14 septembre 2008
Accélérateur de particules : le site du CERN piraté par des hackers
Publié le 13/09/2008 à 17:19 Le Point.fr
Accélérateur de particules : le site du CERN piraté par des hackers
AFP

Des hackers ont piraté le site du CERN © AFP PHOTO/FABRICE COFFRINI/POOL
Des hackers ont réussi à pénétrer dans l'un des réseaux informatiques
permettant d'accéder au Grand collisionneur de hadrons LHC, le plus
grand accélérateur du monde mis en route mercredi, ont affirmé samedi
deux quotidiens britanniques. Les hackers ont réussi à laisser une page
internet sur un site du Cern (Centre européen de recherche nucléaire) à
Genève qui mène une expérience scientifique qui ambitionne de recréer
les premiers instants de l'univers.
La page, qui est signée "The Greek Security Team", se moque de la sécurité informatique du site, qualifiant ses concepteurs d'"écoliers", selon les quotidiens Times et Daily Telegraph, qui ne citent pas leur source. Les hackers ont pénétré le site mercredi, le jour même où a été menée l'expérience historique, mais ils précisent qu'il n'était pas dans leur intention de perturber l'événement.
Le Cern n'était pas joignable samedi pour
commentaire. James Gillies, un porte-parole du Cern, a déclaré aux
quotidiens "ne pas savoir" qui étaient les hackers. "Mais il semble
qu'ils n'aient provoqué aucun dégât. Il semble qu'il s'agissait de
personnes qui voulaient démontrer que le Cern pouvait être piraté",
a-t-il ajouté.
Le LHC doit faire se fracasser des protons circulant en sens inverse, faisant jaillir des particules élémentaires encore jamais observées.
Il recréera, durant une fraction de
microseconde, les conditions qui prévalaient dans l'univers juste après
le Big Bang, avant que les particules élémentaires ne s'associent pour
former les noyaux d'atomes. Deux premiers faisceaux de particules ont
fait mercredi un tour complet dans l'anneau de 27 km enfoui à 100
mètres sous terre de part et d'autre de la frontière franco-suisse.
REGARDEZ -
L'incroyable défi : recréer le "Big-Bang"
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28 juillet 2008
Tour de France: vainqueur pour la 1e fois, Carlos Sastre continue la série espagnole
Publié le 28/07/2008 à 09:17 AFP
Tour de France: vainqueur pour la 1e fois, Carlos Sastre continue la série espagnole
Par Jean MONTOIS

Vainqueur pour la première fois du Tour de France à l'âge de 33 ans, Carlos Sastre a continué la série de succès espagnols, dimanche, sur les Champs-Elysées à Paris, où le Belge Gert Steegmans a enlevé au sprint la 21e et dernière étape.
Vainqueur pour la première fois du Tour de France à l'âge de 33 ans, Carlos Sastre a continué la série de succès espagnols, dimanche, sur les Champs-Elysées à Paris, où le Belge Gert Steegmans a enlevé au sprint la 21e et dernière étape.
Au terme d'un parcours de 3560 kilomètres, Sastre a battu au classement final de 58 secondes l'Australien Cadel Evans (31 ans), déjà deuxième l'année passée derrière un autre coureur espagnol, Alberto Contador.
Le grimpeur autrichien Bernhard Kohl, 26 ans, a complété le podium et a assorti sa troisième place (à 1 min 13 sec) du maillot à pois de meilleur grimpeur, qui est revenu pour la première fois à un coureur de son pays.
Sastre a pris le maillot jaune au soir de sa victoire dans la 17e étape à l'Alpe-d'Huez, la seule qu'il ait enlevée dans cette 95e édition. L'Espagnol, passé à l'attaque dès le pied de la montée finale, a détrôné ce jour-là son coéquipier, le Luxembourgeois Frank Schleck, lequel avait dépossédé Evans du maillot jaune à l'entrée des Alpes.
Sept leaders (Valverde, Feillu, Schumacher, Kirchen, Evans, F. Schleck, Sastre) se sont succédé en tête du classement général dans une course organisée en dehors de l'Union cycliste internationale (UCI) et marquée par des contrôles antidopage ciblés, orchestrés par l'agence française (AFLD).
Ces opérations, doublées d'une surveillance serrée par les autorités publiques, ont abouti à quatre cas positifs, dont trois dans la première moitié de course. Le dernier a concerné le Kazakh Dmitriy Fofonov (stimulant). Le plus spectaculaire a concerné le grimpeur italien Riccardo Ricco, positif à l'EPO nouvelle génération (CERA) avant qu'il gagne à deux reprises, dans le Massif Central (Super-Besse) et les Pyrénées (Bagnères-de-Bigorre), avec une aisance insolente.
Suite à la révélation de ce cas, son équipe s'est retirée du Tour de France et a licencié non seulement Ricco -2e du Giro 2008- mais aussi son compatriote Leonardo Piepoli (vainqueur à Hautacam), pour violation du code éthique.
L'équipe CSC, en butte à de très nombreux contrôles, même hors course (fouille de la voiture du père des frères Schleck), est passée au travers. Elle est dirigée par le Danois Bjarne Riis, qui avait reconnu l'an passé s'être dopé à l'EPO pour gagner le Tour 1996. Les faits étant prescrits, Riis a conservé cette victoire, même ternie, ce qui lui permet de devenir le premier de l'époque moderne à remporter le Tour à double titre, en tant que coureur et responsable d'équipe.
Sa formation, la plus en vue dans les temps forts de la course à l'image du rouleur suisse Fabian Cancellara imprimant un rythme très élevé dans la montée de la Croix-de-Fer, a enlevé le classement par équipes et placé trois coureurs dans les douze premiers (Sastre, les frères Schleck). Son grand espoir, Andy Schleck (12e), a ramené aussi le maillot blanc du classement par points malgré ses limites dans les contre-la-montre, exercice qu'a dominé dans ce Tour l'Allemand Stefan Schumacher, inattendu à ce niveau.
Le Luxembourg s'est satisfait aussi de Kim Kirchen, leader pendant quatre journées et huitième du classement final. Son équipe a surtout gagné cinq étapes, grâce principalement au sprinteur britannique Mark Cavendish, vainqueur à quatre reprises dans la plaine. L'abandon de Cavendish à l'entrée des Alpes a laissé la voie libre aux autres sprinteurs dans la dernière étape, longue de 143 kilomètres entre Etampes et Paris.
Processionnaire et occasion de fête dans la première partie, la course s'est accélérée à l'entrée dans Paris sans qu'aucune tentative réussisse.
Au sprint, Steegmans -déjà vainqueur l'an dernier à Gand- a devancé nettement l'Allemand Gerald Ciolek et le peloton cassé en plusieurs parts (Sastre à 14 sec).
L'Espagnol Oscar Freire, troisième sur la ligne, a consolé, avec le maillot vert du classement par points, son équipe du demi-échec du Russe Denis Menchov, qui est resté au pied du podium (4e), la place de Sastre l'année passée.
En l'absence de Contador, dont la nouvelle équipe (Astana) n'avait pas été invitée cette année à cause des problèmes de dopage l'ayant affectée depuis deux ans, Sastre est monté pour la première fois sur le podium final.
L'Espagnol, au gabarit de grimpeur (1,73 m pour 60 kg), n'avait pu le faire en 2006, l'année de sa troisième place après le déclassement de l'Américain Floyd Landis qui était intervenu beaucoup plus tard.
Le premier Français, Sandy Casar, s'est classé 14e devant Amaël Moinard, un néophyte de la Grande Boucle. Au-delà de ce résultat, les Français ont surtout gagné trois étapes (Samuel Dumoulin, Cyril Dessel, Sylvain Chavanel) et porté le maillot jaune pendant une journée (Romain Feillu).
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09 juillet 2008
La menace de Pékin à Sarkozy s'il rencontre le dalaï-lama
Publié le 09/07/2008 à 10:10 - Modifié le 09/07/2008 à 11:40 Le Point.fr
La menace de Pékin à Sarkozy s'il rencontre le dalaï-lama
Par Ségolène de Larquier (avec agence)
L'ambassadeur de Chine à Paris, Kong Quan, a averti mardi qu'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama aura "des conséquences graves". © ERIC FEFERBERG / AFP
"Si une telle réception avait lieu, cela aurait des conséquences
graves." L'ambassadeur de Chine à Paris, Kong Quan, n'a pas caché mardi
qu'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama lors de sa
visite en France, prévue du 12 au 23 août, provoquerait une
détérioration des relations franco-chinoises. "Ce serait d'autant plus
regrettable qu'elles commencent à s'améliorer après avoir traversé des
intempéries. Cette entrevue serait contraire au principe de
non-ingérence des États dans leurs affaires intérieures. Je ne veux pas
envisager cette hypothèse [...]. Le dalaï-lama est non seulement un
chef religieux, mais aussi et surtout quelqu'un qui a des activités
séparatistes et qui dirige un gouvernement en exil", a-t-il insisté.
S'il a confirmé officiellement mercredi sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Pékin
, Nicolas Sarkozy n'a pas précisé s'il rencontrerait le dalaï-lama. Le
chef de l'État "prendra sa décision le moment venu, et en fonction de
l'évolution de la situation", a expliqué en mars le porte-parole du
gouvernement, Luc Chatel. L'éventualité d'un entretien entre le chef de
l'État et le chef spirituel tibétain donne déjà des sueurs froides aux
Chinois, qui ont donc décidé de brandir la menace.
"Il est essentiel que nos dirigeants se parlent"
Pékin avait déjà exprimé sa colère lors des deux visites du dalaï-lama à Berlin, en mai et en septembre. Les Chinois avaient aussi vivement réagi lorsque le chef de l'Église tibétaine s'était rendu à Washington en octobre. Après avoir dénoncé "une sévère violation des normes de relations internationales" et pressé les États-Unis d'annuler la rencontre, les autorités chinoises avaient répliqué en annulant leur participation à une réunion prévue sur le dossier nucléaire iranien, à Berlin, entre l'Allemagne et les cinq membres du Conseil permanent de sécurité des Nations unies, dont la Chine fait partie.
Recevant un groupe de journalistes à l'ambassade, Kong Quan a jugé mardi "extrêmement important" l'entretien entre Nicolas Sarkozy et son homologue chinois Hu Jintao, en marge du sommet du G8 au Japon. "Après ce que nous avons vécu, il est essentiel que nos dirigeants se parlent." Selon lui, ce type de rencontre doit permettre "d'échanger des idées pour renforcer la coopération et parvenir à une meilleure compréhension entre [nos] deux pays".
Début avril, le passage mouvementé de la flamme olympique à Paris avait fortement dégradé les relations franco-chinoises , qui s'étaient finalement réchauffées après le déplacement en Chine de trois émissaires du président de la République fin avril.
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07 juillet 2008
Les fabricants de produits high-tech épinglés par Greenpeace
Créé le 07/07/2008 à 10:59 Le Point.fr
Les fabricants de produits high-tech épinglés par Greenpeace
par Clément Pétreault

L'industrie des technologies de l'information et de la communication serait responsable de 2% des émissions de CO2 mondiales, soit autant que le secteur de l'aviation.
Tous
les fabricants de produits high-tech se déclarent préoccupés par
l'environnement et aucun ne se prive de le faire savoir. Difficile, à
la simple évocation des intentions, de juger de la réalité des faits.
L'organisation Greenpeace publie son huitième "Guide pour une high-tech
responsable". Cette étude menée tous les six mois présente le palmarès
des dix-huit plus gros fabricants mondiaux de téléphones mobiles,
d'ordinateurs, de téléviseurs et de consoles de jeux. Les évaluations
pour établir ce classement ont porté sur trois types de critères :
gestion des substances chimiques toxiques, gestion des déchets
électroniques et prise en compte de l'enjeu climatique. L'efficacité
énergétique et la prise en compte de la réduction des gaz à effet de
serre font partie des nouveaux critères, qui bouleversent les tendances
observées sur les précédents classements. L'association a ainsi revu
ses critères de notation et seules deux entreprises obtiennent la
moyenne, Sony et Sony-Ericsson. Ce classement est complété par des
enquêtes de terrain de la part de Greenpeace. Des points sont retirés
si des incohérences flagrantes sont relevées entre les engagements et
les actes. C'est ce qui est arrivé à Nokia, qui perd un point de
moyenne pour double discours, et recule de la première à la troisième
place. Sony-Ericsson ressort donc en tête du classement, avec une note
de 5,1 sur 10. Le constructeur de téléphones mobiles gagne des points
sur la composition chimique de ses appareils et sur leur efficacité
énergétique, mais peut encore fournir de bons efforts sur la gestion de
ses déchets lors de la production et de leur recyclage.
Nintendo ressort bon dernier, la forte progression sur le
marché des consoles ne lui permet visiblement pas de tenir ses
engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. De
manière générale, l'association déplore que les fabricants préfèrent
essentiellement se concentrer sur l'efficacité énergétique de leurs
produits, sans trop remettre en cause l'efficacité énergétique de leur
processus de production.
D'après une étude menée par le cabinet Gartner en 2007,
l'industrie des technologies de l'information et de la communication
serait responsable de 2 % des émissions de CO2 mondiales, soit autant
que le secteur de l'aviation. L'association espère que ce guide
éclairera le consommateur lors de ses choix, et souhaite ainsi faire
augmenter la demande en produits économes en énergie, sans substances
dangereuses et facilement recyclables.
Téléchargez le classement complet (PDF) sur le site de Greenpeace
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Piratage : Christine Albanel veut révolutionner les moeurs
Piratage : Christine Albanel veut révolutionner les moeurs
Par Charlotte Pons

Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication © CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP
Un milliard de fichiers d'oeuvres musicales et audiovisuelles piratés en 2006, une loi obsolète, un marché du disque en chute libre... Selon les dires du ministère de la Culture, Internet aurait entraîné une "hémorragie des oeuvres culturelles". Avec le projet de loi "Création et Internet", présenté mercredi 18 juin en conseil des ministres, Christine Albanel ambitionne d'endiguer les pertes et de faire baisser de 70 % le téléchargement illégal.
Obligation de surveillance de l'accès Internet.
Très controversé, le texte issu des travaux de la mission Olivennes a
pour objectif de se suppléer aux sanctions déjà existantes, qui se
fondent sur le délit de contrefaçon. C'est à ce titre que les
internautes coupables de téléchargement illégal comparaissent
aujourd'hui devant le tribunal correctionnel, où ils encourent jusqu'à
300.000 euros d'amende et trois ans de prison. Pour sortir de ce carcan
juridiquement lourd, le projet de loi prévoit la création d'une
autorité administrative indépendante chargée de prévenir et de
sanctionner le piratage via des messages d'avertissement qui peuvent
aboutir à la suspension provisoire de l'abonnement ( lire notre article
). Le nouveau dispositif repose sur l'article L. 335-12 du Code de la
propriété intellectuelle qui stipule que le titulaire de l'abonnement a
une obligation de surveillance sur l'usage qui est fait de son accès.
Les lieux publics sont inclus dans le dispositif, mais pas les
entreprises, à qui des mesures alternatives seront proposées, comme la
mise en place de pare-feu.
En amont des sanctions - la ministre préfère
parler de "mesures pédagogiques" -, le projet de loi comporte un volet
développement de l'offre légale, offre qui ne représente aujourd'hui
que 7 % du marché du numérique contre 20 % aux États-Unis. En cause
principalement, les DRM, soit les verrous qui empêchent les
consommateurs de transférer la musique légalement achetée sur de
multiples supports. "Ils seront supprimés au maximum un an après la
mise en oeuvre de la loi et j'encourage les maisons de disques à agir
avant ce délai", a souligné Christine Albanel.
Des attaques "mal fondées". Aux nombreuses critiques suscitées par le texte, la ministre oppose la nécessité de faire respecter le droit d'auteur. En présentant le projet ce matin devant la presse, elle a répondu point par point aux attaques "mal fondées" dont le texte fait l'objet. "J'entends dire que ce projet serait un texte liberticide", déplore la ministre en référence aux accusations de l'eurodéputé Guy Bono ( lire notre article ). "Or, le projet de loi que je défends vise justement à rétablir l'équilibre entre deux séries de droits fondamentaux, d'une part, le droit de propriété des créateurs et d'autre part, le droit au respect de la vie privée des internautes qui est aujourd'hui, en pratique, absolu." "Le projet de loi ne permet la collecte d'aucune information nouvelle sur les internautes", affirme la ministre en rappelant que la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) veillera aux modalités de transferts des données privées. Néanmoins, l'Hadopi (Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet) aura désormais accès à ces données là où le seul juge peut aujourd'hui en disposer.
À la presse d'assurer la campagne de sensibilisation ! Reste plusieurs points d'interrogation, notamment quant à l'exécution de la coupure de l'abonnement. À l'heure où les offres "triple play" sont légions, comment couper l'accès Internet sans priver l'abonné de l'accès à la télévision et au téléphone ? "Techniquement, cela semble possible, déclare la ministre, mais cela a un coût." Sur la question de savoir à qui revient la prise en charge financière de ces mesures techniques, la ministre précise que ce sera à la charge des pouvoirs publics, non pas des fournisseurs d'accès Internet (FAI). Enfin, alors que Christine Albanel se défend de "criminaliser l'internaute" et insiste sur l'aspect pédagogique du projet, le risque est grand que le texte se heurte à l'incompréhension des jeunes pour qui le téléchargement est un acte banal et qui n'ont pas l'impression de commettre un délit. "C'est rentré dans les moeurs, c'est vrai" reconnaît la ministre... qui s'en remet à la presse pour faire une campagne de sensibilisation !
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01 juillet 2008
Sarkozy provoque une crise avec les armées
Sarkozy provoque une crise avec les armées
par Jean Guisnel

Nicolas Sarkozy provoque une crise avec les armées © VADIM KRAMER / AFP
"Il a pris sa décision totalement seul, dans la nuit." La spectaculaire
démission du général d'armée Bruno Cuche
, chef d'état-major de l'Armée de terre, fait suite au drame de
Carcassonne, bien sûr. Mais aussi à l'attitude du président de la
République, hier à Carcassonne, qui se serait montré "particulièrement
désagréable" avec cet officier général. Il lui aurait notamment
déclaré, en pointant son doigt vers lui : "Vous êtes tous des
irresponsables, pas des professionnels !". Il n'avait précédemment dit
bonjour à personne, sinon au ministre de la Défense et au préfet.
Plus tôt dans la journée, a-t-on affirmé au
Point
, le président de la République aurait pris deux autres décisions
spectaculaires. Supprimer tous les officiers généraux de la promotion
de la Légion d'honneur du 14 juillet ; et ajourner toutes les
nominations de généraux prévues pour le conseil des ministres de
demain. Seul le général Elrick Irastorza, promis depuis plusieurs
semaines à la succession du général Cuche, annoncée de longue date pour
la fin août, aurait échappé à la colère présidentielle.
Le drame de Carcassonne n'est évidemment qu'un prétexte. Le
président de la République n'est pas satisfait des réactions qu'a
suscitées le Livre blanc de la défense et de la sécurité intérieure,
qu'il a présenté le 17 juin dernier, et de leur côté, les reponsables
militaires considèrent que le processus de réforme a été très mal
engagé, même s'ils n'en contestent pas la nécessité sur le fond.
"Conflit entre deux cultures"
Dans un contexte assez semblable de restrictions budgétaires liées à un
manque de confiance entre les militaires et leur chef constitutionnel,
à l'époque de Valéry Giscard d'Estaing, le chef d'état-major de l'Armée
de terre Jean Lagarde avait démissionné - en septembre 1980. Il
s'agissait alors de dénoncer le financement de programmes d'équipements
par des restrictions sur le budget de fonctionnement. Pour des raisons
similaires, le général Jean Deaunay avait lui aussi démissionné en
1983.
Le problème, cette fois, semble encore plus profond. Un
général ne démissionne pas à six semaines de sa retraite sans raisons
majeures. Certes, le drame de Carcassonne est gravissime, et dénote une
faille dans les procédures de gestion des munitions. Mais le président
de la République a eu tort de céder à la colère, et a lui même créé,
par sa réaction disproportionnée, les conditions d'une crise majeure.
Déjà, on entend évoquer le "conflit entre deux cultures. Celle de
l'immédiat et du bling-bling contre celle de la retenue, de la pudeur
et du sens des responsabilités, qui n'exclut pas la connerie, hélas !".
Un officier général semble résumer l'état d'esprit, en évoquant
"l'erreur qui consiste à jeter l'opprobre sur toute une institution,
quand cette terrible et impardonnable faute méritait une réaction
adaptée. Pas de jeter 130.000 hommes et leur chef plus bas que terre".
Le Président paraît ne pas comprendre que l'excellence qu'il exige des
soldats qu'il envoie combattre sous toutes les latitudes impose des
conditions d'entraînement très particulières. Ce général poursuit :
"Quand un groupe de combat de dix gars s'entraîne en terrain libre, ils
tirent au moins 500 cartouches. On ne peut pas ramasser tous les étuis
dans l'herbe, et recompter toutes les cartouches. On ne va pas fouiller
au corps tous les soldats au retour du terrain ! ".
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19 juin 2008
Mémoire de la Shoah en CM2 : le projet de Sarkozy abandonné
Publié le 18/06/2008 à 18:56 Le Point.fr
Mémoire de la Shoah en CM2 : le projet de Sarkozy abandonné
Par Ségolène de Larquier (avec agence)

Nicolas Sarkozy lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), le 13 février 2008 à Paris © GONZALO FUENTES / AFP
Un
projet de circulaire du ministre de l'Éducation Xavier Darcos sur
l'enseignement de la Shoah en CM2 suggère de privilégier "la thématique
des enfants victimes", mais ne reprend pas l'idée initiale de Nicolas
Sarkozy de "confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français
victimes de la Shoah" à "tous les enfants de CM2".
Cette mesure proposée par le chef de l'État le 13 février dernier
, lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), avait suscité un tollé :
enseignants, parents d'élèves et psychologues avaient dénoncé à la fois une proposition
comportant des "risques psychologiques" pour un enfant de 10 ans et l'intrusion du politique dans le projet pédagogique.
"Pour aborder cet enseignement, les maîtres sont libres de leurs choix
pédagogiques et plusieurs approches, souvent complémentaires, sont
possibles", affirme ainsi le projet de circulaire. "La thématique des
enfants victimes est cependant une entrée à privilégier au CM2 : partir
d'un nom, d'un visage, d'un itinéraire, de l'exemple singulier d'une
famille dont l'histoire est liée aux lieux proches - l'école, la
commune, le département - constitue une approche respectueuse de la
sensibilité des enfants", ajoute le texte.
Éviter "le compassionnel"
Ce
texte fait suite à la remise du rapport d'Hélène Waysbord-Loing,
présidente de l'association de la Maison d'Izieu, qui recommande que
cet enseignement parte de "l'exemple singulier d'un enfant ou d'un
groupe d'enfants pour aller au plus général", en évitant "le
compassionnel". Le rapport préconise également que l"'approche par les
enfants victimes" privilégie "la vie", et notamment "tout l'itinéraire
des enfants avant leur déportation". En outre, la Journée de mémoire
des génocides le 27 janvier constituera "un moment privilégié de
mémoire et de réflexion dans les écoles".
Ce projet de circulaire, qui ne bougera pas sur le
fond selon le ministère, sera envoyé "dans les semaines qui viennent"
aux recteurs, inspecteurs et enseignants. D'autre part, "un livret
pédagogique sera diffusé auprès des enseignants" de CM2 à la rentrée
prochaine et un portail Internet sera créé pour mettre à leur
disposition de nombreuses ressources numériques.
Vu la polémique déclenchée par la proposition de
Nicolas Sarkozy, Xavier Darcos avait chargé Hélène Waysbord-Loing de
coordonner un groupe de travail pour étudier la manière dont pouvait
être mise en oeuvre la demande du chef de l'État.
Lors de la première réunion du groupe de travail, le
27 février, tous les participants, parmi lesquels Simone Veil, Serge
Klarsfeld, Claude Lanzmann et des représentants d'institutions engagées
dans la transmission de la mémoire de la Shoah avaient affirmé qu'il
n'était "pas question" de parrainage d'un enfant par un élève ou par
une classe. En revanche, tous avaient convenu "unanimement" de
l'importance de mieux enseigner cette période.
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04 juin 2008
Rétention de sûreté : Nicolas Sarkozy revient à la charge
Rétention de sûreté : Nicolas Sarkozy revient à la charge
Par Cyriel Martin (avec agence)

Nicolas Sarkozy a appelé, mercredi, à l'adoption ''rapide'' d'un projet de loi imposant ''des mesures de surveillance de sûreté'', à leur sortie de prison, aux détenus ''ayant démontré leur dangerosité''. © SIPA
Nicolas Sarkozy ne s'avoue pas vaincu. Le 21 février dernier, le Conseil constitutionnel censurait partiellement la loi sur la rétention de sûreté, en interdisant qu'elle s'applique aux détenus déjà condamnés, au nom du principe de non-rétroactivité de la loi. Mercredi, le chef de l'État a souhaité l'adoption ''rapide'' d'un projet de loi imposant ''des mesures de surveillance de sûreté'', à leur sortie de prison, aux détenus ''ayant démontré leur dangerosité''.
Cette nouvelle proposition, identique au texte censuré par les Sages, fait suite au rapport de Vincent Lamanda, premier président de la Cour de cassation, intitulé Amoindrir les risques de récidives criminelles des condamnés dangereux . Il y pointe les ''lacunes'' du dispositif mis en place pour lutter contre la récidive et formule ''23 propositions'', pour partie d'ordre législatif, selon un communiqué de l'Élysée. Les mesures législatives ''ont pour objectif d'imposer des mesures de surveillance de sûreté aux sortants de prison ayant démontré leur dangerosité, mais auxquels la loi relative à la rétention de sûreté ne peut être appliquée''. D'autres articles prévoient de ''diversifier les moyens de surveillance des détenus remis en liberté en complément du bracelet électronique''.
Principe de non-rétroactivité des lois posé par la Déclaration des droits de l'homme
Nicolas Sarkozy a souhaité que ces propositions "[fassent] rapidement l'objet d'un projet de loi''. Et il a affirmé à Vincent Lamanda que "la justice disposera des moyens nécessaires à la mise en oeuvre des propositions du rapport''. ''Il m'a indiqué que prochainement il va réunir un comité interministériel pour étudier [les propositions] et envisager leur application dans les meilleurs délais'', a expliqué Vincent Lamanda dans la cour de l'Élysée.
En février, le Conseil constitutionnel avait réaffirmé le principe de non-rétroactivité des lois posé par l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui figure en préambule de la Constitution de 1958. Bien que ce principe pose qu'on ne peut pas condamner quelqu'un pour des actes qui n'étaient pas interdits quand ils ont été commis, Nicolas Sarkozy avait demandé à Vincent Lamanda, au lendemain de la décision du Conseil, de lui faire des ''propositions'' pour atteindre ''l'objectif'' d'une ''application immédiate'' de cette peine ''aux criminels déjà condamnés''.
Lire aussi :
Rétention de sûreté : les dispositions prévues par la loi
La Cour de cassation rejette l'invite de Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy sème le trouble sur la "rétention de sûreté"
Le Parlement adopte la prison à vie
Rachida Dati pour une application immédiate de la rétention de sûreté
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21 mai 2008
En coulisses, le match Sarkozy-Fillon continue
En coulisses, le match Sarkozy-Fillon continue
Par Chloé Durand-Parenti et Jamila Aridj

Face à la multiplication des couacs et à une majorité qui traîne des pieds, le président de la République a décidé de reprendre les choses en main © Christophe Petit Tesson / MAXPPP
Face à la multiplication des couacs et à une majorité qui traîne des pieds (
OGM
,
allocations familiales
,
Carte Familles nombreuses
), Nicolas Sarkozy a décidé de reprendre les choses en main. La preuve,
le président de la République vient de constituer une équipe de fidèles
parmi les fidèles. Une task force composée de sept ministres de confiance : Brice
Hortefeux, Nadine Morano, Laurent Wauquiez, Xavier Darcos, Éric Woerth,
Luc Chatel et Xavier Bertrand. La mission de cette jeune garde qui
constitue désormais le coeur de l'appareil politique du chef de l'État
? Être capable à la fois d'expliquer les réformes et de monter au
créneau à la moindre attaque. Ce "conseil des ministres bis", qui s'est
déjà réuni jeudi dernier, pourrait même devenir un rendez-vous
hebdomadaire.
Un cercle très restreint
Signe que les temps changent, Rachida Dati et Nathalie
Kosciusko-Morizet, pourtant proches de Nicolas Sakozy, ont été
"exclues" de cette "dream team". Tout sauf une surprise, le Premier
ministre François Fillon ne fait évidemment pas partie de ce cercle
restreint. Signe, s'il en fallait un, que la relation entre les deux
hommes est de plus en plus tendue, pour ne pas dire carrément orageuse.
Ce changement de cap du chef de l'État passe également
par une mise au pas des parlementaires. Ainsi, les petits-déjeuners
hebdomadaires de la majorité, organisés traditionnellement le mardi à
Matignon, auront désormais lieu à l'Élysée. Ces rendez-vous réunissent
de façon informelle une quinzaine de ténors de la droite et du centre,
notamment les chefs des groupes parlementaires et des partis composant
la majorité. Depuis le 9 octobre, plusieurs se sont déjà ponctuellement
tenus à l'Élysée. Une pratique peu conforme à la tradition de la Ve
République. L'information révélée lundi par Libération
a été confirmée par Matignon.
"Ça n'est pas la première fois, c'est déjà arrivé", a minimisé le ministre du Travail, Xavier Bertrand. "Ça veut dire tout simplement que le président de la République assume ses responsabilités. Ses responsabilités de chef de l'État, président de tous les Français, mais aussi celles de responsable d'une majorité politique. Je crois que, par rapport à des époques passées où on faisait les choses sans le dire, là il dit les choses au grand jour et c'est très bien comme cela", a observé le ministre mardi matin sur France Info .
"Un camouflet pour le Premier ministre" (François Hollande)
Interrogé par lepoint.fr, François Sauvadet, le président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée nationale, qui participe "chaque semaine" à ces réunions, n'y voit pas autre chose que "la volonté de travailler en équipe" autour "d'un président qui assume". "Que cela se passe à Matignon ou à l'Élysée n'est pas la question. Lors de ces entretiens, nous avons des échanges très directs avec le président de la République ainsi qu'avec le Premier ministre. Partout, on parle de tensions entre eux. Moi, ce que je vois, c'est qu'à chaque réunion, Nicolas Sarkozy se tourne vers François Fillon et l'écoute. L'important, c'est que nous puissions avoir ces débats pour l'avenir de la France", estime le député centriste. "D'ailleurs, cette semaine, j'ai appris que le petit déjeuner était organisé à l'Élysée mais je n'ai pas d'information me disant qu'ils le seront désormais systématiquement", raconte-t-il.
Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, ce bouleversement ne fait aucun doute : il s'agit d"un "camouflet" infligé par Nicolas Sarkozy à François Fillon. "C'est le signe que ça ne va pas fort dans la majorité, au point que le chef de l'État lui reprend ce qui était de sa prérogative", a-t-il martelé sur France 2.
Du côté de Matignon, on se borne à faire remarquer que Nicolas Sarkozy "souhaite avoir un contact hebdomadaire avec la majorité dans cette période de réformes", en précisant que "cette organisation sera valable au moins pour les prochaines semaines". "Il n'y a pas de souci", s'efforce-t-on d'affirmer dans l'entourage de François Fillon.
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