16 mai 2008
Avec la flambée des prix du baril, l'exploration pétrolière redevient rentable en Allemagne
AFP/GEORGES GOBET
Avec un baril qui taquine les 124 dollars, l'enthousiasme des entreprises pour le sous-sol allemand se comprend.
Avec la flambée des prix du baril, l'exploration pétrolière redevient rentable en Allemagne
LE MONDE | 16.05.08 | 15h52 • Mis à jour le 16.05.08 | 15h52
BERLIN CORRESPONDANCE
Outre-Rhin, les entreprises d'extraction redécouvrent les charmes du pétrole qui dort en sous-sol. Un engouement qui a fort à voir avec les prix record du brut. Fin avril, la société Activa Resources a commencé des travaux d'exploration dans le sud de la Bavière. L'entreprise, qui jusqu'ici exploitait du pétrole uniquement dans le Texas, a obtenu du ministère de l'économie bavarois une concession pour un terrain de quelque 2 000 km2.
Plus généralement, "des licences d'exploration ont été délivrées en plus grand nombre ces derniers mois", observe Michael Pasternak, de l'office régional de Basse-Saxe pour l'industrie minière, l'énergie et la géologie (LBEG).
Selon l'expert, qui pilote un rapport annuel sur le secteur du pétrole et du gaz en Allemagne, "de nouvelles demandes vont être déposées, compte tenu des prix du brut". Avec un baril qui taquine les 124 dollars, l'enthousiasme des entreprises pour le sous-sol allemand se comprend. Car le pays n'est réputé ni pour la quantité ni pour la taille de ses gisements.
En 2007, quelque 3,5 millions de tonnes de brut ont été produites outre-Rhin. Soit 3 % de la consommation nationale de pétrole.
"TECHNIQUES SPÉCIALES"
Qu'importe ! "L'extraction de pétrole en Allemagne est de nouveau rentable", a fait savoir Activa Resources au moment de démarrer son activité. L'entreprise veut explorer des gisements abandonnés à la fin des années 1980, quand les prix du brut étaient devenus trop bas pour permettre une exploitation lucrative.
Wintershall, numéro un du secteur outre-Rhin et filiale du groupe de chimie BASF, se réjouit aussi de la situation. "Comparée à l'étranger, la production en Allemagne est plus exigeante d'un point de vue technologique et nécessite souvent plus de dépenses et des techniques spéciales", reconnaît le porte-parole de Wintershall. Mais le niveau des cours permet d'adoucir la facture.
"Ce qui n'était pas rentable auparavant, comme l'exploration de petits gisements, le devient", renchérit-on chez RWE-Dea, autre poids lourd du secteur. Le groupe a obtenu des licences pour élargir ses recherches en Basse-Saxe et dans le Schleswig-Holstein, les deux régions où se concentre l'essentiel des réserves.
"La nouvelle attractivité du pétrole allemand est incontestable, résume M. Pasternak. Mais il faudra attendre pour voir si les résultats obtenus sont vraiment significatifs."
Article paru dans l'édition du 17.05.08.
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A Marseille, Muselier part à la chasse aux "traîtres" de la droite
A Marseille, Muselier part à la chasse aux "traîtres" de la droite

Vendredi 16 mai s'ouvrent à Marseille des négociations qui s'annoncent décisives pour l'avenir de la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM). Les élus des 18 communes membres vont tenter d'élaborer les grands principes de cogestion d'une institution présidée par la gauche, et au sein de laquelle la droite dispose néanmoins d'une majorité d'élus.
Une situation inédite, résultat du scrutin pour la désignation du président de MPM le 17 avril, au cours duquel des élus de droite avaient choisi de donner leur voix au candidat de la gauche et secrétaire départemental du Parti socialiste, Eugène Caselli, plutôt qu'au candidat de leur famille politique, Renaud Muselier (UMP).
Si tout le monde s'accorde aujourd'hui à considérer que la situation impose retenue et apaisement, il en est un qui résiste. A peine quarante-huit heures avant le début des discussions, Renaud Muselier a, lui, choisi de contre-attaquer. Et plutôt vertement. Démontrant au passage qu'il n'a pas digéré sa défaite.
Renaud Muselier est parti à la chasse aux traîtres de son camp
Dans une interview au vitriol accordée au journal Marseille l'Hebdo, parue mercredi, l'ex-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères a publiquement réglé ses comptes avec les élus de son camp.
Une nouvelle fois, Renaud Muselier a désigné les responsables de sa défaite: "les traîtres", celles et ceux qui "ont menti à leurs électeurs" et "volé treize ans de travail aux Marseillais et six ans d'ambitions pour eux":
"Dans quelque direction qu'on ait voulu orienter mes soupçons sur l'identité de ceux qui ont voté pour le candidat du PS, j'ai éliminé Guy Teissier (député-maire des IXe et Xe arrondissements) et le maire de Marignane (Eric Le Dissès, ndlr).
"Pour en venir, par déduction, comme au jeu de Mastermind, à la conclusion qu'il m'avait manqué la voix de quatre à huit élus marseillais de notre majorité et plutôt pas de mes proches."
Un peu plus loin, le candidat défait de poursuivre: "Ceux qui ont voulu m'humilier ou me freiner (...) ne mesurent pas les conséquences de leur vote."
Une façon de souligner les difficultés de gestion dans laquelle se trouve aujourd'hui placée l'institution communautaire. mais aussi un avertissement: "Je n'oublierai rien", devait même rajouter l'ancien premier adjoint au maire de Marseille Jean-Claude Gaudin.
Renaud Muselier est parti à la chasse aux traîtres de son camp
A gauche, on est plutôt surpris par la virulence de ces déclarations et on estime que le moment "est plutôt mal choisi". Un cadre du PS marseillais analyse:
"La stratégie de Renaud Muselier est à double tranchant. Alors qu'il s'est érigé en chef de groupe à MPM, il devrait avoir une attitude de rassembleur. Or, il fait exactement l'inverse, et continue à donner l'image de 'celui qui n'est pas avec moi et contre moi'.
"Le risque pour lui, c'est de se mettre à dos un peu plus d'élus des petites communes et donc de ne même pas parvenir à réunir sous son nom les 77 voix qu'il avait obtenues en avril."
Patrick Mennucci, maire des Ier et VIIe arrondissements et chef de file du PS à la mairie, juge les propos de Renaud Muselier très "rock'n'roll". Tout en se disant frappé "par la violence interne à la droite", il rappelle:
"D'un côté comme de l'autre, nous sommes engagés dans une négociation qui doit se faire dans l'intérêt de Marseille et de MPM et Renaud Muselier ne se met pas dans une situation de leadership de son camp. Nous discuterons avec la droite réunie, Jean-Claude Gaudin en premier chef".
Un groupe autonome a rassemblé quatorze élus
Pour Jean-Pierre Bertrand, maire de Plan-de-Cuques, l'une des dix-huit communes de MPM, les propos de Renaud Muselier témoignent "peut-être d'une réaction épidermique qui dure un peu trop"; mais, rajoute celui qui a créé avec le nouveau maire de Marignane Eric Le Dissès, un groupe autonome au sein de MPM et qui compte aujourd'hui quatorze élus, "l'heure est à l'apaisement":
"Il faut arrêter de jouer tous contre chacun et inversement. La seule question qui vaille, c'est quel modus vivendi va-t-on mettre en place pour faire en sorte que la communauté urbaine fonctionne mieux à l'avenir? La principale erreur des élus marseillais, c'est de ne pas s'être aperçu qu'il y avait un réel mécontentement."
Il y a encore un an, un tel discours n'aurait pas trouvé d'écho chez les élus communautaires. Mais la défaite de la droite marseillaise a changé la donne. Jean-Pierre Bertrand explique:
"Dans la philosophie, je connais beaucoup de gens qui seraient prêts à nous rejoindre, Le Dissès et moi. Mais certains sont encartés, d'autres attendent une investiture… ils n'osent pas encore franchir le pas."
"Si les élus marseillais cesse d'avoir une vision marseillo-marseillaise de la communauté urbaine, alors la crise institutionnelle aura eu cela de bon", note encore un élu. Certains n'hésitent d'ailleurs plus à critiquer les dysfonctionnements d'une institution qui consacrait "jusqu'à 90% de ses investissements à Marseille". Jean-Pierre Bertrand poursuit:
"La ville-centre est très présente et très pauvre. De manière générale, nous sommes une communauté urbaine pauvre. Il faut à l'avenir dépenser en fonction de ce que l'on a et arrêter de dépenser en fonction de ce que l'on pourrait avoir. Il faut une véritable rigueur de gestion".
Avec les discussions qui s'ouvrent, les élus communautaires vont aussi devoir inventer une nouvelle façon de faire de la politique. En cela, d'un côté comme de l'autre, on semble disposé aujourd'hui à s'inspirer de l'exemple bordelais.
La communauté urbaine de Bordeaux (CUB) fonctionne en effet depuis des années sur un accord de gestion gauche-droite qui, comme le rappelait Michel Sainte-Marie le maire de Mérignac et premier maire de gauche de la CUB, permet "une relative dépolitisation du débat communautaire" et se traduit "par une approbation commune des grands dossiers". Que ne le disait-on plus tôt?
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Grand Chelem médiatique pour Terra Nova
Grand Chelem médiatique pour Terra Nova
La gauche a enfin sa machine à penser : Terra Nova, une fondation social-démocrate chargée de fournir des idées politiques au PS. Côté idées, pas grand chose de neuf, en revanche le lancement médiatique a fait un carton.
La Une de Libération et trois pages intérieures, une interview d'Olivier Ferrand, son président dans Télérama, de nombreux articles dans Le Monde, Les Echos, sur rue89, sans oublier Marianne2 . Le nouveau Think tank autoproclamé progressiste de la gauche française, Terra Nova,
a fait en quelques jours une entrée remarquée dans les milieux
intellectuels et médiatiques français. A croire que le peuple de gauche
n'en pouvait plus de cette absence d'un véritable cercle de réflexion,
réservoir à élites «progressistes», pour la plupart prêcheurs d'une
social-démocratie déjà agonisante dans tous les recoins de la vieille
Europe.
La presse bienveillante
S'il est trop tôt pour affirmer que ce think tank de gauche participera
d'une refondation victorieuse du corpus idéologique de la gauche –avec
Michel Rocard à la tête de son conseil en scientifique et les nombreux
membres, issus de la fondation Jean-Jaurès, certains y voient plutôt la
réserve des troupes strauss-kahniennes en cas d'un retour de ce
dernier-, l'accueil bienveillant que lui a réservé la presse et les
relais de sa communication sont déjà une démonstration de son emprise
médiatique.
La grande famille des médias
Outre le fait que la campagne de lancement de Terra Nova a été orchestrée par Euro-RSCG, nombre des membres de Terra Nova sont issus de la grande famille des médias et des milieux de l'édition : Marc-Olivier Padis, rédacteur en chef de la revue Esprit sera le directeur éditorial de Terra Nova, Louis Dreyfus, directeur général du Nouvel Observateur depuis 2006, Valérie Atlan directrice de communication à Publicis Consultants, Thierry Pech, secrétaire général de la République des Idées, Bruno Jeanbart Directeur des études d'Opinion Way, Gérard Obadia, Directeur d'Opérationnelle, société de conseil en communication politique, Denis Olivennes, Président du Directoire du Groupe le Nouvel Observateur,
Jean-Noël Tronc, Président-directeur général de Canal Plus overseas,
l'écrivain Olivier Poivre-d'Arvor, Alain Christnacht, l'ancien
conseiller de Lionel Jospin pour les affaires spéciales, connu comme un
«pro de l'influence», Jacques Galvani, Vice-président de Publicis
Consultants Worldwide ou encore Dominique David, Conseiller en
stratégie et communication etc.
La Une de Libération, mardi 13 mai.
Discussions en cours avec Libération
La seule mise en perspective des fonctions de certains membres
Fondateurs de Terra Nova dit bien à quel point la fondation a tissé des
liens étroits avec le monde des professionnels de la communication :
on attend avec impatience les notes de Terra Nova sur la
Culture et la communication pour juger de leur pertinence
«scientifique» et de l'indépendance intellectuelle de la fondation…
Par ailleurs, selon Bakchich, Terra Nova prévoit de publier régulièrement dans Libération.
Des discussions sont effectivement en cours avec le quotidien qui s'est
largement associé au lancement du cercle de réflexion mais pour le
moment rien n'est encore décidé.
Surexposition médiatique
Auteur d'un ouvrage sur les groupes de réflexion et d'influence en
Europe, Pierre Emmanuel Moog décrypte cette surexposition médiatique et
la surreprésentation de la classe médiatique dans ce type de groupes: «C'est
une forme de maturité pour les groupes de réflexion français que
d'avoir des bons communicants. Et pour ces gens issus de la
communication, il s'agit moins d'exercer une influence politique que de
rester à l'écoute d'une certaine avant-garde politique».
Diffusion ou production d'idées ?
Reste à savoir si ce type de cercle de réflexion ne s'inscrit pas plus
dans une logique de simple diffusion d'idées plutôt que dans une
véritable logique de production idéologique : «Aux
Etats-Unis, certains think-tanks possèdent leurs propres studios de
production télé. Par là effectivement, nous sommes plus dans la
diffusion ou le reformatage d'idées pour les diffuseurs» confirme Pierre Emmanuel Moog,
«les think-tanks français n'ont pas atteints ce degré de spécialisation
: Terra Nova est à la fois dans la production et la diffusion. Mais
clairement, quand vous regardez précisément qui sont les membres
fondateurs de Terra Nova, la tendance est à une professionnalisation de
la diffusion».
Publicis et Microsoft mécènes de Terra Nova
Côté financement, Terra Nova s'est largement inspiré du système des
think tanks américains, basé sur le mécénat. Et là encore, parmi les
premiers figurent des entreprises issues de la vaste galaxie des
médias, avec notamment Microsoft et Publicis. La rénovation idéologique
du PS se fera donc sur fonds privés, sous les figures tutélaires de DSK
et Rocard, à partir d'une base social-démocrate et sous le
haut-patronage des élites médiatiques. Tout un programme…
Jeudi 15 Mai 2008 - 15:42
Régis Soubrouillard
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GREVE DU 15 MAI : Xavier Bertrand n'a pas appliqué le service minimum dans sa ville
GREVE DU 15 MAI
Xavier Bertrand n'a pas appliqué le service minimum dans sa ville
NOUVELOBS.COM | 16.05.2008 | 16:56
A l'école primaire Paul Bert de Saint-Quentin, la ville du ministre du Travail, aucun service minimum d'accueil n'a été mis en place jeudi lors de la grève des enseignants.

Xavier Bertrand (Sipa)
Le quotidien Libération rapporte vendredi 16 mai que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, n'a pas appliqué le service minimum d'accueil dans sa ville de Saint-Quentin (Aisne) lors de la grève des enseignants, ce jeudi."Je souhaite qu'il y ait un maximum de maires qui appliquent le service minimum", déclarait pourtant le secrétaire général adjoint de l'UMP avant le mouvement social. "Il n'y a rien d'idéologique, tout est pragmatique: apporter une solution aux familles", expliquait-il sur i>Télé.
"Son attitude est scandaleuse"
Mais à l'école primaire Paul Bert de Saint-Quentin, où le ministre est adjoint au maire, aucun service minimum n'a été mis en place pour accueillir les enfants.
Libération rappelle que Dominique Paillé, le porte-parole de l’UMP, s'en est pris cette semaine aux maires qui refusaient le service minimum à l'école: "Nous allons montrer du doigt, parce qu'il le mérite et que son attitude est scandaleuse, le maire de Paris qui refuse obstinément" le service minimum d'accueil, a-t-il lancé lors d'un point de presse.
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Droit d'accueil à l'école : la loi prévoira des sanctions pour les professeurs
GREVE DU 15 MAI
SMA : la loi prévoira des sanctions pour les professeurs
NOUVELOBS.COM | 16.05.2008 | 16:55
"Un professeur qui ne se déclare pas gréviste 48 heures à l'avance et décide de faire grève" s'exposera "à des sanctions disciplinaires", prévient le ministère de l'Education. De plus, la nouvelle loi sur le droit à l'accueil des enfants permettra aux familles "de recourir aux tribunaux en cas de non respect de ce droit".

Lors de la grève du 15 mai
"Si un professeur ne se déclare pas gréviste 48 heures à l'avance et décide de faire grève, il s'expose à des sanctions disciplinaires, comme dans les transports" (loi sur le service minimum dans les transports, ndlr), a assuré à l'AFP le ministère.
"Ces sanctions sont celles appartenant à la gamme de sanctions habituelles applicables par un conseil de discipline", a-t-on ajouté.
Recourir aux tribunaux
Par ailleurs, "à partir du moment où la loi crée un droit nouveau, celui du droit à être accueilli, alors il deviendra possible aux représentants des enfants, autrement dit les familles, de recourir aux tribunaux en cas de non respect de ce droit, pour se le voir reconnaître", a-t-on ajouté.
Interrogé sur le calendrier du projet de loi, le ministère a répondu qu'il était "dans la phase de rédaction du projet" et a assuré "vouloir aller très vite, dans la limite de ce que permet le calendrier parlementaire".
En outre, le dispositif financier (le remboursement par l'Etat des frais engagés par les collectivités pour organiser l'accueil des enfants) "pourra faire l'objet d'une discussion avec les représentants des communes", a-t-on souligné.
Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi le dépôt avant l'été d'un projet de loi instaurant un "droit à l'accueil" des enfants à l'école primaire en cas de grève des enseignants, qui comportera notamment l'obligation d'une déclaration préalable des enseignants grévistes 48 heures avant. Cette annonce a très fraichement accueillie par l'opposition et par les syndicats > Lire (avec AFP)
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