredi en recevant le pape Benoît XVI à l'Elysée. Ce concept a été critiqué par les responsables de la gauche et François Bayrou.
Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, la "laïcité positive" est "une façon de dire que la laïcité doit être quelque chose de serein": "Ce doit être à la fois une séparation nette entre la religion et l'Etat et puis en même temps un dialogue, dire que la religion joue un rôle, accepter son rôle social".
"Avec Edvige, des moyens de transparence, de clarté"
Par ailleurs, interrogée sur le fichier de renseignements Edvige, elle a estimé qu'il "ne faudrait pas qu'à force de bons sentiments on se prive d'outils indispensables". "Des fichiers, il y en a toujours eu. Là, on se donne les moyens de la transparence, de la clarté", a-t-elle dit.
"On peut discuter sur les contenus", a-t-elle nuancé en citant "cette idée pour les mineurs d'avoir un droit à l'oubli" ou "la clarification nécessaire de tout ce qui concerne des données à caractère sexuel ou sur la santé".
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12 septembre 2008
La nuit où l’internaute a cru mourir
La nuit où l’internaute a cru mourir
Fin du monde. Réactions à la mise en service de l’accélérateur de particules.
Recueilli par C.Ma et M.-J.G.
QUOTIDIEN : jeudi 11 septembre 2008
«Et au fait, la fin du monde c’est à quelle heure demain ?»
«C’est quoi cette histoire qu’on va mourir demain ?» ; Allez, on serre les fesses et on attend pour se rendre compte qu’on stressait pour rien.» Etc. Mardi, à la veille de l’inauguration du plus puissant accélérateur de particules jamais construit, la blogosphère s’est fait son petit big bang. Avec des internautes shootés aux mégawatts sur le thème de «On va tous y passer» et du coup que faire de notre dernière nuit sur terre ? Plongée dans les forums et leurs papotages d’avant l’apocalypse. En filigrane, sexe, bouffe et petits délires.
«Merde les mecs je suis puceau, j’ai 15 ans, je mérite pas de crever comme ça.»
«Je veux un orgasme et mourir avec mon fils dans mes bras et nous deux dans les bras de mon homme.»
«Ça me laisse tout juste le temps d’avaler un p’tit déj : champ’, caviar et foie gras sur cracottes !»
«Moi j’ai arrêté le régime ce soir ! Ça me ferait chier de disparaître le ventre vide ! Demain matin, je m’attaque le pot de Nutella entier.»
«Péter un bon coup.»
«Je l’avais noté dans mon agenda.»
«C’est aussi bien comme ça, je sentais pas trop France-Serbie.»
«Youpi, je vais mourir après 30 minutes de boulot, enfin une journée courte.»
«Perso, j’espère que ça arrive : y a pas meilleur moyen de mourir, aspiré par un trou noir.»
«Si c’est la fin du monde, je meurs en cours de maths.»
«Dire qu’on va mourir à cause des Suisses.»
«Du moment que ça fait louper la physique-chimie.»
«Ce qui me tue, c’est que c’est censé être notre dernière soirée et qu’on papote chacun de notre côté chacun sur son PC à 30 mètres l’un de l’autre. Vive la technologie.»
«Une bonne bringue d’enfer avec les gens que j’aime ! Bien se poiler autour d’une bonne bouteille, de bons foies gras, mourir de bonheur, de rire, pas de larmes ou alors des larmes de rire…»
«Waazzzaaaa tout ce que j’ai pas fait dans ma vie !!! Naaaaan. Vite, courir tout nu dans la rue.»
«Je vais me parfumer les parties avec des phéromones de tigre de Sibérie.»
«C’est avec impatience que j’attends le spectacle de la fin du monde. Je serai posté au coin de ma rue, les cheveux flottants aux vents de particules, admirant la dernière aube de l’humanité, tandis que la chaleur de 1 000 soleils nous tombera dessus.»
«Ah ! oui, j’oubliais un truc : avant de partir, juste prendre rendez-vous pour là-haut parce que j’ai la foi, que je crois en Dieu et que je sais qu’un jour on se retrouvera, ne flippez pas. Dieu dit dans la Bible que la fin du monde maintes fois sera annoncée mais n’arrivera qu’au moment où on ne s’y attendra pas !»
«Heureusement que j’ai pas gagné à l’Euromillions.»
Hier matin, le pire n’étant pas arrivé, il s’en est trouvé un pour lancer : «La fin du monde a toujours pas eu lieu les gars !» Ce à quoi un autre a répondu : «Ça peut merder en fin de journée.»
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01 septembre 2008
Eco-Terre Alerte aux pesticides dans les aliments
Alerte aux pesticides dans les aliments

(Reuters)
De nouveaux seuils européens doivent remplacer les limites fixées actuellement au niveau national. Ce qui va entraîner une augmentation «spectaculaire» des pesticides autorisés dans les aliments, accusent des ONG.
afp
LIBERATION.FR : lundi 1 septembre 2008
Bruxelles menace-t-elle la santé des enfants européens avec des pommes ou du raisin aux pesticides? C'est ce qu'affirment plusieurs ONG qui dénoncent de nouvelles normes européennes en matière de résidus chimiques dans les aliments, qui entrent en vigueur ce lundi.
«La Commission européenne nous entraîne vers une contamination toujours plus importante de plus en plus de pesticides dans les aliments. Les enfants devraient pouvoir manger autant de fruits et de légumes qu'ils le souhaitent et ce sans risque», alerte Ulrike Kallee, experte en produits chimiques pour Greenpeace.
En cause, un règlement européen qui fixe à partir du 1er septembre de nouveaux plafonds autorisés pour la présence de résidus de pesticides dans les aliments.
Ces nouveaux seuils, qui harmonisent les normes européennes en la matière, doivent remplacer les limites fixées actuellement au niveau national. Mais ce règlement a en fait pour effet d'entraîner une augmentation «spectaculaire» des limites existantes, selon les ONG.
349 pesticides différents, selon les ONG
Selon une analyse conjointe de Greenpeace et de l'ONG environnementale autrichienne Global 2000, «plusieurs centaines de limites maximales en résidus (LMR) deviennent désormais dangereuses pour les consommateurs», et ce «au regard même des normes d'analyse et des méthodes d'analyses fixées par l'UE».
Au total, 349 pesticides différents sont présents dans les produits alimentaires vendus dans l'UE, indiquent les ONG.
Or, «pour chaque pesticide, la Commission a identifié le pays ayant la plus mauvaise limite de sécurité et a adopté ce niveau pour les normes européennes, explique Hans Muilerman, porte-parole de l'ONG néerlandaise Natuur en Milieu. Les consommateurs européens vont donc être moins bien protégés en étant exposés à plus de 200 pesticides différents à des niveaux importants.»
Selon le rapport de Greenpeace et Global 2000, la consommation de pommes, poires, raisins, tomates et poivrons pourrait en particulier désormais poser des risques pour la santé des enfants. «Pour un enfant pesant 16,5 kilos, la dose de pesticide dangereuse pour la santé est dépassée après la consommation de 20 grammes de raisin (soit 5 à 7 grains), 40 grammes de pomme ou 50 grammes de prunes», affirme le biochimiste Helmut Burtscher, cité par Global 2000.
Dans certains pays étudiés, comme l'Allemagne ou l'Autriche, le changement serait très préoccupant, selon ces associations.
«Une alimentation plus sûre», se défend la Commission
La Commission européenne a défendu vendredi ses nouvelles normes: «Dans plusieurs cas, l'UE a établi des limites maximales en résidus alors que les Etats membres n'en avaient pas, rendant notre alimentation plus sûre», déclare la Commission européenne dans un communiqué, soulignant que les nouvelles normes se basent sur des «données scientifiques».
«Nous ne sommes pas d'accord avec les critiques des ONG, parce que d'abord nous ne parlons pas des mêmes choses, précise Nathalie Charbonneau, porte-parole de la Commission européenne. Nous avons fait une analyse qui est beaucoup plus large que la leur». La Commission estime par ailleurs les ONG se sont appuyées sur des données «imprécises».
Néanmoins, «la Commission examinera toute étude qui lui sera soumise, indique-t-elle. S'il s'avère que l'une d'elle contient de nouvelles preuves scientifiques selon lesquelles les limites maximales en résidus ne garantiraient pas la sécurité alimentaire, la Commission demandera un avis à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).»
L'association Natuur en Milieu et le réseau PAN Europe ont lancé en août une action en justice devant la Cour européenne de justice, soutenant que «le règlement est fondamentalement vicié et doit être revu d'urgence», selon PAN Europe.
La Commission doit maintenant fournir une copie de sa position dans les trois prochains mois à la Cour, précise PAN Europe. Celle-ci pourrait alors donner un avis début 2009.
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