04 mai 2008
Sombres perspectives
Chronique des capitaux
Sombres perspectives
LE MONDE | 03.05.08 | 14h11 • Mis à jour le 03.05.08 | 14h11
La situation s'est dégradée, et les perspectives sont mauvaises : telle est la conclusion de l'agence de notation Moody's au terme de son étude trimestrielle sur la qualité de crédit en Europe occidentale.
Le constat d'abord. Le rythme global de cette détérioration s'est accéléré au 1er trimestre 2008 par rapport au 4e trimestre 2007. Si l'agence a révisé la notation de 52 émetteurs, ce fut dans 17 cas seulement pour revoir à la hausse son jugement, et donc dans 35 cas pour faire part de son abaissement. Le début de l'année 2008 est donc mauvais, la suite devrait l'être plus encore.
Outre les notations, les agences spécialisées se prononcent en effet aussi sur les perspectives de ces notations. Vont-elles être relevées ou abaissées ? Sur 43 modifications de perspective, toujours en Europe occidentale, 11 sont positives, 32 négatives. Désormais, 371,4 milliards de dollars (241 milliards d'euros) de dette sont susceptibles de voir leur notation dégradée, soit une hausse de plus de 25 % par rapport à la fin 2007. Le "stock" d'améliorations possibles est, lui, limité à 89,1 milliards de dollars de dette.
Si l'on regarde par secteur d'activité, sans surprise, les sociétés financières apparaissent dans une situation particulièrement fragile. Au cours du 1er trimestre, le nombre d'abaissements (17) a atteint son niveau le plus élevé depuis le 2e trimestre de 2003.
Les banques, qui sont toujours surprises lorsqu'elles se rendent compte qu'elles ne peuvent emprunter sur les marchés à plus de trois ans, devraient peut-être se remémorer les critères d'investissement, et particulièrement l'importance de la notation décernée par les agences. Les entreprises non financières de qualité, elles, ne l'oublient pas et parviennent à émettre des obligations à sept ans - ce fut le cas de Danone le 23 avril.
Ces émetteurs non financiers n'ont pourtant pas de quoi se réjouir. Moody's souligne en effet que les chiffres de dette montrent nettement que le pire est à venir. Reste à espérer un effet positif sur la croissance américaine, et donc européenne, de la nouvelle baisse de ses taux par la Réserve fédérale, à la veille du 1er mai.
Article paru dans l'édition du 04.05.08.
Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/