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31 décembre 2008

Perte record pour le CAC 40 en 2008

Perte record pour le CAC 40 en 2008

Par Reuters, publié le 31/12/2008 16:12 - mis à jour le 31/12/2008 16:19


L'indice vedette de la Bourse de Paris a dégringolé de près de 45% cette année. C'est la plus forte perte de l'histoire du CAC, né en 1988. Dexia et Renault ont lâché plus de 80%.

     

L'indice CAC 40 de la Bourse de Paris a clos la pire année de son histoire : -42,68%. Un recul presque aussi fort que l'indice Eurostoxx des 50 principales valeurs de la zone euro (-44,28%).

L'indice CAC 40 a terminé 2008 sur un recul historique de 42,68%, sinistré par une crise économique et financière qui n'a épargné aucune classe d'actifs. (Reuters/Charles Platiau)

L'indice CAC 40 a terminé 2008 sur un recul historique de 42,68%, sinistré par une crise économique et financière qui n'a épargné aucune classe d'actifs. (Reuters/Charles Platiau)

Le CAC 40 a fini la journée de mercredi sans grand changement (+0,03% à 3.217,97 points) dans un volume particulièrement étroit de 803 millions d'euros sur un total de 1,0 milliard d'euros échangés à Paris.

La perte annuelle est la plus forte jamais enregistrée par l'indice depuis sa création en juin 1988. La précédente baisse annuelle record remonte à 2002 (-33,8%).

Francfort, qui a fermé ses portes mardi, a accusé une perte annuelle record de 40,4% de même que Londres (-31,5%).

L'ensemble des marchés, toutes classes d'actifs confondues, ont connu une année rude, la crise financière déclenchée en 2007 par une crise de l'endettement et du crédit, aux Etats-Unis notamment, ayant contaminé le reste de l'économie en 2008.

Des professionnels veulent croire que l'action massive des banques centrales et les plans de relance budgétaire des gouvernements permettront de sortir de la récession dans la deuxième moitié de 2009, ce qui est loin d'être sûr.

"On veut oublier vite 2008. Mais ce n'est pas sûr que 2009 amène une embellie, au début en tous cas", dit un trader sur dérivés actions d'une banque américaine.

2008 aura été "l'année la plus difficile de l'histoire récente que la plupart des investisseurs et des acteurs préfèreront oublier", estiment les analystes crédit de Société générale.

"2008 a vu la faillite de plusieurs grandes banques et la fin du modèle du courtier indépendant", ajoutent-ils dans une note en soulignant que "le sort des trois grands constructeurs automobiles américains reste incertain". "L'économie américaine connaît sa plus longue période de récession depuis la fin de la guerre et l'économie mondiale commence à se paralyser".

Les primes de risques sur les marchés boursiers et du crédit ont atteint des niveaux historiques sur fond de craintes d'une multiplication des défauts de paiement.

HERMÈS SE DÉTACHE

Toutefois, des sociétés de gestion ou des brokers veulent voir une "lueur d'espoir" dans les plans de relance et l'action des banques centrales. Ils préconisent un retour prudent sur les actifs risqués (crédit et actions) dès les premiers signes de fin de récession.

Les valeurs bancaires, sinistrées par la crise du crédit, ont été les principaux moteurs de la baisse tout au long de l'année et, en fin d'année alors que la récession se confirmait, les valeurs automobiles ont rejoint le club de l'armée des victimes.

Dexia a accusé la plus forte perte annuelle du CAC (-81,41% à 3,2 euros), Renault (-80,88% à 18,55) et PSA Peugeot Citroën (-76,57% à 12,15) les deuxième et troisième plus fortes baisses.

Les valeurs défensives ont résisté. GDF Suez (-11,69% à 35,325) a enregistré la meilleure performance du CAC, suivi par France Télécom (-18,93% à 19,96 euros) et Essilor (-23,09% à 33,57 euros).

L'indice élargi SBF 120 a chuté de 43,09% en 2008. Seule l'action Hermès a fini en hausse au sein de cet indice.

Ce titre a fait l'objet de spéculations sur son éventuelle entrée dans le CAC 40. Si Hermès répond au critère de capitalisation, son capital flottant (27%) est très insuffisant, ce qui est admis par les dirigeants du groupe de luxe contrôlé à 73% par les héritiers d'Emile Hermès.

"Personne ne veut une répétition du cas Volkswagen", dit un analyste d'un broker parisien.

L'action Volkswagen a flambé de 60% en 2008 et a soutenu artificiellement l'indice Dax de Francfort en raison de son très faible flottant. Le titre a fait un bond de plus de 60% en 2008 alors que le Dax a chuté de plus de 40%.

VW a été soutenu par la prise de contrôle de Porsche, qui a ramassé des titres sur le marché, et s'est assuré fin octobre l'équivalent de 74% du capital.

La course à la sécurité en 2008 a été telle que les investisseurs se sont arraché les titres de dette des grands Etats, ce qui a écrasé les rendements. Le rendement de l'emprunt d'Etat allemand de référence à 10 ans de la zone euro a ainsi fini l'année sous 3%, à 2,95% contre 4,60% début juillet.

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29 décembre 2008

Hôpitaux Faute de place aux urgences, un homme meurt d'un malaise cardiaque

Hôpitaux

Faute de place aux urgences, un homme meurt d'un malaise cardiaque

Par LEXPRESS.fr, publié le 29/12/2008 08:51 - mis à jour le 29/12/2008 09:01

       

Un quinquagénaire est décédé samedi soir après un malaise cardiaque. Après lui avoir porté secours, le SAMU a attendu 6 heures pour lui trouver une place dans l'un des 27 hôpitaux de la région parisienne, tous saturés. Le patient a succombé à son arrivée.

     

Un homme victime samedi soir d'un malaise cardiaque, à Massy (Essonne), n'a pu être accueilli pendant six heures, faute de place, dans un service de réanimation hospitalier et est décédé alors qu'il allait enfin y être admis, a-t-on appris dimanche de sources concordantes.

Une équipe du Samu s'est rendue au domicile de cet homme de 56 ans vers minuit, et après lui avoir prodigué les premiers soins, a cherché pour lui en vain auprès de 27 hôpitaux d'Ile-de-France une place dans un service de réanimation qui pourrait lui faire une coronarographie, a déclaré à l'AFP le Dr Nathalie Roignant, praticien hospitalier au Samu de l'Essonne.

"Par défaut, l'équipe l'a amené en stand-by aux urgences de l'hôpital de Longjumeau", qui dispose de matériel de réanimation mais n'était pas en mesure de lui faire une coronarographie. Ce n'est que vers 6 heures qu'une place s'est libérée pour cette intervention à l'hôpital Lariboisière, à Paris, mais le patient est décédé au moment où il arrivait à cet établissement.

Une porte-parole de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a confirmé à l'AFP ces faits, initialement révélés par le syndicat d'urgentistes Amuf.

Pour le secrétaire général de l'Amuf, Bruno Fagganielli, de nombreux lits de réanimation ont été fermés pendant la période des fêtes, faute de personnel, "puisque les hôpitaux n'ont plus les moyens de prendre des remplaçants" des médecins et soignants en congé.

Dans un communiqué diffusé dimanche soir, l'Amuf a assuré "qu'à 20 heures, tous les services d'urgence sont saturés et qu'il n'y a plus de place de réanimation en Ile de France".

Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'AP-HP a indiqué que dimanche à 16 heures, comme la veille à la même heure, cinq places de réanimation étaient disponibles en Ile-de-France, selon les données, rassemblées toutes les 24 heures, du Centre régional de veille et d'action sur les urgences.

Pour l'Amuf, présidée par le Dr Patrice Pelloux, "la sécurité des patients n'est plus assurée dans les hôpitaux en Ile-de-France pendant cette période de fêtes".

Dans son communiqué, elle "demande aux plus hautes autorités de l'Etat de prendre immédiatement des mesures énergiques avant qu'une catastrophe sanitaire ne se produise", notamment "le déclenchement des plans blancs en Ile-de-France et le rappel des personnels".

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11 décembre 2008

La contagion après de nouveaux incidents à Athènes?

 

La contagion après de nouveaux incidents à Athènes?

Par LEXPRESS.fr, publié le 11/12/2008 11:35 - mis à jour le 11/12/2008 15:16

 

REUTERS/Oleg Popov

Manifestant à Athènes, dans la nuit de mercredi à jeudi.

       

 

De nouveaux incidents ont éclaté jeudi entre jeunes et policiers à Athènes, après cinq jours d'émeutes qui ont plongé la Grèce dans une profonde crise sociale et politique, tandis que des violences dans plusieurs grandes villes d'Europe faisaient redouter une contagion. A Bordeaux, par exemple, le consulat de Grèce a subi des dégradations.

     

Jeudi matin, des affrontements entre jeunes et policiers ont éclaté devant la prison de Korydallos à Athènes, la principale du pays, devant la faculté d'Agronomie, occupée par les étudiants, et dans deux autres quartiers de la capitale grecque.

Malgré ces nouvelles escarmouches, pour certaines très ponctuelles, la police faisait état d'une "baisse de tension par rapport à lundi et mardi". Mais "nous devons faire face à des éléments hétéroclites et il est difficile de prévoir l'évolution de la situation", a expliqué à l'AFP le porte-parole de la police, Panayotis Stathis.

"Nous nous attendons à divers rassemblements de contestataires en fin d'après-midi, surtout autour des universités", a ajouté le porte-parole. Les coordinations lycéennes ont prévu de bloquer de grandes artères de la capitale, et une nouvelle manifestation d'étudiants devait être organisée jeudi soir à Athènes.

La police anti-émeutes jette près de l'école polytechnique d'Athènes le 10 décembre 2008

AFP/Louisa Gouliamaki

La police anti-émeutes jette près de l'école polytechnique d'Athènes le 10 décembre 2008

Affaibli par cette flambée de violence, mis en cause par les manifestants qui dénoncent la politique d'austérité du gouvernement, le Premier ministre conservateur, Costas Caramanlis, est parti jeudi pour Bruxelles, où il doit participer au sommet européen sur le climat.

Bologne, Madrid, Barcelone, Bordeaux...

Pendant ce temps, des incidents faisant redouter une contagion de la crise grecque ont éclaté dans plusieurs grandes villes d'Europe, comme à Rome et à Bologne, en Italie, où cinq policiers et un soldat ont été blessés mercredi lors d'affrontements avec des manifestants qui protestaient contre la mort du jeune Grec tué samedi par un policier.

D'autres manifestations, qui ont dégénéré en affrontements avec la police, ont eu lieu en Espagne, à Madrid et Barcelone, tandis qu'un inconnu a lancé un engin incendiaire mercredi soir contre le consulat de Grèce à Moscou. A Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, deux véhicules ont été incendiés devant le consulat de Grèce.

L'entrée du consulat grec de Bordeaux le 11 décembre 2008

AFP/Jean-Pierre Muller

L'entrée du consulat grec de Bordeaux le 11 décembre 2008

Officiellement, les établissements scolaires ont rouvert jeudi en Grèce, après un jour de deuil mardi et une grève générale mercredi, mais beaucoup de lycées, et les principales universités d'Athènes restaient occupés, dans l'attente d'assemblées générales pour décider de la suite du mouvement.

Grande manifestation vendredi

Les mouvements étudiants ont déjà annoncé la tenue vendredi d'une grande manifestation. "Nous sommes encore sur la crête du mouvement, heureusement en province, la situation est plus calme", a ajouté M. Stathis.

La Grèce est confrontée à une flambée de violences urbaines sans précédent depuis le retour de la démocratie, en 1974, déclenchée par la mort samedi soir à Athènes d'Alexis Grigoropoulos, tué par un policier dans le quartier d'Exarchia.

Pancarte contre le Premier ministre grec Costas Karamanlis lors d'une manifestation à Salonique, le 10 décembre 2008

AFP/Dimitar Dilkoff

Pancarte contre le Premier ministre grec Costas Karamanlis lors d'une manifestation à Salonique, le 10 décembre 2008

Dans ce quartier du centre d'Athènes, où se trouve l'Ecole Polytechnique occupée par des étudiants, une quarantaine de jeunes ont jeté tôt jeudi matin des pierres contre les forces anti-émeutes, qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène pour les disperser. Trois personnes ont été interpellées.

Selon une source policière, 15 établissements universitaires et une centaine de lycées à Athènes et Salonique, la grande ville du nord du pays, sont occupés depuis le début de la semaine par des étudiants et des jeunes, en signe de protestation contre la mort de l'adolescent.

A Salonique, des dizaines de jeunes restaient retranchés jeudi dans l'enceinte de l'Université. Selon la loi en Grèce, la police ne peut pas intervenir dans les universités.

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29 novembre 2008

Bockel et Grosskost signent l'armistice

Bockel et Grosskost signent l'armistice

Par Jacques Trentesaux, publié le 27/11/2008 12:08 - mis à jour le 27/11/2008 12:25

       

Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse, et Arlette Grosskost se sont réconciliés jeudi soir au cours d'une rencontre entre les élus alsaciens. La député UMP du Haut-Rhin a toujours eu du mal à accepter le changement de camp de l'ancien socialiste. Ils ont décidé de travailler ensemble sur les grands chantiers qui attend l'Alsace.

     

La poignée de main fut beaucoup commentée. C'est à l'hôtel des Invalides de Paris, jeudi 26 novembre, que Jean-Marc Bockel et Arlette Grosskost ont officialisé la fin de leurs hostilités, lors d'une cérémonie offerte par le secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants -et maire (ex-PS) de Mulhouse- aux élus alsaciens, en marge du congrès de l'Association des maires de France. "Nous sommes dans l'obligation de nous parler pour le bien de Mulhouse et de la région, a justifié la députée UMP. Il ne s'agit ni d'une alliance ni d'une allégeance, mais d'une paix concertée."

Depuis l'entrée de l'ancien socialiste Jean-Marie Bockel au gouvernement, les deux élus alsaciens se vouent une franche hostilité et les propos fielleux n'ont eu de cesse. Arlette Grosskost n'a pas supporté de voir son ennemi de toujours lui souffler la mairie de Mulhouse qu'elle convoitait de longue date, à la faveur d'une "trahison opportuniste" de son camp politique. "Elle a été très loin dans les accusations, rappelle Jean-Marie Bockel. Il y a quinze jours encore, elle tenaient des propos très durs à mon encontre. Le revirement spectaculaire."

Jacques Robert

Jean-Marie Bockel (au centre) et Arlette Grosskost se sont réconciliés autour d'un verre jeudi soir.

Les deux élus sont convenus d'un premier rendez-vous de travail le 3 décembre à 8 heures. Ils comptent se concerter pour porter plus efficacement quelques grands projets économiques (pôles de compétitivité, aide à l'implantation d'entreprises) et d'infrastructure (bouclage du financement des TGV est et Rhin-Rhône, ouverture de liaisons ferrées transfrontalières...). Arlette Grosskost tient également beaucoup à la relance du canal Rhin-Rhône mais un gabarit plus limité que le projet qui fut enterré en 1997.

Pour beaucoup, ces retrouvailles s'expliquent par la perspective des élections régionales. Au premier trimestre 2009, l'appareil UMP désignera les têtes de listes de ce scrutin. Arlette Grosskost, en bonne position pour mener l'UMP dans le département du Haut-Rhin, a besoin de jouer la réconciliation avec le seul ministre alsacien du gouvernement. L'heure est donc à l'unité locale. Du moins en apparence. Car les plaies sont telles qu'elles ne s'effaceront sans doute jamais.


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23 novembre 2008

Le PS va-t-il exploser?

 

Victoire d'Aubry

Le PS va-t-il exploser?

Par LEXPRESS.fr, publié le 22/11/2008 18:45 - mis à jour le 22/11/2008 19:30


       

Après une campagne interne minée par des querelles de personnes et une victoire contestée de Martine Aubry sur Ségolène Royal, le parti socialiste est au bord de l'explosion, selon plusieurs experts et politologues.

     

Coupé en deux, mû par des haines personnelles, divisé entre partisans d'un parti présidentiel voulu par Ségolène Royal et d'une formation social-démocrate qu'entend préserver Martine Aubry, le Parti socialiste risque l'explosion, selon des analystes.

REUTERS/Regis Duvignau

Ségolène Royal réclame un nouveau vote, après avoir été devancée de 42 voix par Martine Aubry dans un scrutin qu'elle juge entâché d'irrégularités.

Après un congrès de Reims désastreux d'où n'a émergé aucune ligne politique majoritaire, le vote des militants jeudi et vendredi pour élire une leader s'est soldé par un résultat sur le fil du rasoir - 42 voix d'avance pour Aubry sur Royal- contesté par le camp de la présidente de Poitou-Charentes.

"Le conflit est inexpiable et insoluble", estime Gérard Grunberg, directeur de recherche à Sciences Po, qui n'exclut plus une scission du PS.

"La haine est telle, l'impossibilité de les rassembler, de les réconcilier, est telle qu'il n'y pas de processus, de règles, d'instances qui peuvent régler cette crise", relève-t-il.

Avec un score 50-50, "c'est insoluble, personne ne peut avoir de légitimité complète, il n'y pas de vrais gagnants, pas de vrais perdants, pas de solution de réconciliation".

Le patron sortant du PS, François Hollande, table sur un Conseil national convoqué mardi soir pour démêler l'écheveau. Rejetant le risque d'un éclatement, il a appelé les deux camps à "respecter le vote, les règles et les instances" du parti.

Mais ce Conseil national, issu d'un premier vote des militants le 6 novembre - où Ségolène Royal avait recueilli 29% - est "favorable à Martine Aubry, et rejeté par les royalistes" qui "peuvent demander le recomptage des voix devant les tribunaux", souligne cet expert.

Manuel Valls, l'un de ses principaux lieutenants de Royal, a déjà prévenu que son camp utilisera "tous les moyens politiques, juridiques et judiciaires pour contester la victoire" de la maire de Lille.

Ce qui peut encore sauver l'unité du PS, selon M. Grunberg, c'est que "dans un système politique, ceux qui se destinent à l'élection présidentielle ont intérêt à avoir un grand parti".

Selon lui, la crise est liée aux "haines personnelles" mais aussi "aux désaccords profonds sur ce que doit être l'évolution du parti". Martine Aubry veut "un parti classique, social-démocrate, plutôt parlementaire" tandis que "Ségolène Royal est clairement dans la présidentialisation du système".

"Le parti d'Epinay - construit par François Mitterrand en 1971 - est mort "on ne sait pas ce qui va sortir", s'exclame-t-il.

Dominique Reynié, professeur à Sciences Po, abonde dans le même sens: "Peut-être le PS va-t-il entrer dans une crise dont il ne se relèvera pas. Ce pourrait être parce que les enfants du fondateur du parti (François Mitterrand) n'ont pas réussi à passer le relais".

Pour M. Reynié, le vote pour Royal "est un vote-sanction interne inédit, par lequel les adhérents signifient clairement à toute la génération qui s'est accrochée, de partir".

Le PS, selon lui, "est devenu ingouvernable". "Que Martine Aubry ait 42 voix d'avance n'y change rien: sa candidature a échoué" car "elle n'est pas parvenue à mobiliser une majorité potentiellement disponible et confortable pour reprendre le PS et l'orienter vers un changement".

Mais, pour Pascal Perrineau, directeur du Centre d'études et de vie politique (Cevipof), les difficultés du PS proviennent aussi de la "personnalité, des références, du style de Ségolène Royal, qui séduisent certes une partie de l'appareil, mais désorientent et agacent beaucoup d'autres, suscitant des hostilités".

Selon lui, en tout état de cause, "cette crise aura un coût" pour le PS. Les socialistes "seront en difficulté, dès les élections européennes" de juin, prédit M. Reynié.

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18 novembre 2008

Pourquoi le PS va entrer en cohabitation

Pourquoi le PS va entrer en cohabitation

Par LEXPRESS.fr, publié le 17/11/2008 19:18 - mis à jour le 17/11/2008 19:41

Martine Aubry, Ségolène Royal ou Benoît Hamon: le PS aura bien un chef jeudi prochain. Il tirera sa légitimité du vote des militants, mais devra composer avec la direction du parti, composée des divers courants. Un véritable danger, lorsque les rancoeurs sont aussi fortes.

     

Le PS aura un chef à la fin de la semaine, à l'issue du vote des militants, mais après l'échec du congrès de Reims, sa gouvernance sera difficile, avec en filigrane le risque d'une implosion ou d'une désagrégation, selon des analystes.

Incapable de dégager une majorité, le parti est morcelé entre les partisans de Ségolène Royal (29% lors du vote des militants le 6 novembre), de Bertrand Delanoë (25%), Martine Aubry (24%) et Benoît Hamon (18,5%).

REUTERS

Le Congrès de Reims s'est achevé dans la confusion et la division. Cliquez ici pour revivre les déchirures des socialistes en images.

Pour autant, le premier parti d'opposition ne restera pas sans leader: selon les procédures en vigueur, ce sont les militants qui voteront jeudi (éventuel 2e tour vendredi) pour choisir entre l'ex-candidate à la présidentielle, la maire de Lille et le jeune eurodéputé.

Dès lors, deux légitimités risquent de s'affronter: celle du premier secrétaire et celle de la direction (Conseil national et bureau national), puisque ces deux instances seront composées à la proportionnelle du premier vote.

Une cohabitation à la manière de la Ve République que dénonce par avance Benoît Hamon, pour qui le PS est atteint du "poison présidentiel" et "pourrait avoir une cohabitation" à sa tête: "un premier secrétaire qui ne dispose pas de majorité".

"Poison présidentiel"
Un cacique du parti se veut optimiste: "le nouveau chef du parti sera obligé d'avoir une démarche de rassemblement. Il créera une majorité, pas par un jeu d'alliances, mais sujet pas sujet", prévoit-il.

"Le PS va être très difficilement gouvernable" et quel que soit le chef élu, estime en revanche Gaël Sliman, directeur délégué de BVA. Mais, précise-t-il, "si Ségolène Royal l'emportait, le risque de schisme, de scission, de divisions, ou même d'implosion, serait bien plus fort". Car, explique-t-il, selon des sondages, "le noyau dur des partisans de Ségolène Royal n'est pas résolument hostile aux autres candidats", alors qu'"une majorité de personnes qui soutiennent Delanoë, Aubry ou Hamon ont du mal" avec l'ex-candidate. "Elle clive beaucoup", résume-t-il. En témoignent les huées qui ont accueilli certains passages de ses discours lors du congrès. Si Martine Aubry l'emporte, "tout dépendra de l'attitude" de Ségolène Royal, "si elle accepte ou non d'être bonne perdante", selon M. Sliman.

"Il y a un risque peut-être pas tant d'explosion, mais de désagrégation du PS", estime Stéphane Rozès, directeur général de l'institut CSA. Pour lui, c'est la question de la présidentialisation du PS qui risque de porter atteinte à son intégrité. "Ségolène Royal appelle à une rénovation, qui est en fait une adaptation du parti aux logiques de la Ve République: le PS désignant un ou une candidate qui dans son rapport avec les Français élabore un projet, et décide des alliances".

Alors que Martine Aubry et Benoît Hamon, selon lui, sont fidèles à la "tradition parlementariste" du PS: "le parti conservant la mainmise sur le contenu du contrat présidentiel". "En demandant aux militants de départager" entre ces deux approches, "ce que le congrès n'a pas réussi à faire, le risque est que les minoritaires rechignent à jouer le jeu", prévoit-il.

Ce qui peut prévenir un schisme, c'est que le PS est un parti d'élus. "Le risque de scission est très limité car quitter le parti, c'est perdre son investiture aux prochaines élections", souligne le politologue Frédéric Sawicki. "Je ne crois pas à l'explosion" du parti, "il peut y avoir des départs dans le camp Royal" en cas de sa défaite, mais "les élus ne suivront pas. Désirs d'Avenir, ça ne donne pas une étiquette pour être élu conseiller général des Bouches-du-Rhône", ironise Benoît Hamon.


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04 novembre 2008

Retraite: ce que change l'amendement Jacquat

Retraite: ce que change l'amendement Jacquat

Par LEXPRESS.fr, publié le 03/11/2008 12:05 - mis à jour le 03/11/2008 13:55

 

       

La retraite à 70 ans ? Un amendement au budget de la Sécurité sociale, voté par les députés dans la nuit de vendredi à samedi, a relancé le débat sur l'âge de départ... LEXPRESS.fr fait le point.

     

Que dit exactement cet amendement ?
Cet amendement, qui doit encore être voté par le Sénat en décembre pour être confirmé, « laisse la possibilité aux salariés qui le souhaitent de prolonger leur activité au delà de 65 ans, sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années ».

Avant que le salarié n'atteigne 65 ans, l'entreprise lui demandera s'il souhaite continuer à travailler ou pas. S'il dit non, ou si l'entreprise a oublié de lui demander quelle était son intention, il ne pourra pas être mis d'office à la retraite. La même procédure se répètera les quatre années suivantes, jusqu'à 70 ans.

C'est donc facultatif ?
Oui. C'est le salarié qui décidera, pas l'entreprise. Même si l'opposition, par la voix du PCF, a dénoncé un « pseudo-volontariat », « comme si les retraités qui vivent aujourd'hui si nombreux sous le seuil de pauvreté avaient vraiment le choix ».

Comme l'indique implicitement son auteur, l'UMP Denis Jacquat, âgé de 64 ans, l'amendement vise en effet à pallier l'insuffisance de certaines pensions. « Il n'est plus acceptable aujourd'hui, dit-il, qu'un homme ou une femme âgé de 65 ans soit mis à la retraite contre son gré, du seul fait de son âge, alors même qu'il n'a pas forcément toutes les annuités d'assurance ou qu'il souhaiterait prolonger son activité pour améliorer sa pension ».

Est ce que cette mesure change l'âge légal de départ à la retraite ?
Non. C'est toujours 60 ans. Un salarié aura le droit de partir à 60 ans. S'il n'a pas suffisamment cotisé (40 ans actuellement, 41 ans d'ici à 2012), il subira toujours une décote. L'amendement laisse en fait davantage de marge de manoeuvre à ceux qui, arrivés à 65 ans, n'auraient toujours pas suffisamment cotisé et ne souhaiteraient pas partir avec une décote. Ou à ceux qui, au même âge, jugent le montant de leur pension insuffisant et veulent l'améliorer.

Y-a-t-il des cas particuliers ?
Oui. Pour les personnels navigants des compagnies aériennes, ainsi que pour les fonctionnaires, l'âge maximum de départ à la retraite ne sera pas 70 ans, mais 65 ans. Dans certains secteurs de la fonction publique, cet âge maximum était en effet inférieur à 65 ans. Pour les pilotes, il était de 60 ans, et pour les stewards et hôtesses de l'air, il était de 55 ans.

Et vous, vous en pensez quoi ?
Envie de travailler plus longtemps ou attachés à la retraite à 65 ans ? Exprimez vous dans les commentaires.



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21 octobre 2008

Ambiance électrique au procès Taser-Besancenot

 

Ambiance électrique au procès Taser-Besancenot

Par Eric Pelletier, mis à jour le 20/10/2008 22:28:21 - publié le 20/10/2008 22:21


       

 

Le leader de la LCR était assigné en diffamation par la société qui commercialise le Taser en France. Mais, cet après-midi, devant la 17e chambre, les deux parties avaient à l'esprit les soupçons qui pèsent sur son PDG, Antoine di Zazzo, soupçonné d'avoir fait espionner le facteur et ses proches.

     

Pour le public qui s'y risque, les procès en diffamation s'apparentent souvent à des déserts mornes et difficiles à traverser. Pour les non initiés. Ils ressemblent à des étendues arides où s'échangent sèchement des arguments tels que la "bonne foi", l'"enquête sérieuse" ou la "prudence de l'expression".

A Paris, les journalistes sont des familiers de cette 17e chambre, dite "de la presse", mais lorsqu'ils sont conduits à expliquer le cheminement de leurs investigations, le public, clairsemé, s'ennuie ferme. Il y avait foule, pourtant, cet après-midi à la "17e".

Alain Krivine, co fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), n'en a pas perdu une miette. Arlette Laguiller, égérie de Lutte ouvrière, a passé une tête. Il faut dire que cette affluence échappait à la raison.

La cause première tenait du facteur people: Olivier Besancenot, le porte-parole de la LCR, à l'air débonnaire et aux idées révolutionnaires, était sommé de rapporter la preuve de ce qu'il affirmait l'année dernière. Selon lui, le pistolet à impulsion électrique, dont sont désormais dotées les forces de l'ordre françaises, peut tuer. D'ailleurs, cette arme, non létale selon le fabricant, ou à létalité réduite selon le ministère de l'Intérieur, aurait déjà coûté la vie à "150 personnes" aux Etats-Unis et au Canada.

Besancenot l'a écrit sur son blog et dans un entretien au site Internet du Journal 20 minutes. La très procédurière société qui commercialise l'arme en France, SMP Technologies, a donc assigné l'homme politique en diffamation. Et lui réclame aujourd'hui quelque 50 000 euros de dommages et intérêts. Pendant près de cinq heures d'audience, les débats n'ont pas échappé à la langueur habituelle des arguties juridiques. Mais sous le sable de la procédure affleuraient des rochers coupant comme des rasoirs.

Il y a six jours, le plaignant, le PDG de SMP Technologies, a en effet été placé en garde à vue, puis mis en examen. Antoine di Zazzo est soupçonné d'avoir fait mettre sous surveillance le leader de la LCR et sa famille, avec force photographies et vérification des comptes bancaires. Devant les policiers, le patron de Taser France a seulement concédé avoir fait procéder à quelques "vérifications" destinés à assigner Besancenot, en diffamation justement.

Antoine di Zazzo ne s'est pas présenté au tribunal cet après-midi, laissant le soin à son avocate, Me Catherine Hennequin le soin de défendre ses arguments mais aussi d'affronter les regards soupçonneux. Olivier Besancenot était, lui, présent dès l'ouverture. Attentif et combatif. "J'assume ces propos, je les revendique", dit-il en préambule. Et allusion à ce qui se serait tramé en coulisses: "J'aurais aimé avoir en face de moi monsieur di Zazzo pour lui dire dans les yeux que malgré les basses manoeuvres et les lâches intimidations, le débat aura lieu".

Puis ce sera au tour de Noël Mamère, député (Verts) et avocat, d'ironiser sur le passé du PDG de Taser France, et le curriculum vitae de cet homme qui, selon lui, "apparaît comme un affabulateur." Enfin, Me Antoine Comte, avocat historique de la gauche française, enfoncera le dernier clou: "Vous nous parlez d'atteinte à l'honneur et à la considération. Mais ne sont-ce pas ces barbouzeries de bas-étage qui portent atteinte à la réputation de la société?"

De son côté, Me Hennequin a d'abord déroulé une plaidoirie rigoureuse, voire rugueuse. Elle a aussi vanté les vertus du Taser qui offre, selon elle, "la première alternative réelle, efficace et responsable face aux armes à feu." La politique n'est jamais loin. "C'est un paradoxe que ce procès, s'offusque l'avocate. Monsieur Besancenot, comme les opposants au Taser, vous faites finalement l'apologie des armes à feu (...) D'ailleurs, tout mouvement révolutionnaire a toujours procédé par les armes, à commencer par l'épée". Et de se demander à voix haute: "Si aujourd'hui, le gouvernement Jospin avait été en place, quel aurait été la réaction des opposants à Taser?"

Deux témoins auraient pu permettre de faire avancer le débat, à défaut de le trancher. Un responsable d'Amnesty international, témoignant en faveur d'Olivier Besancenot, assure que 290 cas mortels ont été recensés à ce jour aux Etats-Unis selon "des études de terrain". Un médecin urgentiste, cité par Taser, relève, pour sa part, qu'"aucune causalité directe n'a pu être mise en évidence" entre le Taser et des décès.

Le débat était au centre de l'affaire de diffamation, encore fallait-il y prêter une oreille attentive. De l'audience, on n'aura finalement retenu que des non-dits assourdissants. Le jugement a été mis en délibéré au 24 novembre.

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19 octobre 2008

Pourquoi les prix du pétrole se sont effondrés

Pourquoi les prix du pétrole se sont effondrés

Par Georges Dupuy, mis à jour le 17/10/2008 18:20:45 - publié le 17/10/2008 16:22

Les Etats membres de l'OPEP ont décidé de se réunir dans l'urgence. Les cours du brut sont descendus sont descendus à 70 dollars le baril: 50% de moins qu'en juillet  2008.  Une réduction de la production est à l'étude. Le dossier de LEXPRESS.FR.

   

Comment les pays exportateurs de pétrole ne réagiraient-ils pas ? Il y a le feu à leur lac. L'OPEP, leur organisation, a décidé de se réunir, en catastrophe, le 24 octobre prochain.

A lire aussi
"Les pétroliers n'ont pas assez investi dans le raffinage"

L'UFCE-Que Choisir dénonce la flambée des prix du diesel. Selon l'association, elle n'est pas due à une trop lente répercussion de la baisse du brut, mais à des marges de raffinage trop élevées. François Carlier, auteur de l'étude, répond aux questions de LEXPRESS.fr. A lire en cliquant ici.

Huit jours après que le cours du Brent de mer du Nord a glissé sous la barre des 67 dollars le baril. Deux fois moins qu'en juillet dernier.

Battons notre coulpe ! Il y a presque trois mois, alors que le pétrole valait 144 dollars le baril, L'Express s'interrogeait  pour savoir jusqu'où monterait son  prix. Certes,  légère anticipation, un encadré était consacré au scénario noir d'un retournement du marché.

Pour le reste, nous nous faisions l'écho de prévisions de cours avoisinant les 200 dollars par baril à la fin de 2008, et pourquoi pas 300 dollars.  Aujourd'hui, la vitesse de la  descente aux enfers surprend tout le monde. 

«Les prix ne répondent plus à rien»,  note Moncef Kaabi, responsable des matières premières chez Ixis CIB. Le reflux des fonds d'investissement,  qui se sont empressés de vendre leurs positions sur le marché pétrolier pour trouver les liquidités dont ils avaient besoin, a amplifié la dégringolade.

Mais les investisseurs  ne sont pas tous partis : ainsi en est-il, par exemple, des fonds de pension, qui jouent sur un horizon de 15 à 20 ans. 

Aujourd'hui, les contrats «virtuels» à long terme représentent, encore,  30% du marché.  Un niveau suffisant pour assurer le fonctionnement normal des transactions mais encore susceptible, à la marge,  d'influer sur les cours. 

La consommation s'est écroulée
Au delà, l'explication fondamentale, c'est l'écroulement de la consommation, dû au niveau de prix trop élevé de ces derniers mois. En septembre 2008, la consommation est tombée à 84 millions de barils par jour contre 87 millions aux beaux jours. 

AFP
Cliquez ici pour visualiser notre infographie sur la chute des cours du pétrole.

A partir de  100 dollars le baril,  les consommateurs ont commencé à réagir en freinant beaucoup plus que prévu leur consommation de carburants. Outre-Atlantique,  l'automobiliste - moins protégé de la flambée des cours que l'européen, qui bénéficie de l'amotisseur des taxes -  avait ainsi payé son essence jusqu'à 4 dollars le gallon (3,72 litres).  Un niveau jugé insupportable par beaucoup d'Américains, confrontés, comme en Europe,  à une récession  latente et  à une baisse de leur pouvoirs d'achat. 

Ce coup de frein économique avait entraîné,  de facto, une moindre consommation de carburants dans les pays émergents.  Par ailleurs, les gouvernements de ces pays - chinois et indiens au premier rang - peu désireux de supporter le  fardeau  des subventions à la consommation, avaient  procédé à une diminution du niveau des prix aidés.

Conséquence : la demande de brut a nettement fléchi dans les pays de l'OCDE, les Etats-Unis enregistrant, en septembre  dernier, une baisse de 7% de leur consommation par rapport à septembre 2007, la demande européenne revenant, sur la même période,  aux mêmes niveaux que l'an passé.  En revanche la  progression de consommation chinoise, le moteur international, qui avait enregistré des taux de progression de 8% entre septembre 2007 et septembre 2006, est retombée à + 4%. 

L'Arabie Saoudite prête à réduire sa production
« Maintenant que les prix sont retombés, les consommateurs américains vont ressortir leur 4x4 et arrêter le co-voiturage», note Frédéric Lasserre. Le responsable du département matières premières de la Société Générale analyse : « Je pense qu'avec  l'effondrement des cours,  la demande va rebondir. Désormais, nous allons être confrontés à une restriction de l'offre».

De fait, l'Arabie Saoudite - obstinée, jusque là, à ne rien faire pour gêner la croissance des pays consommateurs, a pris conscience qu'il lui fallait  bouger rapidement. Après sept année de vaches grasses, la chute des cours vient  malmener ses prévisions de budget basé sur un baril entre 75 et 80 dollars. Ce qui devrait conduire Ryad à réduire sa production. Un revirement par rapport à la politique suivie ces derniers mois par l'Etat Wahabite.

Jusque là, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (0PEP) était divisée entre les pays modérés (Arabie Saoudite, le Koweit et les Emirats Arabes Unis), partisans de prix modérés susceptibles  de ne pas nuire aux pays industriels, et les Etats jusqu'au-boutistes (Iran, Libye et Venezuela), enclins à fermer les robinets pour maintenir les cours à un niveau élevé. Accessoirement, la bataille des prix au sein de l'organisation était une manière de se situer, sur l'échiquier géopolitique, dans le camp des amis ou des adversaires des Etats-Unis. 

Concrètement, la réunion de la fin octobre  pourrait déboucher sur la suppression de  un à deux millions de barils par jour.  « L'OPEP est condamnée à bouger», commente  François Lescaroux,  expert à l'Institut français du pétrole.  Les pays exportateurs se sont promis de ne pas oublier 1997. Cette année là, l'organisation, rongée par des dissensions internes, avait complètement sous-estimé l'impact de la crise asiatique. Plutôt que de réagir vigoureusement, elle avait choisi de laisser filer le marché. Sa production avait largement dépassé la demande. Les conséquences avaient été dramatiques : non seulement, les prix étaient tombés  dans les abysses -  9 dollars par baril - mais elle s'était retrouvée avec des milliards de barils en stocks.  Un effet de cisaille qui avait laissé les Etats producteurs exsangues et mené l'OPEP à un doigt du coma.  Il avait fallu alors deux longues années pour retrouver une situation normale.  Encore,  d'autres Etats producteurs hors OPEP, eux aussi menacés par la fonte des cours,  comme la Russie, le Mexique ou la Norvège, avaient-ils décidé de contribuer à la réduction de l'offre.

En octobre 2008,  le baril de brut à 70 dollars par baril menace la rentabilité de tous les grands projets de développement, tels  les sables asphaltiques du Nord du Canada. Une nouvelle fois, les pays producteurs qui ne sont pas membres de l'OPEP pourraient décider de s'associer aux prochaines décisions de  réduction de l'offre. Logiquement, la Russie devrait, ainsi, être un des premiers Etats à appuyer les positions de l'OPEP. Frappée de plein fouet par la crise financière, Moscou, à la recherche de liquidités, ne peut tolérer de voir sa rente pétrolière être réduite à peau de chagrin. Il en va également pour le gaz, sa ressource majeure, indexée sur les prix du brut. 

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18 octobre 2008

Le Mans: la compagne d'un sans-papiers s'immole devant la maison d'arrêt

LE MANS

Le Mans: la compagne d'un sans-papiers s'immole devant la maison d'arrêt

AFP

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Une femme dont le compagnon sans-papiers est menacé d'expulsion vers l'Arménie a été grièvement blessée après s'être immolée devant la maison d'arrêt du Mans (Sarthe), a-t-on appris samedi auprès des services de police.

Vers 8h50, la femme qui avait donné rendez-vous à des journalistes de la presse locale s'est aspergée le corps d'essence avant d'y mettre le feu. Selon un correspondant de l'AFP, elle aurait voulu protester contre l'incarcération et l'expulsion de son compagnon sans-papiers vers l'Arménie.

Blessée gravement, la victime dont le pronostic vital ne serait toutefois pas engagé a été transférée à l'hôpital du Mans, ont précisé les pompiers.

Deux journalistes ayant assisté à la scène ont été également transportés en état de choc vers l'hôpital. L'un d'entre eux est brûlé à une main.

Le compagnon de la victime purge une peine de deux ans à la maison d'arrêt du Mans pour avoir refusé à 18 reprises de monter dans l'avion qui devait le reconduire en Arménie, selon les informations recueillies sur place par un correspondant de l'AFP. Il devait être transféré samedi au Centre de rétention administrative (CRA) de Rennes en vue d'une nouvelle expulsion.

Selon l'un des journalistes témoins de la scène, la jeune femme avait convoqué la presse pour attirer l'attention sur le sort de son compagnon sans préciser ses intentions. Les journalistes se sont immédiatement portés au secours de la victime sans toutefois pouvoir empêcher son geste désespéré.

"Elle a sorti la bouteille d'alcool, quand on s'est approché d'elle, c'était trop tard", a rapporté la même source.

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