21 décembre 2008
Très discrète Gauche moderne
Vendredi 19 Décembre 2008
Très discrète Gauche moderne
Depuis
dix-huit mois, la Gauche moderne accompagne Nicolas Sarkozy et le
gouvernement. Incarné par Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux
Anciens combattants et chef de file du mouvement, le mouvement de
centre-gauche peine toutefois à se faire entendre dans le débat public.
Comme son rôle exact aux côtés de la majorité tarde à être précisément
défini.
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"Nous ne sommes pas dans une majorité de droite, mais dans une majorité ouverte." La Gauche moderne ou l'art de la nuance. Depuis dix-huit mois, le mouvement initié par Jean-Marie Bockel, définitivement organisé en parti à la fin du mois de novembre (lire: Bockel envoie sa Gauche moderne), poursuit son aventure aux côtés du pouvoir sarkozyen. A ce jour, la formation du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants revendique "plus d'un millier d'adhérents", dixit Serge Federbusch, "animateur" de la Gauche moderne à Paris. Un chiffre bien évidemment marginal comparé aux autres composantes de la majorité, UMP et Nouveau centre en tête, mais qui est appelé "à grossir très rapidement", veut croire cet élu du 10e arrondissement de la capitale, résolument optimiste.
Trop? C'est fort possible. Depuis dix-huit mois que la Gauche moderne - un ministre et 150 élus locaux - a fait le choix de collaborer avec le pouvoir en place, sa voix ne s'est que très rarement fait entendre. Pendant que le Nouveau centre, voire une partie de l'UMP, exprime publiquement ses réserves au sujet de la réforme de l'audiovisuel public ou sur l'extension du travail dominical par exemple, la Gauche moderne, elle, s'enferme dans son mutisme. "Nous sommes un parti jeune", justifie Serge Federbusch. "Quand le Nouveau centre a décidé de se désolidariser de Bayrou, il avait une base qui lui a permis de devenir un parti, de peser. Ce n'est pas encore notre cas." Le politologue Dominique Reynié tourne ce propos autrement. "Dans le jeu politique, les prises de position sont d'autant plus fortes que l'on est dans l'opposition. Si on est dans la majorité, il faut être un parti fort pour se faire entendre." Ce qui est loin d'être le cas de la Gauche moderne.
Attention toute particulière
Peut-être parce que le mouvement de Jean-Marie Bockel, s'il assume parfaitement son statut "d'allié" au sein de la majorité présidentielle, n'a pas encore réussi à définir son rôle exact dans la galaxie Sarkozy. "De centre gauche, la Gauche moderne soutient et nourrit l'action réformatrice du gouvernement", affirme dès ses premières lignes le manifeste d'un parti qui se revendique du social-libéralisme européen. "Nous mettons en avant des valeurs, de gauche, qui ne sont pas forcément prioritaires à l'UMP, comme la culture ou la laïcité", tente pour sa part Francine Girond, membre du Conseil national de la Gauche moderne. Des exigences de fond, sans résultats visibles pour l'instant, qui serviraient surtout un autre dessein, selon Dominique Reynié. "La Gauche moderne sert l'UMP et Nicolas Sarkozy en faisant du sarkozysme un socle qui dépasserait la droite."
D'où l'attention toute particulière accordée par le chef de l'Etat à son jeune allié. Son Premier ministre, François Fillon, avait en effet été dépêché le 29 novembre dernier, à Suresnes, au congrès fondateur du mouvement. Et à la tribune, Jean-Marie Bockel a lu un message transmis par l'Elysée, dans lequel le président de la République "souhaite que la Gauche moderne rassemble tous ces Français de gauche éloignés et las des querelles subalternes et dépassées." Histoire de couper un peu plus l'herbe sous les pieds du PS, une tâche dont, pour le coup, s'acquittent parfaitement les amis du maire de Mulhouse.
L'option DSK avortée
"Le PS entretient les inégalités et les échecs. Il est incapable de passer à l'âge adulte", avance, entre autres amabilités, Serge Ferderbusch, qui précise par ailleurs, un rien amer, avoir été encarté "pendant 29 ans" au parti de la rue de Solferino. Son courroux contre son ancienne maison, il le date des années Jospin et notamment au choc du 21 avril 2002. "Il n'y a eu aucune réflexion à propos de cet échec. Depuis, il n'y a eu ni chef, ni programme." Et ce n'est pas l'actuelle direction qui risque de le faire changer d'avis. Seul Dominique Strauss-Kahn trouve grâce à ses yeux. "S'il avait été candidat en 2007, le choix entre lui et Nicolas Sarkozy aurait été plus compliqué", admet-il. Il ne le fut donc pas. "L'élection de Nicolas Sarkozy représentait pour nous un changement affectif", avoue Francine Girond. "Nous avons été attirés par son parler vrai, sans tabou", ajoute l'universitaire parisienne, proche de Jean-Marie Bockel.
Dix-huit mois plus tard, le constat est toujours aussi favorable. "Dans tout ce qu'il a entrepris, je ne vois rien qui ne relève de la droite dure", estime Serge Federbusch, ne trouvant donc pas grand chose à redire aux débats qui ont fait polémique, sur l'immigration, sur la carte judiciaire ou sur la réforme des universités. Il ne fait même pas un drame de la "rétrogradation" de son champion du secrétariat d'Etat à la Coopération à celui des Anciens combattants, pour des propos jugés en haut lieu trop virulents contre la "Françafrique" et dont s'étaient offusqués certains chefs d'Etat du continent noir (lire: Françafrique: Bockel recalé).
"Il a effectivement ressenti cela comme une forme de sanction, il en a été meurtri", reconnaît tout de même Francine Girond. Pas au point, toutefois, de quitter le gouvernement. "Parce qu'il n'est pas Jospin. Il y a d'autres façons de faire que de claquer la porte", grince Serge Federbusch, décidément impitoyable contre ses anciens "camarades". Dominique Reynié avance une autre explication: "Au PS, Bockel vivait à l'intérieur d'un grand parti de gouvernement qui l'ignorait. Actuellement, il vit au crochet d'un autre grand parti de gouvernement, mais celui-ci lui accorde un peu de considération." C'est déjà ça.
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17 octobre 2008
RSA: Le PS botte en touche
Mercredi 08 Octobre 2008
RSA: Le PS botte en touche
Au
cours d'une journée parlementaire largement consacrée à la crise
financière, l'Assemblée nationale a, par 306 voix contre 20, validé
mercredi le projet de loi généralisant le Revenu de solidarité active
(RSA). Le PS, opposé au mode de financement du dispositif, a préféré
s'abstenir. Dans les rangs de la majorité, onze voix ont fait défaut du
côté de l'UMP. Le texte a pris la route du Sénat.
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Malgré un financement jugé "inique" à gauche, le Parti socialiste n'a opposé qu'une résistance de façade au projet de loi visant à généraliser le Revenu de solidarité active (RSA). A l'unanimité, les élus socialistes du Palais Bourbon ont opté pour l'abstention mercredi (comme les Verts et le Modem), laissant leurs camarades communistes (et trois radicaux) exprimer leur rejet du dispositif, en débat à l'Assemblée nationale depuis le 25 septembre. En face, l'UMP (moins onze élus) et le Nouveau centre ont approuvé en première lecture le texte défendu par Martin Hirsch. Au final, le vote s'est soldé par 306 voix pour et 20 voix contre.
Une première victoire pour le Haut commissaire aux solidarités actives, même si les débats du jour ont une nouvelle fois mis en lumière les résistances au volet financier du RSA. Pour rappel, le Revenu de solidarité active consiste à remplacer, à partir du 1er juin 2009, le revenu minimum d'insertion (RMI), l'allocation de parent isolé (API), les dispositifs d'intéressement et la prime de retour à l'emploi, par une nouvelle allocation versée à quelque 3,7 millions de bénéficiaires. But de la manoeuvre, favoriser le retour à l'emploi des bénéficiaires de minimas sociaux sans qu'ils ne souffrent d'une baisse de revenus. Le RSA est depuis 2007 expérimenté dans 34 départements. Son coût, évalué à 1,5 milliards d'euros, doit être financé par une taxe de 1,1% prélevée sur les revenus de l'épargne. Or, c'est là que le bât blesse.
Le PS sort les chiffres
Pour l'opposition, le mécanisme, conjugué aux effets du bouclier fiscal, aura pour effet de mettre à contribution les épargnants moyens tandis que les plus hauts revenus seront exemptés d'efforts. Mercredi, le PS a d'ailleurs brandi l'argument statistique en expliquant, rapport sur le bouclier fiscal à l'appui, que "10% de Français les plus aisés en termes de revenus bénéficient de 83% des remboursements au titre du bouclier fiscal, pour 84 700 euros de restitution moyenne." Dans les rangs communistes, la rhétorique a été plus classique. "Le RSA n'est plus l'outil de lutte contre la pauvreté qu'il se promettait d'être. Il est devenu un dispositif de plus dans la stratégie gouvernementale et patronale de casse du droit du travail", a accusé le député Roland Muzeau.
Le jugement était bien évidemment contraire dans les rangs de la majorité. D'autant que l'amendement adopté la veille et visant à plafonner les niches fiscales pour concourir au financement du RSA - et qui vise donc à abaisser le taux prévu - a eu pour effet de resserrer les rangs. "Le RSA est un progrès social majeur pour notre pays", a ainsi affirmé au nom de la majorité l'UMP Bruno Le Maire, tout en soulignant "l'équité" de son financement. "C'est une loi pragmatique et de bon sens", a enchéri Colette Le Moal pour le Nouveau centre. L'élue a toutefois renouvelé ses critiques sur l'incorporation de la taxe de 1,1% dans le bouclier fiscal. Une pomme de discorde pour l'heure sans conséquence pour le RSA. Martin Hirsch croise les doigts pour qu'il en soit de même au Sénat, où le texte sera examiné à partir du 27 octobre.
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09 septembre 2008
Scientologie: Les preuves du juge
Scientologie: Les preuves du juge
La Scientologie, une "bande organisée (...) à la recherche du profit optimal"? C'est ce qu'estime la justice française. Libération
publie mardi des extraits de l'ordonnance de renvoi de l'organisation
en tant que personne morale devant le tribunal correctionnel de Paris.
Le document évoque, entre autres, "de multiples manipulations bancaires". En cas de condamnation, la secte pourrait être dissoute.
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Branle-bas de combat au 69 rue Legendre, le siège de l'Eglise de Scientologie à Paris. L'ordonnance de renvoi de la secte en tant que personne morale devant le tribunal correctionnel de Paris, signée lundi par le juge d'instruction Jean-Christophe Hullin, la menace de dissolution. Plus exactement, ce sont les deux structures mises en cause par la justice française - l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie (ASES -Celebrity centre), principale structure de l'association en France et sa librairie, la SARL SEL - qui sont menacées de dissolution pour "escroquerie en bande organisée". Ses responsables encourent sept années de prison.
En mai 2002, le tribunal de Paris avait condamné pour la première fois la branche francilienne de la Scientologie à 8000 euros d'amende pour le fichage informatique d'anciens adeptes entre 1998 et 2000. Une nouvelle condamnation en qualité de personne morale dans le dossier d'escroquerie présumée pourrait entraîner la dissolution judiciaire de l'Église. Par ailleurs, sept scientologues, dont Alain Rosenberg, directeur général du Celebrity centre, sont également poursuivis dont certains pour "exercice illégal de la pharmacie". Le juge est donc allé à l'encontre du parquet qui avait requis, le 4 septembre 2006, un non-lieu général, estimant notamment que les mis en examen étaient animés "par leur seule conviction religieuse" et n'avaient tiré "aucun bénéfice personnel".
"De multiples manipulations bancaires"
Une vision des choses loin d'être partagée par Jean-Christophe Hullin. Libération publie mardi des extraits de son ordonnance de renvoi. L'accusation est claire: la Scientologie serait "une bande organisée (...) à la recherche du profit optimal". Et d'argumenter cette thèse. "On a constaté de multiples manipulations bancaires, entièrement concertées entre plusieurs des mis en examen", précise le magistrat, dans ce texte de 70 pages.
Jean-Christophe Hullin cite notamment les surfacturations de produits, notamment les ouvrages de la librairie SEL, dont le prix "peut s'avérer dix fois supérieur au prix général d'une édition commune comparable en tirages". La conclusion est sans appel: il n'y a plus "aucun doute sur la finalité commerciale de l'action scientologue, dénotant d'une véritable obsession pour le rendement financier". Et les exemples sont nombreux. Ainsi, cette déclaration du fondateur de l'Eglise, Ron Hubbard, à ses disciples: "Vous devez vouloir à tout moment contrôler chaque personne qui entre dans votre bureau, dès cet instant jusqu'à l'étape finale de la signature du chèque."
Pour le magistrat, la "circonstance de bande organisée s'applique d'autant plus (...) que les mis en examen, qui concentrent entre leurs mains toutes les prérogatives au sein des structures associatives et commerciales, sont liés par une relation amicale ancienne et des liens familiaux et d'alliance".
Lundi, la Scientologie n'a pas souhaité réagir, préférant attendre de lire l'ordonnance. C'est désormais chose faite. Mardi, elle s'est dit victime d'un "harcèlement" des autorités françaises. Et accuse la justice d'avoir organisé "une fuite" en direction de la presse. "Malheureusement, la France ne respecte pas (les) critères de liberté religieuse. Au contraire, les autorités françaises ont poursuivi leur campagne contre la liberté religieuse pour tous, la fuite irrégulière d'informations judiciaires vers la presse lundi en étant le dernier exemple", peut-on lire dans un communiqué de sa branche internationale. Mais en la matière, la Scientologie ne semble pas inquiète. " Nous sommes confiants dans le fait que ces actions ne tiendront pas devant un tribunal impartial (...) Ces actions des autorités françaises n'empêcheront pas l'expansion." Ses responsables ont peut-être en mémoire la précédente enquête pour escroquerie dans les années 1980, qui avait tourné court en raison de la disparition inexpliquée des dossiers au palais de justice...
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05 août 2008
Deux morts dans une mini-tornade dans le Nord
Société 04/08/2008 - 07:20
Deux morts dans une mini-tornade dans le Nord
Une mini-tornade a touché quatre communes du Nord dans la nuit de dimanche à lundi. Quelques maisons se sont effondrées à Hautmont, où deux personnes sont mortes. Au moins 13 personnes ont été blessées. Le plan blanc a été déclenché, mobilisant Samu et pompiers.
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06 mai 2008
Bockel: "Un allié libre et loyal"
Jean-Marie Bockel ne regrette pas d'avoir quitté le PS pour rejoindre Nicolas Sarkozy. (Maxppp)
Mardi 06 Mai 2008
Bockel: "Un allié libre et loyal"
S'il se revendique toujours "homme de gauche",
Jean-Marie Bockel est resté fidèle au gouvernement Fillon, qu'il a
rejoint au nom de l'ouverture chère à Nicolas Sarkozy. Après un an de
mandature, le fondateur du parti Gauche moderne dresse pour leJDD.fr
un premier bilan de l'action du chef de l'Etat. En n'oubliant pas
d'adresser une petite pique à ses anciens camarades socialistes.
En un mot comment définiriez-vous la première année de mandat de Nicolas Sarkozy?
(Long silence) Studieuse, car on a beaucoup travaillé. J'aurais aussi
pu dire laborieuse, car cela comporte également une notion d'efforts,
mais le côté péjoratif ne me plaît pas, on va donc rester sur
"studieuse". Je trouve que cela colle bien à l'activité du gouvernement
depuis un an.
Le style de Nicolas Sarkozy a également beaucoup fait parler...
Oui, mais ça y est, le correctif a eu lieu et cette image de départ va
peu à peu s'estomper, j'en suis convaincu. Maintenant, on est centré
sur les questions de fond, à savoir les réformes. Si je suis entré au
gouvernement, et si je compte y rester, c'est justement en raison de
cette idée de reforme juste. J'ai longtemps attendu que le Parti
socialiste soit porteur de cette modernisation de la société que
j'appelle de mes voeux depuis longtemps. Cela n'a pas été le cas donc
je suis parti. Et en tant qu'homme de gauche, je souhaite plus que tout
continuer sur la voie de la réforme, il ne faut surtout pas s'arrêter
en chemin.
A titre personnel, on dit que vous avez été sanctionné par le chef
de l'Etat pour avoir manifesté trop d'impatience à en finir avec la
Françafrique *...
Vous aurez remarqué que je me suis abstenu de tout commentaire depuis
mon changement de poste, ce n'est pas pour en parler aujourd'hui....
Mais Nicolas Sarkozy avait annoncé une rupture...
(Il coupe) J'ai fait ce que j'avais à faire et dit ce que j'avais à
dire. Et je pense que ce que j'ai dit a eu son utilité pour faire
bouger les choses.
"Des erreurs dans la pédagogie de la réforme"
Pour en revenir au PS, en tant que ministre d'ouverture, pensez-vous que Nicolas Sarkozy a contribué à une évolution du Parti?
D'une certaine façon oui. Je pense que la volonté farouche du président
de réformer -en en payant le prix fort en termes de popularité- a dû au
moins les interpeller et leur montrer la nécessité de changement.
Ce qui a donc abouti à "une déclaration de principes" qui consacre
l'économie de marché et renie les ambitions révolutionnaires du PS?
Franchement, je ne pense pas, car c'est quelque chose que,
personnellement, je réclamais depuis plus de dix ans. Et c'est ce que
disent tous les sociaux-libéraux européens depuis plus de trente ans,
donc il n'y a rien d'exceptionnel là-dedans. Pour moi, c'est un premier
pas, certes, mais ce n'est pas suffisant. Je pense que ce ne sera qu'un
nettoyage de façade.
Vous avez quitté le PS en raison de son refus de s'adapter au
social-libéralisme. Pourriez revenir dans le giron socialiste si une
avancée était faite dans ce domaine?
Aujourd'hui, je suis dans l'état d'esprit d'être un allié libre et
loyal du président de la République. Et je ne suis pas quelqu'un qui
regarde en arrière. Et quand bien même, je ne vois pas de signaux
tangibles marquant une possible inflexion de la politique socialiste
depuis mon départ.
Certains leaders, comme Manuel Valls, cherchent pourtant à faire bouger le curseur vers le centre.
Oui, vous avez raison, mais ces idées, je les portais déjà il y a dix
ans, et voyez ce qu'il s'est passé... Dès lors, je ne suis pas du tout
convaincu que Manuel Valls soit entendu. Je le crains pour lui.
Les réformes lancées ne sont-elles pas menées de façon un peu trop dure pour être acceptées par les Français?
On ne peut pas nier qu'il y a eu des erreurs de faites dans la
pédagogie de la réforme ou dans la communication. Rien que le terme de
paquet fiscal était une erreur, même si c'est toujours plus facile de
le dire avec le recul. Concernant le RSA, avec lequel je suis en phase,
je comprends que cela fasse débat, mais c'est pourtant une réforme
juste, dont le contenu n'est pas à remettre en cause, même si son
financement peut faire grincer des dents. C'est d'ailleurs la même
chose pour le si critiqué paquet fiscal qui, finalement, concerne
essentiellement les classes moyennes.
"Je comprends la mauvaise humeur des Français"
Ce n'est donc pas la réforme qui pose problème mais la façon d'en parler?
C'est un peu ça oui... De toute façon, en France, si on ne réforme pas,
on est impopulaire et si on réforme... on est encore plus impopulaire!
La vérité, c'est que, comme l'ont fait nos voisins européens depuis
quelques années, il faut accepter d'être impopulaire pour faire changer
les choses. Commençons par bien finir cette législature et on jugera
sur pièce à ce moment-là.
La baisse de popularité du chef de l'Etat vous inquiète-t-elle dans cette course aux réformes?
Pas du tout. Tout simplement car il n'y a aucune alternative crédible à
ce que l'on propose. Même s'il y a bien quelques grèves, je constate
qu'il n'y a pas en France de grands mouvements sociaux capables
d'influer le cours des évènements. Nous ne sommes pas dans un climat
qui pourrait constituer un frein aux réformes. Les Français les
critiquent beaucoup, mais ils savent aussi que réformer est
indispensable. Je comprends leur mauvaise humeur. Il ne faut pas être
sourd aux revendications de la rue, bien au contraire. Je constate
d'ailleurs qu'il y a rarement eu autant de dialogue avec les syndicats
qu'en ce moment, ce qui est indispensable pour trouver les bonnes
solutions pour tous.
Au final, regrettez-vous parfois d'avoir rejoint la majorité présidentielle?
Qui n'a jamais eu de doutes? Le jour où je ne douterai plus, je
commencerai à m'inquiéter sérieusement. Mais je ne regrette rien, et ce
n'est surtout pas le Parti socialiste tel qu'il est aujourd'hui qui va
me faire regretter... Non, franchement, j'éprouve une certaine fierté à
faire partie de ce gouvernement réformateur.
* Alors secrétaire d'État chargé de la Coopération et la Francophonie, Jean-Marie Bockel demandait publiquement le 15 janvier 2008 au Président, conformément aux promesses de celui-ci, d'accentuer la fin de la Françafrique. Après les élections municipales, le maire de Mulhouse était "muté" aux Anciens combattants.
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