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15 mai 2008

Plus de 200 000 manifestants contre les suppressions de postes dans la fonction publique

Plus de 200 000 manifestants contre les suppressions de postes dans la fonction publique

Près d'un enseignant sur deux en grève, des lycéens formant le gros des cortèges dans les manifestations : l'éducation nationale et la question des suppressions de poste ont été au centre de la journée de mobilisation dans la fonction publique, mardi 15 mai.

Les chiffres fournis jeudi faisaient état d'une mobilisation importante des agents du secteur, aussi bien selon les méthodes de comptage du ministère que des organisations syndicales. Pour les collèges et lycées, les syndicats avançaient un taux de grévistes supérieur à 55 %, et atteignant 63 % dans les écoles. Selon le ministère de l'éducation nationale, les grévistes étaient 33,55 % dans le secondaire, et 46,16 % dans le primaire.

La question de la suppression des postes dans l'éducation était également au cœur des cortèges qui ont défilé jeudi dans plusieurs villes de France. Entre 200 000 et 300 000 personnes – selon les chiffres de la police ou des organisateurs –, ont participé à ces manifestations au niveau national. A Paris, ils étaient entre 50 000 et 60 000, selon la FSU (18 000 selon la police), à dénoncer la "politique de démantèlement" du service public du gouvernement et les suppressions de postes prévues en 2008-2009. Dans le cortège, Jean-Claude-Mailly, pour Force ouvrière, évoquait "une grogne et un mécontement" touchant l'ensemble des fonctionnaires, alors que François Chérèque (CFDT) dénonçait la "seule vision comptable" du gouvernement.

SERVICE MINIMUM PEU UTILISÉ

"C'est une mobilisation réussie qui marque un mécontentement extrêmement sérieux", s'est félicité Gérard Aschieri, de la FSU (majoritaire dans l'éducation). "La mobilisation d'aujourd'hui, qui est déjà une réussite, n'est qu'un prélude à celle de jeudi prochain", a de son côté prévenu Bernard Dieudevant, secrétaire départemental de la FSU.

A Paris, comme à Marseille ou Strasbourg, lycéens et enseignants formaient le gros des cortèges. Le président de l'UNL, Florian Lecoultre, expliquait jeudi matin au Monde.fr que cette mobilisation ne constituait pas un "baroud d'honneur" et que le mouvement lycéen se poursuivrait après le 15 mai. Le ministre du budget et de la fonction publique, Eric Woerth, a quant à lui estimé que "défiler avec des pancartes pour dire 'je veux plus de moyens', c'est une manière très égoïste de voir les choses".

Pour faire face à la fermeture de nombreuses écoles, Xavier Darcos avait à nouveau demandé aux communes d'organiser un service minimum d'accueil, assuré par des agents communaux. Le dispositif a été refusé par la quasi-totalité des grandes villes, qui avancent des problèmes juridiques, d'organisation et le principe du respect du droit de grève. Près de 3 000 communes petites ou moyennes ont introduit ce service. Nicolas Sarkozy a promis, jeudi soir, que le gouvernement déposera avant l'été un projet de loi sur un "droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles" lors des  mouvements de grèves et sur une déclaration préalable des enseignants grévistes.


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La mobilisation dans les grandes villes

                                          

Le premier chiffre est fourni par la police, le second par les organisateurs des manifestations.

Paris : entre 18 000 et 50 000 manifestants.
Marseille : entre 7 000 et 30 000.
Nantes ; entre 5 000 et 7 000.
Grenoble : entre 7 000 et 15 000.
Toulouse : entre 7 000 et 15 000.
Lyon : entre 5 000 et 10 000.
Bordeaux : entre 6 200 et 10 000
Rennes : entre 12 000 30 000
Le Havre : entre 3 500 et 4 500
Rouen : entre 5 500 et 8 000
Caen : entre 3 000 et 8 000
Le Mans : entre 4 000 et 7 000
Strasbourg : entre 2 000 3 000
Lille : entre 4 000 et 6 000
Perpignan : entre 3 500 et 5 000



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Dessalement de l'eau de mer : un marché très prometteur

Dessalement de l'eau de mer : un marché très prometteur

"Le marché du dessalement de l'eau de mer va exploser dans les années à venir", explique Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement. Car "la ressource en eau douce va devenir de plus en plus rare. L'augmentation démographique dans les villes côtières et l'accentuation du stress hydrique dans plusieurs régions du globe en raison du réchauffement climatique expliquent cette progression".

DOUBLEMENT DE LA PRODUCTION

Actuellement, plus de 50 millions de mètres cubes d'eau dessalée, dont 15 % issus de l'eau saumâtre, sont produits tous les jours dans le monde (l'eau de mer contient en moyenne 35 g de sel par litre, contre de 1 à 10 g pour les eaux saumâtres). En 2016, la production devrait doubler et atteindre plus de 109 millions de mètres cubes par jour, soit 109 fois ce que la région parisienne consomme quotidiennement. La croissance pourrait être encore plus rapide que prévu, dans un marché où la capacité des usines ne cesse d'augmenter : des unités produisant 1 million de mètres cubes par jour sont en projet.

Bien que les coûts de production aient été divisés par deux, le dessalement reste encore trop cher pour les pays pauvres ou dépourvus de gaz ou de pétrole. "Le prix de l'eau en sortie d'usine est de 0,4 à 0,8 euro le mètre cube produit par le procédé d'osmose inverse, et de 0,65 à 1,8 euro le mètre cube par la distillation thermique", explique-t-on chez Degrémont, filiale de Suez Environnement. Aussi, spécialistes de l'eau et scientifiques estiment qu'il faut commencer par une économie des ressources d'eau douce, en limitant par exemple les pertes dans les canalisations. Celles-ci peuvent atteindre 50 % dans certains pays, alors qu'en France les bons réseaux affichent de 5 à 10 % de perte. Le traitement des eaux usées pour une réutilisation dans l'irrigation contribue également à une meilleure gestion, l'agriculture étant la principale consommatrice d'eau douce (71 % du total).

A l'avenir, "l'eau va devenir un problème crucial, qui butera sur le coût de l'énergie, indispensable au dessalement de l'eau de mer ou de l'eau saumâtre", précise Michel Dutang, directeur de la recherche et du développement de Veolia Environnement, leader du marché (14,5 %). Certes, la consommation d'énergie dans ce domaine a été divisée par quatre en vingt ans, mais les rendements doivent être encore améliorés. "Le but de la recherche est d'économiser l'énergie lors du processus de dessalement", ajoute Michel Dutang.

Il ne faut pas non plus négliger les problèmes liés à l'environnement. Le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui a présenté un rapport, en juin 2007, sur cette question ("Desalination : option or distraction for a thirsty world ?"), s'alarme d'un développement anarchique de cette technologie. Selon le WWF, elle consomme beaucoup d'énergie et émet des gaz à effet de serre. Elle peut aussi avoir un impact négatif sur le milieu marin, car elle rejette localement des saumures en mer.

Françoise Elbaz-Poulichet, scientifique du laboratoire Hydrosciences (CNRS) à l'université de Montpellier, souligne que cet ajout de sel risque de modifier la chimie de l'eau côtière, surtout si les unités de dessalement sont proches les unes des autres. "Ce qui aura des effets sur la faune et la flore, qui se sont adaptées à une salinité particulière." Les industriels tentent de contrecarrer ces effets en utilisant des diffuseurs qui diluent rapidement la salinité, en tenant compte des flux marins.

Christiane Galus

Article paru dans l'édition du 16.05.08.

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L'actuel taux de CO2 est le plus élevé depuis 800 000 ans

L'actuel taux de CO2 est le plus élevé depuis 800 000 ans

       

   Un globe en papier monté par Greenpeace lors de la Conférence sur le changement climatique organisée par l'ONU à Bali, le 3 décembre 2007.       

AFP/JEWEL SAMAD

Un globe en papier monté par Greenpeace lors de la Conférence sur le changement climatique organisée par l'ONU à Bali, le 3 décembre 2007.

Depuis 800 000 ans au moins, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) n'ont jamais été aussi élevées. Ce fait était fortement pressenti par les scientifiques ; il relève désormais de la certitude. Les chercheurs du projet Epica (European Project for Ice Coring in Antarctica) ont publié, jeudi 15 mai, dans la revue Nature, l'analyse des derniers mètres de la grande carotte de glace du site de Dôme C, en Antarctique. Les 3 060 premiers mètres donnaient jusqu'ici 650 000 ans d'archives climatiques. En forant 200 mètres plus bas, les glaciologues ont poussé cet enregistrement jusqu'à environ 8 000 siècles.

Les paramètres orbitaux de la Terre varient à intervalles de temps réguliers. Ces variations changent l'insolation de la planète et entraînent une alternance entre périodes glaciaires et interglaciaires (la Terre est entrée dans l'une de ces dernières il y a quelque 10 000 ans).

"Puisque ces cycles glaciaire-interglaciaire durent environ 100 000 ans, nous avons désormais accès à huit cycles complets, dit Dominique Raynaud, membre du comité scientifique du projet Epica. Ce long enregistrement confirme le lien étroit entre teneur en gaz à effet de serre et températures." Lorsque le changement d'insolation introduit un début de réchauffement, la teneur en gaz à effet de serre augmente, et ce sont ces gaz qui contribuent de façon majeure à la montée des températures... jusqu'au prochain âge glaciaire.

L'enregistrement publié donne la mesure des bouleversements actuels. Depuis 800 000 ans et jusqu'à une période récente, la concentration de gaz carbonique n'a oscillé qu'entre 172 et 300 parties par million (ppm) ; elle est aujourd'hui de 385 ppm. Quant à la teneur en méthane, elle a varié entre 350 et 800 parties par milliard (ppb). Elle est aujourd'hui de 1 770 ppb.

Ces nouvelles archives climatiques donnent d'autres informations. Par exemple, explique Jérôme Chappellaz (Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement), coauteur de ces travaux, "on retrouve, dans les niveaux de méthane mesurés dans la glace de l'Antarctique, la signature d'événements de réchauffements brefs et intenses très marqués au Groenland, dont certaines régions ont gagné 16 °C en quelques décennies, avant de se refroidir progressivement".

Les carottes de glace du Groenland ne permettent pas de remonter assez loin dans le temps pour avoir des certitudes sur ces phénomènes. Mais l'analyse de la carotte de Dôme C montre, selon M. Chappellaz, que "ces événements ne surviennent que pendant les périodes glaciaires et jamais au cours des interglaciaires". Il eût été tentant d'attribuer le réchauffement actuel à l'un de ces événements ; ce ne peut être le cas.

Stéphane Foucart

Article paru dans l'édition du 16.05.08.

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"Les pauvres sont dégueulasses, ils polluent"

"Les pauvres sont dégueulasses, ils polluent"

               

         Par La rédaction du Post          , le 15/05/2008                      

                

   

      

      Une entreprise de location de voitures fait scandale avec un slogan accusant les pauvres de pollueurs.      

   

         

Ucar.      

Ucar.

      

Crédits: Ucar.fr


       

                    Sur RTL, Jean-Claude Puerto, le PDG d'Ucar, société de location de véhicules explique pourquoi il a voulu choquer l'opinion publique:

"On fait de la provocation comme Coluche en son temps "Salauds de pauvres", explique le PDG sur RTL.

Il explique que son objectif est d'interpeller l'Etat, mais surtout de faire réfléchir sur le bonus à la casse qui est de 300 euros aujourd'hui: " Une voiture, et même une vieille voiture ne vaut jamais 300 euros".
Il explique ainsi que l'Etat pourrait obtenir via une TVA un retour sur l'aide supplémentaire donnée.

Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives, est furieux.
"Ces gens se trouvent malins, se font de l'argent sur le dos des pauvres, il vaudrait mieux qu'ils dépensent ces sommes pour faire des publicités dans des journaux pour des associations", dit-il sur RTL.

Pour lui, "c'est de la vulgarité méprisable".

Pour Emmaüs, "Cette publicité soulève un problème de fond, le regard qu'on porte sur les pauvres, sur ceux qui n'ont pas de logement, pas de travail, qui ont perdu l'estime d'eux-mêmes",explique Patrick Dugois, le délégué général de l'association au Nouvel Observateur.
Notons que l'association réunit son conseil d'administration cet après-midi pour savoir si ils demanderont le retrait de cette publicité.

Mais d'autres pourront simplement dire que ce slogan est un coup de publicité formidable.

(Source: RTL.fr)

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Séisme en Chine : des installations hydrauliques touchées

 

CHINE

     

Séisme en Chine : des installations hydrauliques touchées

NOUVELOBS.COM | 15.05.2008 | 08:17

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Selon le ministre chinois des Ressources hydrauliques, la Chine rencontre de "sérieux problèmes" sur la sécurité des installations hydrauliques dans le sud-ouest après le séisme qui a dévasté la région.

(AFP)

(AFP)

 

La Chine rencontre de "sérieux problèmes" sur la sécurité des installations hydrauliques dans le sud-ouest après le séisme, a déclaré jeudi 15 mai le ministre des Ressources hydrauliques, Chen Lei, cité par l'agence Chine Nouvelle.
"La Chine rencontre de sérieux problèmes de sécurité et de prévention des inondations dans les réservoirs, les centrales hydrauliques, les barrages et autres installations dans la zone du séisme", dans la province du Sichuan, a expliqué le ministre.
"La priorité est de s'assurer que les réservoirs, centrales, retenues d'eau, digues, barrages (...) endommagés traversent la saison des pluies sans danger et ne causent pas de désastres secondaires", a-t-il dit.
Chen Lei a notamment souhaité l'envoi de nouvelles équipes d'experts au Sichuan qui comporte de nombreux barrages sur les affluents du fleuve Yangtze.

Le barrage des Trois Gorges épargné

Son vice-ministre, Jiao Yong, était arrivé dès mardi dans la province à la tête d'une première équipe de six personnes, selon Chine Nouvelle.
Les experts du ministère qui ont contrôlé des installations locales n'ont jusqu'à présent pas annoncé de problèmes.
Après une inspection, un responsable d'un barrage proche de l'épicentre du séisme, le barrage de Zipingpu, avait ainsi démenti des rumeurs de fissures, affirmant mercredi que l'ouvrage était "structurellement stable et sûr", selon les médias.
Cet important barrage hydroélectrique de plus de 150 m de haut sur la rivière Minjiang, se trouve en amont de Dujiangyan, durement touchée par le séisme de magnitude 7,9.
Dans le centre du pays, le pharaonique barrage des Trois Gorges n'a pas non plus souffert du tremblement, selon ses gestionnaires.

Mobilisation générale

Le pays a mobilisé 101 hélicoptères supplémentaires dans les zones de la province de Sichuan. Le bilan provisoire, de près de 15.000 morts, risque de s'alourdir considérablement si l'aide humanitaire n'arrive pas très vite aux sinistrés.
Le ministère de la Défense a indiqué que 71 nouveaux hélicoptères militaires et 30 hélicoptères civils seraient réquisitionnés pour les opérations de secours, a rapporté l'agence de presse officielle Chine Nouvelle.
Dans le même temps, le ministère de l'Industrie et de l'Information a lancé un appel à la population pour qu'elle prête des équipements de secours afin de faciliter les recherches de survivants. Le ministère demande aux Chinois d'apporter des équipements aussi divers que des marteaux, des pelles ou encore des outils de démolition en passant par des grues et autres instruments de levage ainsi que des canots pneumatiques.

Coupés du monde

Des fournitures de première nécessité seront également larguées dans les zones les plus touchées, proches de l'épicentre, inaccessibles par voie terrestre, a précisé l'agence.
Des hélicoptères ont été utilisés pour acheminer des soldats et des vivres dans les zones isolées mais les sauveteurs n'ont pas eu d'autre choix que de dégager les survivants à mains nues.
Trois villes montagneuses situées au nord de la capitale provinciale Chengdu étaient toujours coupées du monde jeudi, selon chine Nouvelle. Par ailleurs, 20.000 personnes étaient coincées dans les villes de Qingping, Jinhua et Tianchi où on ignorait le nombre de morts.
Quatre équipes de secours ont déjà dû rebrousser chemin à cause du mauvais temps. Une groupe de 500 soldats de l'Armée de libération du peuple transportant médicaments et nourriture tentaient d'atteindre ces localités.

26.000 personnes sous les décombres

Près de 26.000 personnes étaient encore sous les décombres d'édifices écroulés, quatre jours après le tremblement de terre de 7,9 sur l'échelle de Richter. Le séisme a provoqué des glissements de terrain qui ont bloqué les routes d'accès aux zones les plus touchées.
Sur certaines routes près de Chengdu, comme à Dujiangyan, le trafic a été limité aux seuls véhicules de secours.
Des personnes qui ont tout perdu dans la catastrophe quémandaient de l'aide le long des routes.
Dans la province de Sichuan, 44 comtés et districts ont été affectés par le séisme. Environ le moitié des 20 millions d'habitants de la région sont directement concernées par par les conséquences de la secousse, selon Chine Nouvelle.
Le tremblement de terre aurait causé 140 milliards de yuan (13 milliards d'euros) de dégâts, selon une estimation d'une société de Boston spécialisée dans la gestion des risques liés aux catastrophes naturelles.

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L’alternative à gauche, organisons-la !

L’alternative à gauche, organisons-la !

jeudi 15 mai 2008

 

Politis lance un appel pour organiser l’alternative à gauche. 55 personnalités (artistes, intellectuels, responsables politiques, syndicaux et associatifs) se mobilisent avec Politis pour la création d’un cadre permanent à l’intérieur duquel les forces de gauche sociale et écologiste pourraient mener le débat.


Pour signer l’appel, connectez-vous sur www.appel-a-gauche.org

Nous célébrons l’anniversaire de Mai 68. Le temps n’est toutefois ni aux commémorations, ni à la nostalgie.

La planète s’est profondément transformée. Le capitalisme se fait toujours plus prédateur. Les émeutes de la faim sont le corollaire de l’enrichissement indécent d’une minorité de privilégiés. Les crises financières s’enchaînent, et une catastrophe écologique se dessine. Bousculée par un nouveau totalitarisme de marché, la démocratie s’étiole.

C’est à la refondation d’une politique d’émancipation qu’il importe de s’atteler.

En France, le sarkozysme se heurte déjà à la résistance du pays. Dans les entreprises du secteur privé, dans les services publics, à l’école, d’amples mobilisations se font jour.

À quarante ans de distance, deux questions se reposent à nous : quelles perspectives offrir à la colère sociale ? Comment la volonté de changer radicalement l’ordre des choses peut-elle redonner majoritairement le ton à gauche ?

À cet égard, chacun hélas peut le constater, il manque toujours une force incarnant un projet alternatif.

Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s’accommoder d’un statu quo qui lui interdit d’espérer changer en profondeur la donne politique.

La menace du bipartisme devient plus forte, avec son choix mortifère ramené à deux variantes de l’adaptation au libéralisme. Tout cela peut nous conduire à des désastres comme celui que vient de connaître la gauche italienne, incapable d’empêcher le retour de Berlusconi aux affaires et littéralement disloquée.

Les municipales et les cantonales viennent pourtant de prouver qu’il existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne ou d’autres expériences similaires en Europe. Faute de convergence entre des traditions et des cultures jusqu’ici séparées, faute de prendre en compte l’apport des mouvements sociaux et citoyens ayant émergé depuis plusieurs années, le champ des possibles demeurera inévitablement limité : aucune force constituée ne peut rassembler autour d’elle seule.

Les échecs passés nous instruisent des difficultés de l’entreprise. Nous n’en restons pas moins convaincus que c’est le seul horizon porteur d’avenir.

Un cadre permanent pour faire front

Nous en appelons donc à l’affirmation d’une gauche enfin à gauche. Qui n’oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses. Qui soit en phase avec les aspirations des salariés, avec ou sans papiers, des quartiers populaires, des jeunes. Qui conjugue urgence sociale, urgence démocratique et urgence écologique. Qui permette au peuple d’exercer sa souveraineté dans tous les domaines. Qui place l’égalité entre hommes et femmes au cœur de son projet. Qui milite pour un nouveau mode de production et de consommation, soutenable et respectueux des équilibres écologiques. Qui promeuve la construction d’une autre Europe et de rapports de codéveloppement avec le Sud. Qui devienne, ce faisant, une véritable force.

Militants politiques, acteurs du mouvement social et culturel, nous pouvons dès à présent agir de façon coordonnée. Sans préalable sur les engagements des uns et des autres, construisons un cadre permanent qui nous permette, ensemble, nationalement et localement, de réfléchir aux moyens d’une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef et d’aborder les grands rendez-vous qui s’annoncent. D’ici l’été, que chacun et chacune se saisisse de cette proposition sur le terrain. Et retrouvons-nous à l’occasion d’un grand rendez-vous national en septembre, afin de prolonger ces échanges.

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Journalistes et hommes politiques, le bonheur de cumuler!

Journalistes et hommes politiques, le bonheur de cumuler!

C'est celui qui le dit qui y est : en faisant remarquer à Laurence Ferrari, qui l'interrogeait sur le cumul des mandats, qu'elle aussi cumule les fonctions, Jean-François Copé s'est attiré l'ire de Jean-Michel Aphatie.



Journalistes et hommes politiques, le bonheur de cumuler!

 

« D'abord, vérifiez que vous ne vous l'êtes jamais appliqué à vous-même ce petit principe » : voilà la réponse de Jean-François Copé à la journaliste Laurence Ferrari, qui l'interrogeait le 11 mai dernier, dans l'émission Dimanche Plus (Canal Plus) sur le cumul des mandats. Et le président du groupe UMP à l'Assemblée d'ajouter : « Vous faites partie des gens qui aimez cumuler aussi. Vous avez bien raison, j'admire votre carrière, Laurence. Vous êtes une remarquable journaliste entrepreneuse et vous faites cela très bien. Bravo, mais vérifions les uns et les autres, quand on en parle, que l'on se l'applique bien à soi-même. » De fait, si Copé cumule les fonctions de maire de Meaux et de député de Seine-et-Marne, Laurence Ferrari travaille à la fois pour RTL et Canal Plus et dirige une société de production de reportages et de documentaires institutionnels. Mais cette réponse du berger à la bergère a provoqué son lot d'indignations dans la corporation des journalistes, à commencer par Jean-Michel Aphatie, qui est monté au créneau dans son blog pour défendre sa consoeur - et doublement collègue, puisque lui aussi travaille pour RTL et Canal Plus. Aphatie raconte d'ailleurs que Copé, ainsi qu'Eric Woerth, lui ont déjà tenu le même discours. Il en déduit que c'est devenu « un argument que les responsables politiques resserviront, nous sommes désormais face à une stratégie de communication. Et cette stratégie là, il faut lui tordre le cou pour sa fausseté, son étrangeté et aussi, osons le mot, sa violence ». On se demande bien pourquoi.

Les politiques cumulent, les journalistes aussi : «So What?»

Parce que le journaliste, lui, n'est pas élu du peuple, comme l'a rappelé Laurence Ferrari.  «So what ?» lui a répondu Copé. Oui, et alors ? Aphatie explicite : «Représenter le peuple au parlement, ou prendre en charge la gestion d'une municipalité, sont des tâches qui relèvent de l'organisation de la société. Il y a donc un intérêt public à évoquer les conditions dans lesquelles sont exercés ces mandats. Les cumuler, les mandats, entraine plusieurs conséquences néfastes ». Au premier rang desquelles figure le fait que l'homme politique ne pouvant se dédoubler, l'une de ses deux fonctions pâtit obligatoirement du cumul. Mais surtout, explique Aphatie, le cumul engendre le détournement de fonds publics : «Un député battu ne quitte pas la scène locale puisqu'il est encore maire. Il est alors courant qu'il utilise les moyens de sa mairie pour préparer sa revanche. Détournement évidemment condamnable qui explique l'absence très étrange d'un statut de l'élu en France».
En revanche, le journaliste, lui, est un superman qui peut multiplier sa charge de travail à l'infini, sans que sa qualité s'en ressente. Le journaliste est un citoyen au-dessus des autres, qui a le privilège de travailler pour plusieurs employeurs à la fois. Ce qui est rarement le cas des employés de bureau ou des cadres moyens, même s'ils aimeraient bien. Le journaliste, de surcroit, ne se heurte jamais au moindre conflit d'intérêts, même lorsqu'il bosse pour des gens qu'il peut être appelé à critiquer dans l'exercice d'une de ses autres fonctions. Et si par extraordinaire ça se produit, le journaliste mordra bravement la main qui le nourrit : il s'en fout, il y a tant de mains qui le nourrissent que sa fiche de paie pourrait s'appeler Shiva.
Et de fait, ce dernier point est un peu vrai : le cumul peut être aussi, pour les journalistes qui le pratiquent, une garantie d'indépendance. On craint toujours moins de se faire virer d'un de ses jobs que de perdre son seul et unique emploi. Mais dans ce cas, il faut rappeler ce que le brillant interviewer de Canal Plus et RTL a oublié de préciser : le cumul représente, pour bien des élus aussi, une sorte d'«assurance chômage». Sans lui, nous serions condamné à n'être représentés que par des hommes et des femmes certains de retrouver leur emploi une fois leur mandat perdu. C'est-à-dire exclusivement des fonctionnaires.


Mercredi 14 Mai 2008 - 19:13

Bénédicte Charles

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