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28 août 2008

PS : les principaux candidats se lancent dans les grandes manoeuvres

Le maire de Paris et candidat à la tête du PS Bertrand Delanoë lors d'une réunion publique, le 27 août 2008 à Bergerac.       

AFP/PIERRE ANDRIEU

      Le maire de Paris et candidat à la tête du PS Bertrand Delanoë lors d'une réunion publique, le 27 août 2008 à Bergerac.    

PS : les principaux candidats se lancent dans les grandes manoeuvres

LES "PRÉSIDENTIABLES"

Ségolène Royal et Bertrand Delanoë veulent être, chacun, le maître d'oeuvre de la rénovation. Leur concurrence est frontale, même s'ils évitent de s'attaquer ouvertement. En annonçant, au creux de l'été, son intention de rassembler ses supporteurs au Zénith de Paris le 27 septembre, quatre jours après la date limite de dépôt des motions, la présidente de la région Poitou-Charentes a affiché la conviction qu'elle peut, sur son propre texte, réaliser un score élevé. Son pari : qu'une large partie de ceux qui l'avaient soutenue avant la présidentielle finissent par la rejoindre.

Le maire de Paris, fort de sa popularité dans les sondages et de son expérience des rouages du parti, est aussi déterminé. L'officialisation de sa candidature dans Le Monde daté du 27 août lui permet de se poser en principal rempart contre Mme Royal, et de tendre la main non seulement à François Hollande mais aussi à Martine Aubry et aux strauss-kahniens. A condition qu'ils se rangent sous sa bannière.

LA TROISIÈME VOIE

Regroupés début 2008 sous la houlette de Jean-Christophe Cambadélis, fidèle de Dominique Strauss-Kahn, les "reconstructeurs" cherchent une alternative au choc Royal-Delanoë. Ils ont essayé de rapprocher sans tabou, y compris sur l'Europe, les points de vue des familles strauss-kahnienne, fabiusienne, sans oublier les partisans d'Arnaud Montebourg et ceux d'Henri Emmanuelli.

Mais les deux leaders de l'aile "gauche" du PS, Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, se sont éloignés du navire. En revanche, Martine Aubry les a rejoints. Cela a contribué à compliquer le jeu au sein de cette constellation, qui dispose désormais de deux prétendants possibles : la maire de Lille, qui ne s'est pas encore déclarée, et Pierre Moscovici, qui a fait acte de candidature au poste de premier secrétaire, en se présentant comme le candidat "désintéressé", dépourvu d'ambitions présidentielles.

Martine Aubry dispose du soutien des deux grosses fédérations, le Nord et le Pas-de-Calais, et d'un allié plus encombrant : Laurent Fabius, que ni Bertrand Delanoë ni François Hollande ne veulent remettre en selle. Elle cherche aussi à avoir l'appui de Dominique Strauss-Kahn, tout comme Pierre Moscovici qui, pour le moment, manque d'assise. Il ne dispose que de l'appui d'Arnaud Montebourg et des tenants de "la ligne claire", les grands barons que sont le maire de Lyon Gérard Collomb et le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini.

LES ARBITRES

Très hostiles à "l'affrontement des présidentiables", ces deux grands élus font partie des arbitres que les différents candidats courtisent. Mais ils ne sont pas les seuls. Il faut surtout compter avec François Hollande. Après onze ans à la tête du PS, le premier secrétaire passera la main au congrès de Reims. Son ambition est de s'imposer comme l'homme fort d'un nouveau pôle majoritaire, en faisant élire au poste de premier secrétaire une personnalité qui ne soit pas susceptible de devenir présidentiable.

Des personnalités comme Julien Dray ou le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault pourraient entrer dans ce schéma. A défaut, François Hollande pourrait soutenir Bertrand Delanoë mais, dans ce cas, il risque d'être marginalisé. A moins qu'il se rallie à son ancienne compagne, ce qui l'exposerait au même risque. Question subsidiaire : quelle est l'influence réelle des "hollandais" au PS ? En réalité, personne n'est capable de le dire. C'est ce qui complique la préparation du congrès et rend incertaine son issue.

LES OUTSIDERS

Divisée, la gauche du PS redoute de faire les frais de l'affirmation de plus en plus forte de l'ancrage "réformiste". Benoît Hamon, après avoir tenté un rapprochement avec Martine Aubry, tend la main aux fabiusiens. Le secret espoir de la gauche du PS, d'Henri Emmanuelli à Jean-Luc Mélenchon, est de s'imposer comme une force d'appoint susceptible de permettre à un rassemblement de devenir majoritaire.

Christine Garin et Jean-Michel Normand

Article paru dans l'édition du 29.08.08.

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