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26 mai 2008

PS : rien ne va plus!

PS : rien ne va plus!

Par Nicolas Domenach. Non seulement Bertrand Delanoë est loin d'avoir plumé la volaille strauss-kah, jospinnienne, mais en en se proclamant libéral, il a aidé Ségolène à se recaler à gauche.



PS : rien ne va plus!

 

Il faut avoir une pensée émue, très, pour les militants socialistes, pour tous ceux que la gauche intéresse car ils ont déjà la gueule de bois. Pourtant le combat vient tout juste de s'engager frontalement entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë pour la conquête du PS. Mais c'est un combat de dupes puisque rien d'important ne les sépare sur le fond. Or, il faut bien trouver des raisons de s'affirmer, de se distinguer quand seules les ambitions et les détestations personnelles s'entrechoquent. D'où un débat, un affrontement qui, pour avoir été longtemps différé, prend des allures de bataille d'hypocrites où se confrontent les Tartuffe, les Saint Bernard bouche dehors et les saintes nitouches….

Avec l'appui logistique de Libération, le journal libéral boboïsant de gauche en plein redressement et de son directeur Laurent Joffrin, co-auteur de l'ouvrage, qui se fait partout son avocat, avec l'encouragement aussi d'ailleurs de la plupart des médias qui veulent le match contre Royal, Bertrand Delanoë a réussi au moins une chose, le lancement de son livre et plus encore une opération marketing qui visait à se déringardiser et à voler le feu sacré de la modernité à Ségolène Royal. Le maire de Paris a donc enfoncé, avec le talent qu'on lui connaît, les portes ouvertes de la maison socialiste en faisant croire qu'elle était verrouillée à double tour. Sa réussite au moins fut celle-là, de se poser en héros d'un tournant libéral politique déjà pris depuis des lustres. Tout en cherchant sans cesse des yeux le regard approbateur du commandeur Jospin dont il parut samedi à Paris comme dans son ouvrage rien moins qu'émancipé. C'est sa croix, c'est son honneur aussi, cette incapacité à se défaire de sa fidélité pour le retraité, mais pas regretté patriarche socialo-socialiste qui fut rien moins que libéral même s'il s'abandonnait aux règles de fer du marché et qui, par sa simple présence, dément la conversion sociale-démocrate néo-moderniste de celui qui paraît incapable de tuer le père. Pourtant Bertrand Delanoë répète sans cesse qu'il est « libre », ce qui montre bien que ça ne va pas de soi, que ça reste à démontrer.

Le delanoïsme reste une variante relookée du jospinisme
Peut-être est-ce ce lien-là qui l'attache, ce poids qui le leste, qui l'empêche de décoller. Le maire de Paris n'a pas emballé le match. Ses soutiens réunis samedi à la Mutualité n'étaient guère nombreux et l'enthousiasme, la dynamique était absents. On aurait même manifesté plus de bonheur collectif à une réunion de l'amicale des anciens paralytiques… Certes, quelques partisans de DSK étaient présents tel Michel Destot, le maire de Grenoble, mais Bertrand Delanoë était loin d'avoir plumé la volaille strauss-khanienne comme il le souhaitait. La bougresse ne se laisse décidément pas faire. Il n'a pas davantage entraîné des cadres du parti représentatifs. Le delanoïsme ne reste qu'une variante tout juste relookée du jospinisme qui n'a jamais été qu'une France du mitterrandisme pour partie d'ailleurs disqualifiée dans le sarkozysme…

Alors non seulement Delanoë n'emporte pas les digues mais il suscite des résistances actives. Voilà le parti hérissé d'hostilités contre lui. Il y a d'abord Ségolène Royal bien sûr qui est loin d'avoir perdu. Elle a toujours ses fidèles, ce lien charismatique qui se manifeste à chacun de ses déplacements, à chacune de ses réunions publiques. Certes, Delanoë, porté par son succès municipal, a pris le meilleur dans les sondages. Mais sans faire le trou. Son avance est faible, et d'avoir doublé Ségolène Royal par la droite permet à celle-ci de se… recaler à gauche. La voilà désormais qui critique durement la conversion libérale de son adversaire alors qu'elle-même n'avait pas craint pendant la campagne de se déclarer libérale. Elle n'hésitait alors à multiplier ses « provocations droitières », comme les appelaient les jospinistes qui, eux aussi, ont changé de pied, ce qui fiche un sacré tournis…

Ségolène Royal n'est pas seule à s'attacher à contrer le maire de Paris, désormais la cible de tous les autres. La gauche du parti le flingue avec Benoît Hamon et Henri Emmanuelli qui s'étonnent à juste titre qu'on puisse se rallier précipitamment au marché alors que les libéraux eux-mêmes s'alarment de ce que le marché devient « fou ». Mais voilà que tous, Julien Dray en tête, mais aussi Jean-Christophe Cambadélis et les strauss-kahniens redécouvrent la « question sociale » qui doit être centrale et s'étonnent que Bertrand Delanoë, tout à son audace libérale n'en pipe mot. Dans l'ombre, François Hollande lui-même, travaille à ce qu'une troisième force s'impose, qu'il puisse ménager son avenir… Et Martine Aubry elle-même s'active pour se réinventer un futur. C'est le combat des ombres…

Pendant que la France vit sa vie, mal, pendant que le pays a des problèmes d'existence et d'essence, pendant qu'il se rebute du sarkozysme, le PS s'abîme dans un débat en trompe-l'œil sur le libéralisme politique. Au moins à Constantinople, on parlait du sexe des anges quand les barbares étaient aux portes…


Lundi 26 Mai 2008 - 12:01

Nicolas Domenach

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Où se trouve le Nouveau parti socialiste sur Internet ?

http://www.politique.net/2008052401-le-nouveau-parti-socialiste-a-deux-sites-internet.htm

Internet et blogs

Où se trouve le Nouveau parti socialiste sur Internet ?


publié le samedi 24 mai 2008 à 17h45




NPS

A quelques mois du congrès de rénovation du Parti Socialiste, les différents responsables socialistes s'agitent en coulisse pour construire des alliances pour prendre la tête du parti. Chaque candidat au poste de Premier secrétaire devra rédiger une "motion", c'est-à-dire un texte de référence sur lequel les militants se prononceront. Les manœuvres ont déjà commencé entre les différents courants du Parti Socialiste pour peser dans les débats. Ainsi, les partisans de DSK et de Montebourg ont décidé de rédiger un texte commun. D'autres, comme Vincent Peillon, ont rallié Ségolène Royal.


Dans ce petit jeu des alliances, les courants institutionnalisés au PS jouent un rôle déterminant. Les Strauss-khaniens sont regroupés au sein de "Socialisme et démocratie" (leur site internet a ré-ouvert récemment). Ségolène Royal a créé son propre courant, mais à l'extérieur du PS, avec son association "Désirs d'avenir".

Après le choc du 21 avril 2002 et l'échec de Lionel Jospin dès le 1er tour de la présidentielle, de nouveaux courants sont apparus afin d'impulser une rénovation qui n'a finalement pas eu lieu. Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Benoît Hamon et Julien Dray avaient créé leur propre courant, le "Nouveau Parti Socialiste". Finalement, le NPS avait explosé, Dray a rejoint François Hollande, Arnaud Montebourg a créé son propre courant "Rénover maintenant".

Aujourd'hui, le NPS existe toujours, et même plutôt deux fois qu'une sur Internet....

Nouveau-ps.net : le site officiel du NPS ?

Pour prendre des nouvelles du Nouveau Parti Socialiste en 2008, il suffit de passer par les moteurs de recherche, et l'on tombe tout naturellement sur le site officiel en premier lien. Sur la page d'accueil, le logo confirme qu'il s'agit du site officiel et une bannière montrant Ségolène Royal durant la campagne présidentielle rappelle l'unité du parti derrière la candidate. Sur la page d'accueil figure aussi un bilan des municipales et des cantonales 2008.
Dans le menu de droite, l'internaute peut consulter la "lettre des militants" qui résume l'actualité du NPS. Et là, surprise, la dernière lettre (numéro 6) date de juin 2007. Les derniers communiqués de presse du NPS datent de la même période. Le NPS serait-il mort ?


Nouveau PS

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Nouveau-ps.org : le deuxième site officiel du NPS ?

En réalité, il existe un deuxième site officiel du Nouveau Parti Socialiste. Il s'agit de Nouveau-ps.org. Avec sous le logo (identique à celui du premier site), la photographie des deux leaders du NPS version 2008 : Henri Emmanuelli et Benoît Hamon.
Contrairement au premier site, nouveau-ps.org est actualisé très régulièrement : articles, vidéos, audios, tous les supports sont utilisés par le NPS pour communiquer et défendre ses idées. L'architecture du site est plutôt bien faite. Il semble donc que le .org soit le vrai site officiel du NPS.


Nouveau Parti Socialiste

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Pourquoi le NPS conserve-t-il 2 sites internet ?

Le Nouveau Parti Socialiste a donc deux sites internet. Très vraisemblablement, le site historique est nouveau-ps.net. On y retrouve notamment le texte fondateur du courant, avec les signatures de ceux qui aujourd'hui n'en font plus partie (Dray, Montebourg...). Nouveau-ps.org est donc le nouveau site, plus moderne, actualisé.
Mais pourquoi le NPS conserve-t-il les 2 sites internet ? En toute logique, le courant aurait dû garder la même adresse url "nouveau-ps.net" pour éviter de désorienter les e-militants et conserver le référencement dans les moteurs de recherche. Au lieu de cela, l'adresse a non seulement changé (le .net est devenu .org) mais le premier site n'a pas été désactivé. Pire, il a été partiellement actualisé avec en page d'accueil une analyse des municipales et cantonales 2008.
L'incohérence de la stratégie web du NPS aboutit à une situation paradoxale : dans les moteurs de recherche, le vieux site est en première position (puisqu'il est en ligne depuis plus longtemps) et aucun lien, ni redirection, réoriente le visiteur sur le nouveau site.

Si la rénovation idéologique du Parti Socialiste s'impose, un petit coup de balai dans ses sites web ne lui ferait pas de mal non plus.


Edit 25 mai 2008 : Un militant du NPS nous a contactés pour nous signaler que le site officiel du NPS était bien disponible à l'adresse www.nouveau-ps.org. L'ancien site www.nouveau-ps.net est en fait détenu par des amis de Vincent Peillon qui n'ont pas voulu le désactiver, ni donner les codes aux responsables actuels du NPS. Aujourd'hui, Vincent Peillon a pris ses distances avec le NPS et soutient officiellement Ségolène Royal. La bataille interne au sein du Parti Socialiste se fait donc aussi sur Internet.


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Succès de l'atterrissage de Phoenix sur Mars

 

ESPACE

     

Succès de l'atterrissage
de Phoenix sur Mars

NOUVELOBS.COM | 26.05.2008 | 07:44

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La sonde américaine s'est posée avec succès près du pôle nord de la planète rouge avec pour mission de creuser le sol martien à la recherche d'éventuelles traces de vie.

La sonde américaine Phoenix (AFP)

La sonde américaine Phoenix (AFP)

La sonde américaine Phoenix Mars Lander s'est posée avec succès près du pôle nord de la planète rouge lundi 26 mai, avec pour mission de creuser le sol martien à la recherche d'éventuelles traces de vie.
La mission de contrôle au Laboratoire de propulsion à réaction (JPL) de la NASA a laissé exploser son soulagement à Pasadena en Californie lorsque l'appareil a émis un signal montrant que la descente de 7 minutes à travers l'atmosphère martienne s'était bien déroulée.
"Même dans mes rêves, cela n'aurait pas pu mieux se dérouler", a déclaré le responsable du programme Barry Goldstein. "C'est allé droit dans le mille".

Vérifications

A peine posé, Phoenix devait vérifier ses réserves d'énergie et le bon fonctionnement de ses équipements scientifiques, puis déplier ses panneaux solaires après que la poussière soit retombée. Les responsables de la mission ont indiqué que la sonde resterait hors de contact pendant deux heures, le temps de mener à bien ces vérifications.
Phoenix est entré dans l'atmosphère martienne à la vitesse de 19.311 km/h au terme d'un voyage à travers l'espace de dix mois et 711 millions de kilomètres. Durant les sept minutes de la descente, la sonde a utilisé l'effet de traînée de son bouclier thermique, déployé un parachute, puis, peu avant de toucher le sol, a allumé des rétrofusées pour ralentir la descente à 8km/h et se poser en douceur.
Aucun atterrissage direct sur Mars n'avait plus été réussi depuis les deux orbiteurs Viking en 1976. Les deux robots d'exploration ou "rovers" de la NASA qui s'étaient posés sur la planète rouge en 2004 avaient utilisé des parachutes et des coussins gonflés d'air pour amortir le contact avec le sol.

Couche de glace


Doté d'un bras robotisé de 2,5 mètres de long capable de creuser des tranchées de 60 centimètres de profondeur, Phoenix doit étudier le sol de la région arctique encore inexplorée de Mars, qui dissimulerait une couche de glace, selon les astronomes. Contrairement aux engins mobiles précédemment envoyés par la NASA, Phoenix ne se déplacera pas pendant les 90 jours de sa mission.
L'appareil prendra dans un premier temps des photos du paysage alentour, à l'instar d'un touriste en voyage dans un pays étranger. Il communiquera images et données à la Terre par l'intermédiaire de trois sondes de la NASA orbitant autour de Mars.
La zone d'atterrissage, une large vallée se trouvant à des latitudes nord comparables au Groenland ou au nord de l'Alaska sur Terre, avait été choisie car il y a plus de chances, si des composés organiques existent, qu'ils aient été préservés dans la glace. Les astronomes ne s'attendent pas à trouver de l'eau sous forme liquide sur place car il y fait trop froid.

Traces de sel

Le sol et les morceaux de glace excavés seront étudiés par le laboratoire scientifique de Phoenix. Ils seront cuits dans des fours miniatures et les vapeurs émises seront analysées pour rechercher des composés organiques. Par ailleurs, la présence de traces de sel ou de sable pourrait constituer un élément de preuve que de l'eau a jadis coulé à cet endroit.
Le succès de l'opération est un grand soulagement pour la NASA, Mars ayant la réputation de consommer un grand nombre d'engins de l'espace. Plus de la moitié des projets sur la planète rouge ont jusqu'à présent échoué.
Phoenix pourrait survivre un mois après sa mission de 90 jours, et ainsi voir la fin de l'été ou l'automne martiens. Le coût de la mission est estimé à 420 millions de dollars (270 millions d'euros). (AP)

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Les espions volants de demain

Le "cyborg beetle" | DR

DR

Le "cyborg beetle"

Les espions volants de demain

Mauvais rêve ? Pas du tout. Le "Cyborg Beetle" existe bel et bien. Les chercheurs qui l'ont conçu à l'université du Michigan l'ont officiellement présenté durant la dernière conférence MEMS (Micro Electro Mechanical Systems), qui se tenait en janvier à Tucson (Arizona). Le coléoptère Dynastes tityus avait été doté : de trois électrodes, deux plongeant dans les muscles des ailes, la troisième dans le ganglion cérébral, à proximité des neurones contrôlant le vol ; d'un contrôleur électronique alimenté par une pile lithium-ion ; d'un stimulateur visuel composé de diodes électroluminescentes, placées grâce à un bras coudé devant les yeux de l'insecte afin de l'inciter à tourner vers la gauche ou vers la droite.

L'ensemble, pilotable à distance comme un modèle réduit, ne présente à l'heure actuelle qu'un défaut : sa taille - ou plutôt celle de sa technologie embarquée. Car le vrai cyborg-espion, en bonne logique, est celui qui ne se distingue pas d'un être normal. Et qui saura voler à cent mètres au-dessus de celui qui le contrôlera, et atterrir à moins de 5 mètres de sa cible... L'objectif, là encore, est loin d'être atteint : l'infortuné coléoptère, à ce jour, ne sait que voler en rond et en zigzag.

Il n'empêche : Cyborg Beetle existe. Et avec lui tout un bestiaire d'insectes robotisés, qui préfigurent les nouveaux espions que prépare dans ses laboratoires la recherche militaire. Car le scarabée n'est qu'un parmi les nombreux projets actuellement développés par l'Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (Darpa), dans le cadre de son programme HI-MEMS (HI pour "Hybrid Insect").

Le but ultime : miniaturiser et internaliser dans un insecte volant la technologie nécessaire au parfait espion. Et fusionner ces "organes" électroniques avec ceux de l'animal en les insérant dès le stade de la chrysalide, de manière à ce que tissus biologiques et artificiels créent entre eux des connexions solides et stables. Une hybridation que l'on commence à maîtriser : à l'Institut Boyce Thompson d'Ithaca (Etat de New York), des sondes en plastique souple destinées à commander le vol ont été implantées dans des chrysalides de sphinx du tabac, une semaine avant la métamorphose des papillons. Lesquels sont nés avec leurs électrodes connectées sur le dos et les muscles des ailes, en parfait état de fonctionnement.

Une armée d'insectes transportera-t-elle un jour, à notre insu, caméras, poisons ou charges explosives ? Au-delà de cette perspective peu réjouissante, l'hybridation entre matières vivante et technologique pourrait bien, demain, concerner notre propre espèce.

A dire vrai, la transformation a déjà commencé. Pour ne prendre qu'un exemple : deux Américains gravement accidentés, Jesse Sullivan et Claudia Mitchell, sont équipés (depuis 2005 pour le premier, 2006 pour la seconde) de bras bioniques. Développée au Rehabilitation Institute de Chicago (RIC), leur prothèse est capable de capter les impulsions électromusculaires qui traduisent leur intention de mouvement, puis de transcrire ces contractions en commandes mécaniques. Donc, de transformer la pensée en gestes. Un bon exemple de ce que l'interface "cerveau-machine" sera capable de réaliser demain.

A quelle fin ? Selon la pensée "transhumaniste", très influente dans le monde anglo-saxon, les progrès de la technoscience doivent permettre l'amélioration de notre espèce même. Truffé de prothèses électroniques ou chimiques, branché en permanence sur des réseaux de contrôle sanitaire ou sécuritaire, l'homme futur, dans lequel des senseurs se substitueraient à nos sens et l'ordinateur à notre pensée autonome, marquerait ainsi une nouvelle étape de l'évolution : l'avènement du "Techno sapiens".

Un progrès par rapport à l'Homo sapiens ? Peut-être. Mais comment garantir que ce cyborg que nous deviendrons restera totalement maître des éléments qui composeront son corps "augmenté" ? Qui décidera du degré d'"amélioration" accordé à chacun ? Celle-ci sera-t-elle imposée dès l'enfance, voire dès la naissance ? Verra-t-on apparaître une société à deux vitesses, certains ayant les moyens de devenir cyborgs et d'autres non ?

"Au-delà du débat éthique que suscitent ces perspectives, une autre question non résolue concerne la plasticité du corps biologique, souligne Bernard Andrieu, professeur d'épistémologie du corps et des pratiques corporelles à l'université Henri-Poincaré de Nancy. Jusqu'à quel stade l'implantation d'éléments extérieurs dans un être vivant relève-t-elle de l'hybridation, à partir de quel stade devient-elle aliénation ? Autrement dit : quel est le degré d'adaptation du programme biologique au programme technologique ?" S'il situe dans un avenir lointain l'amélioration de nos capacités cérébrales les plus élaborées (calcul, pensée), cet expert considère comme acquise à court terme l'augmentation de nos capacités sensorielles.

"En 2020, avoir une caméra surpuissante à la place de l'oeil est tout à fait imaginable. De même pour l'ouïe et peut-être pour l'odorat", estime-t-il. D'abord élaborées pour ceux qui présentent un handicap sensoriel, ces prothèses internes surpassant la nature pourraient ensuite être convoitées par tout un chacun. La normalité d'aujourd'hui deviendra alors le handicap de demain, et l'oeil humain le plus performant une machine obsolète... Mais qui, pour ce corps technologiquement suréquipé, se chargera du service après-vente ?

Catherine Vincent

Article paru dans l'édition du 25.05.08.

         

            

Les clés

                      

         

         

TRANSHUMANISME : Ce courant de pensée, dont le scientifique américain Ray Kurzweil représente la figure la plus populaire, estime que l'humanité est au début de la plus grande transformation de son histoire. Ses capacités physiologiques et intellectuelles vont être sublimées dans un avenir proche grâce à l'union de la génétique, de la robotique et des nanotechnologies. Selon cette vision utopique, la définition même de l'être humain va ainsi évoluer et s'enrichir.

À LIRE : Humanité 2.0, la bible du changement, de Ray Kurzweil (2007). M21 Editions, 650 p., 29 euros.
Devenir hybride, de Bernard Andrieu (à paraître en juin). Presses universitaires de Nancy, 150 p., 15 euros.


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