07 mai 2008
Les pesticides omniprésents dans l'alimentation, en France

D.R.
Selon la DGCCRF, les dépassements concernent surtout les fraises, les mandarines et les poires.Compte rendu
Les pesticides omniprésents dans l'alimentation, en France
LE MONDE | 07.05.08 | 16h57 • Mis à jour le 07.05.08 | 17h12
L'importance de l'exposition aux
pesticides, notamment par voie alimentaire, est mise en évidence par
deux études. La première, réalisée par la direction générale de la
concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
(DGCCRF) et publiée fin avril, montre que 6 % des fruits et légumes
testés présentaient des teneurs en pesticides dépassant la limite
maximale de résidus (LMR). La seconde, présentée mercredi 7 mai par
l'Institut national de l'environnement industriel et des risques
(Ineris), conclut que "les enfants franciliens sont exposés à des
pesticides variés, dont certains interdits depuis plusieurs années,
alors que leurs parents ne sont pas professionnellement exposés".
Sur les 3 500 échantillons de fruits et légumes prélevés en 2006 par la DGCCRF, 55,6 % ne contenaient pas de résidus de pesticides. Des teneurs inférieures à la LMR ont été détectées dans 38,4 % de ces échantillons.
Mais, pour les légumes, 6,3 % des échantillons sont non conformes, car excédant la LMR. "Les dépassements concernent essentiellement les poivrons et piments, les lentilles et les aubergines", précise la DGCCRF, qui indique que "les salades, les pommes de terre, les endives, les carottes et les tomates ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne".
Les pesticides sont plus fortement présents dans les fruits : 58,6 % des échantillons comportaient des résidus à des teneurs inférieures au maximum autorisé et 5,5 % étaient non conformes. "Les dépassements concernent essentiellement les fraises, les mandarines, les poires. Les oranges, les avocats et les pommes ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne", note la DGCCRF.
Le pourcentage de non-conformité a très légèrement diminué par rapport à l'année précédente, passant de 6,7 % à 6 %, mais les données de l'année 2004 indiquaient un taux de 3,9 %. Pour François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), ces chiffres "montrent l'urgence de mettre en application la mesure de réduction de l'usage des pesticides prise dans le cadre du Grenelle".
L'étude de l'Ineris, réalisée avec l'université Paris-V, a évalué l'exposition aux pesticides de 130 enfants répartis dans l'Ile-de-France, 73 vivant en pavillon et 57 en appartement. Un total de 31 composés (insecticides, herbicides et fongicides) a été pris en compte et les prélèvements ont été effectués dans l'air, sur les poussières au sol et sur les mains des enfants. Les produits du métabolisme des insecticides ont été recherchés dans les urines.
Au moins un produit de type pesticide se trouvait dans 94 % des logements : insecticide dans 93 % des cas, fongicide pour les plantes dans 30 % des cas et herbicide dans 32 %. Le lindane, un insecticide désormais interdit en France, était le pesticide le plus fréquemment retrouvé dans l'air (88 % des logements).
Le fait le plus marquant porte sur les pesticides organophosphorés : 70 % des enfants excrétaient au moins l'un des six métabolites urinaires des organophosphorés, alors que ceux-ci étaient détectés moins fréquemment dans l'environnement intérieur.
"Cela peut signifier qu'il existe une autre source d'exposition que celles que nous avons recherchées. Cela pourrait être la voie alimentaire, indique Olivier Blanchard, responsable de l'étude. Des prélèvements alimentaires seraient donc indispensables pour passer au stade des certitudes sur la voie alimentaire d'exposition aux pesticides."
Article paru dans l'édition du 08.05.08.Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
PARTI SOCIALISTE : Delanoë rassemble 90 signataires autour d'un texte
PARTI SOCIALISTE
Delanoë rassemble 90 signataires autour d'un texte
NOUVELOBS.COM | 07.05.2008 | 11:34
Le texte intitulé "Clarté, courage, créativité: pour un grand Congrès socialiste" a notamment été signé par Lionel Jospin, les maires PS de Toulouse, Strasbourg, Grenoble, Rennes, Le Mans, Nevers, et Elizabeth Guigou.

(c) Reuters
Le maire de Paris Bertrand Delanoë a pris mardi 6 mai une première initiative en rassemblant des socialistes de parcours divers autour d'un texte "de fond", à débattre lors d'une réunion à la fin du mois, alors que le congrès doit se tenir du 7 au 9 novembre.Sous le titre "clarté, courage, créativité: pour un grand Congrès socialiste", le texte de 11 pages prône "un congrès d'idées". "N'ayons pas peur de nos différences. Tranchons-les par le débat et par le respect du choix des socialistes. Nous y gagnerons tous en lisibilité et en unité".
Le premier signataire du document, publié le jour anniversaire de la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle, est Bertrand Delanoë.
Parcours divers des signataires
Suivent quelque 90 signataires, dont l'ancien Premier ministre Lionel Jospin dont Bertrand Delanoë est proche, les maires PS de Toulouse, Strasbourg, Grenoble, Rennes, Le Mans, Nevers, l'ancienne ministre Elizabeth Guigou et nombre d'élus parisiens ainsi que des militants de base.
Les signataires ont eu des "parcours" variés et soutenu dans le passé pour certains Lionel Jospin, d'autres Ségolène Royal, Dominique Strauss Kahn ou Laurent Fabius.
Ségolène Royal, qui a déjà annoncé sa candidature pour 2012, a de son côté jugé "prématuré d'entrer dans une bataille de Congrès".
Bertrand Delanoë, qui, selon de récents sondages, caracole toujours en tête des personnalités dont les Français souhaitent voir croître l'influence, et va publier le 22 mai un livre d'entretien avec le directeur de Libération Laurent Joffrin, n'a pas révélé ses ambitions.
Texte opposé à un Premier secrétaire d'attente
Mais Elizabeth Guigou a pris les devants et lancé mardi un appel pour qu'il prenne la tête du parti: "Je souhaite que les conditions soient réunies, elles ne le sont pas encore tout à fait, pour que Bertrand Delanoë soit le leader" du PS. "J'y travaille activement avec d'autres".
La question du leadership du parti, que quittera en novembre François Hollande, est au coeur du document: "Choisir est l'enjeu du prochain congrès".
Le texte se prononce contre "un premier secrétaire de transition et d'attente jusque en 2011", "ce serait la stagnation assurée". "Nous ne gagnerons pas 2012, quelles que soient les qualités du candidat, si les années 2008 - 2011 sont gelées", prévient-il.
Une position qui va à l'encontre des voeux des fabiusiens et des strauss-kahniens et s'oppose aux multiples candidatures de quadras ou quinquas qui ne convoitent pas 2012 (Julien Dray, Pierre Moscovici). Ségolène Royal, elle, n'a pas annoncé ses intentions pour la direction du parti.
Le texte dresse le portrait du "véritable leader" dont le PS a besoin, qui "ait l'expérience et le sens du travail collectif", "s'implique dans ses débats", "ait une capacité à organiser la réflexion, à choisir et à arbitrer les idées et les équipes", autant de traits qui pourraient correspondre au maire de Paris, aux yeux de ses partisans.
Le document rejette -comme Bertrand Delanoë l'a fait aux municipales- une alliance avec les centristes de François Bayrou, une des options chères à Ségolène Royal.
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Lors d'un déjeuner à l'Elysée, la presse et Chirac "en ont pris plein la gueule"
PRESIDENCE
Lors d'un déjeuner à l'Elysée, la presse et Chirac "en ont pris plein la gueule"
NOUVELOBS.COM | 07.05.2008 | 17:09
"Jacques Chirac et la presse en ont pris plein la gueule", a affirmé le député UMP Jean-Pierre Grand, proche de Villepin, à l'issue d'une rencontre de députés de la majorité avec Nicolas Sarkozy. "Je regrette que le président de la République ait été aussi dur avec son prédécesseur", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy accueilli par Jacques Chirac en bas du perron de l'Elysée, le 16 mai 2007
"Lors de ce déjeuner" à l'Elysée, un an jour pour jour après la victoire de Nicolas Sarkozy, "Jacques Chirac et la presse en ont pris plein la gueule", a dit à la presse le député de l'Hérault.
"C'est très injuste"
"Je regrette que le président de la République ait été aussi dur avec son prédécesseur Jacques Chirac, c'est très injuste", a insisté Jean-Pierre Grand dans les couloirs du Palais-Bourbon.
"Au-delà de cela, ce n'était pas indispensable de parler de Clearstream, tout cela, on s'en serait bien passé", s'est-il indigné.
"Sur le fond, concernant la réponse apportée par Nicolas Sarkozy sur la réforme des institutions, elle n'est pas de nature à me faire changer d'avis sur mon vote au Congrès (en juillet en principe). Si le texte va jusqu'au congrès, je voterai contre", a-t-il ajouté.
Le député s'est dit "de plus très inquiet quand le président de la République dit que cette nouvelle Constitution va permettre de mettre en place une démocratie civilisée". "C'est quelque chose qui me gêne car j'ai le sentiment de vivre depuis 1958 -et même depuis 1950 où je suis né- dans un pays où nous avons une démocratie civilisée", a-t-il précisé.
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La première année de réformes des prédécesseurs de Sarkozy
La première année de réformes des prédécesseurs de Sarkozy
Par André Larané | Herodote.net | 05/05/2008 | 22H30
Nicolas Sarkozy a dit de sa première année au pouvoir: "Il n'y a pas eu
une telle action réformatrice depuis de Gaulle". Pour en juger, la
liste des principales mesures de ses cinq prédécesseurs, dans la
première année de leur mandat.
Charles de Gaulle (élu le 21 décembre 1958)
L'homme du "18 Juin" revient au pouvoir à la faveur d'un coup de force le 13 mai 1958. Le 28 septembre 1958, un référendum amène les Français à choisir une nouvelle Constitution (dans le même temps, les indigènes des colonies votent sur leur destin). Le général de Gaulle est élu président de la République par un collège électoral le 21 décembre 1958 et prend officiellement ses fonctions le 8 janvier 1959. Il nomme Michel Debré Premier ministre.
Dès le 5 octobre 1958, le général a obtenu de l'Assemblée nationale de pouvoir gouverner pendant quatre mois par ordonnances, c'est-à-dire sans passer par la discussion et le vote des textes devant les députés. Il profite de cette facilité pour débloquer à marches forcées l'économie du pays, grippée par la crise politique et la guerre en Algérie. Pas moins de 70 textes sont à cet effet promulgués. Un premier train de mesures permet de combler les vides de la réforme constitutionnelle (mode de scrutin…); un deuxième se rapporte aux réformes de structure (hôpitaux, défense…); un troisième enfin concerne l'économie.
Le plan Pinay-Rueff (30 septembre 1958)
Le 30 septembre 1958, le prestigieux économiste Jacques Rueff réunit un comité de huit personnalités (président de Péchiney, de la Société générale…), sous le patronage du ministre des Finances Antoine Pinay, pour remettre l'économie sur pied. Leur rapport final ne compte que 25 pages et s'en tient à quelques mesures essentielles. Le président de Gaulle les fait adopter dans leur intégralité par ses ministres le 23 décembre 1958.
Le "plan Pinay-Rueff" prescrit une sévère cure d'amaigrissement de l'administration, allant jusqu'à supprimer la retraite des anciens combattants (cette mesure, symboliquement odieuse, sera plus tard rapportée). Le plan supprime les indexations (notamment sur le blé) et libère résolument les échanges extérieurs. Enfin, le 28 décembre 1958, il dévalue le franc de 17% et, mesure la plus spectaculaire, crée un "nouveau franc" égal à cent anciens francs. Les résultats bénéfiques se font sentir dès 1962 (croissance accrue, balance commerciale excédentaire…).
L'école obligatoire jusqu'à 16 ans (6 janvier 1959)
Le 6 janvier 1959, une ordonnance prolonge la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans. Elle est toujours en vigueur.
Autodétermination des Algériens (16 septembre 1959)
Le 16 septembre 1959, dans une déclaration télévisée, le général de Gaulle évoque pour la première fois le «droit des Algériens à l'autodétermination». C'est un pas décisif vers la résolution du drame algérien. Porté au pouvoir par la coalition de ses fidèles et des partisans de l'Algérie française, le Général prend ceux-ci à contrepied…
Encadrement de l'enseignement privé (31 décembre 1959)
Le 31 décembre 1959 est promulguée la loi Debré sur l'enseignement privé. On lui doit la distinction actuelle entre établissements hors-contrat, établissements sous contrat simple (l'État rémunère les maîtres), établissements sous contrat d'association (l'État participe aussi aux dépenses de fonctionnement et les familles ont en charge les liens avec le culte), établissements privés intégrés à l'enseignement public (écoles d'entreprise).
Georges Pompidou (élu le 15 juin 1969)
Georges Pompidou fait ses classes comme Premier ministre du général de Gaulle de 1962 à 1968. Il surmonte avec brio et sang-froid la bourrasque de mai 1968. Quelque peu jaloux de ce succès, le président de Gaulle lui demande sa démission le 10 juillet 1968.
Georges Pompidou est élu sans trop de mal à la succession du général. Fils d'instituteur, normalien d'une immense culture, c'est à ce jour le seul président de la Ve République issu d'un milieu populaire.
Le nouveau président se fait le chantre de la modernisation industrielle de la France avec de premiers investissements dans le programme ferroviaire à grande vitesse (TGV), la modernisation du téléphone et la construction d'autoroutes. Il suscite aussi le complexe qui porte son nom, le Centre Pompidou (inauguré en 1977). C'est le premier d'une longue série de grands travaux de prestige qui se terminera sous le mandat de Jacques Chirac avec le musée du quai Branly.
Mais de cette présidence, très dynamique et portée par la prospérité économique, il ne reste aucune mesure mémorable. Pompidou meurt de maladie le 2 avril 1974, à 62 ans. Quelques mois plus tôt, avec la guerre du Kippour (octobre 1973), le monde et la France sont entrés dans une longue crise endémique.
Valéry Giscard d'Estaing (élu le 19 mai 1974)
Le 19 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing est élu de justesse à la présidence de la République face à François Mitterrand. VGE (48 ans) se donne un Premier ministre de 42 ans… Jacques Chirac.
Le gouvernement innove avec un ministère de la Condition féminine… et même un ministère des Réformes dont le titulaire, Jean-Jacques Servan-Schreiber, sera congédié au bout de quelques jours pour avoir manifesté contre les essais nucléaires!
Arrêt de l'immigration (3 juillet 1974)
Le 3 juillet 1974, désireux de lutter contre la montée du chômage, le gouvernement croit utile de suspendre l'entrée de travailleurs étrangers; cette politique de «préférence nationale» dans l'emploi sera plus tard complétée par un encouragement à l'immigration familiale.
Majorité à 18 ans (5 juillet 1974)
Le 5 juillet 1974, la majorité civique, qui était fixée à 21 ans depuis 1848, est abaissée à 18 ans (en ouvrant le droit de vote à 2,5 millions de jeunes majoritairement portés à gauche, le président signe sa défaite sept ans plus tard).
Fin du monopole audiovisuel (7 août 1974)
Le 7 août 1974 est voté le démantèlement de l'ORTF (monopole public de la radio et de la télévision), qui donne naissance à sept chaînes concurrentes; c'est un premier pas vers l'indépendance des médias audiovisuels.
Indemnisation des chômeurs à 90% (14 octobre 1974)
À partir du 14 octobre 1974, les chômeurs licenciés économiques sont indemnisés sur la base de 90% de leur dernier salaire pendant un an (cette mesure trop généreuse va s'avérer inadaptée à la crise économique mondiale qui vient d'éclater et sera rapidement abrogée).
Saisine du Conseil constitutionnel (21 octobre 1974)
Le 21 octobre 1974 est ouverte la possibilité pour 60 députés ou 60 sénateurs de saisir le Conseil constitutionnel (cette révision de la Constitution va se révéler à l'usage d'une grande importance).
Gratuité de la contraception (26 octobre 1974)
Le 26 octobre 1974, la loi Neuwirth de 1967, qui autorisait la contraception féminine (la pilule), est complétée par une nouvelle loi qui prévoit le remboursement de la contraception par la Sécurité sociale.
Légalisation de l'avortement (28 novembre 1974)
Le 28 novembre 1974, est votée la loi Veil, au terme d'un débat parlementaire houleux et avec le concours des députés de gauche. Cette loi est promulguée le 17 janvier 1975. Elle légalise l'avortement pendant une période d'observation de cinq ans.
À noter aussi les mois et les années suivantes: l'introduction du divorce par consentement mutuel, l'instauration du collège unique dans le but de favoriser un égal accès de tous les enfants à l'enseignement, la généralisation de la mixité dans les écoles, l'abolition de la censure, l'extension de la Sécurité sociale aux non-salariés (une mesure capitale pour les commerçants et les artisans), l'élection du maire de Paris au suffrage universel…
François Mitterrand (élu le 10 mai 1981)
Vieux routier de la politique, François Mitterrand (64 ans) devient le premier président socialiste de la Ve République. Sa présidence s'ouvre dans la liesse, sur une fête semi-improvisée à la Bastille le soir du 10 mai et une cérémonie au Panthéon où le président rend hommage à trois figures nationales: Victor Schoelcher, Jean Jaurès et Jean Moulin.
Porté par un "état de grâce", selon ses propres termes, François Mitterrand engage les réformes à la volée, sur la base de ses "110 propositions" de campagne. Son gouvernement, dirigé par Pierre Mauroy, rompt avec la politique de rigueur antérieure et renoue avec la politique volontariste de Jacques Chirac (1974-1976).
Relevons parmi les mesures "anecdotiques":
- augmentation de 20 ou 25% des allocations handicapés, familiales (+25%) et logement (1er juillet 1981),
- suppression de la Cour de sûreté de l'État (4 août 1981),
- autorisation des radios locales sans publicité (2 octobre 1981),
- blocage des prix pendant six mois (8 octobre 1981),
- abrogation de la loi «anticasseurs» (15 décembre 1981),
- Abolition de la peine de mort (9 octobre 1981).
Le 9 octobre 1981 est abolie la peine de mort, à l'initiative du garde des Sceaux Robert Badinter. Cette décision met la France au diapason de l'Europe.
Le 26 novembre 1981, Jacques Delors, ministre des Finances, alarmé par le dérapage de l'économie, demande une pause dans les réformes mais celles-ci ne s'en poursuivent pas moins l'année suivante:
Impôt sur les grandes fortunes (30 décembre 1981)
Le 30 décembre 1981 est créé l'impôt sur les grandes fortunes, plus tard rebaptisé Impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
39 heures et 5e semaine de congés payés (14 janvier 1982)
Le 14 janvier 1982, sont publiées deux ordonnances sur la limitation à 39 heures (payées 40) de la semaine de travail et l'introduction d'une cinquième semaine de congés payés.
Nationalisations des grandes entreprises (13 février 1982)
Le 13 février 1982, la loi sur les nationalisations fait passer dans le giron de l'État un grand nombre de grandes entreprises; la plupart des entreprises concernées, exsangues, profiteront de la nationalisation pour se remettre à flot avant d'être plus tard privatisées.
Décentralisation administrative (3 mars 1982)
Le 3 mars 1982, la loi sur la décentralisation promulguée par Gaston Deferre, ministre de l'Intérieur, donne davantage d'autonomie aux communes, aux départements et surtout aux régions, en rendant aux présidents des conseils généraux et régionaux le pouvoir exécutif jusque-là exercé par les préfets de département et de région.
Retraite à 60 ans (25 mars 1982)
Le 25 mars 1982, une ordonnance abaisse de 65 à 60 ans l'âge légal de départ à la retraite.
En matière internationale, après un discours tiers-mondiste au sommet de Cancun, au Mexique, François Mitterrand s'engage résolument aux côtés des Américains dans le conflit qui les oppose à l'URSS.
Affaiblie par une augmentation brutale des dépenses publiques de 25%, l'économie montre très vite des signes de faiblesse. Le 11 juin 1982 survient un premier plan de rigueur. L'état de grâce appartient au passé… Les socialistes sont défaits aux élections municipales de mars 1983.
Jacques Chirac (élu le 7 mai 1995)
Énarque d'origine corrézienne, brillant, dynamique et séduisant, Jacques Chirac s'est fait connaître comme ministre de l'agriculture sous la présidence de Georges Pompidou et a révélé à ce poste un talent exceptionnel pour séduire sa clientèle d'agriculteurs par de fortes paroles et des cadeaux électoraux. Il ne se départira plus jamais de ce talent.
Il accède à la présidence de la République à sa troisième tentative (comme son prédécesseur, François Mitterrand). Il nomme son fidèle Alain Juppé à la tête du gouvernement et exclut de celui-ci tous les partisans d'Édouard Balladur, son ex-ami devenu son rival.
Engagement en Bosnie (3 juin 1995)
Dès le début de son mandat, Jacques Chirac prend fait et cause pour les Bosniaques en butte à une agression brutale de l'armée serbe. Il rompt, ce faisant, avec la mansuétude de son prédécesseur à l'égard du président serbe Milosevic. Le 3 juin 1995, le président français propose la création d'une Force de réaction rapide. Celle-ci est créée par l'ONU le 15 juin 1998 et intervient dès juillet en Bosnie contre les Serbes. Cet engagement des Occidentaux à l'initiative du président français marque un tournant dans la guerre de Bosnie.
Reprise des essais nucléaires (13 juin 1995)
Le 13 juin 1995, le président marque son territoire en ordonnant la reprise des essais nucléaires, suspendus depuis avril 1992. Ils reprendront effectivement du 5 septembre 1995 au 27 janvier 1996, au prix d'un tollé en Océanie et chez les écologistes.
L'Etat français face au génocide (16 juillet 1995)
Le 16 juillet 1995, à l'occasion du 53e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv, le président Jacques Chirac déclare: "La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux."
Fin du service militaire obligatoire (22 février 1996)
Jacques Chirac prend l'opinion de court en décidant le 22 février 1996 de supprimer le service militaire obligatoire, une institution vieille de deux siècles, et de professionnaliser les armées.
Le tournant de la présidence survient le 26 octobre 1995. Ce jour-là, Jacques Chirac renie brutalement son discours de campagne électorale sur la «fracture sociale» et annonce une politique de rigueur. Sa justification: tenir les engagements français en matière monétaire en vue de la création de l'euro. Le Premier ministre Alain Juppé tente dans le même temps d'engager une réforme radicale du système de retraites. Il est applaudi par les parlementaires mais doit finalement renoncer devant la fronde des cheminots.
Conclusion: une capacité réformatrice qui s'épuise vite
L'expérience montre que la capacité réformatrice des présidents de la Ve République s'épuise très vite après la première année. Les années suivantes sont, au mieux, dans la prolongation de la première (de Gaulle), au pire se réduisent à un blocage ou à un retour en arrière (Giscard en 1978, Mitterrand en 1983 et 1993, Chirac en 1997 et 2003).
Le système présidentiel à la française ne permet pas de renvoyer le chef de l'exécutif (le président de la République) devant les électeurs avant la fin de son mandat. C'est sa faiblesse par rapport au système parlementaire britannique qui peut démettre le chef de l'exécutif (en l'occurrence le Premier ministre) dès lors qu'il est usé ou n'apparaît plus compétent ou en phase avec les besoin du moment.
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IMMIGRATION : Sans-papiers : Amara est en accord avec Hortefeux
IMMIGRATION
Sans-papiers : Amara est en accord avec Hortefeux
NOUVELOBS.COM | 07.05.2008 | 07:34
La secrétaire d'Etat à la Ville dit vouloir "la régularisation des travailleurs qui sont là depuis longtemps et au cas par cas". 14 salariés ont obtenu des papiers dans les Hauts-de-Seine.

Fadela Amara (Sipa)
Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la Ville, a déclaré mardi 6 mai qu'elle était en faveur d'une "régularisation au cas par cas des salariés sans-papiers" installés "depuis longtemps" affirmant s'inscrire "exactement" dans la ligne de Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale.Interrogée par la presse en marge d'un déplacement effectué auprès d'une association d'Aulnay-sous-Bois s'occupant du placement de jeunes en difficultés d'insertion, Fadela Amara a déclaré: "Il faut faire exactement ce que fait Brice Hortefeux régulariser au cas par cas" car "cela correspond réellement à un besoin".
"Depuis toujours, je suis pour la régularisation des travailleurs qui sont là depuis longtemps et au cas par cas", a-t-elle ajouté en refusant une logique de régularisation massive. "Longtemps, c'est à dire 5 ans", a-t-elle précisé alors que de nouvelles régularisations sont intervenues dans les Hauts-de-Seine.
14 nouvelles régularisations
La préfecture a délivré mardi après-midi quatorze nouveaux récépissés de demandes de cartes de séjour à des salariés sans-papiers, qui étaient pourtant repartis sans ce document la veille ou le matin même, a-t-on appris de sources concordantes.
Ces 14 régularisations portent à 17 le nombre de salariés régularisés dans les Hauts-de-Seine depuis le début du mouvement.
Lundi, douze salariés sans-papiers, dont sept du Café de la Jatte à Neuilly-sur-Seine et cinq d'US Passion Traiteur à Colombes, avaient été reçus par la préfecture et s'étaient vu seulement accorder une nouvelle autorisation de circuler et de travailler sur le territoire national jusqu'au 13 mai.
Finalement, neuf d'entre eux ont reçu mardi après-midi un récépissé, document préalable à la confection d'un titre de séjour, a-t-on appris de la CGT et de la préfecture des Hauts-de-Seine. Les trois restants devraient être convoqués dans les jours à venir.
Cinq autres salariés d'US Passion Traiteur, repartis mardi matin avec une nouvelle autorisation de circuler et de travailler, ont été rappelés pour se voir délivrer un récépissé dans l'après-midi.
"Ils étaient en train de rentrer en bus quand leur patron, qui avait été appelé par la préfecture, leur a dit d'y retourner. Tout cela est assez étrange", a commenté Véronique Valentin, membre de l'union départementale CGT des Hauts-de-Seine.
Embarras du gouvernement
"Ces régularisations interviennent alors que la préfecture, entre hier (lundi) et ce matin, n'avait délivré qu'une autorisation provisoire de séjour aux 14. Cette volte-face soudaine retranscrit le gros embarras du gouvernement autour de ce mouvement, partagé qu'il est entre les gages à donner à une frange de son électorat et sa grande inquiétude de voir s'amplifier les grèves, s'il ne fait pas état de sa volonté de régulariser largement", estime dans un communiqué l'association Droits devant!!.
"Ces premières régularisations, aussi positives soient-elles, doivent être l'avant-garde de celles des travailleur(e)s sans-papiers en grève et, plus largement, de la régularisation globale de tou(te)s les travailleur(e)s sans-papiers", selon l'association, qui soutient avec la CGT le mouvement depuis trois semaines.
Lundi, la préfecture avait expliqué qu'un "petit bug informatique" avait empêché de traiter les dossiers et que les salariés seraient à nouveau reçus les 13 et 14 mai.
Au total, la CGT et Droits devant ont "parrainé" un peu moins de 1.000 demandes de régularisations déposées dans cinq préfectures d'Ile-de-France (Paris, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) depuis le 15 avril, avec le soutien de certains patrons des entreprises concernées.
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L'offre "raisonnable" d'emploi provoque la colère des syndicats
L'offre "raisonnable" d'emploi provoque la colère des syndicats
LEMONDE.FR avec AFP | 06.05.08 | 20h09 • Mis à jour le 06.05.08 | 20h57
Le gouvernement a donné, mardi 6 mai, le coup d'envoi de la renégociation de
l'assurance chômage, en recevant à Bercy le patronat et les syndicats pour leur exposer son scénario sur l'offre "raisonnable" d'emploi. A l'issue de la réunion, le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez, a déclaré que le gouvernement allait déposer "un projet de loi d'ici à la fin de la session parlementaire" sur l'indemnisation des chômeurs et la limitation des offres d'emploi qui leur sont faites.
Cette nouvelle législation coercitive, l'offre "raisonnable" d'emploi, prévoit des sanctions progressives, sur un an, pour les chômeurs qui ne donneraient pas suite, à deux reprises, à des offres d'emploi de l'ANPE. Le système deviendrait progressivement plus sévère par palier (3, 6 et 12 mois). Laurent Wauquiez a fait valoir que les syndicats, saisis de cette question dès 2003, n'étaient pas parvenus à s'entendre sur cette question. "C'est donc au gouvernement de prendre ses responsabilités", a-t-il ajouté.
"STOP AU MATRAQUAGE DES PRIVÉS D'EMPLOI"Les syndicats, eux, ne l'entendent pas de cette oreille. En arrivant à la réunion, ils ont tous demandé à la ministre de l'économie, Christine Lagarde, de faire marche arrière et de "laisser négocier" les partenaires sociaux. "Stop au matraquage des privés d'emploi", a lancé le comité CGT-Chômeurs. "Rigide, inadapté, injuste", c'est en ces termes qu'Annie Thomas, vice-présidente CFDT de l'Unedic, a qualifié le projet du gouvernement, accusant celui-ci de "polluer le débat avec cette question pour faire plaisir à l'électorat de droite". "Ce n'est pas une proposition librement débattue", a-t-elle ajouté sur BFM mardi 6 mai, "c'est une proposition très idéologique qui ne tient absolument pas compte de la réalité du monde du travail, ni des personnes".
Solidaires (SUD), qui comme l'UNSA n'était pas convié à la réunion, a dénoncé une "nouvelle offensive anti-sociale du gouvernement". De son côté, Force ouvrière (FO) a dénoncé "la tactique du boa constrictor qui consiste, pour le gouvernement, à nous embrasser pour mieux nous étouffer, ça commence à bien faire !". Maurad Rabhi, de la CGT, a rappelé le précédent des réformes du marché du travail en Allemagne, où les chômeurs se sont vu contraints d'accepter des emplois précaires. "Le gouvernement veut accroître les travailleurs pauvres pour diminuer le chômage et ce n'est pas acceptable", a-t-il dit.
Pour la CFE-CGC (cadres), "le gouvernement met la charrue avant les bœufs en réfléchissant à la manière d'imposer des emplois aux gens, sans réfléchir à la manière de les accompagner". "Il y a 3,5 millions de demandeurs d'emploi potentiellement indemnisables et il faut donner au service public le moyen de leur accompagnement", a renchéri Gaby Bonnand, de la CFDT, avant l'ouverture de la table ronde. "Les fraudes, c'est marginal, or c'est là-dessus que le gouvernement voudrait qu'on concentre toute notre énergie".
Quant au patronat, il reste sur ses positions. "Nous aurions tous envie de mieux indemniser ! Mais avec quel argent ? Qui paie ? Il faut rester raisonnable. Plus on indemnisera, moins il y aura de salariés pour prendre les emplois vacants", a déclaré Jean-François Roubaud (CGPME) au Figaro.
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François Fillon veut "sortir du carcan des 35 heures"
L'objectif de "la libération du travail" engagée par le gouvernement "est de sortir définitivement du carcan des 35 heures". C'est ce qu'a déclaré François Fillon, mardi 6 mai, à l'Assemblée nationale. Le chef du gouvernement a estimé que la défiscalisation des heures supplémentaires "est le signe d'un changement profond dans notre pays". "Car qui aujourd'hui parle encore de RTT, de diminution du temps de travail, de partage du temps de travail comme une solution de l'économie française ?", a-t-il insisté. – (avec AFP)