13 mai 2008
Sous la Méditerranée, du sel et du pétrole

D.R.
En 1970, trois chercheurs émettent l'hypothèse que la Méditerranée s'est asséchée il y a plus de 5 millions d'années.
Reportage
Sous la Méditerranée, du sel et du pétrole
LE MONDE | 13.05.08 | 15h43 • Mis à jour le 13.05.08 | 15h43
LYON ENVOYÉE SPÉCIALE
L'avenir de la mer Méditerranée préoccupe les chefs d'Etat, mais son passé, lui, passionne les scientifiques. Et leurs trouvailles pourraient susciter bien des convoitises, car il y est question de pétrole... sous une épaisse couche de sel. La thèse est la suivante : la Méditerranée fut jadis le théâtre d'une catastrophe environnementale de grande ampleur dénommée par les géologues "Crise de salinité messinienne". Il y a 5,5 millions d'années (Ma), la quasi-fermeture du détroit de Gibraltar sous la poussée de la plaque tectonique africaine a conduit à l'assèchement de la Méditerranée. L'évaporation des eaux a provoqué le dépôt de couches de sel épaisses de 2 000 m, surmontées d'une grande quantité de sédiments. Mais la mise en évidence de ce processus a provoqué une polémique scientifique internationale, qui a duré... trente-six ans.
Les 5 et 6 mai, une séance de la Société géologique de France a été organisée à l'université Claude-Bernard (Lyon-I) en l'honneur de Georges Clauzon, seul géologue français à avoir soutenu l'hypothèse formulée il y a près de quarante ans par trois chercheurs : William Ryan, Kenneth Hsü et Maria Bianca Chita. Ces trois scientifiques étaient présents en 1970 sur le navire océanographique américain Glomar-Challenger, qui menait une campagne de carottages en Méditerranée sur une dizaine de sites. Les carottes montraient la présence d'importantes couches de sel. Pour les trois scientifiques, cela ne pouvait s'expliquer que par un assèchement complet de Mare Nostrum, dans un passé géologique de quelques millions d'années. Mais quand Mme Chita (professeur à l'université de Milan) présenta cette thèse à l'université de Lyon, en France, en septembre 1971, les réactions des Français et des Italiens présents furent virulentes.
Aujourd'hui, les esprits se sont apaisés, et une conférence de consensus réunie à Almeria, en Espagne, à l'initiative de la Commission internationale pour l'exploration scientifique de la mer Méditerranée, du 7 au 10 novembre 2007, a produit un texte qui signe la fin des hostilités, même s'il subsiste quelques irréductibles. Mais pourquoi une telle passion ? "Des profils sismiques effectués en 1969 en Méditerranée avaient bien détecté la présence de sel en certains endroits. Mais personne ne s'attendait à phénomène d'une telle ampleur", explique Jean-Pierre Suc (CNRS, Laboratoire paléoenvironnements et paléobiosphère, à Lyon), l'un des organisateurs des journées des 5 et 6 mai.
Georges Clauzon, qui a soutenu dès le départ Mme Chita, se souvient : "Quand Maria Chita, Italienne jeune et belle, a présenté sa théorie, elle a subi un feu nourri de commentaires et de questions très agressives, y compris de la part de compatriotes qui étaient opposés à ses vues ." Mais il faut aussi reconnaître que, à l'époque, et pendant encore de longues années, personne n'avait une vue d'ensemble de l'histoire géologique et tectonique de la zone méditerranéenne. La plupart des scientifiques refusaient d'admettre l'hypothèse de la dessiccation complète de la mer, car elle ne cadrait pas avec les idées géologiques dominantes.
De nos jours, la communauté scientifique s'accorde sur le scénario à deux temps de Georges Clauzon, découlant du modèle présenté en 1970. De - 7 Ma à - 5,96 Ma, la Méditerranée communiquait avec l'océan Atlantique par deux corridors, l'un situé à Gibraltar et l'autre au sud du massif du Rif. Dans un premier temps, le corridor sud-rifain se rétrécit à la suite de la poussée de la plaque africaine, et le niveau de la Méditerranée baisse de 150 m. Ce qui se traduit par un premier dépôt d'évaporites. Puis on assiste au retour des conditions antérieures. Enfin, entre - 5,64 Ma à - 5,48 Ma, soit une durée de seulement 160 000 ans, une nouvelle poussée de la plaque africaine isole complètement la Méditerranée et la mer Noire.
C'est la grande crise messinienne pendant laquelle le niveau de la Méditerranée baisse de 1 500 m. L'évaporation entraîne le dépôt d'épaisses couches de sels minéraux (sulfates, chlorure de sodium et sels de potassium). Cette croûte de sel varie de 1,5 à 3 kilomètres d'épaisseur, et tapisse largement le fond des bassins. De profonds canyons se creusent à l'emplacement du lit des grands fleuves, qui seront plus tard comblés par des sédiments. Le plus spectaculaire est celui du Nil, découvert au moment de la construction du barrage d'Assouan (Egypte), avec une profondeur de 277 m sous le barrage lui-même et de 2 000 m sous Le Caire, et qui se prolonge sur 700 km. Le Rhône possède lui aussi un canyon long de près de 400 km, doté d'une profondeur de 1 150 m sous les Saintes-Maries-de-la-Mer et qui s'arrête sous la Bresse. La Société Bouygues l'a appris à ses dépens lorsqu'elle a creusé la partie souterraine du périphérique nord de Lyon. Là où les tunneliers devaient creuser du sable, ils ont en fait rencontré la rocaille du canyon.
Mais le volume d'évaporites déposées dans les plaines abyssales de la Méditerranée correspond à un volume d'eau de mer évaporé égal à huit fois le volume total de la mer. On suppose alors qu'une alimentation océanique a subsisté en permanence pendant la crise de salinité sous la forme d'une cascade. Cette dernière, qui devait se situer sur l'emplacement actuel du détroit de Gibraltar, a fini par éroder l'obstacle qui empêchait l'arrivée des eaux de l'Atlantique. Et "il y a - 5,48 Ma, la remise en eau fut fulgurante : elle dura quatorze ans et remonta jusqu'au fond des canyons. Dans celui du Rhône, la mer est remontée jusqu'à Beaune", ajoute Jean-Pierre Suc. La mer Noire se remplit également mais, comme elle était moins salée, son assèchement n'a pas laissé d'évaporites. La remise en eau a eu aussi pour effet de débloquer la grande faille nord-anatolienne, qui démarre à l'est de la Turquie, et qui a à cette occasion traversé la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles.
Si ces informations semblent aujourd'hui acquises, la dessiccation de la plus grande surface marine fermée sur Terre conserve encore une partie de ses mystères. Et si, sous le sel, se cachait un trésor ? Le chef de la mission du Glomar-Challenger, William Ryan (Université de Columbia) se souvient que, lors des forages entrepris dans les fonds méditerranéens en 1970, dans l'espoir de traverser les couches salines, les carottes "sentaient le pétrole à plein nez". De peur de provoquer une éruption pétrolière incontrôlée, les autorités scientifiques américaines avaient alors empêché la poursuite des forages. L'idée, à l'époque, n'était pas de chercher de l'or noir.
Les chercheurs réunis à Lyon les 5 et 6 mai souhaitent, eux, sonder les profondeurs méditerranéennes dans le Golfe du Lion. D'autres projettent une campagne au sud de Chypre. Un programme international pourrait permettre de mobiliser le navire de sondage japonais Chikyu, le seul capable de forer des puits de 5 km à 7 km de profondeur sous les 2,5 km d'eau de la Méditerranée. Il est doté d'un "riser", une sorte de manchon qui entoure le train de tiges destiné à perforer les fonds marins, et qui est déjà utilisé par l'industrie pétrolière : les variations de pression sont mieux contrôlées, ce qui permet de creuser des puits profonds, même dans des zones instables.
L'idée serait de forer pour atteindre la croûte océanique. Les carottes obtenues permettraient d'en savoir plus sur la présence éventuelle de pétrole ; et d'avoir des précisions sur l'impact de la crise messinienne sur la faune et la flore, dont on sait peu de chose, si ce n'est qu'il a dû être extrêmement destructif.
Article paru dans l'édition du 14.05.08.
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L'AFP n'est pas un blog, par Christophe Beaudufe
Point de vue
L'AFP n'est pas un blog, par Christophe Beaudufe
LE MONDE | 13.05.08 | 13h51 • Mis à jour le 13.05.08 | 14h41
Fournisseur d'information de plus de 10 000 médias dans le monde, l'Agence France-Presse vient de faire l'objet d'une virulente attaque de la part de l'UMP, qui lui reproche d'avoir "censuré" certains de ses communiqués.
L'affaire pourrait relever du jeu d'influence "normal" entre la presse et le pouvoir, si elle ne survenait pas à un moment crucial de négociations entre l'AFP et l'Etat pour le renouvellement d'un contrat d'objectifs et de moyens, vital pour la survie de l'Agence.
De quoi s'agit-il ? M. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a adressé au soir du 1er mai une lettre au PDG de l'AFP, avec copie à plusieurs médias parisiens, pour "dénoncer" le choix rédactionnel du service politique de ne pas traiter l'un de ses communiqués. Il s'agissait en l'espèce d'un communiqué de l'UMP sur l'affaire ayant opposé Mme Royal à deux anciennes collaboratrices, qui ont gagné en appel un procès pour obtenir de l'ancienne candidate à la présidentielle le versement de salaires non payés.
Cette affaire, largement traitée par l'AFP en son temps, avait donné lieu de nouveau à plusieurs dépêches en avril. Le 11 avril notamment, une dépêche donnait la parole à M. Lefebvre, et détaillait déjà les griefs de l'UMP contre l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle. Le service politique, comme il le fait quotidiennement avec moult communiqués, a donc fait un choix rédactionnel, en décidant de ne pas traiter ce texte qui n'apportait aucune information nouvelle.
C'est faire preuve d'une méconnaissance profonde de notre fonctionnement que de voir là une volonté délibérée de l'AFP de prendre parti pour un camp contre un autre. Depuis, M. Lefebvre a réitéré ses accusations, allant jusqu'à parler de "censure" de la part de l'AFP. Selon des députés UMP, le président Sarkozy a lui-même critiqué l'attitude de l'AFP lors de sa rencontre avec les parlementaires de son parti le 7 mai.
Cette polémique appelle quelques mises au point.
L'AFP, de par son statut voté en 1957 par le Parlement, est une agence de presse indépendante de tout pouvoir politique ou économique. Elle n'a aucun actionnaire et ne vit que de la vente de son service aux médias et aux institutions. La vérité oblige à dire que l'Etat est son plus gros client, et qu'elle ne pourrait vivre sous sa forme actuelle sans le soutien des pouvoirs publics. D'où le caractère crucial des négociations en cours, qui doivent permettre de financer le développement de l'AFP pour les années à venir, notamment en l'aidant à renouveler son informatique pour l'adapter aux exigences du multimédia.
Cependant, depuis 1957, le statut de l'AFP, et une pratique quotidienne courageuse ont permis aux journalistes de l'Agence d'exercer leur métier en toute indépendance. Les pressions politiques n'ont jamais manqué. Et les journalistes de l'Agence ont toujours mis un point d'honneur à y résister. L'Agence est un grossiste en information : nos choix rédactionnels, nos analyses, nos synthèses de l'actualité doivent, par principe, être utilisables en l'état par les journaux de gauche et par ceux de droite, par la presse de province, par les médias nationaux ou par les sites d'information en ligne. Une charte éditoriale précise et détaillée, de plusieurs dizaines de pages, encadre notre travail quotidien. Et bien malin qui, depuis un demi-siècle, pourrait déceler à l'AFP une "ligne politique". L'impartialité est notre métier, notre mission et notre fierté.
L'impartialité. Et non la communication tous azimuts. Les journalistes de l'Agence trient, évaluent et utilisent les informations exactement comme le font les journalistes de tous les autres médias. Une agence de presse n'est pas un blog, sur lequel les acteurs politiques ou économiques viendraient poster des communiqués à leur guise. C'est une rédaction, qui doit à ses lecteurs une information crédible, vérifiée, et replacée dans son contexte.
L'AFP d'ailleurs ne "publie" jamais aucun communiqué, de quelque source qu'il provienne. Les communiqués sont simplement "traités" par les journalistes, qui en tirent la matière première de dépêches brèves ou développées. Un communiqué est traité chaque fois qu'il apporte une information "nouvelle et intéressante". Le communiqué de l'UMP du 1er mai n'était qu'une reprise de commentaires précédents, et n'apportait aucune information nouvelle.
Un mot, encore. Pendant que la rédaction parisienne fait face à ces pressions politiques, la vie de l'Agence continue. En ce début du mois de mai, des collègues risquent leur vie en Birmanie, au Liban, en Irak et dans d'autres pays, pour continuer à livrer au monde entier des textes, des photos, des infographies et des vidéos témoignant de la marche du siècle. Sur les cinq continents, dans les cinq langues de diffusion de l'AFP, des milliers de journaux, de radios, de télévisions et de sites Internet nous font confiance pour les alimenter en information. Leur confiance est fondée sur leur appréciation à long terme de notre travail. Elle est fondée également sur la conviction que l'AFP est un acteur libre du monde de l'information.
En dotant l'AFP, en 1957, d'un statut particulier assurant son indépendance vis-à-vis de l'Etat, le législateur a affiché une volonté politique : donner à la France une agence de presse internationale comme seuls en possédaient à l'époque les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'URSS. Cinq décennies plus tard, l'AFP est l'une des trois premières agences mondiales, la seule francophone.
L'AFP n'est pas "la voix officielle" de la France. Et perdrait beaucoup à le devenir. Mais elle est l'une des voix par lesquelles la France peut encore faire entendre ses valeurs - dont la défense d'une presse libre - au-delà des frontières.
Personne n'aurait intérêt à faire taire cette voix libre et indépendante, en privant l'agence des moyens nécessaires à son développement, ou en la transformant en une officine de "communiqués".
Christophe Beaudufe est président de la Société des journalistes de l'AFP.Article paru dans l'édition du 14.05.08.
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Le séisme en Chine a fait près de 12.000 morts
CHINE
Le séisme en Chine a fait près de 12.000 morts
NOUVELOBS.COM | 13.05.2008 | 12:59
Selon un dernier bilan provisoire, le séisme de lundi a fait 11.921 morts. Dans la seule ville de Mianzhu, 2.000 personnes ont été tuées et 4.800 ensevelies.

Les secours cherchent des survivants dans les décombres d'un hôpital (AP)
Le bilan du violent séisme qui a secoué le centre de la Chine lundi s'est alourdi 11.921 morts, selon un dernier bilan provisoire communiqué, mardi 13 mai, par un responsable gouvernementalDans la seule ville de Mianzhu, dans la province du Sichuan (sud-ouest), 2.000 personnes sont mortes et 4.800 ont été ensevelies.
Au lendemain du séisme, les premiers secours sont arrivés mardi dans la zone de l'épicentre, le district de Wenchuan.
Le bilan pourrait s'alourdir alors qu'au moins 10.000 personnes sont ensevelies et 1.500 sont mortes à Mianzhu, au sud-est de Wenchuan, l'une des zones les plus touchées.
Les images de la télévision
Des images de télévision montraient des immeubles détruits, des routes coupées et des survivants tentant de se libérer eux-mêmes des décombres.
Environ un millier de collégiens ou de professeurs sont également décédés ou portés disparus après l'effondrement de leur collège du district de Beichuan, au nord-est de Wenchuan, où plus de 80% des constructions se sont écroulées, selon des responsables locaux.
"Jusqu'à présent le nombre de morts ou disparus est estimé à plus de 1.000" à l'école, a affirmé Chine Nouvelle.
De nombreux enfants, qui étaient en classe à l'heure de la secousse, font partie des victimes.
A Dujiangyan, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Wenchuan, des responsables du collège Xiang'e ont estimé que moins de 100 des 420 enfants de l'établissement devaient avoir survécu à l'effondrement de l'école.
"J'ai tout perdu. Ma maison et ma mère", a témoigné un habitant de la ville, Wen Xiaoping, figé devant le cadavre de sa mère extraite des débris.
A Shifang, une ville entre Chengdu et Wenchuan, environ 500 personnes sont mortes et 3.000 blessées tandis que 2.000 ont été ensevelies.
Toujours dans le Sichuan, deux usines de produits chimiques se sont effondrées, ensevelissant des centaines d'employés et conduisant à l'évacuation de 6.000 riverains, a indiqué l'agence officielle.
Dans la même province, 37 touristes, dont la nationalité n'a pas été précisée, et qui voyageaient en bus, sont morts dans un glissement de terrain.
Le plus grave depuis 1976
Ce séisme est le plus grave qu'ait connu la Chine depuis celui de Tangshan en 1976, qui avait fait 242.000 morts selon le bilan officiel, a indiqué Xinhua.
"La situation est plus grave que nous l'avions estimé précédemment", a déclaré dans la nuit de lundi à mardi le Premier ministre Wen Jiabao, parlant au quartier général des secours à Dujiangyan, dans le Sichuan, à 100 kilomètres de l'épicentre. Dès lundi, il avait parlé d'un "désastre majeur".
"Nous ne pouvons pas compter seulement sur les équipes médicales de la province du Sichuan, nous avons besoin que des équipes arrivent de l'extérieur", a dit M. Wen, cité par la télévision nationale.
Le président Hu Jintao a martelé que les secours étaient désormais la priorité absolue du gouvernement.
Plus de 50.000 soldats ont été mobilisés pour porter aider aux opérations de secours, a annoncé mardi Chine Nouvelle.
Le séisme a été ressenti à des milliers de kilomètres, comme à Shanghai et à Pékin. Aucune victime ni dégât n'ont été signalés à Pékin. Les installations olympiques n'ont pas été endommagées, a annoncé le Comité d'organisation des Jeux.
La catastrophe n'a pas empêché la flamme olympique de poursuivre son parcours. Le relais a entamé sa 12e étape chinoise mardi à Longyan, une ville du Fujian, dans le sud-est.
De nombreux chefs d'Etat étrangers ont adressé des messages de condoléances et de soutien à la Chine, offrant leur aide, tels le président américain George W. Bush, le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel ou le président russe Dmitri Medvedev.
Le dalaï lama, accusé par la Chine d'avoir fomenté les récentes émeutes au Tibet, a exprimé ses "condoléances aux familles endeuillées par cette grande tragédie", saluant "la réponse rapide des autorités chinoises à déployer des équipes pour secourir les survivants".
Dans un immeuble du Sichuan, au moment du séisme
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Forte mobilisation avant le vote de la loi sur les OGM
mardi 13 mai 2008, mis à jour à 08:34
OGM
Forte mobilisation avant le vote de la loi sur les OGM
LEXPRESS.fr
Alors que le projet de loi sur les OGM devrait être définitivement adopté ce mardi, la gauche et les associations anti-OGM restent mobilisées et manifestent pour le droit de "produire et consommer sans OGM".
e
projet de loi controversé sur les organismes génétiquement modifiés
(OGM) devrait achever ce mardi son parcours parlementaire avec son
adoption définitive par les députés, au terme de trois mois de navettes mouvementés au Sénat et à l'Assemblée nationale.
Sauf surprise, le projet de loi Borloo-Kosciusko-Morizet devrait en effet être définitivement adopté mardi soir, la commission des Affaires économiques de l'Assemblée ayant opté pour un vote conforme de la version transmise par le Sénat.
Un tel vote mettrait fin aux travaux sur ce projet de loi qui vise à clarifier les conditions de mise en culture de plantes transgéniques et de leur coexistence avec les productions conventionnelles, dans le respect d'une directive européenne de 2001 que la France aura longtemps tardé à transcrire en droit national.
Mobilisation de la gauche et des anti-OGM
En
dépit de la volonté de la majorité de conclure le débat, les députés de
gauche entendent poursuivre la bataille. Pour ce baroud d'honneur,
trois motions de procédure ont été déposées par les groupes PS et GDR
(PCF-Verts), qui ont réclamé, en vain, un scrutin solennel afin de
connaître le vote de chacun des députés sur ce texte adopté avec
seulement 21 voix de majorité le 9 avril.
Ce mardi, les quatre députés Verts (Yves Cochet, Noël Mamère, Martine Billard et François de Rugy), le PCF André Chassaigne et les PS Germinal Peiro et Philippe Martin réunissent une conférence de presse commune pour dénoncer les "incohérences de ce texte qui entend organiser la coexistence entre cultures OGM et non OGM, pourtant scientifiquement impossible".
Hors de l'hémicyle, des actions se préparent: mardi, WWF prévoit de déposer 305 pots de miel "à l'attention des 305 députés qui ont voté en faveur du projet ou se sont abstenus", tandis que la Fédération nationale d'agriculture biologique appelle à manifester devant le Palais-Bourbon.
Plusieurs organisations d'agriculteurs et de défense de l'environnement appellent à cette occasion à un "pique nique sans OGM" et à une "chaîne humaine" autour de l'Assemblée nationale afin de "protéger les députés de la contamination génétique. Greenpeace, Attac, les Amis de la Terre, la Confédération paysanne et la Fédération nationale d'agriculture biologique, entre autres, ont appelé à une "mobilisation générale pour la liberté de produire et de consommer sans OGM".
Dans un communiqué, la fédération France nature environnement, la fondation Nicolas Hulot et la Ligue de protection des oiseaux attirent l'attention "sur l'enjeu majeur" de ce vote, dont dépendent "la préservation et l'intégrité de l'environnement, de la santé et des productions sans OGM, mais aussi le libre choix alimentaire".
Issu du Grenelle de l'Environnement, le projet OGM, défendu par le rapporteur Antoine Herth (UMP) comme "un texte cohérent, conforme aux attentes du public et fidèle aux directives communautaires", compte parmi ses dispositions phares des règles en matière de "coexistence" des cultures et l'institution d'un "délit de fauchage".
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SANS-PAPIERS : Un lycéen camerounais menacé d'expulsion
SANS-PAPIERS
Un lycéen camerounais menacé d'expulsion
NOUVELOBS.COM | 12.05.2008 | 17:54
Vivant en France depuis sa petite enfance, il a été placé en détention dans un centre de rétention administrative à Palaiseau.

(Sipa)
Un lycéen camerounais de 18 ans vivant en France depuis sa petite enfance a été placé au centre de rétention administrative (CRA) de Palaiseau (Essonne) le mercredi 7 mai et risque d'être expulsé, a-t-on appris lundi 12 mai de sources concordantes.Joint au téléphone, le jeune homme prénommé Hervé a expliqué qu'il avait été interpellé le lundi précédent sa mise en rétention après avoir été convoqué au commissariat de Vandoeuvre (Meurthe-et-Moselle) par la police en tant que témoin dans une affaire de vol de téléphone portable.
Après 48 heures en garde à vue en raison de sa situation irrégulière, il a été placé le surlendemain en rétention à Palaiseau.
"Je n'ai plus de famille au Cameroun", a-t-il expliqué. "S'ils m'envoient là-bas, je ne sais pas ce que je vais faire. J'ai la chance de faire des études d'architecture ici" à Epinal (Vosges), a expliqué le jeune homme, qui suit un bac professionnel. Du fait de sa rétention, il n'a pas pu passer un de ses examens.
Adopté par l'un des ses cousins de nationalité française, marié et père de famille habitant Vandoeuvre, sa régularisation lui avait été refusée. Il faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire, mais son avocate va déposer un référé afin qu'il ne soit pas expulsé, selon le Réseau éducation sans frontières (RESF).
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Procès Colonna : la Fidh accuse la justice française
JUSTICE
Procès Colonna : la Fidh accuse la justice française
NOUVELOBS.COM | 13.05.2008 | 12:24
La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme accuse la justice française d'avoir commis des "manquements à la présomption d'innocence" dans l'enquête qui a abouti à la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna.

Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac (Reuters)
La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (Fidh) a accusé mardi 13 mai la justice française d'avoir commis des "manquements à la présomption d'innocence" dans l'enquête sur l'assassinat en février 1998 du préfet de Corse, Claude Erignac, puis lors du procès qui a abouti à la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna."L'observation de ce procès aura mis en lumière un ensemble de manquements dans les règles présidant au respect de la présomption d'innocence, des fautes ou des imprécisions dans l'instruction et la fragilité des éléments retenus à charge", écrit dans un rapport la Fidh, dont des observateurs ont assisté à ce procès qui s'est tenu à Paris du 12 novembre au 14 décembre 2007.
Sur le déroulement des audiences, la Fidh reconnaît que le président de la cour d'assises spéciale, Dominique Coujard, "a eu une attitude courtoise tant envers les témoins auditionnés qu'envers Yvan Colonna", l'invitant "à s'exprimer, ponctuellement, pendant toute la durée des débats, sans l'interrompre ou le censurer de quelque manière que ce soit".
"Convaincu de la culpabilité d'Yvan Colonna"
Cependant, affirme la fédération, cette courtoisie "s'est effacée parfois, durant l'audience, pour laisser la place à des commentaires ou à une attitude donnant à penser aux observateurs qu'il était, dès le départ, convaincu de la culpabilité d'Yvan Colonna".
La Fidh ne se satisfait pas non plus du déplacement sur les lieux de l'assassinat accordé par la cour : "la reconstitution demandée n'a donné lieu qu'à un transport sur place des parties au procès, ce qui n'était pas de nature à éclairer sérieusement les circonstances du crime, notamment en ce qui concernait le nombre réel des membres du commando", croit-elle pouvoir affirmer.
Sur la seule foi des témoignages en audience, elle dénonce aussi "les errements des enquêteurs (et) les manquements des juges d'instruction qui ont refusé tout acte à décharge et les contradictions contenues dans le dossier".
Contre la police, elle cite notamment "les 347 personnes en examen, dont 42 ont été incarcérées", sans charges retenues, ou les témoignages des épouses des suspects disant avoir subi des "pressions psychiques insoutenables".
"Uniquement à charge"
Quant aux trois magistrats instructeurs, ils ont mené ce dossier "uniquement à charge", affirme la Fidh, les accusant de n'avoir "jamais entrepris de vérifier si les accusations dont Yvan Colonna faisait l'objet étaient fondées...".
Sans aller jusqu'à critiquer ouvertement le verdict, ce qui est illégal en France, la Fidh relève que "si les témoignages fondant l'accusation ont été fluctuants, flous, voire ambigus pour certains d'entre eux, tel n'était pas le cas de celui des témoins oculaires qui, avec fermeté, même s'agissant d'un ami du préfet Erignac, ont affirmé qu'ils ne reconnaissaient pas Yvan Colonna comme étant le tireur".
Le fait que la condamnation à perpétuité, dont Colonna a fait appel, n'a pas été assortie d'une peine de sûreté exceptionnelle, contrairement à que réclamaient les avocats généraux, "a suscité un sentiment de malaise", assure la Fidh, estimant qu'un tel verdict "donne à penser que les juges eux-mêmes n'ont pas été convaincus qu'Yvan Colonna ait été le tireur (alors que) c'est bien en cette qualité qu'il avait été mis en cause par les membres du commando".
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