CLEARSTREAM

     

Un rapport de police accuse Dominique de Villepin

NOUVELOBS.COM | 01.03.2008 | 07:43

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Dominique de Villepin aurait voulu "empêcher Nicolas Sarkozy d'accéder à la présidence de l'UMP", selon un rapport de synthèse de la police judiciaire.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin

(c) Reuters

A travers l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin aurait voulu "empêcher Nicolas Sarkozy d'accéder à la présidence de l'UMP", selon un rapport de synthèse de la police judiciaire, communiqué vendredi 29 février par une source proche du dossier.
Ce rapport établi par la Division nationale des investigations financières (DNIF) et remis aux juges d'instruction d'Huy et Pons, indique que l'ancien Premier ministre "poursuit un but à court terme : empêcher Nicolas Sarkozy d'accéder à la présidence de l'UMP, en misant sur les délais qu'il faudra à la justice pour démontrer que la mise en cause de Nicolas Sarkozy à travers les listings Clearstream n'était pas fondée".

"Des procès d'intention"

Dans une réponse publiée sur le site de MediaPart, Dominique de Villepin estime que ce document "brille essentiellement par les questions qu'il n'aborde pas".
"Les accusations portées contre moi ne reposent que sur des partis pris et des procès d'intention", écrit l'ancien locataire de Matignon. "Le rapport final (...) laisse de côté tous les éléments qui ne démontrent que trop qu'à aucun moment je n'ai participé à une entreprise de dénonciation calomnieuse", poursuit-il.
"Je sais que la vérité et la justice finiront par l'emporter", conclut Dominique de Villepin, mis en examen dans cette affaire.

"Complicité de dénonciation calomnieuse"


Dominique de Villepin a été mis en examen le 27 juillet 2007 pour "complicité de dénonciation calomnieuse" par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons chargés du dossier.
Au coeur de l'affaire: des courriers et listings bancaires adressés anonymement en mai et juin 2004 au juge Renaud van Ruymbeke, chargé de l'instruction sur des pots-de-vin liés à la vente des frégates à Taiwan en 1991.
Un corbeau y accuse des personnalités industrielles et politiques, dont Nicolas Sarkozy d'avoir détenu des comptes occultes à la chambre de compensation financière luxembourgeoise Clearstream par lesquels auraient transité les commissions indues du marché des frégates.
En juin 2007, l'ex-vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin qui a reconnu être l'auteur des envois anonymes, a affirmé avoir agi à la demande de Dominique de Villepin qui a contesté ces propos.
Trois autres personnes sont mises en examen dans le dossier dont l'informaticien Imad Lahoud, accusé d'avoir joué les faussaires.
Le rapport de synthèse de la police conclut en outre à la légitimité des mises en examen et fait état de charges suffisantes pour les renvoyer devant le tribunal correctionnel. (avec AP)