01 mai 2008
Josef Fritzl aurait menacé de gazer ses victimes
ENQUETE
Josef Fritzl aurait menacé de gazer ses victimes
NOUVELOBS.COM | 01.05.2008 | 15:00
La police vérifie si le père autrichien soupçonné d'avoir séquestré et violé sa fille pendant 24 ans avait mis en place une installation "au cas où il lui arriverait quelque chose", comme il l'a déclaré.

Josef Fritzl, sur un cliché pris par la police autrichienne (AP)
Le père autrichien qui est soupçonné d'avoir séquestré et violé sa fille pendant 24 ans dans sa cave sans fenêtre, où sont nés sept enfants de l'inceste, avait menacé ses victimes de les empoisonner au gaz s'il devait lui arriver quelque chose, a révélé la police jeudi à l'AFP.Six experts de la police effectuent jeudi des "vérifications" dans l'abri anti-atomique souterrain de 60m2, pour savoir si un tel mécanisme existait réellement, a indiqué le porte-parole de la police criminelle fédérale Helmut Greiner à l'AFP.
"On vérifie si du gaz aurait effectivement pu être introduit (dans la cave) au cas où il lui arriverait quelque chose", a-t-il précisé.
Josef Fritzl a fait état de ces menaces lors de ses premiers interrogatoires, a-t-il précisé.
"Il faut vérifier s'il s'agit uniquement de menaces pour faire peur à ses captifs, à savoir la femme (sa fille) et ses enfants", a ajouté Helmut Greiner.
Des "nuits entières" dans la cave
Par ailleurs, des informations sur les habitudes du père incestueux autrichien, ont été révélées. Josef Fritzl passait souvent "la nuit entière" dans la cave de sa maison de Amstetten où il a séquestré durant 24 ans l'une de ses filles, selon une interview de sa belle-soeur, Christine R., parue dans le quotidien Österreich jeudi.
"Il descendait tous les matins à sept heures dans la cave, soi-disant pour y concevoir des plans de machines qu'il vendait à des entreprises. Souvent, il y passait aussi la nuit entière", a déclaré Christine R., 56 ans, une soeur cadette de l'épouse de Fritzl, Rosemarie.
"'Rosi' n'avait même pas le droit de lui apporter un café", a-t-elle ajouté.
Christine R. a confirmé la condamnation, aujourd'hui rayée du casier judiciaire, de Josef Fritzl à de la prison ferme pour viol à la fin des années 1960.
"J'avais 16 ans quand il a été incarcéré pour viol et je trouvais ce délit répugnant, d'autant qu'il avait déjà quatre enfants avec ma soeur", a-t-elle témoigné.
Silence du suspect
La police estime que Rosemarie, une femme décrite par sa soeur comme "dominée et constamment rabaissée en public" par un mari despotique, ignorait les agissements de Josef Fritzl dans la cave.
Ce point continuait cependant de susciter jeudi les interrogations de la presse autrichienne, le sérieux quotidien Kurier titrant "Que savait l'épouse?"
Le suspect, qui avait avoué lundi avoir séquestré sa fille et lui avoir fait sept enfants, s'est depuis muré dans le silence sur les conseils de son avocat.
Il a été pour sa propre protection isolé des autres détenus à la maison d'arrêt de Sankt-Pölten (est), où il a été incarcéré.
"Nous lui assurons une protection très renforcée pour assurer le bon déroulement de la procédure judiciare", a précisé la directeur de l'établissement, Günther Mörwald.
"Ces gens se situent tout en bas de la hiérarchie des détenus et sont particulièrement menacés", a-t-il souligné.
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COMMEMORATION : Les socialistes rendent hommage à Bérégovoy
COMMEMORATION
Les socialistes rendent hommage à Bérégovoy
NOUVELOBS.COM | 01.05.2008 | 09:27
Cet ancien ouvrier fraiseur puis militant syndical et politique, Premier ministre de François Mitterrand, est mort le 1er mai 1993, quelques semaines après avoir quitté Matignon. L'enquête de police a conclu à un suicide.

Pierre Beregovoy, Premier ministre sous François Mitterrand (Sipa)
Un hommage à Pierre Bérégovoy est prévu ce jeudi 1er mai à 10h15 "pour le 15ème anniversaire de sa disparition", au cimetière Jean-Gautherin de Nevers, indique le parti socialiste dans un communiqué.Par ailleurs, "à l'initiative de son président Jean-Pierre Bel, le groupe socialiste au Sénat organise un colloque retraçant son parcours, le 14 mai prochain de 17h00 à 20h00", conclut le communiqué.
Premier ministre de François Mitterrand, Pierre Bérégovoy (PS) ancien ouvrier fraiseur puis militant syndical et politique, est mort le 1er mai 1993, quelques semaines après avoir quitté Matignon. L'enquête de police a conclu à un suicide.
Ses proches le décrivaient comme dépressif depuis la défaite de la gauche aux législatives de mars 1993 et la polémique à propos de l'achat d'un appartement à Paris grâce à un prêt à 0% consenti par Roger-Patrice Pelat, un proche de François Mitterrand.
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Recettes et bonnes adresses pour se régaler d'un tartare à Paris
Ulterior Epicure/Creative Commons
Le tartare s'applique aujourd'hui, sur les cartes de restaurants, à une quantité non limitative de produits : huîtres, thon, saumon, courgettes.
Recettes et bonnes adresses pour se régaler d'un tartare à Paris
LE MONDE | 30.04.08 | 12h43 • Mis à jour le 30.04.08 | 17h54
Garçon, un tartare !" C'est encore l'ultime recours, à la Closerie des Lilas, pour les carnivores qui hésitent à s'aventurer du côté d'un haddock poché à l'anglaise aux épinards frais. Même réflexe chez Castel, où la recette du tartare est immuable depuis plus de trois décennies.
A la Rotonde de Montparnasse, chez les frères Tafanel, le tartare (17 euros) est le plat vedette, en toutes saisons, d'une carte de brasserie alléchante. La viande, il est vrai - salers, aubrac, limousine ou bavière -, vient de chez Hugo Desnoyer (25, rue Mouton-Duvernet, Paris-14e) ; c'est l'assurance d'une parfaite maturation. La viande crue est préparée à la commande dans un hachoir réfrigéré.
L'assaisonnement (sel, poivre, câpres, persil et oignons finement hachés) est relevé par un trait de Worcestershire sauce et de Tabasco ; l'ensemble est lié avec un jaune d'oeuf cru et "de l'huile d'olive de bonne qualité", précise le maître d'hôtel. Pas de ketchup intempestif avec sa note sucrée. Le client doit préciser s'il souhaite un assaisonnement modéré, puissant ou mordant. A ces conditions, rarement remplies ailleurs, le tartare de La Rotonde, accompagné de frites maison et de salade, est un vrai moment de gourmandise.
Les puristes regretteront le temps où les steaks tartares n'étaient composés que de viande de cheval, moins grasse et plus fine que le boeuf. Mais il n'existe plus guère à Paris qu'une vingtaine de boucheries hippophagiques. Dans le boeuf, on choisira de préférence la veine maigre chez un boucher de confiance.
D'où vient cet usage, assez étrange, de manger ainsi la viande crue hachée ? Est-ce une survivance du temps où l'homme était chasseur, avant que Prométhée ne dérobe le feu de l'Olympe ? Peu probable, car le couteau - indispensable pour hacher la viande - n'apparaît pas avant l'âge du fer. La théorie du cru et du cuit de Claude Lévi-Strauss n'est d'aucun secours puisqu'elle s'applique à notre manière même de penser et non de manger !
Le tartare, dans la cuisine classique, est une sauce mayonnaise montée aux jaunes d'oeufs durs très relevée en poivre. "Sa condimentation spéciale, précise Escoffier, est ou l'oignon vert ou la ciboulette." De viande crue, il n'est pas question, sauf en Belgique où, badigeonnée de mayonnaise - invention de Joseph Niels -, on l'appelle filet américain. La lumière ne peut évidemment pas venir du Tartare des poèmes homériques, situé au plus profond de l'Enfer, royaume d'Hadès.
Certains auteurs associent sans preuves le steak tartare aux hordes conduites par Attila qui faisaient, dit-on, attendrir la viande crue sous la selle de leur cheval avant de la dévorer. Il faudrait commencer par établir un lien entre Huns et Tartares (ou Tatars), populations nomades d'Asie centrale séparées par cinq siècles de distance.
La première description du steak tartare est due à l'imagination de Jules Vernes dans Michel Strogoff. Que pouvaient donc bien manger les barbares ennemis de la Russie tsariste après leurs exactions sanguinaires ? De la viande crue, saignante... Par une modification phonétique (que la rhétorique appelle métaplasme), barbare est devenu tartare, et par métonymie le nom des peuplades supposées manger la viande crue s'est peu à peu appliqué à cette nourriture.
La première recette de steak tartare figure dans l'édition du Larousse gastronomique de Prosper Montagné (1938). Aujourd'hui, chaque amateur a son tartare préféré : au Severo, le patron, ancien boucher, coupe la viande au couteau à la demande - c'est l'un des meilleurs de la place. A l'Alcazar, tartare de boeuf et frites maison sont au menu du déjeuner, à 20 euros, tous les mardis. Excellents tartares également au Bistrot de la Muette et au bar du Warwick.
Il faut croire que le barbare était soluble dans le tartare, puisqu'aujourd'hui le mot s'applique sur les cartes des restaurants à une quantité non limitative de produits : tartare d'huîtres, de thon, de saumon, de courgettes. Appliqué à la découpe de produits indifférenciés en petits dés, "tartare" est devenu synonyme de brunoise ou de salpicon.
Taïra Kurihara a été l'un des premiers en 1980, au côté de Stéphanie Oliver, à La Cannelle, à présenter un tartare de thon assaisonné de sel, jus de citron, câpres, ketchup, Tabasco et sauce anglaise. Il récidive au restaurant Taïra, avec d'épatantes préparations de poisson. Un tartare est aujourd'hui un mélange d'ingrédients (viande, poisson, légumes) d'une fraîcheur irréprochable hachés plus ou moins finement et de condiments corsés pour en relever la saveur.
Ainsi la joyeuse équipe de l'Académie du tartare, créée par Paul Van de Casteele avec Michou, Stéphane et Didier Collaro, a-t-elle présenté, le 1er avril, à Paris, les créations de Marc Meneau (L'Espérance), Laurent Tarridec (Bastide des cabris), Jean-Pierre Vigato (Apicius) et Jean-Louis Nomicos (Lasserre), auteur d'un très appétissant tartare de langoustines au pamplemousse et asperges vertes crues, dans lequel l'assaisonnement de citron vert, gingembre, huile d'olive, sel et poivre est relevé d'un trait de vieux vinaigre balsamique. Il voisinait avec le très sophistiqué tartare de boeuf au caviar Transmontanus de Rougui Dia chez Petrossian.
Article paru dans l'édition du 02.05.08.Retrouvez moi : http://monmulhouse.canalblog.com/
La Rotonde. 105, bd du Montparnasse, 75006 Paris. Tél. : 01-43-26-48-26.
Le Severo. 8, rue des Plantes, 75014 Paris. Tél. : 01-45-40-40-91.
Alcazar. 62, rue Mazarine, 75006 Paris. Tél. : 01-53-10-19-99.
Warwick. 5, rue de Berri, 75008 Paris. Tél. : 01-45-63-14-11.
Bistrot de la Muette. 8, chaussée de la Muette, 75116 Paris. Tél. : 01-45-03-14-84.
Taïra. 10, rue des Acacias, 75017 Paris. Tél. : 01-47-66-74-14.
Académie du tartare. Aqua-Club. Plage de Pampelonne, route de l'Epi, 83350 Ramatuelle. Tél. : 04-94-79-84-35.
Sarkozy soigne ses amis patrons, et donc le régime chinois
Sarkozy soigne ses amis patrons, et donc le régime chinois
Par Edouard Husson, historien. La manière dont Sarkozy a géré la crise tibétaine montre bien son incapacité à poser la question de la démocratie chinoise, et à se rendre indépendant de ses amis patrons pour prendre des décisions courageuses.
© Mathieu Génon
Curieusement, dans le bilan dressé ces jours-ci de la première année de
mandat de Nicolas Sarkozy, on parle peu de la politique étrangère. Il y
aurait pourtant là autant matière à critique que dans les autres
domaines. On peut même affirmer que c'est le secteur dans lequel
l'action du nouveau président a été la plus catastrophique. En effet,
la diplomatie était sans doute le dernier champ où la France gardait
une marge de manoeuvre - l'opposition, bien que très timide avec le
recul, de Jacques Chirac à la guerre en Irak l'avait démontré. En
politique économique, cela fait longtemps que la France n'a plus de
marge de manoeuvre, du fait de l'euro, bien sûr, mais encore plus du
fait de l'endettement français, qui rend le pays éminemment vulnérable
- Nicolas Sarkozy est en train de s'en rendre compte. En politique
étrangère, en revanche, la voix de la France comptait encore et la
nouvelle équipe au pouvoir est en train de dilapider le peu de capital
qui nous restait.
Il ne s'agit pas du Tibet, mais de démocratie en Chine
L'épisode des protestations contre la Chine à propos du Tibet est
particulièrement révélateur. La France n'a aucune politique chinoise,
sinon celle du suivisme. On prête à Nicolas Sarkozy cette remarque: «On
me reproche de ne pas assez faire pour le Tibet. Ce n'est pas de ma
faute si De Gaulle a oublié d'envisager la question quand il a reconnu
la Chine en 1964». Le chef de l'Etat nous a habitués, depuis un an, à tant de bévues, qu'il n'en est plus à une près.
De Gaulle a reconnu un Etat qui avait, au milieu du XXe siècle,
violemment rejeté l'impérialisme occidental amorcé par la Guerre de
l'Opium au milieu du XIXè siècle; le président français de l'époque
pensait qu'il n'était pas bon qu'une puissance de cette dimension
restât à l'écart des relations internationales - ni pour elle-même
(Grand Bond en avant, Révolution culturelle), ni pour le monde (danger
du face-à-face américano-soviétique). Que De Gaulle ait reconnu la
souveraineté de la Chine populaire sur le Tibet, qui s'en étonnera:
Nixon a-t-il fait autre chose au début des années 1970? Les grandes
entreprises européennes ou américaines qui fabriquent en Chine ce
qu'elles revendent dans nos pays ne semblent pas se soucier plus que
cela des droits de l'Homme au pays des héritiers de Mao. Personne
n'avait fait pression sur le Comité Olympique International lorsqu'il
s'est agi de retenir la candidature de Pékin à l'organisation des Jeux
Olympiques.
Il ne s'agit pas d'être cynique mais de prendre conscience
du fait que la question n'est pas la souveraineté de la Chine sur le
Tibet. Qui soutiendrait sérieusement que le meilleur moyen d'améliorer
le sort des Tibétains est de déclencher une guerre mondiale? La
question n'est pas non plus celle des droits des Tibétains: c'est celle
de la démocratie pour la Chine entière. Et de ce point de vue, on peut
plaider pour la tenue des Jeux Olympiques en pensant qu'ils forceront
la Chine à s'ouvrir au monde au-delà de l'économie. C'est un point de
vue défendable - mais insuffisant.
Sarkozy et ses amis, ébahis par la Chine lors d'une rencontre en novembre dernier avec des hommes d'affaires chinois. (© service photo Elysée)
Des patrons qui jouent le jeu du régime chinois...
La grande question est celle du développement de l'économie chinoise.
Nos entreprises sont entrées dans la logique de la dictature
post-communiste: produire en Chine, avec une main d'oeuvre
quasi-gratuite, pour les marchés occidentaux. Ce n'est pas ce pour quoi
nos entreprises ont, à l'origine voulu s'installer dans le pays: au
départ, il s'agissait d'avoir accès au marché chinois. Mais le régime
retardera autant que possible le développement économique de sa propre
population, de peur que l'émergence de classes moyennes nombreuses ne
fasse inéluctablement triompher la démocratie.
Si le pouvoir politique jouait son rôle, au lieu de courir
après les contrats pour les entreprises transnationales, il
conditionnerait l'accès de produits venus de Chine au marché français
et européen à des règles strictes: obligation pour la Chine d'absorber
une partie de la production des entreprises françaises en Chine,
imposition aux partenaires européens du principe d'une «taxe sociale»
sur les produits venus de Chine (la France reprenant sa liberté si
l'Europe ne joue pas son rôle sur ce sujet), contrôle très strict des
transferts de technologies, etc.
... et un président soumis aux patrons
Le gouvernement de Nicolas Sarkozy aurait pu rompre avec la mollesse de
son prédécesseur sur tous ces points. Au lieu de cela, il laisse tout
aller à vau-l'eau. Et quand l'opinion s'émeut, à juste titre, de la
répression au Tibet, on laisse avec la même mollesse dégénérer les
manifestations antichinoises sur le sol français, puis insulter la
France par des étudiants chinois téléguidés par le pouvoir qui ornent
le drapeau français de croix gammées et réclament la libération de la
Corse! De Gaulle aurait convoqué l'ambassadeur de Chine pour moins que
cela!
La politique du chien crevé au fil de l'eau. Tel semble
bien être le seul moteur de la politique chinoise de la France. Qu'un
président de la République soit devenu incapable d'expliquer à
l'opinion que la question qui importe, ce ne sont pas les droits des
seuls Tibétains mais ceux de tous les citoyens chinois, qu'on ne peut
pas protester sur le Tibet mais continuer à se fournir dans les
supermarchés où triomphe le «made in China», voilà qui montre une
absence totale d'imagination et de courage de la part des gens qui nous
gouvernent. Il est vrai que Nicolas Sarkozy est l'ami - le relais même
- des grands patrons qui font fabriquer massivement en Chine. Il n'est
pas libre. Il est, comme nous le verrons dans notre prochain article,
condamné à être un défenseur structurel du système monétaire qui
verrouille les rapports de force dans le monde.
Retrouvez ici le premier volet de l'analyse d'Edouard Husson, sur la posture sans courage de Sarkozy face au roi Dollar.
Jeudi 01 Mai 2008 - 09:06
Edouard Husson
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Une consommation de masse tout sauf écologique
Une consommation de masse tout sauf écologique
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. A l'approche de l'arrivée des mesures du Grenelle de l'environnement devant l'Assemblée, force est de constater que la promesse écologique s'associe mal aux exigences économiques de compression des prix.
C'est cette semaine qu'est présenté aux partenaires du Grenelle de
l'environnement l'avant-projet de loi dit «Grenelle 1» qui ira en
conseil des ministres fin mai… 47 articles donneront un statut
législatif aux grands objectifs du gouvernement en matière
d'environnement. On attend avec impatience le contenu de ces articles
(biodiversité, santé, lutte contre le changement climatique…) présentés
devant le groupe UMP à l'Assemblée aujourd'hui. Ensuite la loi, dans un
«Grenelle 2», contiendra un aspect pratique concernant essentiellement
les transports et l'habitat.
Concurrence égale baisse de qualité
Hélas le projet de loi Grenelle de l'environnement se heurte au projet
de loi de modernisation de l'économie présenté hier en conseil des
ministres. Y compris dans sa philosophie. Le projet de loi de
modernisation de l'économie se résume en un mot : pouvoir d'achat.
Pression sur les prix. C'est donc un objectif purement quantitatif. Au
nom de la pression sur les prix, on va favoriser l'implantation des
grandes surfaces dont la taille va passer de 300 à 1000 mètres carrées
; on va permettre l'entrée des concurrents étrangers et l'émergence du
maxi-discount.
Bref, on fait sien le théorème : «Plus de concurrence,
égale plus de baisse des prix». Or les économistes savent depuis
longtemps que ce n'est pas vrai. Par exemple, plus de concurrence peut
impliquer plus de bas de gamme et plus de baisse de qualité.
A consommation de masse, production de masse
Or l'environnement a besoin de qualité. Malheureusement le discount
n'est pas a priori propice à l'environnement. La haute qualité
environnementale coûte un peu plus cher. La qualité implique aussi de
la durée. Il faut du solide, du durable, et non du jetable. Enfin
l'environnement est également une manière de vivre, un urbanisme, une
façon d'être dans la ville. La grande surface crée un univers terrible
axé sur le tout auto, sur les spaghettis autoroutiers. C'est un cube
dans un parking. Destinée à la consommation de masse, elle réclame une
production de masse qui est synonyme de mauvaise production. En plus,
les grandes surfaces n'aiment pas la concurrence. Elle préfèrent les
accords tacites qui garantissent leurs marges ; aucune entreprise
n'aime la concurrence ; concurrence veut dire faible profit. Regardez
les banques, qui détestent se faire concurrence et préfèrent tondre
paisiblement leurs moutons chacune dans son pré.
Reste le problème esthétique… et on ne peut pas dire que
le grand commerce ait vraiment apporté à l'esthétique urbaine.
Consommation et beauté paraissent antinomiques.
La phrase du jour : «C'est
l'affaire de la princesse de Clèves qui m'a arraché à mon sommeil
politique. Je me suis dit : ce pays a un problème avec la beauté, avec
le souvenir», première phrase du livre de Sébastien Lapaque, Il faut qu'il parte, publié chez Stock.
Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.
Jeudi 01 Mai 2008 - 09:05
Bernard Maris
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FÊTE DU TRAVAIL La défense des retraites et le pouvoir d'achat au centre des manifestations du 1er mai
FÊTE DU TRAVAIL
La défense des retraites et le pouvoir d'achat au centre des manifestations du 1er mai
NOUVELOBS.COM | 01.05.2008 | 13:59
Des dizaines de milliers de manifestants ont défilés ce matin à l'appel des syndicats à l'occasion de la Fête du travail. Ils étaient entre 2.000 et 3.000 à Strasbourg, 2.000 à 4.000 à Nantes, 2.500 à 6.000 à l'appel de FO à Paris ou 3.000 à 30.000 à Marseille. Manifestation CFDT-CGT à Paris à 14h30.

Bernard
Thibault de la CGT, Jean-Claude Mailly de Force Ouvrière, François
Chereque de la CFDT et Jacques Voisin de la CFTC (de gauche à droite),
le 6 mars (Reuters)
A Paris, les salariés sans papiers en grève depuis le 15 avril devaient également être à l'honneur, en tête du carré CGT, au lendemain de l'annonce par le syndicat des régularisations de trois d'entre eux par la préfecture des Hauts-de-Seine, les premières depuis le début du mouvement.
Après quatre ans d'absence, la CFDT de François Chérèque fait son retour aux côtés de la CGT de Bernard Thibault, ainsi que de la FSU, l'Unsa (autonomes) et Solidaires (Sud) dans le cortège parisien de l'après-midi.
Mai 68
Alors que la France est plongée depuis plusieurs semaines dans le quarantième anniversaire de mai 68, les leaders de ces organisations, hormis Alain Olive (Unsa) qui va défiler à Strasbourg, manifesteront côte-à-côte de République à Nation.
Dans la matinée, quelque 2.500 personnes selon la police, 4.000 selon les syndicats, dont un tiers de salariés du secteur portuaire mobilisés contre les privatisations et l'ouverture à la concurrence, ont manifesté au Havre.
A Nantes, ils étaient 2.000 selon la police, 4.000 selon la CGT. A Saint-Nazaire, 400 selon la police, 700 selon la CFDT. A Brest 400 (police) et entre 500 et 600 à Saint-Brieuc (police).
A Rennes, quelque 1.200 personnes ont défilé, avec une poignée de lycéens et des salariés de Keolis Emeraude en grève.
D'autres pistes
Ils étaient aussi entre 1.000 et 1.500 à Lille. En Picardie, 3.000 personnes ont manifesté à Amiens, dont des salariés du site Goodyear (ex-Dunlop), en queue de cortège, pour dire "non aux 4X8".
A Nice, les manifestants étaient en nombre sensiblement supérieur au 1er mai 2007 -entre 1.300 selon la police et 3.000 selon les organisateurs.
A Marseille, les manifestants étaient entre 2.500 et 3.000 personnes selon la police, 30.000 selon les syndicats, dans un cortège largement dominé par la CGT, FO ne prenant pas part au défilé.
Ces défilés visent à "se faire entendre" du gouvernement, notamment sur les retraites, et à défendre "d'autres pistes" de réforme que celles menant "à une diminution programmée du niveau des retraites", a souligné sur RTL Bernard Thibault.
Le gouvernement est en train de "bâcler" le dossier des retraites, "il n'a pas travaillé", a estimé sur France Inter François Chérèque.
Force ouvrière
Avant les mouvements unitaires prévus pour la suite du mois, Force Ouvrière a fait entendre sa propre musique sur le pouvoir d'achat et le "blocage à 40 ans" de cotisation. Son secrétaire général Jean-Claude Mailly a défilé le matin avec plusieurs centaines de personnes à Paris.
La CFTC a fait elle aussi, comme à son habitude, cortège séparé en matinée, sur un mot d'ordre unique, le pouvoir d'achat, à Paris, avec plusieurs milliers de manifestants.
Une division syndicale dans la rue qui reflète également cette année l'impact de la réforme engagée de la représentativité, en passe de rebattre les cartes entre les confédérations.
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A la fac d'Orsay, le concert finit entre flash-ball et lacrymos
A la fac d'Orsay, le concert finit entre flash-ball et lacrymos
Par Sabrine Kasbaoui | Etudiante en journalisme | 30/04/2008 | 20H53

Vacances obligent, le campus de la fac d'Orsay est presque vide. Mais parmi les quelques étudiants présents, l'amertume et la colère prévalent. Ils ont assisté aux concerts organisés, le 18 avril, par l'association étudiante qui gère la K'Fet sur Yvette. Deux concerts qui ont fini sous les tirs de grenades lacrymogènes et de flash-ball.Un collectif s'est formé immédiatement.
"C'est un non-événement, aucune plainte ne nous est parvenue, personne n'a été déferré", rétorque le procureur-adjoint au tribunal d'Evry. Un non-événement qui fait pourtant l'objet d'une large polémique entre les étudiants, les autres spectateurs présents ce soir-là et les forces de l'ordre.
Le procureur a recueilli le compte-rendu de la police et les notes de son substitut de permanence:
"Les policiers sont intervenus afin de mettre fin à une altercation. Ils ont été accueillis par des jets de pierres et de cannettes. Au moment de faire sortir tout le monde, ils ont rencontré une résistance."
La police ne nie pas l'usage des gaz lacrymogènes, et affirme que c'est au milieu des fumigènes, dans la bousculade, que Mario Correia De Carvalho, un étudiant en fauteuil roulant, s'est écroulé. La version de Mario est beaucoup plus précise. Selon lui, son fauteuil a été endommagé par un tir de flash-ball, alors que plusieurs personnes s'étaient placées devant lui afin de le protéger:
Dans le compte-rendu de la police, le déroulé de la soirée reste vague, mais une conclusion demeure: "pas de plainte, pas de blessé". Encore une fois, la version de Mario diffère: s'il n'y a pas de plainte, c'est qu'il n'a pas pu en déposer une. Au commissariat de Palaiseau, on l'a ainsi renvoyé vers l'inspection générale de la police nationale (IGPN).
Si
les informations du procureur-adjoint sont succinctes, les étudiants,
eux, ne sont pas avares de détails. A la K'fet, ce mardi, on s'échauffe
encore lorsque le sujet est abordé. Secrétaire de l'association qui
gère l'endroit, Lynda a l'habitude d'organiser des concerts dans cette
petite salle très colorée, l'un des seuls lieux de loisirs du campus.
On y boit un café la journée, un verre le soir, on y papote autour d'un babyfoot et tous les vendredis, la musique s'y invite joyeusement. Elle était aux premières loges ce vendredi-là.
"Occupez-vous de faire le tri entre les habitués et les gens des Ulis"
"Derrière le bar, un des mecs de l'association a commencé à s'accrocher avec un gars du public. Il lui a demandé d'aller fumer dehors", commence-t-elle. Sur le parking, le ton monte, sous l'oeil mécanique d'une caméra placée en haut du bâtiment jouxtant la K'fet.
Elle décide de prévenir les services de sécurité du campus. Il est 23 heures. Le chef de la sécurité appelle la police. 23h05. Une voiture banalisée arrive. Trois policiers en civil en sortent, flash-ball à la main. Lynda leur explique que tout est réglé, que les organisateurs vont gérer seuls la fermeture.
"On reste dans les parages, on doit attendre la deuxième voiture de renfort", s'entend-elle répliquer. Au lieu d'un, sept véhicules font le déplacement. Parmi eux, la brigade des maîtres chiens. 23h45. Lynda annonce la fermeture. "Occupez-vous de faire le tri entre les habitués et les gens des Ulis, on veut pas devoir le faire nous-mêmes", ordonnent les policiers.
Une partie du public est en effet venue des Ulis, la ville voisine, soutenir Funk Ze World, le groupe de hip-hop-rap-jazz qui s'est produit en deuxième partie. La salle se vide. Il ne reste plus que vingt à trente personnes.
Sur deux lignes, en rangs serrés, ils évacuent le public restant
Les forces de l'ordre patientent derrière le bâtiment, sur la route. Hors du champs de la caméra de surveillance. Il n'est pas encore minuit, l'heure de l'extinction des feux obligatoire. Funk ze world entament un dernier titre, "Assassin de la police."
Lynda enchaîne le récit de la soirée: "L'un des policiers est entré pour m'ordonner de couper le son, mais le temps de tout éteindre, ils étaient tous à l'intérieur, bloquant les deux issues du fond."
Sur deux lignes, en rangs serrés, ils évacuent le public restant. "Sur les caméras de la sécurité du campus, on voit bien, que tout le monde est sorti dans le calme", se révolte-t-elle encore.
Au moment de sortir, une jeune fille jette le contenu de son gobelet au visage d'un policier. Tout dérape. "C'était une belle séance d'entraînement sur public réel", s'emporte un membre de l'association.
"Le premier truc qui est parti, c'était une grosse gazeuse [une bombe lacrymo, ndlr], on voyait plus rien", intervient Cédric, un autre étudiant présent ce soir là. Damien, lui aussi dans la salle, affirme avoir vu plusieurs personnes blessées, au ventre et aux jambes.
Lynda a pu filmer la sortie depuis le parking avec son téléphone portable. (Voir la vidéo.)
L'un des membres de Funk Ze World, "L'Architecte", s'insurge d'avoir vu son concert avorté, son public pris pour cible. Pour lui, les policiers ont saisi l'occasion de "casser des jeunes des Ulis". Il ne compte pas en rester là. (Voir la vidéo.)
Dix jours après les faits, la fac refuse encore de prendre position. "Il reste des contradictions que l'on veut éclaircir avant de s'exprimer sur ce sujet", explique un membre du service communication. "Les policiers auraient dit qu'ils avaient une dérogation du doyen pour pénétrer dans l'enceinte de la K'fet, alors que c'est nous qui l'avons averti le lundi matin de ce qui s'était passé", argue Lynda.
De son côté, Mario a fini par faire appel à l'IGPN, qui lui a expliqué que le procureur de la République était son seul recours. Il est en train de monter un dossier.
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Pour le 1er mai, un nouveau code du travail pour les salariés
Pour le 1er mai, un nouveau code du travail pour les salariés
LEMONDE.FR avec AFP | 01.05.08 | 09h01 • Mis à jour le 01.05.08 | 14h08
Pour la fête du travail, les salariés français héritent d'un nouveau code du travail qui entre en vigueur jeudi 1er mai. Mais la nouvelle bible des salariés et des chefs d'entreprise, censée être plus claire, continue de susciter la méfiance de certains syndicalistes.
La refonte du code du travail est le dernier acte
d'un chantier titanesque lancé en 2005 par le ministère du travail,
avec le concours d'experts, du Conseil d'Etat et des partenaires
sociaux. Il s'agissait de rendre plus claire et plus cohérente la
présentation de ce code résultant de la lente sédimentation des lois ou
décrets adoptés au gré des alternances politiques et des luttes
sociales.
DE 1891 ARTICLES À PLUS DE 3500
A l'arrivée, le code du travail passe de 1 891 articles à plus de 3 500, une petite révolution pour les praticiens réguliers de la législation, experts-comptables, DRH et élus du personnel, habitués à l'ancienne numérotation. Difficile cependant de faire l'économie d'un immense effort de formation : le ministère a déjà commencé à préparer ses quelque 1 500 inspecteurs du travail au changement.
Des
dizaines, voire des centaines de renvois inexacts, ont été corrigés,
des malfaçons et des termes désuets ont disparu, des dispositions
obsolètes ont été expurgées. Le principe de ne pas modifier le droit
existant a présidé à ce délicat exercice de réécriture.
DE L'IMPÉRATIF À L'INDICATIF
Alors, plus simple, le nouveau code ? Pas si sûr. La CGT, le syndicat le plus critique avec le Syndicat de la magistrature (SM) et celui des inspecteurs du travail (Snutef-FSU), estime que "loin de faciliter l'accès au droit, le nouveau code introduit des complexités supplémentaires". La CGT craint aussi que les choix opérés en matière de plan, de titre, de vocabulaire, de découpage ou de regroupement d'articles puissent inciter les juges à revenir sur des jurisprudences favorables aux salariés.
Parmi les grandes critiques adressées à ce nouveau code, certains se plaignent que les formules impératives aient été mises à l'indicatif. En droit cela ne change rien mais, s'interroge la CGT, "quand vous lisez 'en cas de licenciement, l'employeur remet un certificat de travail', est-ce que vous comprenez qu'il s'agit d'une obligation stricte ?" Autre grief majeur, le déclassement de quelque 500 dispositions législatives en partie réglementaire, ce qui les rend modifiables par simple décret.
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