14 septembre 2008
Kosciusko-Morizet dénonce "l'extrémisme de la laïcité"
Kosciusko-Morizet dénonce "l'extrémisme de la laïcité"

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie. (Reuters)
"La laïcité, ça doit être quelque chose de naturel qui accepte la religion", a déclaré la ministre de l'Ecologie sur Europe 1, après que Sarkozy ait une nouvelle fois défendu "une laïcité positive" à l'occasion de la visite du pape en France.
afp
LIBERATION.FR : dimanche 14 septembre 2008
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a estimé ce dimanche sur Europe 1 qu'il ne fallait "pas être extrémiste de la laïcité comme on peut être intégriste de la religion" et défendu le concept de "laïcité positive" développé par le président Sarkozy.
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"La laïcité, ça doit être quelque chose de naturel qui accepte la religion", a-t-elle déclaré.
Neuf mois après avoir provoqué la polémique avec son discours prononcé en la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran, le président de la République a de nouveau défendu une "laïcité positive" vendredi en recevant le pape Benoît XVI à l'Elysée. Ce concept a été critiqué par les responsables de la gauche et François Bayrou.
Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, la "laïcité positive" est "une façon de dire que la laïcité doit être quelque chose de serein": "Ce doit être à la fois une séparation nette entre la religion et l'Etat et puis en même temps un dialogue, dire que la religion joue un rôle, accepter son rôle social".
"Avec Edvige, des moyens de transparence, de clarté"
Par ailleurs, interrogée sur le fichier de renseignements Edvige, elle a estimé qu'il "ne faudrait pas qu'à force de bons sentiments on se prive d'outils indispensables". "Des fichiers, il y en a toujours eu. Là, on se donne les moyens de la transparence, de la clarté", a-t-elle dit.
"On peut discuter sur les contenus", a-t-elle nuancé en citant "cette idée pour les mineurs d'avoir un droit à l'oubli" ou "la clarification nécessaire de tout ce qui concerne des données à caractère sexuel ou sur la santé".
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12 septembre 2008
La nuit où l’internaute a cru mourir
La nuit où l’internaute a cru mourir
Fin du monde. Réactions à la mise en service de l’accélérateur de particules.
Recueilli par C.Ma et M.-J.G.
QUOTIDIEN : jeudi 11 septembre 2008
«Et au fait, la fin du monde c’est à quelle heure demain ?»
«C’est quoi cette histoire qu’on va mourir demain ?» ; Allez, on serre les fesses et on attend pour se rendre compte qu’on stressait pour rien.» Etc. Mardi, à la veille de l’inauguration du plus puissant accélérateur de particules jamais construit, la blogosphère s’est fait son petit big bang. Avec des internautes shootés aux mégawatts sur le thème de «On va tous y passer» et du coup que faire de notre dernière nuit sur terre ? Plongée dans les forums et leurs papotages d’avant l’apocalypse. En filigrane, sexe, bouffe et petits délires.
«Merde les mecs je suis puceau, j’ai 15 ans, je mérite pas de crever comme ça.»
«Je veux un orgasme et mourir avec mon fils dans mes bras et nous deux dans les bras de mon homme.»
«Ça me laisse tout juste le temps d’avaler un p’tit déj : champ’, caviar et foie gras sur cracottes !»
«Moi j’ai arrêté le régime ce soir ! Ça me ferait chier de disparaître le ventre vide ! Demain matin, je m’attaque le pot de Nutella entier.»
«Péter un bon coup.»
«Je l’avais noté dans mon agenda.»
«C’est aussi bien comme ça, je sentais pas trop France-Serbie.»
«Youpi, je vais mourir après 30 minutes de boulot, enfin une journée courte.»
«Perso, j’espère que ça arrive : y a pas meilleur moyen de mourir, aspiré par un trou noir.»
«Si c’est la fin du monde, je meurs en cours de maths.»
«Dire qu’on va mourir à cause des Suisses.»
«Du moment que ça fait louper la physique-chimie.»
«Ce qui me tue, c’est que c’est censé être notre dernière soirée et qu’on papote chacun de notre côté chacun sur son PC à 30 mètres l’un de l’autre. Vive la technologie.»
«Une bonne bringue d’enfer avec les gens que j’aime ! Bien se poiler autour d’une bonne bouteille, de bons foies gras, mourir de bonheur, de rire, pas de larmes ou alors des larmes de rire…»
«Waazzzaaaa tout ce que j’ai pas fait dans ma vie !!! Naaaaan. Vite, courir tout nu dans la rue.»
«Je vais me parfumer les parties avec des phéromones de tigre de Sibérie.»
«C’est avec impatience que j’attends le spectacle de la fin du monde. Je serai posté au coin de ma rue, les cheveux flottants aux vents de particules, admirant la dernière aube de l’humanité, tandis que la chaleur de 1 000 soleils nous tombera dessus.»
«Ah ! oui, j’oubliais un truc : avant de partir, juste prendre rendez-vous pour là-haut parce que j’ai la foi, que je crois en Dieu et que je sais qu’un jour on se retrouvera, ne flippez pas. Dieu dit dans la Bible que la fin du monde maintes fois sera annoncée mais n’arrivera qu’au moment où on ne s’y attendra pas !»
«Heureusement que j’ai pas gagné à l’Euromillions.»
Hier matin, le pire n’étant pas arrivé, il s’en est trouvé un pour lancer : «La fin du monde a toujours pas eu lieu les gars !» Ce à quoi un autre a répondu : «Ça peut merder en fin de journée.»
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01 septembre 2008
Eco-Terre Alerte aux pesticides dans les aliments
Alerte aux pesticides dans les aliments

(Reuters)
De nouveaux seuils européens doivent remplacer les limites fixées actuellement au niveau national. Ce qui va entraîner une augmentation «spectaculaire» des pesticides autorisés dans les aliments, accusent des ONG.
afp
LIBERATION.FR : lundi 1 septembre 2008
Bruxelles menace-t-elle la santé des enfants européens avec des pommes ou du raisin aux pesticides? C'est ce qu'affirment plusieurs ONG qui dénoncent de nouvelles normes européennes en matière de résidus chimiques dans les aliments, qui entrent en vigueur ce lundi.
«La Commission européenne nous entraîne vers une contamination toujours plus importante de plus en plus de pesticides dans les aliments. Les enfants devraient pouvoir manger autant de fruits et de légumes qu'ils le souhaitent et ce sans risque», alerte Ulrike Kallee, experte en produits chimiques pour Greenpeace.
En cause, un règlement européen qui fixe à partir du 1er septembre de nouveaux plafonds autorisés pour la présence de résidus de pesticides dans les aliments.
Ces nouveaux seuils, qui harmonisent les normes européennes en la matière, doivent remplacer les limites fixées actuellement au niveau national. Mais ce règlement a en fait pour effet d'entraîner une augmentation «spectaculaire» des limites existantes, selon les ONG.
349 pesticides différents, selon les ONG
Selon une analyse conjointe de Greenpeace et de l'ONG environnementale autrichienne Global 2000, «plusieurs centaines de limites maximales en résidus (LMR) deviennent désormais dangereuses pour les consommateurs», et ce «au regard même des normes d'analyse et des méthodes d'analyses fixées par l'UE».
Au total, 349 pesticides différents sont présents dans les produits alimentaires vendus dans l'UE, indiquent les ONG.
Or, «pour chaque pesticide, la Commission a identifié le pays ayant la plus mauvaise limite de sécurité et a adopté ce niveau pour les normes européennes, explique Hans Muilerman, porte-parole de l'ONG néerlandaise Natuur en Milieu. Les consommateurs européens vont donc être moins bien protégés en étant exposés à plus de 200 pesticides différents à des niveaux importants.»
Selon le rapport de Greenpeace et Global 2000, la consommation de pommes, poires, raisins, tomates et poivrons pourrait en particulier désormais poser des risques pour la santé des enfants. «Pour un enfant pesant 16,5 kilos, la dose de pesticide dangereuse pour la santé est dépassée après la consommation de 20 grammes de raisin (soit 5 à 7 grains), 40 grammes de pomme ou 50 grammes de prunes», affirme le biochimiste Helmut Burtscher, cité par Global 2000.
Dans certains pays étudiés, comme l'Allemagne ou l'Autriche, le changement serait très préoccupant, selon ces associations.
«Une alimentation plus sûre», se défend la Commission
La Commission européenne a défendu vendredi ses nouvelles normes: «Dans plusieurs cas, l'UE a établi des limites maximales en résidus alors que les Etats membres n'en avaient pas, rendant notre alimentation plus sûre», déclare la Commission européenne dans un communiqué, soulignant que les nouvelles normes se basent sur des «données scientifiques».
«Nous ne sommes pas d'accord avec les critiques des ONG, parce que d'abord nous ne parlons pas des mêmes choses, précise Nathalie Charbonneau, porte-parole de la Commission européenne. Nous avons fait une analyse qui est beaucoup plus large que la leur». La Commission estime par ailleurs les ONG se sont appuyées sur des données «imprécises».
Néanmoins, «la Commission examinera toute étude qui lui sera soumise, indique-t-elle. S'il s'avère que l'une d'elle contient de nouvelles preuves scientifiques selon lesquelles les limites maximales en résidus ne garantiraient pas la sécurité alimentaire, la Commission demandera un avis à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).»
L'association Natuur en Milieu et le réseau PAN Europe ont lancé en août une action en justice devant la Cour européenne de justice, soutenant que «le règlement est fondamentalement vicié et doit être revu d'urgence», selon PAN Europe.
La Commission doit maintenant fournir une copie de sa position dans les trois prochains mois à la Cour, précise PAN Europe. Celle-ci pourrait alors donner un avis début 2009.
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20 août 2008
«Le gouvernement doit arrêter d’envoyer des enfants se faire tuer»
«Le gouvernement doit arrêter d’envoyer des enfants se faire tuer»
Le père d'un des dix soldats tués en Afghanistan conteste l'envoi de jeunes recrues sans expérience sur le front.
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 20 août 2008
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«Il faut que le gouvernement arrête d’envoyer des enfants se faire tuer, se faire trucider dans un stand de tir organisé, car pour une première mission, c’était mission impossible. On n’envoie pas des enfants qui n’ont qu’un an de formation sur un front qui est horrible», a regretté Joël Le Pahun, le père de Julien qui allait avoir 20 ans mercredi.
«Protégeons les autres enfants pour que ça ne se reproduise plus jamais et envoyons plutôt des troupes aguerries», a-t-il insisté.
Joël Le Pahun a expliqué à l’AFP qu’il «ne compte pas en rester là» et qu’il demanderait au président de la République Nicolas Sarkozy «de (leur) expliquer ce qui s’est réellement passé car il y a beaucoup de questions».
«Je l’appellais quasiment tous les jours. Il avait très peur et la
dernière fois que je l’ai entendu, vendredi, il m’a raconté qu’ils
étaient passés dans un corridor et que s’il y avait eu des talibans,
ils seraient tous morts. Je pense que c’est ce qui s’est passé lundi», a-t-il précisé.
«Nous n’avons pas les mêmes intérêts économiques que les Etats-Unis
pour justifier notre présence en Afghanistan, alors pourquoi
sommes-nous le suppôt des Américains?», s’est interrogé ce père en deuil.
Julien Le Pahun était originaire de Montévrain (Seine-et-Marne). Il
avait trois frères et soeurs, s’était engagé en juin 2007 dans le 8e
régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) à Castres
(Tarn) et avait rejoint en juillet 2008 les forces de l’Otan en
Afghanistan.
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03 juillet 2008
« Les internautes européens risquent de se réveiller avec une sacrée gueule de bois »
« Les internautes européens risquent de se réveiller avec une sacrée gueule de bois »
par Astrid Girardeau, Erwan Cario
tags : politique , Europe , riposte graduée
© Wilfrid Estève
Le 10 avril dernier, le parlement Européen prenait position
contre le système de riposte graduée au cœur du projet de loi
« Création et Internet » défendu par Christine Albanel. Il jugeait
disproportionnée cette mesure de lutte contre le téléchargement illégal
qui pouvait aboutir à la suspension de l’accès Internet des
utilisateurs. Une position de principe qu’on aurait tort de croire
définitive. En effet, le 7 juillet, plusieurs directives,
regroupées sous le nom de « paquet télécom » seront votées en
commissions, avant sa présentation en séance plénière à la rentrée. Le
paquet télécoms concerne la modernisation du secteur des communications
électroniques. L’occasion rêvée pour inclure toute une série
d’amendements autour de la surveillance et du filtrage des réseaux.
Avec, en guest-star, la riposte graduée à la française. Nous avons interrogé Guy Bono, député européen du Nouveau Parti socialiste (PSE), et responsable du rapport Industries culturelles en Europe. Quels sont les enjeux du vote du 7 juillet ?
Avec l’amendement voté en avril,
on pouvait penser que l’Europe pouvait servir de garde-fou à propos du
projet français. Aujourd’hui, peut-on craindre que l’Europe aille plus
loin que la France dans la surveillance et la répression ?
Pensez-vous que la présidence française pourra influer sur le résultat du vote ?
Quel pourra être l’influence de ce vote au niveau des lois nationales de chaque pays si toutes les propositions passent ?
Est-ce que l’apparition de la riposte graduée française a eu des effets au sein de l’Europe ?
A quelques jours du vote, il y a t-il des pressions particulières sur les parlementaires ?
Une mobilisation est-elle encore possible et peut-elle influer le résultat ?
A défaut, nous ne pourrons inverser la tendance et les
internautes européens risquent de se réveiller avec une sacrée gueule
de bois ! A lire aussi :
Sur le même sujet :
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Le paquet télécom qui sera voté en commission lundi entend
moderniser la législation européenne du secteur des communications
électroniques - internet, téléphonie fixe et mobile - pour l’adapter
aux évolutions technologiques et au développement rapide du marché.
Plusieurs directives sont sur la table. Des milliards d’euros sont en
jeux. Le projet de loi français de riposte graduée aussi.
Dans sa résolution du 10 avril dernier, le Parlement européen a
estimé la riposte graduée comme une mesure “disproportionnée”. Cette
prise de position est à relier à l’arrêt de la CJCE du 29 janvier 2008
qui avait rendu que le droit de propriété intellectuelle était loin
d’être absolu, qu’il devait être concilié avec les autres droits
fondamentaux, comme le droit à la protection des données à caractère
personnel, et donc de la vie privée, et que dans tous les cas, le
principe de proportionnalité devait être respecté. Après ce vote du
Parlement européen, on pouvait raisonnablement estimer que le juge
communautaire suivrait l’assemblée européenne dans son interprétation
du droit communautaire, rendant par la même occasion le projet de loi
français illégal au regard des principes généraux du droit européen.
Ayant compris cela, les majors des industries culturelles, soutenues
par un certains nombres de députés français et anglais, ont fait
déposer en masse des amendements visant à légaliser le principe de
riposte graduée en droit communautaire, quitte à abaisser le niveau de
protection des données personnelles et de la vie privée.
Au delà de ses relations étroites avec les majors, le gouvernement
français aura son mot à dire une fois que le Parlement aura adopté le
texte en plénière en septembre prochain. Il paraît évident que Sarkozy,
aidé par ses amis britanniques, va chercher à surfer sur la Présidence
française pour étendre ses positions sécuritaires et légaliser au
niveau européen son projet de riposte graduée. Tout un programme pour
la présidence du “pays des droits de l’Homme” !
Certaines propositions visent à mettre en place une architecture de
contrôle administratif du réseau internet. On va tout droit vers un
internet de surveillance et de filtrage voulue par quelques grandes
entreprises. Les intermédiaires techniques seront transformés en
véritables auxiliaires de police privée et les autorités
administratives pourront restreindre les droits fondamentaux des
citoyens à la place de l’autorité judiciaire. C’est la porte ouverte à
la mise en œuvre de la "riposte graduée" voulue par le président
français Nicolas Sarkozy.
Oui, on le voit bien puisque le débat gagne toute l’Europe. Au
Royaume Uni, un projet de loi similaire va être présenté prochainement
par le gouvernement. En Grèce, un texte sera également présenté à la
rentrée. La Suède a déjà repoussé le modèle français. En Italie,
l’autorité de protection des données personnelles s’est déjà prononcé
contre les polices privées en charge de la chasse des internautes qui
téléchargent. En Allemagne, enfin, la cour constitutionnelle allemande
de Karlsruhe a estimé que l’abaissement du niveau de protection des
données personnelles et de la vie privée ne peut pas être effectué au
nom de la simple “la propriété intellectuelle”.
Dans tous les cas l’Europe est loin d’être à l’unisson sur cette
question, d’où l’importance de ce vote lundi prochain.
La pression est énorme : les enjeux financiers sont considérables.
Le tout, est de faire la part des choses entre les intérêts de quelques
grandes entreprises et ceux du des citoyens européens. Malheureusement
le rapport de force entre les lobbies et les associations de défense
des consommateurs est complètement déséquilibré.
Nous recevons déjà depuis plusieurs jours des courriels de la part
d’internautes inquiets de cette dérive sécuritaire. D’ici septembre et
le passage en plénière, il est primordial que les citoyens se
mobilisent davantage pour informer leurs élus sur les enjeux cruciaux
de ce vote.
La quadrature du net a mis en ligne un wiki de mobilisation à propos du paquet télécoms.
- Antipiratage : La doctrine française filtrée par l’Europe (26/06/2008)
- La France veut riposte-graduer l’Europe (24/06/2008)
- Pour l’Europe, la répression n’est pas une réponse au piratage (10/04/2008)
- L’Europe tacle la riposte graduée à la française (08/04/2008)
14 juin 2008
Travers de Poivre
Travers de Poivre

PPDA, le 2 mai 2007 (Reuters).
Télé. Récapitulatif en forme de double acrostiche des meilleurs moments de journalisme de Patrick Poivre d’Arvor, viré du 20 heures de TF1.
RAPHAËL GARRIGOS et ISABELLE ROBERTS DESSINS : LUZ
QUOTIDIEN : samedi 14 juin 2008
Pointez l’intrus dans cette phrase du communiqué que Patrick Poivre d’Arvor a adressé jeudi soir à l’AFP, entérinant son éviction du JT de TF1 : «Je pense avoir accompli ma tâche, durant plus de vingt ans, avec dignité, professionnalisme et une efficacité qui a permis à TF1 de devancer tous les soirs, sans exception, une concurrence talentueuse.» Quand votre vie vous échappe, feignez d’en être l’organisateur : c’est toute l’histoire de PPDA, Dorian Gray de l’information se repeignant sans cesse en journaliste intègre, en écrivain majeur, en héros romantique et désormais en menhir déontologique. Du haut de son autel du 20 heures, prêchant devant près de huit millions de téléspectateurs, Patrick Poivre d’Arvor est le «mannequin glacé avec un teint de soleil» chanté par Noir Désir dans l’Homme pressé, qui dit aussi : «Je suis l’homme médiatique, je suis plus que politique.» Malin comme un singe, l’animal, maintenant qu’il est éjecté de la cage de TF1, tente de prendre la pose du martyr des basses œuvres sarkozystes. Manque pas de toupet, çui-là… Pour la peine, voici son pépédéaire retraçant - en P, en P, en D et en A - une carrière faite de bas mais aussi de bas.
Pas interviewé Fidel Castro. Beau scoop de PPDA le 16 décembre 1991 au 20 heures : une interview de Fidel Castro. C’est bon ça, coco. Sauf que les questions, posées par PPDA et Régis Faucon, ont été enregistrées, puis montées après une conférence de presse du Líder Máximo au cours de laquelle les deux compères se sont tenus cois. L’humilité des grands journalistes, certainement. Qui ont récupéré les réponses de Castro à des questions posées par d’autres journalistes. Bref : une interview bidonnée.
Délivrer un enfant d’Irak. «Les vrais miracles font peu de bruit» , disait Saint-Exupéry, l’idole de PPDA. A l’aéroport du Bourget, dans la nuit du 21 au 22 août 1990, on n’entendait que le bruit des flashs des photographes accueillant PPDA de retour de Bagdad, un enfant dans ses bagages. Le journaliste est un héros, sauf que le coup médiatique, au minimum facilité par les autorités irakiennes, fait grincer jusqu’au Premier ministre de l’époque, Michel Rocard, qui se fend d’un communiqué au vitriol invitant les journalistes, «particulièrement dans l’audiovisuel», à se méfier de ne pas «servir les intérêts de la propagande».
Affaire Botton. Patrick Poivre d’Arvor a, parmi ses proches, la réputation d’un homme économe. Eh oui, que voulez-vous, le pouvoir d’achat qui dégringole… Avec 45 000 euros par mois (et on parle de son dernier salaire connu en 2004, quand certains évoquent la somme de 100 000 euros aujourd’hui), t’as plus rien. Normal alors de pouvoir compter sur les copains. Mais la justice française étant ce qu’elle est, PPDA a été condamné en 1996 pour recel d’abus de biens sociaux, à quinze mois de prison avec sursis et 200 000 francs d’amende (30 800 euros). Et ce dans le cadre de l’affaire Botton, prénom Pierre, qui régalait Poivre dans l’espoir - parfois comblé - de voir son beau-frère Michel Noir invité sur TF1 : avions privés, hélicoptère, notes de restaurant, hôtels. PPDA récolta au passage trois mois d’interdiction d’antenne.
Poupée de latex. Il est veule, il est corrompu, il tente de courir le guilledou avec toutes ses invitées et il s’emporte contre la World Company. «Notre PPD est schizophrénique, souligne Yves Le Rolland, directeur artistique des Guignols de Canal +, à la fois, il est le symbole du journalisme à la française, et à la fois, il est la voix des auteurs.» Présent depuis 1988, au début des Guignols, le PPDA de latex a dépassé l’original : «C’est la seule marionnette qui n’a pas le même nom que son personnage, ça montre son autonomie par rapport à son modèle.»
PPD a peu évolué depuis vingt ans, sinon, chaque année, un nouveau moulage - le latex s’use vite - et une nouvelle coiffure, au gré des fréquents changements capillaires de PPDA. Et maintenant ? «On ne peut pas et on n’a pas envie de s’en passer, assène Yves Le Rolland, et surtout, c’est pas Nonce Paolini qui décide de qui va présenter les Guignols.»
Paris Match. Treize couvertures de l’hebdo à lui tout seul, bravo l’artiste, autant que l’actuel hôte de l’Elysée (mais moins que Claire Chazal)… Et n’ayant que très rarement à voir avec son métier de journaliste : ses filles, le mariage de son fils, Claire Chazal («Plus complices que jamais») ou, en mai dernier, au Festival de Cannes en compagnie d’une amie («Cannes, le bal des couples stars»). Gentil, l’hebdo de Lagardère qui fait sa une sur PPDA quand tout le monde ne parle alors que de Brad Pitt et Angelina Jolie, recyclés en pages intérieures. Sympa, le canard qui, en mars dernier alors que déjà Poivre est vacillant, s’est fendu d’une pleine page titrée : «Il faut sauver le soldat PPDA !» Raté. A croire que Paris Match, c’est plus ce que c’était.
Du champagne, s’il vous plaît. La scène se déroule le 6 mai 2007 vers 18 heures à TF1 où l’on vient d’apprendre le résultat de l’élection présidentielle. Nicolas Sarkozy a gagné : PPDA ouvre le champagne. Une coupe apparaît même fugacement à l’antenne, ainsi que le racontent des journalistes anonymes de TF1 dansMadame, monsieur, bonsoir, le livre paru début 2008 qui a mis le feu à la chaîne. Sarkozyste, PPDA ? Du côté du pouvoir, plutôt, du moment qu’il est de droite : giscardien militant en 1974, balladurien convaincu comme tout TF1 en 1995 et un certain Sarkozy Nicolas. Ce qui ne l’empêche pas, pendant la dernière présidentielle, de faire les yeux doux à Ségolène Royal au moment où elle est au plus haut dans les sondages. Mais c’est depuis la présidence Sarkozy que PPDA, par deux fois déjà, s’est installé à l’Elysée pour présenter son JT : image hallucinante d’une télé privée comme chez elle sous les ors de Sarkozy… et vice-versa. Aujourd’hui, Poivre s’accroche à ce grand outrage qu’il aurait commis en disant, en juin 2007, à Sarkozy qu’il était «excité comme un petit garçon qui est en train de rentrer dans la cour des grands». Oubliant au passage de rappeler qu’il a adressé une lettre d’excuses au Président. Viré par Sarkozy, PPDA ? Plus assurément, le chef de l’Etat lui a préféré Laurence Ferrari.
A fausse interview, fausse interview et demi. Libération a pu s’entretenir, en exclusivité, avec Patrick Poivre d’Arvor. Enfin, autant que PPDA s’était entretenu avec Fidel Castro en 1991, c’est-à-dire peu. Non, en fait, c’est-à-dire pas du tout.
Patrick Poivre d’Arvor, pensez-vous avoir fait élire Nicolas Sarkozy ?
PPDA : Ma seule ambition, c’est qu’il soit heureux, point final (1).
Lui devez-vous votre éviction de TF1 ?
Non, c’est un peu trop binaire, car il y a une telle porosité entre nous que ces histoires atteignent l’un et l’autre (2).
Que pensez-vous de Laurence Ferrari ?
Elle est dévorée par une mauvaise fée qui s’est réfugiée en elle (3).
(1) Au sujet de son fils, VSD, janvier 2008. (2) Au sujet de son frère, Madame Figaro, août 2007. (3) Au sujet de Lady Di, VSD, août 2007.
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11 juin 2008
L'inflation à un niveau record
L'inflation à un niveau record

Dans un supermarché à Nice le 21 mars (Reuters).
Les prix à la consommation ont augmenté de 0,5% en mai et de 3,3% sur un an, selon l'INSEE. Un record depuis 1991.
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 11 juin 2008
Les prix à la consommation en France ont augmenté de 0,5% en mai par rapport au mois précédent, soit une hausse de 3,3% sur un an, un record depuis juillet 1991, a annoncé l'Insee mercredi.
Cette hausse de
l'inflation du mois de mai "provient de nouveau principalement du
renchérissement des produits pétroliers, mais aussi, de manière
saisonnière, de celui des produits frais et des autres services",
indique l'Institut national de la statistique.
Les prix de l'énergie ont en effet bondi de 4,2% d'avril à mai, sous
l'effet de la hausse du gaz de ville (+6,1% en mai, +10,9% sur un an)
et de celle des produits pétroliers (+5,4% en mai, +22,4% sur un an)
suivant l'évolution des cours du pétrole brut. Les seuls carburants
enregistrent une hausse de 4,8% en mai (après +1,4% en avril), soit une
augmentation de 17,9% par rapport à mai 2007.
L'indice des prix de l'alimentation a augmenté de son côté de 1,0% en
mai, soit une hausse de 5,7% sur un an. Pour les seuls produits frais,
la hausse est de 5,9% en mai par rapport à avril et de 4,0% par rapport
à mai 2007.
En mai 2008, l’indice des prix des produits de grande consommation dans
la grande distribution s’accroît de 0,2% après une hausse de 0,3% en
avril. Sur un an, l’augmentation est de 5,3%.
Au cours des trois derniers mois, les prix dans la grande distribution
ont progressé de 0,7% alors qu’ils étaient stables sur la même période
un an auparavant.
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09 juin 2008
Pour contrer Royal, Delanoë drague Aubry
Pour contrer Royal, Delanoë drague Aubry
PAUL QUINIO
QUOTIDIEN : lundi 9 juin 2008
Un effet Aubry limité et un duel Royal-Delanoë qui se confirme et s’annonce serré. C’est en résumé les conclusions à tirer du sondage Viavoice-Libération réalisé en fin de semaine (1). Malgré les efforts fournis le dimanche 1er juin à l’occasion de la réunion des reconstructeurs du Parti socialiste pour apparaître comme une alternative possible à l’affrontement entre la présidente de la région Poitou-Charentes et le maire de Paris, Martine Aubry reste largement devancée par Bertrand Delanoë (21 %) et Ségolène Royal (20 %) : seulement 10 % des sondés la voient comme la meilleure dirigeante du Parti socialiste au cours des années qui viennent. Même résultat auprès des sympathisants de gauche et des sympathisants socialistes qui ne sont que 14% à préférer la maire de Lille.
Langue de bois. Globalement serré, le match Royal-Delanoë tourne en revanche à l’avantage de la première si l’on s’en tient à l’avis des sympathisants de gauche (Ségolène Royal obtient 29 % contre 22 % à son adversaire) et des sympathisants socialistes (31 % contre 24 %). Le maire de Paris subit sans doute là les effets du débat qui a suivi l’affichage de son «libéralisme» politique dans son dernier livre De l’audace !. Car le mot continue de heurter les sympathisants de gauche et plus encore ceux du Parti socialiste. Ségolène Royal ne s’y était pas trompée, qui a aussitôt dénoncé l’utilisation par le maire de Paris d’un vocabulaire normalement attribué à la droite.
Ce sondage suffira-t-il à rassurer Ségolène Royal ? Samedi, à propos du processus de désignation du prochain premier secrétaire, elle s’est inquiétée que le «calendrier [soit] extrêmement long, sans doute trop long». «Nous avons besoin d’un leader, d’une équipe, d’un projet», a-t-elle poursuivi, ajoutant que «malheureusement, [les socialistes allaient] devoir attendre le mois de novembre».
«Nous avons tellement de travail à faire sur nos idées que nous avons besoin de temps», lui a répondu hier soir Bertrand Delanoë, invité du Grand Jury RTL-LCI-le Figaro. Et le maire de Paris d’ajouter : «La question du premier secrétaire n’est pas la question essentielle, même si c’est important.» Suffisamment important quand même pour l’évoquer dans la plus belle langue de bois. «Je serai candidat si c’est le bon moyen de bien travailler pendant trois ans», a déclaré Bertrand Delanoë, qui insiste quelques minutes plus tard : «Si c’est utile, je vais l’être [premier secrétaire, ndlr] de bon cœur.»
Tendresse. Le maire de Paris a également profité de l’occasion pour draguer ouvertement son homologue lilloise. «Martine Aubry est une femme que j’aime beaucoup. On a de l’amitié l’un pour l’autre», a-t-il souligné après avoir été beaucoup moins prolixe sur sa tendresse pour l’ex-candidate à la présidentielle. Histoire que le message soit clair, le maire de Paris a insisté : avec Martine Aubry, «on pense la même chose. On vient de la même branche politique, on était dans la même équipe jusqu’à il y a quelques semaines [la jospinie, ndlr]. Si je n’abordais pas le congrès avec elle, ce serait un peu curieux». Un appel du pied à constituer dès que possible un front anti-Royal, on ne peut plus clair.
(1) Sondage réalisé les 5 et 6 juin auprès de 1 007 personnes.
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02 juin 2008
«La loi Hortefeux, je l’approuve»
Evénement
«La loi Hortefeux, je l’approuve»
Jean-Marie Bockel, ex-socialiste, ministre d’ouverture chargé de la Coopération :
Par PAUL QUINIO
QUOTIDIEN : mercredi 10 octobre 2007
Jean-Marie Bockel, ex-social-libéral du PS, qui entend créer son parti
Gauche moderne, est ministre d’ouverture chargé de la Coopération et de
la Francophonie.
Que pensez-vous des propos de Fadela Amara ?
Je ne suis pas sur la même ligne qu’elle. Même si j’ai considéré que cette polémique allait brouiller le message de la loi, je ne me suis sciemment pas joint aux protestations. Le dispositif tel qu’il a été amendé ne me choque pas, d’autant que le Conseil constitutionnel peut constituer un bon garant pour éviter les risques. J’ajoute que de par mon expérience de maire, sur les questions d’immigration, je suis demandeur de règles du jeu claires pour une politique ferme et généreuse. Je n’ai jamais été entendu sur ce sujet au PS. Là, il existe une vraie volonté de réforme.
Vous êtes donc d’accord avec la loi Hortefeux ?
Je suis non seulement en phase, mais totalement demandeur. Ce texte, je l’attendais, je l’approuve.
Le catholique que vous êtes n’est pas sensible aux critiques de l’Eglise ?
Les critiques de l’Eglise viennent toujours quand on évoque les questions d’immigration. Que des autorités spirituelles s’expriment, cela fait partie du débat. Mais, si j’avais suivi les préceptes de l’Eglise en 1997, je n’aurais pas voté le pacs. Ces désaccords, on doit les écouter, mais, à un moment, il faut sereinement faire preuve de fermeté.
Quatre mois après votre prise de fonction, vous n’avez donc pas de regret ?
Franchement, non. Je suis parti de l’idée que la pensée sociale-libérale que j’ai défendue sans succès pendant dix ans au PS se retrouve pour l’essentiel dans le projet du Président. La volonté de réforme reste son moteur le plus puissant. Et, pour réformer, il faut élargir. Si l’ouverture reste comme sous Mitterrand, sans lendemain, il n’y aura pas de valeur ajoutée. Mais si elle permet de transcender les clivages et contribue à faire bouger les lignes, y compris par rapport aux résistances à l’œuvre dans le camp du Président, alors elle laissera des traces.
L’ouverture suppose-t-elle une solidarité sans faille ?
Je veux garder ma capacité d’indignation. Je ne vois rien qui m’empêcherait de le faire. Mais il ne faut pas en abuser.
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