Edito du Monde   

       

Dialogue social en péril

       

Faute d'accord, l'Etat devrait prendre la main et décider seul, ce qui n'est arrivé qu'une fois, en 1982. Un coup mortel serait porté ainsi au paritarisme. Dans un climat de crise sociale rampante, cette incertitude sur l'avenir de l'Unedic s'ajoute à celle qui pèse sur une autre négociation importante, concernant la formation professionnelle, dont la conclusion a été renvoyée à janvier.

"Je crois à la réforme par le dialogue social", avait proclamé le président de la République, le 18 septembre 2007, en s'engageant à appliquer la loi faisant obligation au gouvernement de recourir à une concertation préalable avec les syndicats, voire à une négociation, pour toute réforme portant "sur les relations individuelles et collectives du travail, l'emploi et la formation professionnelle". Pour la réforme des régimes spéciaux de retraite, la modernisation du marché du travail ou les nouvelles règles de représentativité syndicale, Nicolas Sarkozy a tenu parole.

Depuis six mois, en revanche, le chef de l'Etat s'est écarté de ses promesses. En juin, il a ajouté à la loi sur la représentativité syndicale un codicille sur le démantèlement des 35 heures qui a sérieusement compromis la relation de confiance qu'il avait établie avec la CFDT et la CGT. A l'automne, le recours à une initiative parlementaire pour étendre le travail du dimanche l'a dispensé de concertation avec les syndicats.

Si, demain, M. Sarkozy devait décider des nouvelles règles d'indemnisation du chômage et agir de même sur la formation, son interventionnisme risquerait de ruiner le dialogue social. Alors que les menaces de crise sociale s'accumulent pour 2009, ce serait une erreur.

Article paru dans l'édition du 28.12.08.



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