28 août 2008
PS : les principaux candidats se lancent dans les grandes manoeuvres
AFP/PIERRE ANDRIEU
Le maire de Paris et candidat à la tête du PS Bertrand Delanoë lors d'une réunion publique, le 27 août 2008 à Bergerac.
PS : les principaux candidats se lancent dans les grandes manoeuvres
LE MONDE | 28.08.08 | 14h10 • Mis à jour le 28.08.08 | 14h38
A moins d'un mois de l'échéance du 23
septembre, date limite fixée pour le dépôt des motions, l'issue du
congrès du Parti socialiste de Reims, qui se tiendra mi-novembre,
semble toujours aussi incertaine : aucun prétendant ne peut se placer
au centre du jeu. Toutefois, le paysage socialiste commence à prendre
forme. La plupart des candidats au poste de premier secrétaire sont
déclarés, et les alliances peuvent commencer à se nouer. L'université
d'été de La Rochelle, qui se tient du 29 au 31 août, devrait en donner
un avant-goût. Revue des troupes avant la bataille.
LES "PRÉSIDENTIABLES"
Ségolène Royal et Bertrand Delanoë veulent être, chacun, le maître d'oeuvre de la rénovation. Leur concurrence est frontale, même s'ils évitent de s'attaquer ouvertement. En annonçant, au creux de l'été, son intention de rassembler ses supporteurs au Zénith de Paris le 27 septembre, quatre jours après la date limite de dépôt des motions, la présidente de la région Poitou-Charentes a affiché la conviction qu'elle peut, sur son propre texte, réaliser un score élevé. Son pari : qu'une large partie de ceux qui l'avaient soutenue avant la présidentielle finissent par la rejoindre.
Le maire de Paris, fort de sa popularité dans les sondages et de son expérience des rouages du parti, est aussi déterminé. L'officialisation de sa candidature dans Le Monde daté du 27 août lui permet de se poser en principal rempart contre Mme Royal, et de tendre la main non seulement à François Hollande mais aussi à Martine Aubry et aux strauss-kahniens. A condition qu'ils se rangent sous sa bannière.
LA TROISIÈME VOIE
Regroupés début 2008 sous la houlette de Jean-Christophe Cambadélis, fidèle de Dominique Strauss-Kahn, les "reconstructeurs" cherchent une alternative au choc Royal-Delanoë. Ils ont essayé de rapprocher sans tabou, y compris sur l'Europe, les points de vue des familles strauss-kahnienne, fabiusienne, sans oublier les partisans d'Arnaud Montebourg et ceux d'Henri Emmanuelli.
Mais les deux leaders de l'aile "gauche" du PS, Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, se sont éloignés du navire. En revanche, Martine Aubry les a rejoints. Cela a contribué à compliquer le jeu au sein de cette constellation, qui dispose désormais de deux prétendants possibles : la maire de Lille, qui ne s'est pas encore déclarée, et Pierre Moscovici, qui a fait acte de candidature au poste de premier secrétaire, en se présentant comme le candidat "désintéressé", dépourvu d'ambitions présidentielles.
Martine Aubry dispose du soutien des deux grosses fédérations, le Nord et le Pas-de-Calais, et d'un allié plus encombrant : Laurent Fabius, que ni Bertrand Delanoë ni François Hollande ne veulent remettre en selle. Elle cherche aussi à avoir l'appui de Dominique Strauss-Kahn, tout comme Pierre Moscovici qui, pour le moment, manque d'assise. Il ne dispose que de l'appui d'Arnaud Montebourg et des tenants de "la ligne claire", les grands barons que sont le maire de Lyon Gérard Collomb et le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini.
LES ARBITRES
Très hostiles à "l'affrontement des présidentiables", ces deux grands élus font partie des arbitres que les différents candidats courtisent. Mais ils ne sont pas les seuls. Il faut surtout compter avec François Hollande. Après onze ans à la tête du PS, le premier secrétaire passera la main au congrès de Reims. Son ambition est de s'imposer comme l'homme fort d'un nouveau pôle majoritaire, en faisant élire au poste de premier secrétaire une personnalité qui ne soit pas susceptible de devenir présidentiable.
Des personnalités comme Julien Dray ou le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault pourraient entrer dans ce schéma. A défaut, François Hollande pourrait soutenir Bertrand Delanoë mais, dans ce cas, il risque d'être marginalisé. A moins qu'il se rallie à son ancienne compagne, ce qui l'exposerait au même risque. Question subsidiaire : quelle est l'influence réelle des "hollandais" au PS ? En réalité, personne n'est capable de le dire. C'est ce qui complique la préparation du congrès et rend incertaine son issue.
LES OUTSIDERS
Divisée, la gauche du PS redoute de faire les frais de l'affirmation de plus en plus forte de l'ancrage "réformiste". Benoît Hamon, après avoir tenté un rapprochement avec Martine Aubry, tend la main aux fabiusiens. Le secret espoir de la gauche du PS, d'Henri Emmanuelli à Jean-Luc Mélenchon, est de s'imposer comme une force d'appoint susceptible de permettre à un rassemblement de devenir majoritaire.
Article paru dans l'édition du 29.08.08.Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
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