UMP-LYCEES

"Xavier Darcos veut créer une jeunesse à sa botte"

Le PS s'insurge contre les propos du ministre de l'Education, Xavier Darcos, qui a brocardé, hier, les liens entre l'UNL et la gauche. Vous ne pouvez pourtant pas nier qu'il y a une filiation entre ce syndicat et le parti socialiste…

- Sans parler de filiation, il y a entre l'UNL et la gauche des valeurs et des combats communs. Mais on peut être ensemble dans l'opposition sans forcément être affiliés. L'UNL, comme la Fidl, sont des syndicats qui représentent des jeunes qui n'attendent pas de recevoir des instructions, mais qui sont bien qualifiés pour défendre leurs idées.

Xavier Darcos plébiscite la création d'UMP-Lycées pour faire "contrepoids" aux syndicats tels que l'UNL, réputée plus proche des idées de la gauche. Entend-il ainsi mettre un frein aux mouvements de protestations lycéens, souvent impulsés par l'UNL ou la Fidl?

- Je crois qu'il s'agit en fait d'une action politique de la part d'un ministre en difficulté, qui n'arrive pas à discuter avec les jeunes et qui veut créer une jeunesse à sa botte. Une UMP-Lycées, c'est une organisation croupion, qui aurait peu de légitimité en cas de conflits. De plus, cela décrédibilise la parole des jeunes. Et est-ce qu'on peut parler d'interlocuteur quand celui-ci est aux ordres d'un ministre?

Comment le PS entend répliquer au ministre? La création de "PS-Lycées" peut-elle aussi être envisagée?

- La meilleure réplique que l'on peut avoir, c'est d'être en phase avec les aspirations de la jeunesse, c'est de la défendre, de faire des propositions pour son avenir. Mettre en place un "PS-Lycées" n'est pas une réponse. La réponse ne vient pas de l'imitation, mais du soutien qu'on peut offrir à la jeunesse, qui défend elle-même ses idées. Les jeunes décident eux-mêmes de leur propre parole. L'instrumentalisation de la jeunesse est la voie la plus sûre pour se tromper sur les idées de la jeunesse. Au MJS, nous ne sommes pas, comme chez les jeunes UMP, une machine de guerre au service du parti. Nous sommes au service de la jeunesse, ce qui nous conduit parfois à avoir une voix différente de celle du PS. Je pense que l'UMP-Lycées, c'est d'abord une idée en l'air, un label. Le meilleur moyen d'y faire obstacle, c'est d'être convaincant et percutant.

Interview d'Antoine Détourné par Clotilde Cadu
(dimanche 7 septembre)

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