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Les voeux rêvés de Sarkozy pour 2009

                               

      


   

Voici le discours de vœux que je voudrais entendre ce mercredi soir de la bouche de notre Président.

"Françaises, Français, mes chers compatriotes.

Notre pays affronte une très forte tempête. Je ne suis pas capable de vous dire si elle sera de l’ordre de celle de 1991-92, de 1975, ou de 1931-32, pour prendre celles ou nous avons subi de véritables "creux" et qui ont plus particulièrement affecté la flotte "France".

La mer n’était pas très calme auparavant. Nous subissions déjà les lames de fond de la mondialisation. Les délocalisations se succédaient et, faute d’investissement suffisants, nous ne nous défendions pas bien dans la régate permanente qu’est l’économie.

Nous avions pris du retard. Nous vivions sur de trop rares lauriers, comme les exportations agricoles, l’aéronautique, le luxe, le tourisme et quelques autres secteurs, ce qui n’était pas suffisant face à de nombreux autres bateaux. Ne serait-ce que face à nos voisins allemands, qui, depuis cinq ans, se sont rationnés tout en maintenant leur compétence dans les secteurs dont ont besoin les pays en forte croissance.

Mais la tempête d’aujourd’hui, venue d’outre-Atlantique, va aggraver singulièrement notre situation. Déjà, le chômage, qui, grâce à un ralentissement de la croissance de notre population active, baissait depuis trois ans, remonte fortement. Soixante mille d’entre nous ont été mis au chômage le mois dernier.

"J'étais sans doute naïf"

Je suis votre amiral parce que vous m’avez élu en 2007. Moi-même ne pouvais prévoir à l’époque la violence de la tempête. J’ai cru sincèrement qu’en rendant de l’argent aux plus aisés, ils l’apporteraient aux entreprises et que celles-ci investiraient.

J’ai pensé à l’époque, que la charge que j’ajoutais ainsi au budget, serait ensuite couverte par les impôts supplémentaires que génèrerait la croissance ainsi retrouvée. J’étais sans doute naïf. Ce mécanisme vertueux ne s’est pas produit.

Peut-être est-ce faute de temps? Peut-être était-il erroné? En tout cas, mon devoir aujourd’hui, gouvernant par très gros temps, est de ne pas hésiter à changer de cap, chercher la meilleure allure, la mer la moins grosse.

Mon message principal, ce soir, est le suivant: puisque la navigation va être rude, les équipages doivent être soudés. Pour qu’ils le soient, pour que nous sentions vraiment tous que nous sommes dans les mêmes bateaux et qu’on sache bien que "ceux" des passerelles ne se goinfrent pas pendant que les soutiers se serrent la ceinture, j’ai conscience qu’il faut d’abord, en priorité, réduire les inégalités. J’ai donc pris les décisions suivantes.

Baisse des salaires du Président et des ministres

Je baisse dés maintenant le budget de l’Elysée, mon propre salaire et ceux des ministres de 20%. Je baisse aussi les salaires de tous les fonctionnaires gagnant plus de 4 000€ par mois, de 10%, et leur demande, comme à tous les autres de travailler 37 heures durant les deux prochaines années.

Je demande à tous les chefs d’entreprise de plafonner, cette année, leurs revenus, tout compris, à 500 000€ par an, et, en deçà de ce niveau, de réduire les salaires de tous leurs collaborateurs gagnant plus de 4 000€ par mois, de manière dégressive.

Les sommes ainsi économisées devront être consacrées à des investissements en France dès cette année. En contrepartie, l’impôt sur les sociétés sera abaissé au plus bas niveau européen, soit 12% sur les bénéfices réinvestis dans l’année.

Je reviens ensuite sur les baisses d’impôts que mon prédécesseur et moi avons initiées, disons, en gros, une dizaines de milliards d’euro en rythme annuel, car je ne compte évidemment pas les détaxations des heures supplémentaires qui n’ont plus guère de sens aujourd’hui.

Tous les minima sociaux seront augmentés

En contrepartie, et pour un tiers environ de cette somme, j’augmente tous les minima sociaux. Je décide le blocage immédiat et pour deux ans de tous les loyers et un moratoire sur tous les prêts relais consentis pour l’acquisition d’un autre immeuble. Les banques, recapitalisées et garanties, peuvent supporter cette charge.

Je partage les deux autres tiers en deux parts. J’affecte une première part à des aides supplémentaires aux véritables installations d’entreprises et créations d’emplois dans les quartiers difficiles, en chargeant les ministères concernés d’en faire apparaître les résultats sous trois mois.

J’affecte les deux autres tiers, en plus des mesures annoncées en novembre et décembre, au sauvetage-reconversion des PME viables, à l’innovation, la recherche & développement et la création d’entreprises dans les pôles technologiques, avec priorité aux énergies vertes, car notre flotte doit s’être enrichie de nouveaux bateaux au sortir de cette tempête. Sinon, nous repasserons ensuite de la tempête au "pot au noir".

Afin de soulager le budget de l’assurance maladie, et d’équilibrer l’effort fait par les mutuelles donc les malades, je demande à tous les médecins de s’interdire tout dépassements d’honoraires, eux aussi pendant deux ans, sous peine d’être exclu du conventionnement. Je demande aussi au personnel hospitalier de suspendre les 35 heures pendant la même période.

Je m’adresse, pour terminer, aux chefs d’entreprise, commandants de nos navires. Utilisez tous les leviers que j’ai cités au début pour investir dans l’avenir et redonner aux équipages cet ingrédient essentiel d’une bonne navigation par gros temps: la confiance.

Toutes ces mesures réduisent l’éventail des revenus et soudent les équipages. Nous sommes tout à fait capables de passer ensemble ce mauvais cap, parce que nous nous sentirons plus solidaires et plus proches les uns des autres.

Bonne année à tous! Courage! La mer se calmera!"

Nicolas Sarkozy (PCC: Jean Matouk)

S’il faut convaincre notre Président de l’importance de tenir ce langage de justice sociale, voici une phrase de Victor Hugo:

"Quand on montre le luxe au peuple , dans les jours de disette et de détresse, il ne se dit pas que ce luxe le fait vivre, qu’il lui est utile. Il se dit qu’il souffre et que voila des gens qui jouissent. Quand la foule regarde les riches avec ces yeux-là, ce ne sont pas des pensées qu’il y a dans les cerveaux; ce sont des évènements."

Je ne souhaite pas que surviennent ces "évènements", mais y parer serait plus que  judicieux aujourd’hui.

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